Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Bienvenue à Mme le Ministre!

Le ministre des Sénégalais de l'Extérieur, Seynabou Gaye Touré, a présidé ce dimanche 9 juin, la cérémonie d'inauguration d'une rue Léopold Sédar Senghor à Faenza, dans le nord de l'Italie. Elle a saisi cette occasion pour rappeler la dimension universelle et immortelle du Président poète Léopold Sédar Senghor.

altSeynabou Gaye Touré, ministre des Sénégalais de l'Extérieur a rappelé dimanche 9 juin, à Faenza en Italie, la dimension universelle de Léopold Sédar Senghor, en soutenant que «le premier Président du Sénégal vient encore de démontrer qu'il est immortel», rapporte un communiqué de son département.

Elle a assuré qu'à travers cet acte qui consiste à donner le nom du premier noir agrégé de grammaire à une place, «la commune de Faenza est bénie à jamais», avant de faire savoir aux centaines de Sénégalais qui vivent sur place que «la commune leur a envoyé l'ascenseur et qu'ils ont la lourde charge de continuer à se comporter comme de véritables ambassadeurs pour bénéficier davantage de la confiance des autorités locales de Faenza».

Le maire de Faenza, Giovanni Malpezzi, a pour sa part expliqué les raisons du choix de Léopold Sédar Senghor qui est, selon lui, «un des plus grands hommes de l'histoire du monde du siècle passé. Un baobab géant mais aussi comme celui qui est le symbole du Sénégal. Je suis très heureux de l'intitulé de ce lieu, une des premières en Italie, ici à Faenza, une ville où habite une vive et laborieuse communauté sénégalaise constitué de 566 résidents officiels. C'est la 4e sur la classification des communautés étrangères présentes sur le territoire et qui a tissé des rapports positifs avec les habitants de Faenza et les institutions».

En marge de la cérémonie, le ministre des Sénégalais de l'Extérieur a rencontré les responsables des Associations pour évoquer certains sujets, notamment la relance de la Commission mixte autour des problèmes des pensions des retraités; la confection, le renouvellement et le retrait des passeports; le choix des membres du prochain Haut Conseil des Sénégalais de l'Extérieur.

Des doléances que le ministre a écoutées avec une oreille attentive en promettant de s'atteler dès son retour au Sénégal à la recherche rapide de solutions. Seynabou Gaye Touré a aussi rencontré des hommes d'affaires qui veulent investir dans le domaine avicole au Sénégal.

Tchatchant du... Tchad!

Quelle orientation politique doit-on opérer pour se préoccuper de l'apport indéniable de la diaspora tchadienne dans le développement national? Quels types de rapports construire entre les instances dirigeantes du Tchad et la diaspora tchadienne? Faut-il amorcer une véritable rupture?

altL'analyse de la place et de l'apport de la diaspora tchadienne permet d'aborder ces questionnements et, ce faisant, contribue à mettre en lumière quelques pistes à explorer pour une meilleure prise en compte des apports potentiels et effectifs de la diaspora. L'importance de la diaspora tchadienne à travers le monde est aujourd'hui une réalité incontestable.

Alors que le Tchad compte plus de 11 millions d'habitants, sa diaspora serait aussi importante avec une forte présence en Afrique, en Arabie Saoudite, en Europe, au Canada et aux États-Unis d'Amérique. Ces 30 dernières années, le flux migratoire des tchadiens vers les différents continents ne cesse d'augmenter.

L'émigration des tchadiens dans d'autres pays s'explique entre autres par les événements malheureux qu'a connus le Tchad. Malgré tout, les tchadiens où qu'ils se trouvent gardent un attachement important à leur pays. Il est vrai que la progression rapide de la mobilité des tchadiens s'inscrit dans un cadre migratoire relativement récent.

Cependant, il faut reconnaître que cette diaspora, qui repose sur des tchadiens de toutes catégories socio- économiques et professionnelles, est l'un des principaux acteurs du rayonnement culturel, politique et économique du Tchad à l'étranger et pourrait servir de cas de figure pour le pays en vue d'accélérer le processus de son développement.

