Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Winning Winnie! 

Avant d'avoir 20 ans, elle avait déjà co-fondé son entreprise. À sa façon, Winnifred Selby encourage une plus grande autonomie des jeunes. 

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Du haut de ses 19 ans, son assurance impressionne. Peut-être pour compenser son jeune âge, à moins que ce ne soit une manifestation de sa précocité, son discours est bien rodé, voire un peu formaté. À 15 ans, Winnifred Selby, "Winnie", comme elle aime être appelée, co-fonde Ghana Bamboo Bikes qui fabrique des cadres de vélo à partir de bambous. Elle lance ensuite sa propre société, Afrocentric Bamboo Limited. Récemment nommée au Cartier Women's Initiative Awards, sa déception semblait difficile à contenir lorsque sa concurrente, Achenyo Idachaba, a raflé le prix. Rien d'un échec pourtant pour cette jeune fille qui enchaîne les récompenses, prête à conquérir le monde. "À 6 ans, j'ai su que je deviendrai entrepreneuse sociale", affirme-t-elle. 

Sur les bancs de l'école 

C'est à l'école secondaire que l'idée germe, lors d'un cours de design. "Nous devions imaginer des moyens de transport pour des personnes âgées ou des enfants", se souvient-elle. Utiliser du bambou pour fabriquer des vélos n'est pas un concept tout à fait nouveau. Né en 1894 en Angleterre, il a été introduit en Afrique en 2005 par le Californien Craig Calfee, convaincu que ce mode de transport a de quoi séduire les Africains dès lors qu'il est accessible et fabriqué localement. "L'idée était là, mais il fallait la mettre en oeuvre", relate-t-elle. Elle décide alors de sauter le pas aux côtés de Bernice Dapaah et Kwame Kyei.

Pas évident face aux banques 

Les banquiers n'ont pas été faciles à convaincre. Il faut imaginer voir débarquer cette jeune fille de quinze ans qui rêve de changer la vie de la population rurale. "Au Ghana, les banques financent difficilement les start-up", rappelle-t-elle. C'était compter sans la mobilisation de ses camarades de classe, tous prêts à investir leurs frais de scolarité dans ce projet innovant. L'équipe est constituée. Aujourd'hui encore, malgré le succès et un chiffre d'affaires qui avoisine les 320 000 dollars en 2013, le problème reste le même. "Nous avons besoin de fonds pour soutenir la demande. Nous avons 4 000 vélos en attente à fournir. Heureusement, nous sommes soutenu par l'ONG Bikes for Africa". 

Participer au développement local 

L'idée est bel et bien innovante. À y regarder de plus près, le bambou est une ressource qui semble avoir été pensée pour la fabrication de vélos. Capable d'absorber les chocs, le confort n'est pas la moindre de ses qualités. La tige de chaume est aussi particulièrement robuste, plus résistante à la traction que l'acier et donc capable de supporter de lourdes charges. Fabriqués avec une matière première locale non polluante, ces vélos sont donc particulièrement adaptés aux chemins ruraux du Ghana. Alors que ce moyen de transport est peu populaire en Afrique, le vélo de bambou n'a rien d'un modèle au rabais. Kafui Dey, un présentateur de télévision populaire du pays qui a testé le vélo, s'est d'ailleurs dit impressionné par sa qualité.

Le bambou, une richesse locale 

La plus grande qualité de cette plante pour Winnie est sans doute son abondance au Ghana. Une richesse, qui permet l'élévation du niveau de vie à travers l'autonomisation des jeunes, dans un pays où la population rurale vit avec moins d'un dollar par jour. "La société a formé 42 personnes à l'assemblage de bambous, principalement des femmes, peu éduquées, qui sont payées le double du salaire minimum journalier et formeront à leur tour d'autres femmes". Les bénéficiaires apprennent aussi à réutiliser les déchets de bambou pour faire du feu afin de permettre aux filles, qui n'ont plus à ramasser le bois, d'être scolarisées. Les vélos sont acssibles à partir de 100 dollars localement, 300 dollars à l'export. "C'est très abordable comparé à nos concurrents internationaux", affirme-t-elle. D'autant qu'en échange la société subventionne un abri à vélo pour un paysan ou un écolier.

