Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Tokyo à l'heure du Faso!

L'Ambassade du Burkina Faso à Tokyo a commémoré le 52e anniversaire de l'indépendance du Burkina Faso, le 11 décembre 2012, par un sympathique cocktail qui a connu la participation de représentants du Gouvernements japonais, notamment le Ministère des Affaires Etrangères, des institutions de coopération telles l'Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), l'Agence Japonaise (JICS), l'Agence Japonaise de (JOCA), des milieux d'affaires tels que la Chambre de Commerce de Tokyo, Marubeni, Mitsui, Techno, NHK, des représentants d'association de la société civile et des ressortissants burkinabè au Japon.

altLa cérémonie a été marquée par le discours de SEM l'Ambassadeur François OUBIDA, une remise de médaille et le discours du représentant du Gouvernement japonais.Dans son allocution, l'Ambassadeur François OUBIDA a tenu à remercier tous les participants pour leur présence effective qui traduit la qualité des relations qu'ils entretiennent personnellement et professionnellement avec le Burkina Faso. Il a rappelé la volonté des plus hautes Autorités burkinabè, sous la conduite de SEM Blaise COMPAORE, Président du Faso, de faire du Burkina Faso, un pays émergent construit sur les principes de la citoyenneté, le dialogue et la paix, thème retenu pour le 52e anniversaire.

Concernant la coopération entre les deux pays, l'Ambassadeur a souligné que l'année 2012 aura été des plus intenses avec la visite à Tokyo, de trois Ministres burkinabè dont le Ministre des Affaires Etrangères et de la coopération Régionale, la tenue de la 3e session des Consultations Bilatérales entre les deux pays, la participation du Japon à la 13e édition du SIAO, du 26 octobre au 04 novembre 2012 en qualité d'invité d'honneur et la tenue à Ouagadougou du 15 au 17 novembre 2012, de la réunion d'experts, préparatoire à la 5e édition de la Conférence de Tokyo sur le Développement de l'Afrique (TICAD V).

L'Ambassadeur OUBIDA a terminé son allocution en remerciant tous les partenaires qui appuient le Burkina Faso dans la réalisation de ses politiques de développement. A la suite de son discours, l'Ambassadeur a décoré Monsieur Norimassa MATSUYAMA, de la Médaille que SEM le Président du Faso a bien voulu lui octroyer en qualité de Chevalier de l'Ordre National. Cette médaille récompense les efforts que Monsieur MATSUYAMA déploie depuis près de quarante (40) ans par le canal de l'Association d'Amitié Burkina Japon. A l'issue de la décoration, Monsieur MATSUYAMA au nom de son Association, a remercié SEM le Président du Faso pour cette distinction qui lui donnera davantage d'engouement en faveur du Burkina Faso.

Le représentant du Gouvernement japonais, l'Ambassadeur Fumio OKAMURA, Directeur Général Afrique et Représentant Spécial du Premier Ministre pour l'Afrique a, pour sa part, réaffirmé les qualités des rapports entre le Burkina Faso et son pays. Il a réitéré, à l'occasion, la disponibilité des autorités japonaises à appuyer le Burkina Faso dans toutes ses initiatives de développement. Il a en outre tenu à remercier le Gouvernement burkinabè pour le succès dans l'organisation de la réunion d'experts, préparatoire de la TICAD V. La cérémonie s'est achevée sur un cocktail accompagné de la musique d'artistes du Burkina Faso.

Ambassade du Burkina Faso à Tokyo

La position sur les dépositions

Au procès des 4 militaires français accusés du meurtre de l'Ivoirien Firmin Mahé, en 2005, les proches de la victime ont enfin fait leur apparition, lundi 3 décembre. Pour eux, il y a eu méprise: un innocent a été exécuté tandis que le véritable criminel recherché à l'époque, du nom de Nestor Mahé, a été arrêté et se trouverait aujourd'hui toujours en détention.

altIls sont arrivés en silence, presque incognito. Des chuchotements se sont fait entendre dans la salle, où certains ont demandé à leurs voisins: «Qui est-ce?» Puis, en file indienne, derrière leur avocat, Me Fabien Ndoumou, les proches de Firmin Mahé ont traversé la salle, solennellement, sans prononcer le moindre mot. Ils se sont assis, les uns à côté des autres, sur le banc réservé à la partie civile. Un banc qui était désespérément vide depuis le début du procès, le 27 novembre...