En dépit de son importance, la diaspora tchadienne a été pendant longtemps ignorée, voire piétinée et apparaissait dans le rôle de faire-valoir des intérêts, projets, ambitions ou discours des politiciens et de leurs manœuvres politiciennes. Elle apparaît le plus souvent comme incontournable dans les différents discours officiels ; néanmoins dans la pratique, elle est écartée des processus majeurs de (ré) construction du Tchad.

Pourtant, la diaspora tchadienne constitue un levier essentiel pour le développement, comme cela s'observe dans la plupart des pays les moins avancés dont le progrès a été significatif ces dernières années grâce, entre autres, aux apports multiples et variés de leurs diasporas. Son potentiel considérable en termes de savoir et de savoir-faire n'est pas suffisamment mis en valeur pour stimuler et entretenir le développement, la réconciliation et la paix au Tchad.

Cette absence de prise en compte et de mise en valeur de ce potentiel se reflète, entre autres, dans les relations de la diaspora avec les institutions de la République ou du moins avec les autorités ayant en charge la gestion de ces institutions qui, malheureusement perçoivent la réalité uniquement du point de vue exclusif de leur propre fenêtre. C'est pourquoi, il nous semble important que le dialogue, la communication, l'écoute, la nécessaire humilité sont des valeurs à promouvoir de part et d'autre pour bâtir une confiance mutuelle et travailler ensemble pour la promotion et la défense des intérêts du Tchad et des tchadiens.

Il faut substituer à l'image de la gestion personnelle et autoritaire des différentes institutions tchadiennes, celle d'une administration inclusive, responsable et soucieuse de l'intérêt général. Il importe tout simplement de rester conforme aux valeurs tchadiennes, garder l'indépendance d'esprit et agir avec lucidité, sincérité, transparence et bons sens, tout en développant une conscience solidaire et responsable.

Il convient de rappeler que la situation de notre pays interpelle chacun de nous en tant que citoyen. Les acteurs politiques, les opérateurs économiques, la société civile, la diaspora... , tout le monde s'accorde à reconnaître que notre pays a besoin de la synergie d'action de tous ses enfants pour son décollage socio-économique véritable. Le bon sens nous invite à l'éveil de la conscience citoyenne responsable.

D'autre part, les mécanismes organisationnels et institutionnels doivent être mis en place pour rationaliser l'implication de la diaspora dans la vie de notre pays, en capitalisant son potentiel et en le mettant au service du développement national, notamment à travers le transfert des connaissances, du savoir-faire, des investissements...

Par ailleurs, aujourd'hui plus qu'hier, le Tchad devrait s'appuyer véritablement sur sa diaspora pour rehausser son image et défendre ses intérêts à l'échelle locale, régionale et internationale. L'exemple de l'intégration et la valorisation des apports des diasporas chinoise et indienne par leurs États, qui sont au cœur des mutations profondes de leurs pays respectifs, doit nous rappeler en permanence cette évidence.

La diaspora constitue un capital humain considérable et d'une importance stratégique comme a su en prendre conscience le Premier Ministre indien Rajiv Gandhi à partir de 1984, qui la considère non pas comme une fuite des cerveaux, mais comme une banque de cerveaux qui accumule des intérêts et qui attend uniquement d'être retirée des pays d'accueil pour être à nouveau investie dans les pays d'origine.

A titre illustratif, l'importance de la diaspora des pays africains se reflète par exemple dans le volume de leurs apports. Les statistiques internationales confirment que les contributions des africains de l'étranger dépassent largement l'aide publique au développement (APD). Ce qui fait de la diaspora tchadienne un atout considérable dont il faut tenir compte pour le progrès du Tchad.

