Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Intervention sur l'invention! 
«Je suis l'unique inventeur du logiciel de gestion universel. Que l'Etat et de bonnes volontés nous aident à vulgariser notre invention».

M. Coulibaly Pierre Djibril, est ingénieur-informaticien de formation, inventeur et vice-président de la Fédération des inventeurs et innovateurs de Côte d'Ivoire (FEDINCI), ambassadeur de paix (UPF). Il vient de mettre sur pied une invention, notamment un logiciel de gestion universel: NEX Pro Ubs. Ce qui fait de lui l'unique et seul inventeur en la matière dans l'univers des technologies de l'information et de la communication. Il en parle ici dans l'entretien accordée au journaliste Sébastien Kouassi.

altApparemment, la Fédération des inventeurs connaît pas mal de difficultés. A quoi cela est dû?
 
Ce n'est pas la FEDINCI (Fédération des Inventeurs et Innovateurs de Côte d'Ivoire) elle-même qui a des difficultés, mais plutôt les inventeurs qui ont des problèmes d'organisation, et la fédération se propose comme une solution . Nous venons il y a à peine deux mois d'avoir le récépissé de création. Nous espérons que cela va permettre aux inventeurs de mieux se structurer et faire entendre leur voix dans le cadre de la reconnaissance de leurs inventions, et surtout nouer des partenariats avec des organismes de soutien de leurs créations. Nous avons désormais la caution des autorités, et comme l'union fait la force, la fédération va mieux servir la cause des inventeurs.

Que doit-on entendre par le terme ''invention'', et surtout qui est inventeur?

L'invention est toute création confirmée par un brevet d'invention. Évidemment, l'organisme qui délivre le brevet a ses critères. L'invention, il faut le savoir, doit servir à régler un problème qui n'a pas encore trouvé de solution, sinon nous parlons plutôt d'innovation. Innovation dans le cas où on règle un problème autrement. Vous avez ainsi au nombre des innovations, la création artistique ou technologique. C'est en cela que notre fédération prend en compte aussi bien les inventions que les innovations. Est donc inventeur, toute personne qui crée quelque chose qui répond à la résolution d'un problème donné qui, jusque-là, n'a pas connu de solution humaine.

Vous venez de réaliser une invention dans l'univers informatique. De quoi s'agit-il exactement?

Contrairement à ce qui se dit, je n'ai pas inventé un logiciel. Le logiciel, il faut le savoir, se conçoit. Par contre, je viens d'inventer une nouvelle méthodologie de conception de logiciels de gestion universels. Nous avons tous appris en tant qu'informaticiens, des méthodologies de conception de logiciels de gestion spécifique. Cette fois, j'ai travaillé sur une méthodologie qui permet la conception de logiciels de gestion universels. C'est cela qui m'a valu d'obtenir un brevet d'invention. NexPro UBS qui est le premier logiciel sur lequel on a appliqué cette méthodologie, bénéficie évidemment de toutes les caractéristiques d'un logiciel de gestion universel, unique en son genre au monde. J'en suis le créateur. Il y a certes eu un débat quant à l'existence ou pas de ce type de logiciel. Eh bien, nous avons trouvé la solution à ce problème. Et depuis que le brevet nous a été délivré par l'OAPI (Organisation Africaine de la Propriété intellectuelle),le logiciel fonctionne. L'OAPI étant reconnue par les instances internationales de la propriété intellectuelle, notre brevet ne souffre d'aucun déficit de crédibilité en terme de reconnaissance mondiale. Et donc la protection de notre invention s'étend à toute la planète. Et au plan local, le BURIDA assure une protection par droit d’auteur sur le logiciel lui-même. Notre invention devrait en principe révolutionner les habitudes parce que, jusqu'ici, on ne recherche un logiciel que lorsqu'on a un besoin précis. On utilise donc un logiciel de gestion spécifique. Ce qui fait qu'il existe une multitude de logiciels de gestion sur le marché de l'informatique, rendant la gestion informatisée trop coûteuse et limitée.

Pour faire simple, aujourd'hui je suis journaliste, commerçant ou homme d'affaires. En quoi votre invention vient révolutionner mes habitudes en terme de gestion de mes activités?