De fait, les proches de Mahé n'avaient pu, faute de passeports biométriques puis de visas, se rendre en France. Arrivés vendredi dernier de Côte d'Ivoire, ils sont venus dès lundi matin pour témoigner. Pour sa famille, il est clair que Mahé a été victime d'une erreur, liée à une homonymie.

Est-ce un nouveau tournant dans ce procès, qui se tient depuis le 27 novembre dernier? Aux yeux de l'avocat de la partie civile, certainement. «C'est un soulagement», déclare Me Ndoumou.

Plutôt silencieux jusque-là, l'avocat d'origine camerounaise en retrouve même son latin. Il utilise désormais un micro et se fait entendre par un public très attentif, même s'il est moins nombreux que les jours précédents pendant les témoignages des militaires français accusés.

La première à passer à la barre est Madeleine Nonahin. Pasteure, elle s'occupe aujourd'hui du fils de Firmin Mahé, Gaël, et vit à Abidjan, dans le quartier de Yopougon. Tunique noir et grande jupe beige, petite, elle est un peu impressionnée par la cour. Et stressée: elle se trompera d'ailleurs sur son âge et sur le mois de la mort de Firmin Mahé.

Le président de la cour, Olivier Leurent, commence par lui montrer une première photo de Firmin Mahé et lui demande si elle le reconnaît.

Réponse: «La photo est un peu floue». Madeleine Nonahin se retourne vers son avocat, cherchant du regard un soutien, avant de se faire rappeler à l'ordre par le président de la cour: «Vous regardez la cour d'assises, s'il vous plaît, pas la partie civile».  Face à une seconde photo, elle déclare: «Je ne le reconnais pas».

Le président insiste: «Mais c'est quand même un membre de votre famille! Vous n'êtes pas sûre de vous?».

En fait, au cours de leurs interrogatoires successifs, aucun des proches de la victime présents au procès ne réussira à identifier Firmin Mahé sur 2 des 4 photos présentées par la cour, affirmant que ce n'était pas lui. L'un des deux clichés a pourtant été prise quelques heures avant sa mort.

Du coup, trois des avocats de la défense ont demandé au président de la cour l'«irrecevabilité de la partie civile».

La suite de l'interrogatoire de Madeleine Nonahin a été consacré à la relation qu'elle entretenait avec Firmin Mahé et aux occupations de ce dernier. «Était-il un coupeur de route?» demande le président de la cour.

Madeleine Nonahin répond: «Je le connaissais très bien, ce n'est pas un coupeur de route. Il était plombier. Il y a eu erreur sur la personne». Concernant le fait que plusieurs «indics» ont formellement identifié son «petit oncle» comme le chef de file des «coupeurs de route» de la région, elle ajoute: «Lors d'une crise, comme celle de l'époque, beaucoup de choses se passent. Ce sont peut-être des ennemis qui en ont profité pour le dénoncer injustement...»

Me Morin, l'avocat d'un des militaires français accusés, Lianrifou Ben Youssouf (le chauffeur du blindé dans lequel Mahé a été tué), l'interroge à son tour. Il demande si ses conversations avec Firmin Mahé incluaient le phénomène des «coupeurs de route» et l'existence d'un «Mahé» qui, lui, en serait un. «On ne parlait pas de ces choses-là !... Je n'étais pas au courant de tout dans sa vie, comme il n'était pas au courant de tout dans la mienne», répond-elle. Avant d'ajouter, sûre d'elle, presque avec impertinence: «Mais le vrai Mahé est vivant et toujours emprisonné!» Car pour elle, le véritable criminel recherché à la même époque a été arrêté. Il s'appelerait Nestor Mahé et serait toujours incarcéré. L'interrogatoire terminé, Madeleine Nonahin rejoint son banc.