Ainsi, faire de la diaspora tchadienne un acteur majeur du développement, de la réconciliation et de la paix au Tchad constitue l'un des enjeux majeurs de ce siècle pour notre pays. Cela passe par le changement de la représentation souvent négative que la plupart de nos décideurs politiques ont de la diaspora. Il est nécessaire de rompre avec les discours qui la dévalorisent en l'assimilant à une bande de donneurs de leçon, d'assistés, d'agitateurs, de mercenaires, de profiteurs, d'opposants etc. comme si les membres de la diaspora étaient des éléments nuisibles à l'avenir de leur propre pays.

Au-delà de ce changement de mentalités, la volonté politique et sociale est vitale car cette transformation passera par celle de tous les tchadiens en général et de nos décideurs politiques en particulier ; il ne suffit pas de changer de discours pour que la situation change. Encore faut-il que les pratiques suivent, que la méthode soit adaptée et que les moyens soient à la hauteur !

Le Tchad n'est pas condamné au sous-développement ni à des embrasements tragiques, qui n'ont cessé de créer et de raviver des haines entre tchadiens, car il a des ressources naturelles et humaines propices à sa prospérité et à sa paix. Elles ne demandent qu'à être mobilisées et mises en valeur de manière efficace, efficiente, cohérente et responsable.

Couscous à la rescousse!

La Communauté Marocaine a présenté son plat record au Festival "Dialogando" (Dialogant).

altA Bassano del Grappa, a été préparé le plat “Dialogando”, un plat du Guinness des records, le couscous le plus grand d’Europe. Le Festival "Dialogando 2013", promu par la Commune pour stimuler la rencontre entre les diverses cultures sur présentes sur le territoire, s'est conclu à Place de la Liberté, par le Festival de la Culture. Organisé par l'Association Marocaine Amal, la manifestation a réuni toutes les communautés de la ville: Erythrée, Albanie, Kosovo, Pologne, Philippines et Pérou, toutes ensemble pour se connaitre et se faire connaitre.

Outre les autorités citadines, étaient présents également l’Ambassadeur du Maroc, Hassan Abouyoub et l’acteur bellunais  Marco Paolini.

C'est depuis longtemps que je revais de faire rencontrer ma culture d'origine et l'Italie qui m'a adopté. Nous y sommes parvenus sur la place de Bassano et je souhaite que cette initiative soit la première d'une longue série", a déclaré le président de "Amal", Aziz Wahbi.

C'est au milieu des danses traditionnelles du monde entier, des dégustations, artisanat, tatouages à l'henné, expositions photographiques et simulation du mariage marocain qu'a fait sa "solennelle" et très attendue entrée, le couscous le plus grand d'Europe. Il y a eu besoin de 7 cuisiniers et 2 jours de boulot pour préparer le plat record pour 2.500 personnes.

Di...op-là!

La Sénégalaise, Thioro Diop, étudiante en première année de gestion des transports et logistiques d'entreprise à la Haute école de Francisco à Bruxelles, a séduit le jury du concours Miss West Africa Belgique 2013. Elle a été sacrée Miss pour cette première édition.

altThioro Diop a aussi récolté beaucoup de vote du public à travers l'internet.

Elue reine de la beauté, Thioro Diop a pour ambition de se lancer sur le terrain social en aidant les enfants de la rue au Sénégal. «Mon objectif est de venir en aide aux talibés», dit-elle après son sacre. Un but qui lui tient à cœur.

Sa compatriote Mariéme Diallo a été choisie comme 2ème dauphine. Cette jeune sénégalaise est étudiante en 2ème année de journalisme à l'Université catholique de Louvain.

La Guinéenne, Binta Cissé a pris la place de la 3ème dauphine.

Le Lead vocal du Dandé Lénol, Baaba Maal, parrain de cette manifestation, a animé un concert au grand bonheur du public.

Une artiste au service de son pays!