Simplement, NexPro UBS vous permet d’avoir une gestion informatisée de toute votre activité de journaliste, de commerçant ou d’homme d’affaires. La particularité de notre invention, c'est que c'est un logiciel qui peut être installé soit individuellement sur votre ordinateur, soit en réseau comme sont installés actuellement des logiciels tels que Word, Excel et bien d'autres. Et aujourd'hui, tout le monde use de Word ou d'Excel comme il le souhaite. C'est la même chose pour NexPro UBS, en matière de gestion informatisée de nos activités. C'est comme vous, en tant que journaliste, vous avez la possibilité de gérer vos rendez-vous, vos archives avec ce logiciel. Il en ait de même pour un homme d’affaires qui peut gérer ses commandes, ses stocks, la comptabilité et autres, à partir de ce logiciel. Une autre particularité, c'est que ce n’est pas un logiciel qui a déjà établi des modules de sorte que vous n'ayez plus la possibilité d'en créer comme cela se fait actuellement. Rien n'est figé d'avance, c'est vous qui paramétrez, qui compartimentez vos activités à partir du logiciel. Vous n'avez pas besoin d'être informaticien pour cela. C'est un logiciel à usage ouvert et donc universel.

Pour revenir à la question de la protection de votre invention, avez-vous des garanties pour éviter tout piratage?

Je suis conscient de l'action des pirates qui nuit considérablement à toutes les activités, surtout dans le domaine informatique. Mais même si le danger est réel, ma première arme de protection, c'est d'avoir révélé mon invention à la presse le 13 septembre dernier à l’hôtel du district d’Abidjan. En le faisant publiquement et avec la reconnaissance de la communauté scientifique, c'est déjà un début de protection. Ensuite, pour couper l'herbe sous les pieds des pirates, nous allons vulgariser notre invention. Et comme nous n'avons ni l'intention de combattre seul les pirates, encore moins les moyens de notre politique de vulgarisation, nous optons pour des partenariats et des soutiens de bonnes volontés qui voudront bien nous accompagner pour que cette invention qui n'est pas qu'ivoirienne, mais bien africaine, nous donne toute la place que nous méritons, bien sûr à côté des multinationales qui ont déjà une longueur d'avance technologique. Fort heureusement déjà, en Côte d'Ivoire, l'INIE (Institut Ivoirien de l’Entreprise) vient de monter un dossier qui a été introduit auprès du FNS (Fonds National de Solidarité) pour financement. Nous attendons donc ce soutien effectif de l'Etat ivoirien et de bonnes volontés pour au moins avoir un début de commercialisation de notre invention. Mes ministères de tutelle (Industrie et TIC) m’ont apporté le soutien technique et moral nécessaire, je leur adresse mes sincères remerciements. Je suis reconnaissant à son Excellence le président de la République et à Madame la Grande Chancelière pour la décoration dans l’Ordre National. Je dédie cette médaille à toute la famille des inventeurs de Côte d’Ivoire. En leur nom, je promets que nous ferons en sorte de mériter d’autres distinctions afin d’honorer notre pays qui est bien parti pour être bientôt au nombre des pays émergents. Pour ce qui est des perspectives, il faut unir nos forces. C'est pourquoi j'en appelle à l’appropriation de cette invention par tout le monde, pour que l'Afrique ait aussi sa place dans le domaine de l'intelligence artificielle en ce 21e siècle de mondialisation.
Sébastien Kouassi

Africaine noire maire de la Lega Nord? Cela va... "Sandy...re"! 

«En Amérique, j’ai voté pour Obama. En Italie pour Bossi» se vante Sandy Crane, avant de poursuivre avec son souhait de voir continuer le flot de l’invasion de l’Italie.

altPour la première fois dans l’histoire de l'Italie, un maire noir dirige une ville. Il s’agit de Sandy Cane, née d’un père Africain. Cette Africaine, née aux États-Unis, n’a rejoint l’Italie avec sa mère, après le divorce de cette dernière, qu’à l’âge de 10 ans. Ce qui n’a pas empêché le parti national-sioniste de la Lega Nord (Ligue du Nord, prétendument anti-immigration) d’en avoir fait sa candidate aux élections municipales de Viggiù (près de Milan), où elle a été élue en 2009.