Une vocation née dans la rue 

L'entrepreneuriat, Winnie l'a découvert très tôt. Par nécessité plus que par choix. "C'est quelque chose qui fait partie de mon ADN et que j'ai découvert très jeune". Lorsque son père décède, elle et ses 5 frères et soeurs sont élevés par sa mère qui peine à joindre les deux bouts. Âgée de 6 ans, elle doit se débrouiller pour trouver de l'argent et payer sa scolarité. "J'ai commencé par vendre des caramels à mes camarades, avant de faire du petit commerce dans la rue". Son sens des affaires s'affûte. "Les difficultés financières m'ont rapidement fait prendre conscience qu'il fallait que j'économise mes profits pour les réinvestir ensuite". 

Aujourd'hui, son credo est clair, les opportunités peuvent être à la fois économiquement et socialement viables. "Les Africains ne sont pas pauvres. Nous sommes bénis, nous avons tant de ressources. Nous devons créer de la valeur à partir de ce que nous possédons, la partager et produire un impact sur notre environnement". Avec ses collègues de Ghana Bamboo Bikes, elle souhaite développer un projet de taille nationale pour atteindre les différentes régions du pays. Et le succès qu'elle a déjà rencontré, après seulement 4 années de carrière, laisse entrevoir un avenir radieux.

7 ans après! 

L'immigration a désormais un musée en France: appelé musée de l'histoire de l'Immigration, ce joyau architectural a été officiellement inauguré par François Hollande le 15 décembre 2014. 

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L'immigration a désormais un musée en France: appelé musée de l'histoire de l'Immigration, ce joyau architectural a été officiellement inauguré par François Hollande le 15 décembre 2014. La France reconnaissante pour les apports de ses immigrés. De l'idée de sa création proposée en 2001 par le Premier ministre de l'époque, le socialiste Lionel Jospin, à son inauguration, le 15 décembre à Paris, par le président François Hollande, le Musée national français de l'Histoire de l'immigration a connu un itinéraire pour le moins atypique. 

Reprise à son compte en 2002 par le chef de l'Etat de l'époque, Jacques Chirac, l'idée a connu une avancée en 2004 par le choix du lieu de l'implantation de l'institution muséale. C'est le grand palais de la Porte Dorée, qui était dédié à la gloire de la France coloniale, construit en 1830 dans le cadre de la célébration du centenaire de l'occupation de l'Algérie, qui, par les paradoxes et les retournements de l'histoire, fut choisi pour en faire un lieu de mémoire, d'études et de connaissances des apports des immigrations à leur pays d'accueil, la France. Après une rénovation de 3 ans, le musée a ouvert ses portes en 2007, avec très peu de moyens budgétaires et presque clandestinement. Pour des raisons qu'il n'a jamais expliqué le président français, de 2007 à 2012, Nicolas Sarkozy, d'origine hongroise, n'a jamais daigné inaugurer l'un des plus grands musées parisiens. Et François Hollande a mis 2 ans et demi pour enfin mettre fin à une anomalie indigne d'un pays de culture et de civilisation. 

C'est face à un parterre de ministres, d'ambassadeurs, dont l'Algérien Amar Bendjema, de représentants du mouvement associatif et de la presse que Hollande a prononcé le discours de la cérémonie d'inauguration. Un discours très attendu, car le chef de l'Etat français n'est pas intervenu sur le thème de l'immigration depuis son investiture en 2012, alors que celui-ci est souvent utilisé comme un fonds de commerce politique par la droite et l'extrême droite. 

Mais avant d'aborder les grands sujets d'actualité sur l'immigration, Hollande ne pouvait faire l'impasse sur les «7 ans» et sur la vocation du musée. Notamment dans ce passage: «Sept ans c'est long pour une inauguration officielle. Il fallait qu'elle soit suffisamment réfléchie pour qu'elle puisse avoir lieu aujourd'hui, comme si l'immigration devait être toujours un sujet difficile dont il vaudrait mieux ne pas en parler, ou alors avec certains mots et dans certaines circonstances. Mais le principal, c'est qu'aujourd'hui ce musée soit là et que la France soit dotée d'une institution destinée à conserver et à mettre en valeur le patrimoine de l'immigration, à montrer, à mesurer l'apport des immigrés et de leurs descendants, leur apport à la Nation. Par le sang versé, par le travail, par le talent, par la réussite. Ce musée a une double volonté: la reconnaissance de toutes ces origines, de tous ces parcours, de toutes ces nationalités et en même temps, le rassemblement dans un même projet, celui de la France». 

