ITALIE: Grande manifestation antiraciste pour le meurtre xénophobe du sénégalais Idy Diene - Africa Nouvelles

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Samedi 10 mars à Florence, s'est déroulée une marche antiraciste pleine de foule, à la mémoire d'u sénégalais Idy Diene, un vendeur ambulant de 54 ans assassiné par balles lundi par un florentin, Roberto Pirrone, qui a confessé avoir tiré choisissant sa cible au hasard.

 

Formé par les associations sénégalaises de la ville, et de nombreux Italiens, le cortège pacifique s'est ébranlé de la place Santa Maria Novella, au centre historique, faisant étape sur les lieux du meurtre, agitant diverses banderoles récitant: «Idy était un homme de paix, nous ne voulons pas faire d’histoires», «Florence antifasciste», «Florence, du berceau de la Renaissance à la barbarie, restons unis».

Un slogan sur lequel était écrit «Nardella, la vraie dégradation c’est toi, nettoyons la ville du racisme», s’adressait particulièrement au maire de centre gauche de la ville, Dario Nardella, présent dans le cortège, qui avait jugé dans un tweet «inacceptable la protestation violente» de membres de la communauté sénégalaise après la mort de leur compatriote, le lundi précédent.

Des pots de fleurs municipaux installés dans le centre-ville ont été brisés à coups de pied par certains vauriens. Une collecte de fonds a été organisé par les associations sénégalaises pour rembourser les vases, et faire une donation à la famille d’Idy Diene, qui laisse derrière lui une femme et une fille.

Le pauvre ambulant sénégalais vivait en toute légalité à Florence depuis plusieurs années et vendait des sacs et des parapluies sur un pont de la ville, où le crime a eu lieu. Il a été victime des balles de Roberto Pirrone, un retraité Italien de 65 ans, qui serait apparemment sorti de chez lui pour se suicider et qui, selon ses dires, aurait pris la décision de tirer au hasard sur le premier passant qu'il aurait rencontré. L’assassin a tiré six fois à bout portant avec un pistolet automatique légalement détenu.

Le parquet de Florence a estimé qu’il ne s’agissait pas d’un acte à caractère raciste, les enquêteurs n’ayant trouvé chez le suspect aucun indice accréditant cette thèse. Ce serait, selon eux, le geste pulsionnel d’un homme dépressif qui avait laissé un mot à sa fille annonçant son suicide.

Mais le doute persiste sur la matrice raciste. En effet, il a été reporté que Roberto Pirrone a, selon ses dires, décidé de tirer sur le «le premier venu» mais il serait plutôt juste de dire qu'il a omis de spécifier «le premier "negro" rencontré»; car le pauvre Idy Diene n'a effectivement pas été le premier passant en général qu'il a trouvé sur son chemin, mais le premier... noir.  

Cette tristement honteuse histoire ramène le calendrier au 13 décembre 2011, quand un autre massacre advint, toujours à Florence aux marchés de Piazza Dalmazia et San Lorenzo (en plein centre): cinq autres vendeurs ambulants sénégalais au total furent agressés par un militant d’extrême, Gianluca Casseri, armé d'un pistolet Smith & Wesson 357 Magnum. Le bilan fut très lourd avec deux morts et trois grièvement blessés, respectivement: Modou Samb (40 ans et habitant à Sesto Fiorentino), Mor Diop (54 ans et habitant à via Primo Settembre), Moustapha Dieng (34 ans), Sougou Mor (32 ans) et Mbengono Cheik (42 ​​ans). 

Il ne suffit même plus de vivre ta vie tranquillement, sans chercher palabre puisqu'il semble qu'on court le risque d’être éliminé, pour le seul motif... d'exister!