Puis vient le témoignage d'Édith Zadié François, qui était concubine de Firmin Mahé au moment des faits et présente aux côtés de ce dernier, le 13 mai 2005, jour de son arrestation et de sa mort. Avant de venir à la barre, elle se tenait un peu à l'écart, visage serré, peu bavarde... Elle n'a visiblement pas confiance. Sa version des faits, sa conviction que Mahé était innocent, elle la réserve à la cour, pas aux journalistes présents. Elle lâchera: «Ils l'ont tué "cadeau", pour rien. Tout ça, ce ne sont que des mensonges».

Un exemple pour la communauté!

Le frère Abdou Ndao, en Italie depuis 2005, est un des membres influents des Sénégalais de la Province de Brescia. Et ce, non seulement de par son éclectisme mais aussi par son esprit d'initiative et de dévouement, qui l'a porté à se mettre au service de sa communauté, dans divers secteurs d'activité, toutes pleinement  appréciées par ses confrères.

En effet, Abdou Ndao, outre à avoir été élu Président de l'Association des Sénégalais de Brescia et Province (ASBP), est également le créateur et animateur d'une émission radiophonique "Kaddu Modu Modu" très suivie et populaire, ainsi que l'organisateur du concours de beauté "Miss Sénégal en Italie", dont la première reine fut une certaine... Bruna Ndiaye!

Abdou Ndao a bien voulu accorder à votre journal Africa Nouvelles, cette interview qui brosse son parcours en Italie, au service de sa communauté.

Africa Nouvelles: En tant que nouveau Président, vous venez de faire votre première journée culturelle. Comment ça a été? Pouvez-vous nous faire le bilan et nous parler un peu de votre association, de ses activités, etc.

Abdou Ndao: J'ai été porté à la tête de l'ASBP le 27 mars 2011 et le 1er mai 2011 nous avons participé à la manifestation de la Fête du travail; ensuite nous avons organisé au mois de juillet le tournoi "Peinda Kebe" qui réunit chaque année 8 équipes de football.

Oui cette année, nous avons célébré la Fête de l'indépendance, le 14 avril 2012, avec deux conférences le matin, nous avons aussi décerné le prix de l'excellence à trois enfants qui ont eu de très bons résultats scolaires et nous avons aussi rendu hommage aux anciens présidents de notre Association. Il y avait un match de football qui opposait Brescia à Bergamo et, le soir, les femmes avaient l'honneur en organisant un grand "Taneber".

Il faut noter que l'Association des Sénégalais de Bergamo ( AssosB) etait le parrain de notre journée culturelle et il y avait la présence effective du nouveau Consul général Elhadji Matar Kouyate, accompagné du Vice-consul Mr Ngouda Kane, de Mme Wade qui a introduit la 2eme conférence, sur le thème: "Problèmes de nos familles: quelles solutions pour sauver nos enfants". En résumé, cette journée a été un grand moment de rencontre, de réflexion, de sensibilisation bref de communion.

 

Africa Nouvelles: Depuis l'arrivée de votre nouvelle équipe à la tête de l'Association des Sénégalais de Brescia, c'est un grand changement que voyons. Pourquoi un tel changement et quel est votre objectif majeur?

Abdou Ndao: Je ne cesse jamais de remercier les anciens parce que Brescia est la première cité où des Sénégalais ont créé une Association; c'était en 1990. Ensuite cette association a connu une grande léthargie. En 2009, nous avons décidé de reprendre les choses en main, en mettant d'abord sur pied un comité de normalisation pendant 8 mois, pour sensibiliser encore les Sénégalais de Brescia et chercher surtout les personnes et les ressources capables d'animer une association.

Et je rends grâce à Dieu, depuis que j'ai été élu président avec mon équipe, nous gérons tous les problèmes courants: des passeports, permis de séjour, etc. Vous savez que Brescia regorge la plus forte communauté Sénégalaise, le Questore nous a informés, il y a un an, que nous sommes 12.000 Sénégalais réguliers dans la province. Mon objectif est de faire cotiser un euro par mois à tout ce nombre; cela fera 12.000 euros chaque mois et donc 144.000 euros chaque année, combien ça fera en 2 ans et imaginez ce qu'on pourra faire avec cette somme.

 

Africa Nouvelles: A Brescia, ça a toujours été dur de réunir les Sénégalais, comment y êtes-vous parvenus?

