Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

France à fric? 

L'athlète ivoirienne Suzanne Kragbé, médaillée d'or au lancer du disque des Jeux de la Francophonie 2013, évoluant à Blagnac, France, marche fort en ce moment. Classée 2ème meilleure athlète de sa discipline, elle est très courtisée par les dirigeants français en vue du championnat du monde 2015 d'athlétisme.

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L'athlète ivoirienne Suzanne Kragbé, médaillée d'or au lancer du disque des Jeux de la Francophonie 2013, évoluant à Blagnac, France, marche fort en ce moment. Classée 2ème meilleure athlète de sa discipline, elle est très courtisée par les dirigeants français en vue du championnat du monde 2015 d'athlétisme. L'information a été livrée par l'ex-secrétaire général de la Fédération Ivoirienne d'Athlétisme, Charles Haroun.

"C'est une athlète talentueuse. Elle a tout ramassé, notamment le championnat d'Afrique, le record de Côte d'Ivoire, la médaille d'or de Jeux de la Francophonie. Elle avait le record de la Côte d'Ivoire au moment où se déroulait le championnat d'Afrique. Mais elle n'y avait pas été parce qu'elle n'avait pas de visa ", a déploré Charles Haroun avant de révéler que l'athlète a entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation en France.

"Je sais que Suzanne Kragbé, par l'intermédiaire de son avocat, a entrepris des démarches pour régulariser sa situation. J'ai lu le document envoyé par le président du club de Blagnac à la Préfecture". Et il y a une phrase qui dit ceci: " J'espère que, monsieur le préfet, vous donnerez gain de cause parce que Suzanne Kragbé pourrait être la deuxième française au championnat du monde de Pékin, en 2015. C'est bien clair", a-t-il souligné.

Et l'ex-secrétaire général de la FIA de préciser: "Suzanne Kragbé n'est pas demandeuse de nationalité. Elle entend rester ivoirienne. Je ne suis envoyé par personne pour faire cette conférence de presse. C'est une initiative personnelle pour attirer l'attention des gens".

Voilà qui est donc clair. Si rien n'est fait, la Côte d'Ivoire pourrait perdre une grande athlète qui n'a besoin que de 1000 euros (650.000 CFA) par mois jusqu'aux JO 2016 pour se préparer.

Espérons que Suzanne Kragbé ne cédera pas à la tentation de changer de nationalité car elle peut valoir des médailles à la Côte d'Ivoire aux prochains Championnats du monde d'athlétisme. 

Bien sur, on pourrait encore parler de "France à fric" mais plus que de la France, tout dépend réellement de la Cote d'Ivoire! Si on n'est meme pas "capables" d'assurer 1000 euros par mois à une athlète capable d'assurer une médaille... alors-là, c'est pas la peine! (Suzanne, si c'est comme ça... faut te chercher oh!). 

Jap au né...gro? 

La photographe néerlandaise Desiré van den Berg a passé ces 7 derniers mois à voyager à travers l'Asie. En décembre 2013, lors de sa visite à Tokyo, elle a rencontré Hina, une jeune fille de 23 ans qui travaille à Baby Shoop – une boutique branchée dont le slogan est « Black For Life ».

altLa photographe néerlandaise Desiré van den Berg a passé ces 7 derniers mois à voyager à travers l'Asie. En décembre 2013, lors de sa visite à Tokyo, elle a rencontré Hina, une jeune fille de 23 ans qui travaille à Baby Shoop – une boutique branchée dont le slogan est «Black For Life». Hina décrit elle-même ses produits comme «un hommage à la culture black, en termes de musique, de danse et de mode».

Son apparence correspond à ce que les Japonais appellent le «B-style» – une contraction des mots «black» et «lifestyle». Ce style est adopté par des jeunes japonais qui aiment  la culture hip-hop américaine au point de tout faire pour ressembler à des Afro-américains. J'ai passé un coup de fil à Desiré afin d'en savoir plus sur cette mode.

altComment as-tu rencontré Hina ?
 
Il y a quelques années, elle est apparue dans un documentaire sur le B-style. Cette vidéo m'a donné envie de me pencher sur cette culture. Il a fallu que je fasse beaucoup de recherches, mais j'ai fini par discuter avec elle sur Facebook, après avoir contacté plusieurs B-stylers. Je lui ai expliqué que je voulais la prendre en photo, et elle était plutôt ravie. C'était un peu difficile par moments, parce que Hina et ses amis B-stylers ne parlent pas très bien anglais. J'ai dû demander à un traducteur de m'accompagner pour nos premiers rendez-vous.

Comment font-ils lorsqu'ils souhaitent comprendre un morceau de rap américain ?
Hina maîtrise un peu l'anglais, mais elle est loin de le parler couramment. Elle emploie quelques termes argotiques américains lorsqu'elle discute avec ses potes – ça lui arrive fréquemment d'utiliser des gros mots type «motherfucker» pour plaisanter.