Abordant ensuite l'exploitation politicienne éhontée du thème de l'immigration par l'extrême droite et une certaine droite, Hollande a tenu a rappeler à ceux qui ont la mémoire courte qu'«un Français sur quatre a un grand parent étranger», tout en demandant à ne pas laisser «la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur de la dissolution, de la dislocation, de la disparition» de ceux «qui rêvent d'une France en petit, une France en dépit, une France en repli». Tout comme il s'est élevé contre «la peur sciemment installée d'une religion, l'Islam, qui, d'une façon inacceptable, est présentée par certains comme incompatible avec la République». 

Le docteur qui répare les femmes! 

On le connaît comme le "juste qui répare les femmes". Le docteur Denis Mukwege a reçu le prix Sakharov du Parlement européen, qu'il a dédié au "peuple congolais". Le chirurgien est honoré pour son action à Bukavu, en RDC, où il a soigné plus de 40.000 victimes de viols, depuis 1996. 

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On le connaît comme le "juste qui répare les femmes". Le docteur Denis Mukwege a reçu le prix Sakharov du Parlement européen, qu'il a dédié au "peuple congolais". Le chirurgien est honoré pour son action à Bukavu, en RDC, où il a soigné plus de 40.000 femmes et petites filles victimes de violences sexuelles dans la région, depuis 1996. C'est une récompense de plus dans le combat d'une vie, celle du docteur Denis Mukwege, qui dirige depuis 1996 la clinique de Panzi, à Bukavu, en RDC. 

Une récompense qu'il reçoit "avec humilité", a-t-il déclaré, en rappelant que le Kivu payait les conséquences d'une guerre "bassement économique". "La région où je vis est l’une des plus riches de la planète (...) [où] le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille, et le viol est utilisé comme une arme de guerre", a ainsi dénoncé le chirurgien dans son discours, que Jeune Afrique retranscrit ci-dessous en intégralité.

C'est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation d'aider son prochain. "Je l'admirais. Quand il partait à la rencontre des malades, quand il prêchait en tant que pasteur, je l'accompagnais car j'aimais le voir en action", explique le chirurgien dans Panzi, livre sorti en juin 2014.

Il y raconte notamment ce jour lors duquel son père fut appelé au chevet d'un bébé mourant. Impuissant, le pasteur ne pût qu'offrir ses prières à la famille et à l'enfant tandis que son fils pensait : "Il faut que je sois médecin, ainsi mon père priera et moi je soignerai". Sa vocation était née. Denis Mukwege avait alors huit ans.

C'est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation.

Après des études de médecine au Burundi, à Bujumbura, à partir de 1978, un premier poste à l'hôpital de Lemera, en RDC, il débarque en France, à Angers, pour se spécialiser en gynécologie. Il y apprendra une technique révolutionnaire à l'époque, la laparoscopie, modèle de chirurgie peu invasive qui se révélera précieuse, avec l'aide du spécialiste belge Guy-Bernard Cadière, dans le traitement des lésions chez ses patientes de Panzi.

Il quitte Angers pour la RDC en 1989. Suivent des années de guerre, les conséquences du génocide au Rwanda, les conséquences au Kivu puis la fondation de sa clinique, avec l'aide d'associations suédoise et britanniques et de l'Union européenne. Quelques habitations en pisé d'abord, avant des locaux en dur. Puis la première victime de viol, en 1999. "Cette femme avait été violé à 500 mètres de l'hôpital", se souvient-il : "À l'époque, j'ignorais que ce serait le début d'une série de plus de 40 000 victimes."

Ce 26 novembre, au Parlement européen, c'est le représentant de l'"un des principaux défis du siècle à venir : réduire les violences envers les femmes", qui est honoré par le prix Sakharov. Le témoin d'un Kivu où l'atrocité - il parle dans son discours, par exemple, d'une enfant violée de 18 mois, entre la vie et la mort -, côtoie l'"horreur économique qui nous conduit à la veulerie, au nihilisme sans conscience et finalement à la barbarie".

Vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans.

"C’est avec beaucoup d’humilité et un grand espoir que je reçois aujourd’hui le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit", a déclaré Denis Mukwege à la tribune du Parlement européen mercredi. "Par ce prix, vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans et de reconnaître leur souffrance mais aussi leur dignité et le courage qu’elles incarnent", explique-t-il encore.

"Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme ; chaque mère violée à ma mère et chaque enfant violé à mes enfants. Comment me taire quand nous savons que ces crimes contre l’humanité sont planifiés avec un mobile bassement économique ?", s'interroge Denis Mukwege.

Unissons-nous et marchons avec l'Europe, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo.

"Quel est cet être humain doué de conscience qui se tairait quand on lui emmène un bébé de six mois dont le vagin a été détruit soit par la pénétration brutale, soit par des objets contondants, soit par des produits chimiques?", at-il dit devant les députés européens, en réclamant un règlement européen au sujet de l'approvisionnement en minerais.

S'adressant au "peuple congolais", Denis Mukwege explique enfin que le prix qu'il a reçu est "le symbole de la liberté de pensée", "un droit qui nous a été retiré, (...) auquel, suite à la terreur et l’oppression, nous semblons parfois avoir renoncé".

Et de conclure : "Aujourd’hui, tout haut, et devant le monde entier, l’Europe nous exprime sa solidarité. Elle veut marcher avec nous dans notre quête pour la restauration d’une vie congolaise digne. Unissons-nous et marchons avec elle, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo et que nous puissions aspirer à un futur meilleur. Notre pays est malade mais, ensemble, avec nos amis de par le monde, nous pouvons et nous allons le soigner."

Lougué a loupé ou été loupé? 

Un personnage a émergé, jeudi 30 octobre dans les manifestations à Ouagadougou, le général en retraite Kouamé Lougué. Des dizaines de milliers de manifestants ont scandé son nom. Kouamé Lougué a lui-même été chef d'état-major des armées et ministre de la Défense, avant d'être limogé par le président Compaoré en 2003. 

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Un personnage a émergé, jeudi 30 octobre dans les manifestations à Ouagadougou, le général en retraite Kouamé Lougué. Des dizaines de milliers de manifestants ont scandé son nom. Kouamé Lougué a lui-même été chef d'état-major des armées et ministre de la Défense, avant d'être limogé par le président Compaoré en 2003. Selon les militants de la société civile, seul un militaire pourra négocier face à des militaires, et c'est pour cela qu'ils ont choisi Kouamé Lougué. Il a été chef d'état-major particulier du président burkinabé au début des années 2000, mais il a quitté ses fonctions en 2005, après avoir été congédié par Blaise Compaoré. Il est difficile d'en savoir encore beaucoup sur le général Lougué. En tout cas, une foule de quelques milliers de manifestants a scandé son nom, jeudi après-midi, quand ils marchaient vers le palais présidentiel. Il se serait montré dans la foule, dans le centre-ville de Ouagadougou, place de la Révolution, et c'est à l'annonce de son nom que les négociations ont pu s'ouvrir avec les militaires. 

Quand la foule s'est approchée du palais présidentiel dans le quartier de Ouaga 2000, plusieurs militaires issus de la sécurité du président se sont avancés en direction des manifestants, les bras levés pour montrer leur volonté de dialoguer, et là, trois personnages de la société civile sont sortis de la foule pour discuter d'abord avec cette délégation puis ensuite, avec le chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré, qui est arrivé du palais présidentiel. Il a emmené ces trois militants rencontrer le président Burkinabé. L'armée semblait décidée à calmer cette foule qui arrivait sur le palais pour éviter le bain de sang, c'est ce qu'a dit cette délégation de la sécurité présidentielle. Il y a eu des morts le matin et des blessés, et l'on a vraiment senti que les militaires burkinabé ne voulaient pas tirer sur leurs compatriotes désarmés, en tout cas ceux qui arrivaient vers le palais présidentiel. 

Les 3 militants de la société civile sont donc allés rencontrer le président Compaoré. Ils sont restés une trentaine de minutes avec lui, et quand ils sont revenus, ils ont expliqué que Blaise Compaoré allait bientôt prendre la parole sur la chaîne de télévision BF1, la seule chaîne qui puisse encore émettre aujourd'hui, car la télévision nationale a été détruite, mercredi matin, et une autre chaîne privée a décidé de fermer ses locaux. Les militants qui ont vu Blaise Compaoré ont demandé à la foule qu'elle se disperse, pour attendre le message du président Burkinabé. Et c'est peu après que l'on a appris la dissolution du gouvernement. Cela allait-il suffir? Non, car les Burkinabé étaient vraiment décidés à demander la tête de Blaise Compaoré. Tout le monde attendait donc désormais cette déclaration à la télévision. 