Abdou Ndao: Oui Brescia est une ville très compliquée à manager parce que d'abord, nous sommes nombreux et ensuite il y a toutes les sensibilités: Association des Sérères ou des Toucouleurs, des Narrou kadior, Dahira Tidiane, Mourides, Layènes; bref Brescia, c'est le Sénégal en miniature. Moi, je ne cherche pas l'unanimité, je sais qu'ils ne croient en toi que quand tu leur règles leurs problèmes et tout le bureau de l'Association est conscient de ça.

 

Africa Nouvelles: Nous savons que vous dirigez en même temps une radio (Kaddu Modu Modu) à Brescia. Est-ce facile de gérer les deux choses?

Abdou Ndao: Oui, moi j'ai une agence de communication et artistique "Xelmi Head-Office" qui organise Miss Sénégal en Italie. Nous gérons aussi un site internet d'informations générales "xelmi.org" et nous avons une émission hebdomadaire (Kaddu Modou Modou). Vous avez raison l'émission est très écoutée en Italie et même au Sénégal; pour preuve, nous avons reçu 8 candidats sur les 14 qui étaient au premier tour des présidentielles 2012: le président élu Macky Sall, Bamba Dieye, Tanor Dieng, Aminata Tal, bref beaucoup de personnalités qui viennent en Italie passent dans nos studios. Au fond, ce n'est pas compliqué de gérer les deux choses parce que nous sommes aussi une équipe bien organisée dans Xelmi Head-Office.

 

Africa Nouvelles: Cette radio fait actuellement la fierté de tous les sénégalais d'Italie, comment être vous parvenu à arriver là. Quels sont les difficultés que vous avez rencontré en chemin?

Abdou Ndao: Moi j'ai un diplôme en administration générale et gestion de l'industrie musicale option Management et Communication à l'IESIM (Institut d'Etudes Supérieures en Industrie Musicale) à Paris; ce qui fait que quand je suis arrivé en Italie, j'ai d'abord travaillé comme réalisateur de "Black Emotion" à RTB; ensuite j'ai créé mon site internet, j'ai conçu mon émission et je suis allé la proposer à une radio de la place qui l' a acceptée, et ca fait 2 ans que nous menons cette émission.

La seule difficulté rencontrée est d'ordre commerciale: les "Modou Modou" qui tiennent des activités ici en Italie n'ont pas encore la culture de faire de la publicité, mais je crois ça viendra.

 

Africa Nouvelles: Quels genres de programmes développez-vous à la radio?

Abdou Ndao: "Kaddu Modu Modu" est une émission politique et culturelle et, chaque samedi, nous recevons une personnalité ou un artiste avec qui nous discutons pendant 1h30 sur la situation politico-économique de l'Italie comme du Sénégal.

 

Africa Nouvelles: Etes-vous seul ou bien travaillez-vous avec d'autres confrères?

Abdou Ndao: Nous sommes une rédaction de 7 personnes tous membres de Xelmi Head-office, avec un coordinateur général, Seydina, qui gère bien le planning.

 

Africa Nouvelles: Vous organisez aussi Miss Sénégal en Italie pouvez-vous illustrer comment ca se passe?

Abdou Ndao: Cette année, on organisera la 3eme édition, le 23 juin, à Brescia. Vous savez que la première édition était organisée en juin 2010 et la couronne fut remportée par Bruna Ndiaye (qui a d'ailleurs ensuite consacrée au titre de "Miss Muretto" ndlr). En 2011, Maguette Diagne a décroché le sceptre avant d'aller représenter l'Italie à l'élection de Miss Sénégal à Dakar. Cette année, nous comptons porter très haut la barre, d'abord en changeant de salle et d'horaire; nous allons l'organiser dans une grande et très jolie salle de Brescia, entre 19h et 01h du matin. Nous allons vous faire parvenir le dossier de presse, avant la fin du mois de mai.

Mais tout avant, je tiens à vous remercier, Sister Ndèye Fatou, car vous faites aussi la fierté de la communauté.

Ndèye Fatou Seck

 

 

Défini l'Obama de Pirano, le frère ghanéen Peter Bossman est le premier Maire noir en Slovénie.