La talentueuse peintre sénégalaise s'est transférée en Italie, en 2005, où elle a obtenu le diplome de Maitre d'Art à l'Institut Bernardino di Betto de Perugia (Pérouse). En Italie, elle commence à travailler dans le domaine de l'art et de la culture, promouvant une série d'initiatives multiculturelles avec son pays natal, le Sénégal, avec lequel elle maintient des liens affectifs et où elle fit ses premiers pas dans la peinture, à l'Ecole Nationale des Arts.

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Parmi les nombreuses qu'elle a réalisées, à signaler l'exposition personnelle de 2005 “World Trade Center - Halte à la violence" réalisée à Dakar, avec la collaboration de l'Ambassade américaine au Sénégal et la Ville de Dakar.

Rentrée au Sénégal pour apporter sa pierre à l'édification du nouveau cours de son pays, Fatim Ndiaye est la présidente de la Commission Sports-Culture et Loisirs de la CCR (Convergence des Cadres Républicains) départementale de Pikine

Africa Nouvelles: Présentez-vous et dites-nous ce que vous représentez au sein de votre Mouvement APR-YAAKAAR?

Mme Fatim Ndiaye: Ce mouvement a réussi, en l'espace de 3 ans, à gagner la confiance du peuple Sénégalais et a pu, grace à la volonté populaire, sauver le pays des griffes de ceux qui l'ont spolié sans vergogne de ses deniers publics, au sein de ce mouvement, je suis une militante engagée. Je milite à Yeumbeul Sud et je suis la présidente de la Commission Sports-Culture et Loisirs de la CCR (Convergence des Cadres Républicains) départementale de Pikine.

Et ce mouvement APR-YAAKAAR, qui se structure encore, est un parti de masse, ouvert et basé sur les principes de la démocratie. L'Alliance pour la République a initié à sa naissance, le 1er Décembre 2008, un processus d'implantation, de massification et d'édification du parti. Elle regroupe en son sein plusieurs structures internes, parmi lesquelles la CCR qui est le creuset des intellectuels et cadres du parti .

Elle a en charge la réflexion qu'appelle la recherche ponctuelle de solutions aux problèmes qui se posent au pays et la prospective orientée vers la recherche d'innovations et a la vocation de s'investir de manière opérative dans l'activité socioéconomique du pays. La CCR nationale est dirigée par un Bureau national, le CEN, et elle compte 22 commissions thématiques dont la Commission Culture et Tourisme à laquelle j'appartiens et la Commission Veille et Marketing Politique dont je suis le Rapporteur général.

Africa Nouvelles: Il y a 1 ou 2 ans que vous étiez rentrée au pays; pourquoi étes vous retournée ici en Italie?

Mme Fatim Ndiaye: Certes j'ai décidé de retourner au pays pour apporter ma pierre à l'édifice national, mais j'ai une partie de ma famille dont ma fille qui vit en Italie; donc j'y reviens toujours pour des raisons d'ordre familiales.

Africa Nouvelles: On vous connaissait comme artiste peintre, mais maintenant, nous vous entendons sur la politique, pourquoi ce virement?

Mme Fatim Ndiaye: La politique c'est la gestion des choses de la Cité et, avant d'etre artiste peintre, je suis une citoyenne, et quand j'avais décidé de rentrer au Sénégal, j'ai trouvé sur place un pays pris en otage par un groupe de politiciens sans scrupules, qui faisait la pluie et le beau temps, alors là je me demandais s'il fallait rester et combattre cette injustice ou retourner en Europe et y vivre. Mais je ne pouvais pas et ne devais pas baisser les bras face à ces pilleurs de la République, il fallait faire quelque chose tant soit peu il fallait se battre pour rendre notre Sénégal une terre de justice et d'égalité. Si j'ai décidé à un certain moment de laisser mon activité autonome et les avantages que j'avais en Europe, ce n'est certainement pas pour les laisser faire du pays ce qu'il voulaient. Et là j'ai eu la chance de m'imprégner de l'APR et d'y retrouver, en la personne du Président Macky Sall et des militants, les valeurs qui m'ont fait virer en politique.