L’élection de cette première Africaine à la tête d’une mairie en Italie ne doit pas grand-chose au peuple italien et tout à la "Ligue": dans cette petite ville de 5 000 habitants, seuls 30% des électeurs ont voté pour elle. Le système électoral et la complicité de la droite libérale-conservatrice ont fait le reste. La duplicité de la Ligue du Nord, le parti du grand patronat et d’Israël n’est plus à démontrer. Sandy Cane, qui possède sans doute la double nationalité, a voté aux États-Unis pour... Barack Obama.

«Tolérer l'immigration clandestine nuit surtout [rigoureusement sic] à ceux qui entrent légalement dans notre pays avec le désir de travailler et de s'intégrer et d'avoir une vie normale», ajoute-t-elle, explicitant le peu d'intérêt que représentent les "italiens de souche" pour les autorités de la Ligue alors que les Européens sont bien les premières et essentielles victimes de l'immigration de masse.

Les propos de Sandy Cane doivent surtout être mis en regard de la politique de la Ligue du Nord qui a voté la régularisation de plus d’un million et demi de clandestins. Ces paroles donnent aussi tout son sens au soutien réciproque de la Lega Nord au Bloc "identitaire" et au Front mariniste, partis sionistes, républicains mais "islamophobes".

Faut-il être surpris que Sandy Cane soit une fervente partisane de l’éclatement de l’Italie? Candidate pour «briser les tabous», la Ligue du Nord l’a soutenue car elle était «un représentant idéal pour son renouvellement local» rapporte le quotidien "La Provincia" de Varese.

«Certains vont être surpris mais la vérité c’est que j'ai pris les meilleurs côtés de ma part afro-américaine et de ma part italienne. Pour le fédéralisme, que je retiens comme le meilleur système pour gouverner un État, l'immigration peut-être une bonne chose, si l’on offre à chacun la possibilité de travailler, sinon cela aboutit à l'exploitation et à la criminalité. Ceux qui en payeraient le prix, dans un climat de peur généralisée en seraient les étrangers et immigrants honnêtes. Ceux qui disent que la Ligue est raciste ont tort : elle demande seulement le respect des règles et l'intégration [sic]»,
affirme-t-elle.
La première noire maire d’une ville italienne par la grâce de la Lega Nord a été élue parmi les «Black Women in Europe» de 2010.

(Vidéo interview de Sandy Cane - cliquer sur le lien ci.dessous)

http://www.youtube.com/watch?v=Z_jiDkxtkH4&feature=player_embedded#!

Programme Alibi

Un programme scientifique cherche à démontrer que des immigrés originaires du Maghreb, arrivés dans la période d'après-guerre en France, peuvent oublier la langue de leur pays d'accueil lorsqu’ils sont atteints par la maladie d’Alzheimer. L'objectif est d'améliorer la prise en charge de ces patients.  

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Ils sont Marocains, Algériens ou Tunisiens, sont arrivés en France dans les années 1950 pour y trouver un travail, et constituent aujourd’hui une population vieillissante. Parmi eux, certains sont atteints d’Alzheimer. Or, comme l’a constaté Mélissa Barkat-Defradas, linguiste et chargée de recherches au CNRS à l’université de Montpellier, cette maladie aurait pour effet de leur faire oublier le français, langue de leur pays d’accueil.

«Ma grand-mère, qui  souffrait de cette pathologie, était devenue monolingue à la fin de sa vie. Les patients atteints d'Alzheimer perdent et oublient les choses qu'ils ont acquises plus tard dans leur vie. Celles qui l'ont été beaucoup plus tôt résistent plus à la maladie», raconte-t-elle.

L’an dernier, la chercheuse franco-algérienne a lancé avec Omar Samaoli, directeur de l’Observatoire gérontologique des migrations en France, et une équipe composée d’un socio-démographe, de neuropsychologues et de linguistes, le programme Alibi («Alzheimer, Immigration et Bilinguisme»). Il vise à vérifier, d’ici à 2013, la fréquence de ce cas de figure,  et à favoriser une meilleure prise en charge de ces patients en milieu hospitalier. Les tests neuropsychologiques ne sont en effet pas adaptés à leur cas, puisqu’ils ne sont disponibles qu’en français.

Résultat: une personne qui ne maîtrise plus cette langue pourra être classée en phase 3 (dernier stade de la maladie) alors que la gravité de son état est moindre. «Il faut aussi former des infirmières et des médecins qui parlent l’arabe», insiste Mélissa Barkat-Defradas.

