Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Un anniversaire réunissant immigration primaire, seconde génération et intégration bilatérale.

La  Communauté nigériane de Rome a célébré un de ses nouveaux petits membres. En effet Daniel Chiagoziem Imoh, fils de Francis et Fortune Imoh, né le le 24 septembre 2010, a feté sa première année de vie. 

 

Francis et Fortune ont fêté l'important moment du premier an de vie de leur second héritier, invitant leur communauté et leurs amis africains et italiens, au local "I Picari", situé à via Casilina 497, à Rome.

C'est avec liesse que les "oncles" de Daniel sont venus nombreux tributer leur affection.
La fête, dont le rythme est resté très haut, a été égayée par la musique du Dj Pat et les exhibitions de Steve Emejuru qui a présenté deux spectacles:  d’une part, le concert de "Steve & Friends Rumba Band", band multiethnique afro-italienmne regroupant des musiciens de Côte d'Ivoire, Ghana, Cap-Vert, accompagnés à la basse et batterie par Patrizio De Magistris et Giuditta Santori.

D'autre part, avec son autre groupe folklorique, entièrement composé, lui, de danseuses italiennes, il a proposé des danses et chants traditionnels "igbo" outre à des ballets de musique africaine urbaine.

La fête en l'honneur de Daniel Chiagoziem Imoh a été très apprécié par le nombreux public présent, qui ne s'est pas épargné pour apporter sa précieuse empreinte à la réussite de l'évènement.

 

Milton Kwami

Son baptême a égayé la communauté africaine d'Orte.
La Communauté africaine d'Orte a fêté le baptême de Luisa Assi, fille du couple ivoirien Charlemagne et Eugénie Assi. La journée a été l'occasion pour tous les frères africains de se retrouver, exprimant leur présence dans cette petite ville aux portes de Rome, qui voit progressivement grossir les effectifs des communautés étrangères, toutes latitudes et tous cieux.

Après la messe, la famille Assi a convié tout le monde à une fête de retrouvailles, en honneur de leur jeune fillette, Luisa, splendidement radieuse d'ailleurs dans sa belle tenue de cérémonie.
Tous les invités se sont donc retrouvés dans la salle des fêtes de la paroisse d'Orte Scalo, où tous les ingrédients pour la bonne réussite d'une célébration à l'africaine étaient réunis: non seulement un banquet garni de toutes les bonnes spécialités ivoiriennes et africaines, arrosés de boissons de tous genres, mais aussi de la bonne musique offerte par les sélections des dj, qui n'ont pas manqué de faire bouger les jambes et les jeux de reins des invités.

La présence des instruments musicaux d'un orchestre multiethnique afro-italien a permis aussi à plusieurs frères de la communauté africaine, camerounaise notamment, de se mettre aux micros pour s'exhiber et dédier en l'honneur de Luisa et de sa famille, des performances artistiques, pleines de morceaux revival et très appréciées, qui ont donné un punch particulier et original à la fête.

 

Milton Kwami





Un autre pas vers le premier vote de la diaspora camerounaise d'Italie.

La délégation d’ELECAM conduite par madame Dorothy L. NJeuma, ancien ministre et le professeur Pierre TITI Nwel, deux membres du conseil général d’ELECAM, a été reçue lpar son excellence Dominique Awona Essama, ambassadeur du Cameroun au Quirinal et le lendemain par son excellence Antoine Zanga, ambassadeur du Cameroun près le St Siège, dans leurs chancelleries respectives à Rome.


Ce déploiement à Rome de l’organe en charge de l’organisation, de la gestion et de la supervision des élections au Cameroun est intervenu au lendemain de la signature du décret d’application de la loi portant sur le vote de la diaspora camerounaise, loi promulguée le 13 juillet dernier et signée le 08 août 2011  par le chef de l’Etat, Paul Biya.

La présence des deux émissaires d’ELECAM en Italie et au Vatican avait pour objet l’engagement du processus d’inscriptions des Camerounais établis en Italie et dans l’Etat du Vatican, afin que ceux-ci, pour peu qu’ils soient en règle avec le code de nationalité camerounais, puissent participer au scrutin prévu le 09 octobre prochain.
Par conséquent il a été mis en place par les deux émissaires, des points Focaux et des cadres d’appui en soutien à ELECAM, en présence des ambassadeurs, du personnel des ambassades et des diasporas camerounaises dans chaque Etat, à quelques jours de la fin des opérations d’inscription sur les listes, prévue le 31 août dernier.