Le général Kouamé Lougué agissait-il de concert avec l'opposition? C'est la question que tout le monde se posait. Il rappelait qu'il était encore un militaire actif, général de la 2ème section, et que même s'il ne faisait plus partie du commandement de l'armée, il est toujours à la disposition de l'état-major, et a-t-il dit, du président. Il prétendait ne pas comprendre pourquoi les manifestants scandaient son nom, même s'il se savait populaire et connu de la population, assurant être du côté de ses frères d'armes, qu'il ne remettait pas en cause l'autorité du chef de l'Etat qu'il assurait, juste avant la déclaration du chef d'état-major, et le chef suprême des armées, mais qu'il allait se ranger à la décision de l'état-major. Il avait expliqué que l'important, à ses yeux, était que l'armée se range du côté de la population, et qu'elle avait pour vocation d'être toujours du côté de la population. 

Pour la chronique, actuellement, après s'être fracturé une jambe lors des récents événements, le général Kwamé Lougué a été évacué en France pour des soins plus appropriés. (Lire l'article: http://www.africanouvelles.com/africains-de-la-diaspora/immigres-en-italie/9599-crise-burkinabe-blesse-le-general-burkinabe-kouame-lougue-evacue-en-france.html)

Noblesse... oblige! 

Difficile de la présenter ou de la décrire tant sa personnalité est riche. Esther Kamatari n’est pas seulement une Princesse de sang royal, née sur les bords du lac Tanganyika, dernière héritière d’une dynastie qui a régné sur le Burundi près de 14 siècles.

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Difficile de la présenter ou de la décrire tant sa personnalité est riche. Esther Kamatari n’est pas seulement une Princesse de sang royal née sur les bords du lac Tanganyika, dernière héritière d’une dynastie qui a régné sur le Burundi près de 14 siècles. Elle est aussi la nouvelle Ambassadrice de la maison Guerlain. Magnifique dans sa saharienne blanche, elle dévoile son programme pour Guerlain et son combat pour  la femme noire. Et en matière de «combats» la Princesse n’est pas du genre à baisser sa garde.

Beauté racée,  Amazone toujours… Des ors des Champs Elysées aux faubourgs de Bujumbura, elle a décidé de s’impliquer pour la prochaine élection présidentielle dans son pays. Son créneau: «Respecter  la constitution!»

Quand le glamour, l’humour et la détermination se mélangent cela donne une rencontre plurielle des plus touchantes…..

(Vidéo interview) 

 https://www.youtube.com/watch?v=SCHluMsU63w)

Fourrer et bourrer... ses poches!

Son seul capital: un vélo et une serpette. Egide Majambere, 23 ans, passe sa journée à sillonner marrais et pâturages, à la recherche de fourrage, qu'il vend aux éleveurs de gros bétail. Grâce à ce travail, le jeune homme gagne plus qu'un fonctionnaire de l'État.

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Son seul capital: un vélo et une serpette. Egide Majambere, 23 ans, passe sa journée à sillonner marrais et pâturages, à la recherche de fourrage, qu'il vend aux éleveurs de gros bétail. Grâce à ce travail, le jeune homme gagne plus qu'un fonctionnaire de l'État. Le point de vente où opère Egide Majambere, 23 ans, se trouve sur la route nationale numéro 5 entre Bujumbura et Cibitoke. Vendeurs et acheteurs de fourrages s'y rencontrent en masse pour former un type de marché peu répandu au Burundi.

Un début difficile 

Egide a commencé ce métier en 2008, pour l'interrompre une année après. Dégoûté aussi vite ? "Non, du tout. On m'avait plutôt volé le vélo", raconte-t-il. Mais cela ne l'arrêtera pas. Toujours près du gros bétail d'autrui, Egide devient berger, puis trayeur, puis encore vendeur de lait... avec un seul objectif : avoir un nouveau vélo pour reprendre le commerce de fourrage. Près d'une année après, en 2009, il retourne à son job préféré.