L’étude, qui porte pour l’instant sur un échantillon de 15 personnes (le but est d'en avoir 90), permettra enfin d’évaluer le nombre de personnes concernées.

«Cette maladie est en général mal perçue par les familles de culture musulmane qui décident souvent de garder les malades chez eux. Cela rend difficile d’établir des chiffres», explique Mélissa Barkat-Defradas.
 

 

Embrassade à l'ambassade!
Des fidèles catholiques partis du Burkina Faso pour un pèlerinage en France et en Italie, ont rendu une visite de courtoisie à Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur Raymond Balima, qui les reçus dans sa résidence, à Rome.

Lourdes, Paris, Lisieux (France) et Rome (Italie) sont les destinations de ce groupe de 55 fidèles catholiques, partis pour un pèlerinage du 12 au 25 août 2012.

Ils ont rendu une visite de courtoisie à l’Ambassadeur du Burkina Faso à Rome SEM Raymond Balima, qui les a reçus à sa Résidence.

Cette visite, première du genre a été l’occasion d’échanges entre les pèlerins et le chef de la mission diplomatique burkinabé en Italie.

Autour d’un sympathique pot de bienvenue offert par l’Ambassadeur, les pèlerins ont situé l’objet de leur pèlerinage qui est de rechercher Dieu et lui adresser des prières pour eux-mêmes, leurs familles et la paix et le bonheur du Burkina.

Le pèlerinage est organisé par l’Eglise Catholique dans le cadre des activités de la Commission Episcopale des Pèlerinages et Congrès Eucharistiques au titre de l’année 2012.

L’Ambassadeur leur a adressé des mots d’encouragement et de persévérance pour leur conquête de la grâce de Dieu qui contribue à la paix sociale et au bonheur du Burkina Faso.

Ambassade Burkina - Rome

L'Obama de la Valsugana

Elu à la tête d’une liste civique, Cesare Castelpietra, avait défié et battu le maire sortant Pietro Tavernar. Cet «Obama de la Valsugana», est de mère érythréenne, docteur en droit, travaille avec la partita Iva et est consultant en privacy (vie privée).

 

Une belle fable, celle de Cesare Castelpietra, qui est parti, à 3 ans, de l’Erythrée, où son grand-père était allé, durant le fascisme et que son père a quitté, à cause de la détérioration de la situation.

«A l’université, ça rit quand je dis: "Nous les Trentins..." Mais jamais eu problèmes pour la couleur de ma peau, pas même pour le travail. Je parle dialecte trentin et je me sens d’ici», raconte Cesare Castelpietro, traits érythréens et âme trentine 100%.

«Beh! Le blanc c’était mon grand-père qui a émigré en Erythrée où il a marié une femme du coin. C’est ainsi qu’est né mon père qui, à son tour, a épousé une femme érythréenne, ma mère jusqu’à ce que nous sommes retournés en Trentino, d’abord à Strigno, notre pays d’origine et puis à Carzano», explique Cesare Castelpietro qui est retourné en Erythrée une seule fois, pour saluer les parents de sa mère.

 

Sur les raisons de sa candidature, le nouveau maire, dont l’élection a un peu plus "globalisé" le Trentino, répond bonnement:

«La Commune est l’institution la plus proche du citadin et elle doit avoir une majorité et une opposition politiques. Et alors me voici. Quand on a débuté cette aventure, l’idée était celle-ci: à 15, on aurait voté pour qu’un de nous entre dans le Conseil municipal, à l’opposition. Mais au fur et à mesure que ça avançait, on a senti un grand rapprochement des gens. Aucune grosse promesse mais on s’est juste limités à garantir extrême transparence et accessibilité des citadins à l’intérieur de notre Commune».

Et de là, l’enthousiasme a progressivement grimpé, avec le soutien croissant des gens qui «appréciaient nos idées, avec un grand désir de changement», fait savoir Cesare Castelpietro.

 

«Je crois que le fait que des jeunes comme nous, même sans expérience, mais préparés, ait été la clé de notre succès», explique le nouveau maire italo-érythréen, Cesare Castelpietro, selon qui la couleur de sa peau n’a pas influé sur son élection mais plutôt le fait que «des jeunes aient été capables de donner confiance au petit bourg. Ça arrive rarement dans la politique qui n’a pas grand intérêt à sponsoriser les jeunes, qui sont vus surtout comme de commodes ameublements à exhiber ou "ghettisés" au sein de groupes peu fonctionnels».