La Slovénie a son premier maire noir. En Effet, le frère ghaneen Peter Bossman, médecin de 54 ans, est devenu maire de la ville côtière de Pirano. Il est membre du Parti Social-démocratie, principal parti de la majorité gouvernementale de centre-gauche.

Peter Bossman Pierre, qui s'était présenté aux élections municipales de la Ville de Pirano (port de la Slovénie sur la Mer Adriatique) dans les rangs des Sociaux-Démocrates, avait battu au second tour le maire sortant, candidat du Centre-droite.
Pays comptant un peu plus de 2 millions d'habitants, la Slovénie a déclaré son indépendance de la Yougoslavie en 1991 et, depuis 2004, elle est actuellement le seul ex-Etat yougoslave à etre membre de l'Union Européenne.
Peter Bossman est né au Ghana mais a commencé, il ya 33 ans, à étudier médecine en Slovénie.
Il aurait du rentrer chez lui après les études, mais il a changé d'avis après être tombé amoureux d'une étudiante croate, qui est aujourd'hui son épouse et mère de ses deux filles.
Notre frère docteur a ensuite commencé à travailler comme médecin pour les touristes.
Il déclare n’avoir jamais été victime de discrimination. Dans un premier temps, les gens le trouvaient étrange, peut-être, mais après ils n'ont plus regardé sa peau. Les médias slovènes l'ont appelé l'«Obama de Pirano», maïs il trouve ça plutot exagéré, même si c’est une belle chose.

«Ma victoire électorale démontre un haut niveau de démocratie en Slovénie», a souligné notre frère Peter Bossman.
Environ 12% des personnes qui vivent en Slovénie, sont nées à l’étranger. Seulement une petite partie d’entre eux provient de l’Afrique.

Procès à suivre!

Après 7 ans d’instruction, le procès sur le meurtre de l’Ivoirien Firmin MAHE a débuté à la Cour d’Assise de Paris, du 27 novembre au 07 décembre 2012. Agé de 29 ans, le jeune Ivoirien, Firmin MAHE est tué en 2005, dans des conditions atroces. Mort  étouffé dans un blindé de l’armée française, par des militaires français de l’Opération Licorne basée dans la région de Bangolo, sur le territoire ivoirien. L’avocat des parties civiles, Maître Fabien NDOUMOU nous parle dans un entretien, de ce grand  procès. Une affaire qui a indigné l’opinion publique française.

altFN:  Comment avez-vous préparé ce procès?
Me F. Ndoumou: Depuis le premier jour où j’ai été désigné par les membres de la famille de la victime, j’avais droit à la demande des copies des acte. Je pouvais demander au juge d’instruire un aspect de l’affaire. Je pouvais également communiqué les documents pouvant servir à la manifestation de la vérité.

FN:  Est-ce que les membres de la famille de Firmin MAHE vont assister au procès?
Me F. Ndoumou: Neuf membres de la famille de MAHE sont convoqués. Il y a un mineur de 8 ans, fils du défunt, qui avait 1 an à l’époque des faits. En outre, la mère de ce dernier en tant que civilement responsable. A ceux-ci s’ajoutent la compagne du défunt Edith, témoins oculaires des faits.

FN:  Comment est-ce que la famille s’est organisée pour être présente aux assises?
Me F. Ndoumou: la France a décidé de prendre en charge le transport des dix personnes convoquées, ainsi que leur séjour dans le territoire français durant les assises. Actuellement, la famille est confrontée à l’établissement des passeports biométriques.

FN: Et qu'a fait la France par rapport aux difficultés pour l’obtention de leurs  passeports?
Me F. Ndoumou: Le passeport est un document national. Il ne faut pas trop demander à ce pays.

FN:  Et les autorités ivoiriennes?
Me Fabien Ndoumou: J’ai pris contact avec l’Ambassadeur et le Consul Général de la Cote d’Ivoire en France. J’ai déjà eu deux séances de travail avec le dernier. J’ai été renvoyé auprès de la Directrice d’Exploitation de la SNEDAI. Actuellement rien de concret n’a été arrêté. Je profite de cet entretien pour lancer un cri de cœur au gouvernement ivoirien, en particulier à M. Alassane OUATTARA, Président de la Côte d’Ivoire, afin qu’il pèse de tout son poids pour permettre à la famille du défunt d’assister au procès.