La diaspora romaine, présente aux  séances d’échanges d’informations avec les représentants d’ELECAM, dans ses requêtes, a souligné la nécessité d’une prorogation des échéances de clôture de l’enregistrement sur les listes électorale pour leurs compatriotes actuellement en vacances, afin de permettre à ceux-ci de participer à ce moment important de la démocratie au Cameroun.

 

Flavie Ngah

La première fois de l'histoire du Kenya , la diaspora va être autorisée à voter aux élections nationales 2012.

Il s'agit d'une situation rendue possible grâce à une nouvelle constitution votée en août dernier et massivement appuyée par la majorité des Kényans.
Un projet de loi portant sur le Kenyan Citizenship and Immigration Bill a été proposé et sera mis en étude par le Parlement, avant sa promulgation. La nouvelle loi permettra aux Kenyans, y compris les citoyens avec une double nationalité, de se présenter aux élections nationales.


Environ 3 millions de Kenyans vivent à l'étranger. Leur implication dans les affaires du pays s'effectue surtout à travers des mandataires. Ils rapatrient des fonds.

En fait, tout récemment, grâce à l'argent rapatrié, ils se sont distingués parmi les sources de devises étrangères en faveur de l'économie du pays en occupant la 4ème place. L'horticulture, le thé et le tourisme constituent les seuls rivaux.

Ces Kényans de la diaspora ont souffert par le passé de privation du droit de vote, au moment d'exprimer leur opinion sur les questions nationales et durant les élections. Leurs préoccupations refont surface de façon constante, à chacune des visites des délégations gouvernementales dans leurs divers pays de résidence.

Les expatriés, notamment au Pays-Bas, travaillent, étudient ou demandent politique, soit s'établissent pour résider. ée.

"Il s'agit d'une opportunité en or de pouvoir participer aux élections des dirigeants. Cette loi nous accorde une chance de mettre un terme à nos plaintes au sujet de la corruption des autres afin de voter de façon concrète" déclare Faith Ogeto, une Kényane vivant à Newcastle (Australie), est ému(e) et enthousiaste au sujet de l'avancée effectuée.


Cependant, des défis s'annoncent avec la promulgation de cette loi. En effet, seul un système de vote manuel sera mis en place durant les élections de 2012, au lieu d'un système électronique plus efficace. Cette situation constituerait une difficulté pour les votes des expatriés vu que le système manuel est plus complexe et moins aisé à respecter.

D'autres questions se posent quant au moyen disponible aux électeurs de la diaspora de déterminer les forces et les faiblesses des futurs candidats. Le fait est qu'ils seront fort éloignés des affaires quotidiennes du Kenya. En outre, ils dépendront grandement de ce qu'ils verront et suivront sur les médias. Un avis qu'Amina Bakari, Kenyane résidant à Bonn, en Allemagne, ne partage pas :

"A l'intérieur du pays, vos points de vue sont limités. A l'extérieur, nous sommes des électeurs plus avertis en ce sens que nous faisons preuve d'un meilleur jugement et d'un point de vue plus soutenu au sujet des exigences du développement. Certes, il existe cette impression que nous sommes trop peu pour influencer les élections ou laisser une forte impression en ayant une incidence sur le résultat national. Cependant, je pense que notre vote aura de l'impact sur les élections des comtés et de la Haute Chambre".

 

Norbert Ngouma

Bilan très positif des inscriptions sur les listes électorales: 13.251 inscrits!
Après la clôture des inscriptions sur les listes électorales en Italie, le Président de la Délégation extérieure de la Commission Electorale Nationale Autonome (DECENA) en Italie, M. Manga Karamba, dresse un bilan positif. Selon lui, les deux Commissions (du Nord et du Sud) ont fait un record de 13.251 sur 585 modifications. Un chiffre que le Président juge satisfaisant. Votre journal Afri-Nous l'a rencontré pour recueillir ses impressions. sur la campagne d'Italie.

Afri-Nous: Quel bilan faites-vous de la révision et des inscriptions sur les listes électorales?
Manga Karamba: La révision des inscriptions sur les listes électorales est satisfaisante car il y a eu 13.251 inscrits sur 585 modifications. C'est honorable.