Je sais que le Japon est riche en sous-cultures étranges, mais comment expliquerais-tu celle-ci ?
Oui, il y a des styles vestimentaires que je trouve assez normaux, comme à Harajuku, mais on voit parfois des trucs plus extrêmes. Le B-style est le genre de tendance qu'on pourrait retrouver sur wtfjapanseriously.com. Hina se rend souvent à New York, et elle idéalise l'Amérique à fond. À la télévision japonaise, on voit souvent des films et des publicités américaines, et ça doit beaucoup jouer. Je pense qu'elle voit l'Amérique comme une sorte de terre promise.

Il y a beaucoup de B-stylers au Japon ?
Non, c'est une tendance assez restreinte. On ne croise pas de B-stylers dans la rue, il faut vraiment chercher pour les trouver. Hina m'a expliqué que cette tendance était plus répandue il y a quelques années. Ce n'est pas une tendance mainstream, mais je pense que c'est trop petit pour qu'on puisse la qualifier de sous-culture.

Quelles sont les activités préférées des B-stylers ?
Hina se rend dans un centre de bronzage toutes les semaines pour assombrir sa peau. J'étais surprise que de tels centres existent, parce qu'un des critères de beauté japonais est d'avoir la peau pâle. Hina est 100% japonaise et son bronzage est complètement artificiel.

Sinon, les B-stylers écoutent beaucoup de hip-hop et se rendent dans des salons de coiffure africains pour se faire tresser ou boucler les cheveux. Ces salons se trouvent majoritairement dans des ghettos de Tokyo et appartiennent à des petites communautés africaines. Hina porte aussi des lentilles de contact pour que ses yeux aient l'air plus grands.

Est-ce que les B-stylers se réunissent dans la vraie vie ?
Certains événements B-style sont organisés pour que des jeunes japonais puissent écouter du hip-hop et du R&B, voire même faire un peu de breakdance. Je me suis rendue là-bas et j'étais surprise du nombre de personnes présentes, il y avait pas mal de monde.

Personne ne trouve ça inapproprié ?
Pas au Japon, apparemment. Mais sur YouTube, certains commentaires peuvent être très virulents. Beaucoup de gens trouvent que ce style caricature les Afro-Américains, mais je ne pense pas que les B-stylers en soient réellement conscients.

Et qu'en pensent les familles des B-stylers ?
Quand j'étais au Japon, je me suis rendu compte que c'était très impoli de fixer les gens. On voit des gens sapés très bizarrement dans la rue, mais personne ne les regarde. C'est très différent des autres pays. Les gens peuvent vraiment s'habiller comme ils le souhaitent, sans craindre d'être jugés. Les parents de Hina n'y voient aucun problème. Sa mère pense qu'il s'agit juste d'une phase. Le Japon est vraiment une terre d'extrêmes, qui cohabitent tous en parfaite harmonie.

Mode, cinéma et Droits de l'Homme!

«Le racisme et la discrimination empêchent notre évolution dans le milieu de la mode européenne».

Après avoir embarrassé très jeune une carrière de mannequinat au Sénégal, Colette Badji poursuit son rêve en France où elle vit depuis 12 ans. Parallèlement à ce métier, elle a entamé une reconversion au cinéma depuis quelques années. Dans cet entretien avec Afrique Connection, l’ambassadrice de l’Association Internationale des Droits de l’Homme (AIDH) parle de sa carrière, des facteurs contraignants pour les mannequins étrangers résidant en France, mais aussi de ses combats pour l’émancipation de la femme africaine.

altComment êtes-vous entrée dans le mannequinat?

Le mannequinat a toujours été une passion pour moi. Aujourd’hui encore, cette passion reste intacte. J’ai découvert le métier de mode au Sénégal à travers les concours de beauté dans les quartiers. Mes premières séances de photos m’ont tout de suite convaincue que c’était la voie que je devais suivre. J'ai eu mes premières expériences professionnelles à Dakar, au Sénégal, Nouakchott (Mauritanie) et en Gambie, dans le cadre de la préparation de l’élection Miss Sénégambie en 1998. J’étais déjà mannequin à l’âge de 14 ans. Depuis lors, j’ai pris mon destin en main. Aujourd’hui, dans un monde de plus en plus interactif et ouvert sur les cultures du monde entier et la diversité, je m’efforce à ma façon de promouvoir la beauté sénégalaise et africaine dans une ville comme Paris, qui est un haut lieu de la mode mondiale.

Quels sont les défilés à votre actif aujourd’hui?

Je travaille dans le milieu de la mode depuis mon adolescence. C'est pour vous dire que je ne saurai citer ici tous mes défilés. Je retiens simplement ma participation au Black Fashion Week de Paris et d'autres podiums, au côté des stylistes célèbres et d’autres un peu moins:  Imane Ayssi, Martial Tapolo, Babéte SUKI, Mariétou Mariétte Dicko, George De Bédran, Sadio Bee, etc ….