Le premier jour, Egide gagne 2 200 francs burundais par tour. "Je ne savais pas encore bien charger mon vélo. Mais au fur et à mesure, j'ai su offrir mieux à mes clients. Je pouvais ainsi avoir 3 000 francs, 3 500 francs... les prix allaient souvent en augmentant." Actuellement, il se réjouit de gagner entre 5 000 et 8 000 francs par tour.

250 000 francs burundais par mois 

Egide fait généralement deux tours par jour. Le premier tour est réservé à l'étable d'un éleveur qui lui paie 28 000 francs la semaine, à raison de 4 000 francs par jour. "Pour cette étable, je ne m'évertue pas trop. Mon patron n'a que deux vaches", soutient-il. Au second tour, Egide attend le client sur le point de vente. Cet éleveur de Buringa qui a une quinzaine de vaches le paie environ 40 000 francs la semaine.

Résultat : le jeune homme gagne facilement 250 000 francs burundais par mois. "La somme est variable, mais elle est au-dessus de 200 000 francs", affirme Egide qui ne précise pas de montant. Mais que fait-il de cet argent ? Egide, étant l'aîné de la famille de 3 enfants, aide ses cadets encore au primaire à poursuivre leurs études. "Il faut me battre pour avoir leurs frais de scolarité, les cahiers, les habits... C'est aussi un honneur pour moi qu'ils aient pu retourner sur le banc de l'école, grâce à mon métier." Sa famille habitant la capitale Bujumbura, où il intervient souvent pour payer les frais de logement.

Grâce au fourrage, Egide est devenu quelqu'un 

Egide pense également à son avenir propre. Il a déjà acheté une propriété là où il est né en province de Kirundo, au nord du Burundi. "C'est une propriété sur laquelle mon père et mes frères n'ont aucun regard", avoue-t-il. Egide compte y pratiquer des cultures.

Buringa, où vit et travaille Egide, et Kirundo, où il est né, sont deux coins distants de plus de deux cents kilomètres. La quasi-totalité des gens de sa colline natale ne savent pas ce qu'il fait. Ils voient seulement qu'il a grandi et est devenu quelqu'un. Des enseignants du primaire et du secondaire le savent mieux quand Egide débarque chez eux. "Quand ils me voient, ils sont sûrs au moins que ce jour, ils ne manqueront pas de boisson. C'est souvent moi qui leur offre de la bière", raconte Egide.

Selon Egide Majambere, ces enseignants n'ont qu'une chose de plus que lui: la propreté. "Là aussi, c'est parce qu'ils ont le temps", explique-t-il. Egide, lui, a l'argent. À titre de comparaison : un enseignant d'un lycée de Bujumbura diplômé et ayant huit ans de service a un salaire mensuel de 181 000 francs burundais. Egide, lui, n'a jamais été à l'école et empoche 250 000 francs par mois.

Fracture de bonne "facture"? 

Après s'être fracturé une jambe lors des récents événements, le général Kwamé Lougué a été évacué en France pour des soins plus appropriés.

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Après s'être fracturé une jambe lors des récents événements, le général Kwamé Lougué a été évacué en France pour des soins plus appropriés. Depuis quelques jours, le général Kwamé Lougué était reclus chez lui, non qu'il fût en résidence surveillée, mais en raison de sa fracture à la jambe qui l'a cloué dans un fauteuil roulant.

Envoyé par le chef de l'Etat, le colonel Auguste Denise Barry a rendu visite au général Kouamé Lougué, victime d'un «accident», à son domicile, à la cité des officiers à Ouagadougou. L'envoyé du chef de l'Etat est allé lui souhaiter un prompt rétablissement avant son évacuation en France pour des soins appropriés. Le général souffre de fracture aux deux jambes. «Vous voyez que mes pieds bougent», lance le général, assis dans un fauteuil roulant. En ce qui concerne les causes de son accident, Kouamé Lougué préfère garder le silence, mais affirme toutefois que sa blessure n'est pas liée à des tirs, contrairement à ce qui se raconte en ville.

L'homme qui était réclamé par des manifestants lors de la révolte populaire pour remplacer Blaise Compaoré a profité de l'occasion pour remercier le chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, pour avoir envoyé le colonel Barry lui souhaiter une bonne guérison dans «un esprit de frère d'armes» et pour avoir décidé de l'évacuer vers la France pour des soins appropriés.