CHANTAL GNAKOURI DOHOUN: Association des Africains d'Attigliano (3A) - Africa Nouvelles

COMMUNAUTÉS AFRICAINES

Soeur ivoirienne, Présidente de la fraîchement née Association des Africains d’Attigliano, abrégée “3A”.

Il y a six mois, faisait sa sortie l’Association des Africains d’Attigliano (3A). A la présentation officielle, qui s’était tenue dans les locaux de l’église de la ville, étaient intervenus le Président de l’Association, Chantal GnaKouri Dohoun, le frère ivoirien Djédjé Arthur ainsi que les Autorités d’Attigliano. Après une dégustation gratuite de spécialités typiques africaines, la manifestation avait été clôturée par des rythmes et danses africains. Votre journal Afri-Nous a échangé avec Chantal, deux mots sur l’Association «3A» qu’elle préside.

Afri-Nous: Quel est parcours qui a porté à la naissance de l’Association "3A"?

Chantal GnaKouri Dohoun: Notre association est née depuis 6 mois, on a fait notre première sortie, le 17 juillet. Elle est née avec beaucoup de difficultés car ça n’a pas été facile de rassembler les Africains mais, avec la patience et la persuasion, on a réussi. Tout d’abord on n’était pas nombreux mais c’est en tapant même aux portes de nos frères qu’ils ont vu l’importance de se mettre ensemble. Et maintenant, ils répondent présents. Dans tous les cas, on est vraiment au début.

Afri-Nous: "3A" c’est Association des Africains d’Attigliano. Combien de communautés africaines y a-t-il au sein de votre association?

Chantal GnaKouri Dohoun: Il y a une dizaine de communautés africaines qui vivent à Attigliano mais dans l’Association 3A, sont représentées la Côte d’ivoire, Centrafrique, Congo, Ethiopie, Ghana, Nigeria et Togo. La porte est ouverte pour l’adhésion des autres communautés.

Afri-Nous: Qu’est-ce que ça représente  d’être femme, immigrée et présidente de l’association panafricaine d’une ville italienne?

Chantal GnaKouri Dohoun: D’abord c’est pour moi une très grande fierté car ce n’est pas facile pour une femme de recueillir la confiance de toute une communauté africaine, surtout aussi que j’ai été élue avec les voix de beaucoup d’hommes. Donc c’est vraiment une grande dignité pour moi. Je crois que les Africains ont fait mieux de se rassembler, de s’organiser parce que sans l’organisation,  dans un village comme Attigliano, c’est difficile de communiquer et de se rapporter avec les autorités locales et les habitants. Et comme femme, je crois que c’est un lourd fardeau, c’est un défi à relever, à tout moment, avec l’énergie de l’association toute entière. On a tous ensemble le même objectif et on fera tout pour l’atteindre, honorant l’opinion positive, l’estime et la confiance que la communauté attiglianaise met en nous.

Afri-Nous: Quelles sont alors vos relations avec les autorités locales?

Chantal GnaKouri Dohoun: Nous avons un très bon rapport avec eux surtout qu’ils nous qualifient d’immigration de choix parce que les Africains d’Attigliano sont  une communauté qui se comporte très bien. Attigliano est une cité dortoir pour nous, c’est-à-dire que le matin tout le monde sort et on rentre le soir. On essaie de participer aussi aux événements de la cité. On est quand même obligés participer aux activités sur place. Les rapports sont bons et ce sont les autorités elle-mêmes qui nous ont soutenu au départ et nous ont même émis l’idée, nous ont encouragés à nous réunir en association car souvent ils ont des communications à nous transmettre mais ils n’ont pas d’interlocuteur. Ils nous ont beaucoup soutenus et chaque fois qu’on a eu besoin, ils ont répondu présent. A notre inauguration, toute la mairie était représentée et maintenant, chaque fois qu’il y a des manifestations culturelles, nous sommes toujours associés dans les programmes.

Afri-Nous: Quels sont les objectifs primaires de l’Association "3A"?

Chantal GnaKouri Dohoun:D’abord notre objectif primaire, c’était celui d’intermédiaire entre l’Administration attiglianaise et la Communauté africaine. Mais il y a aussi les relations entre nous car, à la base, nous sommes tous des Africains, nous vivons dans une même cité mais on ne se connaît pas, si ce n’est que de vue. «Bonjour! Bonsoir!» à la gare, mais on ne se parlait pas et on ne se fréquentait pas. L’association c’est donc d’abord pour nous permettre de nous connaître et être là quand chacun a besoin, ne pas rester isolé dans un petit village, et  surtout savoir et pouvoir compter les uns sur les autres.
Nous voulons aussi faciliter l’intégration vis-à-vis de la vie attiglianaise et italienne en général. Et ça passe par quoi? Surtout par la langue! Je mets un accent très particulier sur l’apprentissage de la langue italienne, c’est le premier instrument d’intégration ici. C’est ainsi donc qu’on a demandé des professeurs de cours de langue italienne.

Afri-Nous: Quels sont au contraire les objectifs futurs de l’Association "3A"?
Chantal GnaKouri Dohoun: Etant à l’étranger ici , notre objectif c’est aussi  de voir comment aider nos parents que nous laissons en Afrique. La Mairie est disposée et nous a dit qu’il suffit qu’on ait des projets bien concrets pour qu’elle nous donne un coup de main à les réaliser. Il ne faut compter seulement sur l’Administration pour réaliser ce que nous voulons faire chez nous mais comptons d’abord sur nous-mêmes et, eux, ils sont prêts à nous encadrer. Etant également une communauté pleine d’enfants, on a aussi demandé de pouvoir disposer de salles pour les enfants après l’école, puisqu’ils ne fréquentent que le matin. Beaucoup de femmes sont obligées de porter leurs enfants à Rome, toute la journée. On est donc en train de voir avec la Mairie pour pouvoir organiser des  moyens pour s’occuper de ces enfants, en attendant que les mères ne rentrent. Nous sommes une association naissante, nous voyons d’abord nos besoins et on discutera ensuite pour voir comment s’en sortir.


Afri-Nous: Avez-vous déjà organisé des activités à Attigliano?
Chantal GnaKouri Dohoun: Nous avons organise des activités culturelles africaines qui ont recueilli la participation de la population locale. ça a été de bons laboratoires constructifs d’échanges entre nos communautés et la population locale.

Milton Kwami