Afri-Nous: Durant ces 4 mois de tournée dans les villes italiennes, quels ont été les problèmes?
Manga Karamba: D'une part, la feuille de route était un peu faussée. Dans certains cas, on est allés du bas vers le haut et ensuite redescendre au point de départ. Et je pense aussi que certains lieux et d'autres localités doivent être remplacées.
C'est couteux et peu rentable en termes d'inscrits, etc.

Afri-Nous: Quelles sont les leçons que vous avez tirées de ces inscriptions?
Manga Karamba: Les Sénégalais s'intéressent plutôt à la carte nationale d'identité qu'à la carte d'électeur. C'est aussi une occasion d'être en contact direct avec nos compatriotes, Pour mieux connaitre leurs problèmes quotidiens.

Afri-Nous: A quelques mois des élections, le doute plane encore sur la tenue de la Présidentielle 2012: Qu'en pensez-vous?
Manga Karamba: Au Sénégal comme ici, les gens se posent la question de savoir si les élections auront lieu ou pas. Cette question reste un point d'interrogation.


Afri-Nous: Pensez-vous que vous aurez le temps nécessaire à distribuer toutes les cartes avant les élections prévues en février 2012?
Manga Karamba: Pour la distribution des cartes, le temps sera très juste mais avec la vigilance de la Commission administrative et de la DECENA, on pourra faire un bon travail d'équipe.

Afri-Nous: L'Italie a-t-elle battu  le record d'inscriptions en Europe?
Manga Karamba: J'ai tout fait pour avoir les données en France et en Espagne, mais hélas! Je suis toutefois persuadé qu'on a fait un bon record.

Ndèye Fatou Seck


Après avoir fui l'apartheid, ce sud-africain fut exploité et tué, à Villa Literno. Il y a 22 ans!

Jerry Essan Masslo, réfugié sud-africain qui, durant l'été 1989, qui travaillait à la cueillette des tomates, à Villa Literno (Caserta), fut assassiné une nuit par des énergumènes qui voulait lui dérober les maigres sous qu'il avait sués durant une ingrate journée de travail, au soleil dans les champs.

J'espérais trouver en Italie un espace de vie, un souffle de civilisation, un accueil qui m'aurait permis de vivre en paix et cultiver le rêve d'un demain sans barrière ni préjudice. J'ai au contraire été déçu. Avoirla Peau noire peau noire âges dans ce pays est une limite à la coexistence civile. Ici aussi il y a le racisme: c'est fait d'intimidations, abus de pouvoir, violences quotidiennes contre ceux qui ne demandent que la solidarité et le respect. Nous, le Tiers-Monde, sommes en train de contribuer au développement de l'0Italie, mais il semble que cela n'a aucun poids. Tôt ou tard, on tuera quelqu'un et alors on s'apercevra que nous aussi existons".
Ainsi parlait Jerry Essan Masslo, réfugié sud-africain qui, l'été 1989 à Villa Literno, ramassaient les tomates, dans le Casertano. Il a été tristement prophétique: le 25 août, il était assassiné par un gang de voleurs qui voulaient arracher, à ses compagnons et à lui, le peu de lires gagnés, à se briser le dos comme des esclaves,  dans les champs.

Masslo était arrivé à Rome en 1988 pour échapper à l'apartheid, mais il n'avait pas réussi à obtenir l'asile politique, qu'à l'époque l'Italie ne réservait qu'aux réfugiés fuyant des  régimes communistes de l'Europe orientale. Il avait tenté en vain de se transférer au Canada et, il vivait en attendant dans une communauté d'accueil à Rome, et, durant l'été, pour joindre les deux bouts, il bossait comme ouvrier agricole dans la Campania, comme d'autres africains.

Les conditions étaient dures. Quinze heures de travail par jour, salaire è la pièce, moins de 1000 lires par caisse de tomates, des dortoirs de fortune dans des fermes délabrées. A cela s'ajoutait le contraste avec la population locale, les intimidations, les chasses à l'étranger et les rossées, qui ont abouti à l'assassinat du jeune.

La mort de Masslo est considéré comme un jalon important de la naissance du mouvement anti-raciste en Italie. Elle attira à Villa Literno les journaux et la télévision, mis l'attention et les consciences  des Italiens sur un phénomène jusqu'alors passé sous silence. Aux funérailles, participèrent des milliers de personnes et les hautes personnalités de l'Etat.