Africa Nouvelles: Vous soutenez le Président Macky Sall, quel bilan faites-vous de ces 1an de gouvernance?

Mme Fatim Ndiaye: Le bilan que je fais des 1 an du président Macky est positif, seulement il ne peut etre définitif car, c'est seulement le tout début. Entre autres, il y a des avancées dans la politique du Gouvernement et, pour ne citer que ceux-là, nous avons également la réduction des dépenses de l'Etat, la lutte contre la corruption, la maitrise du déficit budgétaire, la création de 5500 agents de la Fonction publique, le plan de soutien au monde rural, pour ne citer que ceux là.

Africa Nouvelles: Puisque vous étiez ici en Italie, vous connaissez les difficultés que vivent les immigrés. Qu'est-ce que, ces derniers peuvent attendre de vous et du gouvernement actuel?

Mme Fatim Ndiaye: Moi j'ai été une Fatou-Fatou,et je ne ménagerai aucun effort pour que la situation des immigrés soit améliorée, si c'était dans mes possibilités, mais  le Ministère des Sénégalais de l'Extérieur dispose de programmes capables d'apporter des solutions aux problèmes des immigrés; l'important c'est de faire en sorte que nos compatriotes vivant à l'étranger et voulant rentrer au pays puissent acceder à la bonne information.

Africa Nouvelles: Beaucoup de responsables de l'APR en Italie, dénoncent le fait qu'ils sont oubliés par les autorités. Ils disent méme que certains ne répondent meme pas au téléphone. Quel role pourrez-vous jouer pour faciliter les relations?

Mme Fatim Ndiaye: Je ne veux pas me prononcer sur des faits que je ne maitrise pas, mais je n'aime pas le terme "on a été oubliés" car vous savez il y a trois sortes de politiciens: il ya ceux qui font la politique pour se faire élire ou avoir des avantages, ceux qui cherchent à faire élire quelqu'un pour en tirer des avantages et ceux qui font la politique car ils sont épris de justice et veulent le progrès de leur pays. Malheureusement pour les deux premières catégories, aprés l'éléction d'un leader qu'ils ont soutenus, veulent tout de suite avoir leur part du gateau et, si ce n'est pas le cas, ils  font volte face et deviennent menaçants. Et je prie Dieu pour que ces lamentations ne soient pas des dérivantes de ces deux premières situations que je viens de définir.

Africa Nouvelles: Nous sommes à quelques mois des législatives, etes-vous partante pour une collectivité locale?

Mme Fatim Ndiaye: Je ne saurais vous dire mais je ne ménagerai aucun effort afin que le parti puisse gagner dans ma localité.

Africa Nouvelles: Le quotidien des "Modou Modou" est devenu plus difficile, quels sont les projets en cours que le gouvernement a mis sur pied, pour faciliter le retour de nos compatriotes au pays?

Mme Fatim Ndiaye: Je vous renvoie toujours au Ministère des Sénégalais de l'extérieur; en plus avec le programme de "yoonu -yokuté", nous avons besoin de tous les bras des fils du Sénégal, pour un Sénégal prospère.

(* Photo: Fatim Ndiaye en compagnie du président de la République sénégalaise Macky Sall)

Ndéye Fatou Seck

Soudani, le Soudanais! 

C'est lui qui prépare les drinks dans l'un des bistrots les plus à la mode de la java romaine. «C'est comme la cuisine. Il y a la recette, mais j'ai toujours ajouté une touche personnelle".

Qui va souvent jusqu'aux petites heures entre la Place Navona et alentours, sait de qui il s'agit: Jean-Simone Soudani, 35 ans, d'origine soudanaise et né à Rome, est le barman du «Bar del Fico" l'un des bistrots les plus à la page et renommés de la capitale italienne.

altQuel a été ton parcours en Italie? As-tu toujours fait le barman?