FN:  Qu’est-ce la famille attend de ce procès?
Me Fabien Ndoumou:  La réhabilitation du père, frère, fils, oncle et concubin , de toutes les insanités qui ont été dites sur lui.

Flavie NGAH - Journaliste (Rome / Italie)

Chef... d'oeuvres!

Des bidonvilles de Casablanca aux chefs-d'œuvres créés avec des fruits, à Rieti. "Alitaliya.net", le site arabophone de notre groupe éditorial "Stranieri in Italia" a recueilli les propos d'Azeddine El Hachemy, qui raconte le fascinant parcours qui l'a porté du Maroc vers l'Italie, où il a pu, grâce à son courage et sa tenacité, réaliser en toute honnêteté son rêve de vie, sans nullement se laisser tenter par les raccourcis de la délinquance facile.

Azeddine El Hachemy est né à Casablanca. Il a 36 ans dont 15 passés en Italie. Il y est arrivé comme passager clandestin, après un voyage aventureux en bateau, en train et à pied. Il est actuellement chef cuisinier.

L'histoire d'Azeddine El Hachemy est fascinante, comme celles de tant d'autres immigrés partis à l'aventure, le coeur plein d'espoirs et de rêves.

«Quand je suis arrivé je n'avais sur moi que de l'eau et quelques biscuits, mais aussi l'espoir et le désir de devenir quelqu'un,  "Dans mon petit coin, en fait, après de nombreuses années de dur labeur, j'ai réussi à devenir un chef».  Aujourd'hui Azeddine travaille dans un restaurant de Rieti. La passion pour la cuisine est née en lui, depuis son enfance.

«Je cuisinais pour mes amis pour me payer les excursions à la mer», raconte Azeddine qui cependant, ces dernières années, a développé une habileté extraordinaire dans la décoration de fruits et légumes. Parmi ses nombreuses créations, il y a une pastèque transformée en un visage de femme marocaine avec le voile traditionnel, fruit de son désir de pouvoir, à sa manière, «honorer mon pays d'origine, qui demeure une partie importante de moi».

Et Azeddine de retarcer sa vie: «Mon voyage était dans mon destin. Quand j'étais gosse, ma grand-mère me disait que ma place était loin du Maroc. J'ai quatre sœurs et un frère, nous habitions dans une baraque. Je voyais mon père tous les 6 mois car il était dans l'armée. Je me sentais presque comme un fardeau. Je descendais au port pour aider les pêcheurs et gagner 2 euros par jour. Je ne voyais aucun futur pour moi mais les paroles de mon ami Hamid ont fait naitre en moi le désir de m'en aller. Mais chaque fois que j'étais sur le point de partir, je pensais à ma mère et le fort lien que j'avais avec elle me freinait. Ça a été ainsi jusqu'à un samedi de Mars 1996. Je vendais des cigarettes devant le port, Hamid est venu et m'a dit que, ce soir-là, serait parti pour l'Espagne un navire appelé "Fès". Nous nous sommes embarqués en cachette, enfermés dans container pendant 15 heures. Puis nous sommes descendus dans un camion qui allait vers Malaga.

Mais le voyage se termine mal, Azeddine est arrêté par la police espagnole, enfermé dans un centre d'accueil et réexpédié au Maroc.

«Mais j'avais vu l'Europe pour la première fois et ça m'a follement plu», dit Azeddine qui, en effet, un an après, tente à nouveau la traversée, cette fois sur un navire en partance pour Marseille: «Caché sous des sacs de pommes de terre, nous avions avec nous deux paquets de biscuits et deux bouteilles d'eau d'un demi-litre, dont nous en avons ensuite perdue une».

De la France, un autre voyage d'aventure vers l'Italie avec un compagnon. «Après avoir quémandé un peu de sous, nous avions réussi à acheter un billet de train à Vintimille, mais on nous a conseillés de descendre à Monte-Carlo et de marcher jusqu'à San Remo parce qu'il y avait des controles. Et c'est ce que nous avons fait, parcourant le tunnel à pied».