Un mois plus tard, à Villa Literno, les travailleurs sont descendus dans les rues pour protester contre les "caporali" et, à Rome, il y eut une grande manifestation contre le racisme et pour les droits des immigrants. Au début de 2009, arrivò la Loi Martelli, qui entre autres, redéfinit la procédure d'asile, étendant aussi la protection aux non ressortissants des pays du Pacte de Varsovie.

Elvio Pasca

Enfin la fin de l'apartheid électoral des Camerounais de l'Extérieur.

Les Camerounais résidant à l'étranger peuvent désormais voter lors des élections présidentielles. Une nouvelle loi a été votée par le Parlement et promulguée par le président de la République. C'est une satisfaction globale, mais pour les concernés le gouvernement peut mieux faire.

Jusqu'ici, les Camerounais vivant à l'étranger n'avaient pas le droit de vote. S'ils voulaient voter, ils devaient revenir au Cameroun. Cette situation relève désormais du passé. Après le vote du Parlement, le président Paul Biya a promulgué le 13 juillet une loi accordant le droit de vote aux Camerounais établis ou résidant à l'étranger. Du moins lors des présidentielles et des référendums.

 

Parmi les Camerounais résidant à l'étranger, certains expriment leur soulagement.

"L'apartheid électoral a pris fin au Cameroun. La forteresse du déni de citoyenneté du fait de la résidence est tombée. L'arrivée de la diaspora dans le processus électoral est un acte politique majeur. La légitimé du prochain élu à la présidence de la République en sera fortifiée", se félicite Pierre Mila Assouté.

Même satisfaction chez Macaire Lemdja , qui précise toutefois que c'est "un premier pas timide vers la satisfaction des revendications de cette frange de la communauté nationale", puisque selon lui, cette loi "en appelle d'autres".

Pour d'autre Camerounais de la diaspora, la nouvelle loi a "un goût d'inachevé".

Le CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora), un collectif des Camerounais vivant en Europe, émet quelques réserves, craignant que les Camerounais de l'étranger ne puissent voter en octobre prochain, lors de la présidentielle, en raison des délais trop courts.

"Le droit de vote accordé à la diaspora ne pourra pas avoir une traduction matérielle d'ici octobre 2011", indique le CODE. Il sera en effet difficile pour les autorités de réunir toutes les dispositions nécessaires.

Le chef de l'Etat Paul Biya n'a d'ailleurs pas encore signé les textes réglementaires qui, selon la loi, "précisent les modalités d'application de la présente loi".

Autre critique: les Camerounais ayant la double nationalité ne pourront pas voter. En effet, pour bénéficier de divers avantages, bien des Camerounais ont pris la nationalité de leurs pays d'accueil. Or, le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité.

"Les 90% des compatriotes vivant à l'étranger ont la double nationalité. Ce qui les exclut d'office de l'exercice du vote concédé", indique le CODE. D'autres vivent sans papiers. Selon Jean Blaise Gweth, un Camerounais vivant en France, seuls 10 % de ses compatriotes pourront donc jouir de ce nouveau droit.

Par ailleurs, la disposition de la loi selon laquelle "des bureaux de vote sont créés au niveau des représentations diplomatiques et des postes consulaires, sur proposition du gouvernement" suscite également des critiques.

Pour les pourfendeurs de cette disposition, la création de ces bureaux de vote permettra au gouvernement d'avoir la main mise sur le processus mais aussi d'écarter les compatriotes de l'étranger n'ayant pas les moyens de se déplacer pour les ambassades et consulats.

"Certains parmi nous doivent parcourir de longues distances. Je ne vois pas un Camerounais partir de Strasbourg, de la Côte d'Azur pour aller voter à Paris ou à Marseille alors qu'il n'arrive même pas à trouver 10 euros par semaine pour s'acheter à manger", affirme Jean Blaise Gweth, qui craint par ailleurs que certaines personnalités politiques camerounaises ne profitent de la situation précaire de leurs compatriotes pour acheter leurs voix.

 

Non satisfaits, les Camerounais de la diaspora revendiquent aussi "la reconnaissance de la double nationalité par la Constitution ainsi que la possibilité d'élire des députés ou des sénateurs de la diaspora au Parlement et au Sénat camerounais", comme le dit Brice Nitcheu, le président du CODE.

 

C'est lors de sa visite officielle en France en juillet 2009 que le président camerounais Paul Biya s'était engagé à tout mettre en oeuvre pour légiférer le vote des Camerounais de l'étranger et la reconnaissance de la double nationalité.

Norbert Ngouma