DIASPORA MALIENNE: Appel à l'aide, l'unité et la paix pour la souveraineté et le bien-être des populations - Africa Nouvelles

COMMUNAUTÉS AFRICAINES

Elan d'espoir de la diaspora!

Après 10 longs mois de souffrance, de mutilations et de fouettages, de viols fréquents des femmes et des filles, et de négations répétées des droits fondamentaux de l'homme, les habitants de Tombouctou, ville emblématique et renommé centre international de culture et de connaissance pendant des siècles, ont recouvré leur trésor le plus précieux.

altPas les mausolées, classées patrimoine mondial par l'UNESCO, qui ont été récemment détruites. Pas les inestimables manuscrits anciens qui ont été incendiés. Non, ce que les habitants de la cité des 333 Saints mais aussi des autres villes libérées du Nord ont retrouvé est encore plus important, leur liberté. 

Portant leurs magnifiques tenues traditionnelles, les femmes chantent, dansent, et rient de nouveau après avoir été réduites au silence et obligées de se couvrir de la tête aux pieds avec des voiles islamiques pendant dix très longs mois. Les hommes battent à nouveau les tam-tams et jouent d'autres instruments de musique après des mois de privation en vertu de la brutale charia des islamistes. Les populations de Tombouctou, de Gao, d'Ansongo, de Sévaré, pour ne citer que celles-ci, ont massivement acclamé les troupes maliennes et françaises qui les ont libérées. Elles ont réservé un accueil triomphal au président français, François Hollande, pour exprimer leur gratitude, leur soulagement et leur joie. Elles ont fortement applaudi et apprécié sa reconnaissance publique que la France, à travers son assistance, paye une dette envers le Mali qui, avec d'autres pays africains, l'avait secouru durant les deux dernières guerres mondiales.

A cette croisée importante de l'histoire de notre pays, nous, membres d'une coalition de 8 associations de la diaspora malienne, nous joignons à nos compatriotes pour étendre notre sincère gratitude et notre appréciation à la France, aux pays de la CEDEAO et de l'Union Africaine, et à toute la communauté internationale pour avoir été aux cotes du Mali pendant l'une des périodes les plus difficiles de l'existence de notre pays en mobilisant les ressources appropriées pour recouvrer notre intégrité territoriale, protéger les droits de l'homme, et veiller au respect de l'état de droit au Mali. Même si les capitales régionales de Gao, Tombouctou, et Kidal ont été libérées, une partie du Nord du Mali reste à être libérée.

Nous en appelons à la communauté internationale pour aider à empêcher les groupes de militants islamistes et terroristes comme Al-Qaeda dans le Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine, et le Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) d'établir une base pour le terrorisme et le trafic de drogue et d'armes dans le nord du Mali. Faute de cela, la "Somalisation» potentielle d'une partie, ou de la totalité du Mali représentera sans aucun doute une menace pour la sécurité nationale de toutes les nations démocratiques et pacifiques, y compris l'Europe (à proximité) et les Etats-Unis, comme en témoigne la récente crise des otages en Algérie.

Face à l'agression des terroristes contre la souveraineté et le peuple du Mali, la diaspora malienne exhorte l'Organisation des Nations Unies, conformément à son mandat, à supprimer toute entrave à "l'appel à l'action» lancée plus tôt et à contribuer à la résolution de la crise, notamment par un financement adéquat des efforts militaires africains au Mali et le déploiement des forces d'imposition de la paix pour éviter le retour des groupes terroristes. Nous en appelons également à une plus grande assistance et à la participation des États-Unis et d'autres pays occidentaux.

De même, nous exhortons la communauté internationale à fournir une plus grande assistance humanitaire. Le Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) rapporte que «plus de 350.000 personnes ont fui leurs maisons au Mali. Les civils déplacés se sont retrouvés dans la partie sud du Mali et en tant que réfugiés dans les pays voisins de l'Algérie, du Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger. Ces Maliens déplacés vivent dans des conditions désastreuses au Mali et dans les pays voisins. Les besoins immédiats de ces populations en détresse incluent la nourriture, l'eau potable, des logements ou abris, des soins médicaux d'urgence et des services éducatifs pour les enfants.

La diaspora malienne exhorte les autorités maliennes à protéger les droits fondamentaux de tous les civils, quelles que soient leur origine, leur race, leur religion ou leurs affiliations politiques. Toutes les violations des droits de l'homme, y compris celles commises par les groupes impliqués dans les affrontements militaires, doivent faire l'objet d'enquêtes indépendantes et de poursuites judiciaires. Il est impératif d'encourager le dialogue avec tous les groupes ethniques vivant dans le nord du Mali en vue de trouver une solution permanente. Enfin, nous exhortons les autorités maliennes à déployer des efforts de sortie de crise orientés vers le développement de la nation, y compris mais pas exclusivement, une réelle décentralisation, la responsabilisation des individus et des collectivités, et le développement politique, social et économique de la nation.

Au cours des deux dernières décennies, le Mali et l'Afrique de l'Ouest ont fait des progrès considérables dans l'adoption des principes démocratiques et la mise en œuvre de réformes politiques et économiques qui ont conduit à des gains pour les droits de l'homme, une confiance croissante des investisseurs et à une croissance économique soutenue.

C'est l'espoir des membres des associations maliennes de la diaspora que les autorités maliennes, avec le soutien de la communauté internationale, saisiront l'opportunité de la crise actuelle pour pallier de façon permanente aux causes profondes de la crise et améliorer davantage la démocratie et la gouvernance du Mali.