Azeddine atteint Turin («c'est la ville que nommaient mes compatriotes»), mais il se retrouve dans un état de détérioration.

«C'était plein de trafiquants de drogue; peu travaillaient régulièrement, c'était pire que dans mon quartier. Mais en été 97, j'ai réussi à m'en aller de là parce que tout le monde voulait aller à la mer, et je suis donc arrivé à Rimini, où j'ai rencontré un garçon qui m'a conduit à Pesaro, où j'ai commencé à travailler régulièrement».

Dès ce moment-là, le sort lui sourit. «Il y a eu la "sanatoria" (régularisation de masse) de 1998 et, après environ un an, j'ai réussi à obtenir le permis de séjour. Aujourd'hui, je peux affirmer d'avoir été chanceux parce que j'ai à mes cotés, Paola, une personne merveilleuse qui m'a donné trois petits anges: Jalilah, Jibrail et Ibrahim».

Lala Zineb Maarouf Dafali (Alitaliya.net)

Un "bonbon" de cuisinière!

Mère italienne, père malien. Résultat, une belle fille au sourire pétillant, à la joie contagieuse et dotée d'une grande habileté dans la cuisine. Ce qui l'a conduite à l'émission "La Prova del Cuoco" (émission culte de la chaine Tv nationale Rai 1) ou Ambra Romani a débuté dans le défi quotidien des chefs cuisiniers, présenté par Antonella Clerici.

33 ans, originaires de la Région des Marches mais résidente depuis 10 ans à Milano, Ambra, qui a fait son apprentissage sous les ailes du grand Chef Gianfranco Vissani et a assimilé les conseils, les astuces et les tuyaux de l'autre luminaire de la cuisine, Aimo Moroni, travaille actuellement à la "Cantina di Manuela", à Milano, via Procaccini, où, ensemble avec Grace Ghisetti, elle prépare des plats savoureux et dit-elle, «très méditerranéens".  Même si elle aime utiliser certaines épices africaines, surtout depuis qu'elle y est retournée avec son mari sénégalais, Adam.

Ambra, d'où te vient ta passion?
Très tôt. Quand j'étais gamine, dans ma famille ça cuisinait et ça mangeait avec bon gout: mon grand-père était patissier, on était tous de bonnes fourchettes; ma grand-mère me faisait pétrir l'eau et la farine et préparer des bonbons de sucre. J'adorais passer le temps à la cuisine."

Tu n'as pas grandi à Milano...

Non, ma mère est de Senigallia, mais elle a toujours vécu, étudié et travaillé à Milano. Quand je suis née, elle m'a portée à la maison dans la région des Marches, un endroit meilleur pour élever un enfant, disait-elle.

Et après les bonbons avec mémé?

Après le lycée, je n'avais pas vraiment envie d'étudier et ma mère m'a dit: «ok, si tu aimes la cuisine, essaie d'en faire un métier» .

Un ami de la famille, qui connaissait le chef cuisinier Vissani, me dit un jour: «demain, je t'emmène chez lui» . Je croyais que c'était une invitation à dîner, mais c'était une rencontre de travail. Il ma pris et j'ai commencé à tout apprendre. D'abord la discipline (la caserne, je le jure!), puis les rythmes. Mais je dormais dans la maison familiale, ils m'ont traité comme une d'entre eux, et cela compensait les peites "gifles" dans la cuisine. J'étais heureuse.

Comment cela se fait-il que tu es venue à Milano?

Par amour. Lui aussi était cuisinier. Nous sommes arrivés avec un sac à dos plein de rêves: ouvrir un club, faire quelque chose à nous. J'ai fait un stage chez Leemann, puis des expériences ça et là à Milano, en Italie et en France: glaces, pâtisseries, boulangerie. Ernst Knam m'a présenté au propriétaire des Cantine di Manuela, où Aimo Moroni faisait la consultance: lui et Nadia sont des gens extraordinaires. 

Et l'Afrique?
Je n'y pensais pas vraiment, je me sentais italienne, simplement. J'y suis allé après avoir épousé Adam. Il est musulman et c'est un gars moderne et ouvert: on s'est connus en discothèque.  J'ai ma liberté, je peux faire ce que je veux, sans problème..
 

Mariella Tanzarella