Milton Kwami

 

Le sort amer des "veuves de la mer"!

Les familles des 6648 immigrés clandestins sénégalais vivent dans l'expectative totale. Les plus exposées, semblent être les épouses qui, exténuées par une longue attente, croulent sous le poids d'une confusion par rapport à la validité de leur lien conjugale dont le retour du conjoint est incertain.

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Au nombre de 6648, les disparus ou absents préposés à l'émigration clandestine maintiennent leurs épouses dans des liens du mariage pouvant conduire à des drames. Le poids des traditions aidant, ces dernières vivent le calvaire de la séparation avec un lot d'angoisses : la grossesse, l'entretien, l'éducation des enfants et le problème d'un éventuel remariage, entre autres.

Ces braves «veuves de la mer» se battent de toutes leurs forces pour s'en sortir, refusant de sombrer dans la fatalité ou la prostitution.
Ville rendue célèbre par le massacre des tirailleurs de la 2ème guerre mondiale qui revendiquaient leurs droits à la France, Thiaroye traverse un autre drame: celui de l'émigration clandestine. Ville de pêcheurs par excellence, cette ville de banlieue a perdu une bonne partie de sa jeunesse dans les eaux profondes de l'océan atlantique.

Selon les statistiques du département de l'intérieur d'Espagne, 31.678 clandestins ont atteint les côtes ibériques via la mer, celle année là. C'est le plus gros chiffre observable sur les 11 années de tentative pour rejoindre l'Europe par la voie maritime.

Mais jusque là, ce sont les morts, les disparus et la détresse des veuves, des orphelins, des parents qui sont mis en exergue. Quid des épouses qui refusent de faire le deuil? Elles continuent de vivre avec l'espoir qu'un miracle pourrait ramener leurs maris. Un scénario improbable auquel s'ajoute le poids de la tradition qui les contraint dans les liens de mariage.

Shlomo...lo molo jusqu'à la Knesset!

La vice-présidence de Shlomo Molla (parti Kadima) est d’autant plus importante que c’est la première fois dans l’histoire de la Knesset qu’un immigrant venu d’Éthiopie est nommé à ce poste.

Molla, dont le nom éthiopien est «Neguse», est né dans un petit village juif (d’une quarantaine de familles) dans la province de Gondar. Inlassablement, il raconte son histoire: «Nous n’avions pas d’électricité ni d’eau courante, mais nous ne manquions pas de nourriture. Je ne me souviens pas d’une sécheresse particulière. Dans notre village, nous étions profondément religieux, on étudiait la Torah tous les jours respectant toutes les fêtes… Et on rêvait d’aller à Jérusalem!»

Shlomo Molla est le seul membre de sa famille qui a pu fréquenter l’école, mais après l’âge de 10 ans. Il se rendait tous les jours au Lycée Juif situé à 35km de chez lui, un établissement géré par le Comité Juif Américain.

À 16 ans, lui et un groupe d’amis entendent des rumeurs: les Juifs de la région du Tigré, à 700 km de chez lui, ont été emmenés secrètement  au Soudan pour rejoindre Israël. Alors, lui et ses amis se mettent en marche vers le nord. Sur le chemin, leur guide les abandonne, ils sont attaqués par des bandits….

De péripétie en péripétie, ils arrivent finalement à la frontière soudanaise avec pour unique bagage,  leurs  vêtements sur le dos. Après 4 mois d’emprisonnement au Soudan, Molla et ses amis sont emmenés dans un camp de réfugiés. De là, ils seront emmenés en Israël  lors de l’opération Moïse. Il s’installe dans la superbe ville de Tzsfat.

Volontaire lors de l’ «Opération Salomon», la deuxième grande opération pour amener les Juifs éthiopiens en Israël en 1991, Molla travaille sans relâche avec l’Agence Juive, il gère le centre d’intégration de Tibériade et devient responsable des cours d’hébreu pour les immigrants dans les kibboutzim du nord d’Israël avant de commencer sa carrière à  la Knesset en 2008. Il est actuellement membre des comités des Affaires Étrangères et de la Défense.

«C’est un grand honneur pour un immigrant d’Éthiopie d’être nommé vice-président. Je n’ai aucun doute que ce sera une source de fierté pour la jeunesse éthiopienne», avait déclaré Molla.