Le destin m'a amené à travailler très tôt et, avec douleur, je n'ai pas pu continuer mes études. J'ai fait toutes sortes de petits boulots: de serveur à garçon à serveur, passant par la production musicale. J'ai pu cultiver ma passion pour la musique, j'ai étudié pendant 4 ans la guitare classique, dans une école expérimentale Quelques années plus tard, avec un ami, j'ai fait monté un projet auquel je tenais énormément: nous avons ouvert un studio d'enregistrement. Ça a été un excellent investissement et tout s'est très bien passé pour quelques années. Malheureusement, c'est un projet que j'ai dû abandonner, la clientèle devenait rare et on n'arrivait plus à supporter les coûts de gestion. A contrecœur, on a décidé de vendre le matériel et j'ai dû tout recommencer à zéro.

Tu nous racontes ton premier cocktail?

Les gérants de " Freni e Frizioni", le bistrot du quartiewr romain Trastevere locale, sont de très bons amis et ils m'ont donné l'opportunité de travailler avec eux. Je peux dire que je connais très bien le travail derrière le comptoir. Au début, j'étais un glasswhasher, puis un peu par curiosité et un peu pour le fun, j'ai commencé à faire mes premiers cocktails et petit à petit, d'un drink à l'autre, je suis devenu un vrai barman.

Je dois dire que faisant ce travail, j'ai découvert que j'avais un certain talent à entretenir et divertir les clients, je me suis senti porté vers ce type de boulot. Certes, c'est pas facile de cultiver d'autres intérêts parce que les horaires de barman sont très difficiles à concilier avec une vie diurne régulière: Je commence à travailler à 18h et je débloque à 2h du matin.

C'est comment un barman immigré dans un bistrot fameux de Rome?

Ce que j'aime le plus dans ce travail, c'est de voir le visage des clients satisfaits quand ils goûtent mon cocktail. Pour moi préparer un drink, c'est comme la cuisine. Il y a la recette, mais j'essaie toujours d'ajouter une touche personnelle pour le rendre unique et spécial. J'aime bien utiliser les fruits qui donnent des saveurs douces et délicates à mes petits chef-d'œuvres.

Comment es-tu arrivé à bosser au "Bar del Fico"?

Après avoir bossé dans différents coins de la ville, je me suis retrouvé au" Bar del Fico. Je me suis tout de suite senti à mon aise, tant avec le personnel qu'avec la clientèle qui est principalement touristique. En effet, dans d'autres bistrots disons à la mentalité un peu plus "provinciale", un black derrière le comptoir, ça créait une surprise. C'est une des raisons pour lesquelles il m'arrive souvent de vouloir bouger vers certaines capitales européennes. Je suis célibataire endurci, il n'y a rien qui me retient ici.

Samia Oursana

 

 

Notre soeur africaine au Parlement!

L'italo-congolaise Cécile Kyenge Kashetu est avec l'italo-marocain Khalid Chaouki, les seuls parmi les candidats d'origine étrangère à avoir réussi à franchir la ligne d'arrivée des dernières législatives italiennes. Tous deux entrent en effet dans la Chambre des Députés,  dans les rangs du Parti Démocrate.

alt«C'est une responsabilité importante, nous devons attirer l'attention sur les valeurs que nous avons partagé au sein du Forum per l'Immigration du parti. Ce n'est pas ma victoire ni celle de Chaouki, c'est la victoire de tout un groupe qui a travaillé pour apporter ses idées au Parlement», a déclaré, à notre groupe éditorial "Stranieriinitalia.it ", Kyenge Kashetu, ophtalmologiste d'origine congolaise, élue dans la Région Emilia Romagna, déjà Conseiller de la Province de Modena.

Et notre néo-députée d'admettre: "Ces élections sont une surprise. Il faudra encore du temps pour éliminer le berlusconisme. Forts de notre double identité, nous devons cependant lutter pour la pleine participation politique et pour renforcer une idée forte de la citoyenneté, qui respecte les droits de tous, Italiens et étrangers".