Il y a aussi les showrooms privés pour le compte d’Yves St Laurent et Jhon Galianno pour Dior, mais aussi Nanou Diamant de L'Orient, les stylistes Enzo Itzaky à Dakar et Alphao Bah en Guinée.

Pouvez-vous nous parler des films dans lesquels vous avez tenu un rôle?

Effectivement, après plusieurs années de mannequinat, je me suis lancée dans une carrière de cinéma. J’ai eu l’honneur de jouer dans le film «Le calme» dont le tournage a débuté le 12 décembre 2012, avec deux jeunes réalisateurs de la diaspora africaine. C’est mon premier film. C’est un  court métrage  produit par D. Domandé et B Nonga dans lequel je joue le rôle de Phyllie une amie de Djimo, l’acteur principal, et dont elle est secrètement amoureuse. Le film traite du  sang froid que l'on doit absolument garder lorsqu'il y a incompréhension entre certaines personnes. Il est en court de montage, sa sortie est prévue fin 2014.

J’ai également joué le rôle d’une figurante qui rentre de Turquie en compagnie de ses copines, dans «Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu». C’est un film de Philippe de Chauveron, dans lequel tous les clichés du monde son réunis. Mais attention, c’est assumé. Ici, l’humour met en avant les clichés pour justement s’en moquer comme rarement. C’est une façon de mettre ces clichés à terre.

Dans  le film «Samba» d’Eric Tolédano et Olivier Nakache (figurante et  silhouette),  avec Omar SY, Charlotte Gainsbourg.  Il met en évidence les aventures de Samba, un sans-papier. Sa sortie est prévue au mois d'octobre 2014.

Il y a aussi «Jour de liesse» dans lequel je joue le rôle de Patricia, une jeune femme africaine très élégante.

Gaston et Honorine Samba, des Africains vivant en France depuis longtemps, arrivent au soir de leur vie. Ils auraient fini leurs jours dans l’allégresse, s’ils n’avaient pas un souci majeur, leur fille Wylena qui ne leur a pas encore donné des petits enfants. Ce qui est préoccupant pour une fille de 35 ans. La mère, qui milite dans plusieurs associations africaines, se plaint de porter des pagnes de mariage des filles des autres. Elle demande souvent à Dieu quand est-ce les autres femmes porteront le pagne du mariage de sa fille. Un jour, Wyléna dit à sa mère qu’elle va venir leur présenter quelqu’un. La joie de la mère fut immense. Ce film aussi est en court de montage.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans le cadre de votre vie professionnelle en France?

Il y a le racisme et la discrimination qui nous empêchent d'évoluer dans le milieu de la mode européenne. C’est un sérieux problème lié à la faiblesse de l’être humain moderne. Malheureusement cela existe dans tous les milieux de la mode.

Vous êtes ambassadrice de l’Association Internationale des Droits de  l’Homme. A quoi consiste exactement votre rôle?

Il faut d’abord dire que cette association est soutenue par d’éminentes personnalités de tous bords à l’instar de Monsieur Olivier Stirn, ancien Ministre, président du Conseil National de la Diversité, ancien Ambassadeur, et membre d’honneur de l’A.I.D.H. Présidée par sa fondatrice Françoise Traverso, juriste spécialisée en droits de l’Homme, l’Association Internationale des Droits de l’Homme est composée d’un bureau exécutif de cinq membres, de membres d’honneur, de parrains, de marraines, d’ambassadrices, d’adhérents, de partenaires, de correspondants et de sympathisants à travers le monde.

Nous-nous battons pour une égalité des droits femme-homme dans toutes les sphères de la vie, l’éducation indifférenciée dès le plus jeune âge des garçons et des filles, le respect de la dignité humaine et l’éradication des stéréotypes existants, la mise en place d’un Centre d’accueil, d’écoute, de formation et d’accompagnement des femmes victimes de violences. L’AIDH est  un lieu de formation à l’éducation parentale, à la transmission des valeurs intergénérationnelles, au respect et à l’acceptation de l’autre. Bref, un mieux vivre- ensemble dans un cadre de solidarité Internationale et d’échange éducatif.

L’AIDH organise une rencontre sur la situation en Centrafrique, fin mai. Pouvez-vous définir les contours de cette rencontre, et les retombées attendues?

Effectivement, nous avons invité toute la diaspora africaine et France et d’ailleurs et toutes les associations pour discuter sur la paix en Centrafrique, mais aussi plus généralement sur les problèmes qui secouent le continent africain. Nous sommes tous concernés par ce qu’il se passe en Afrique en général, et en Centrafrique en particulier. Parce que la Dignité humaine et les droits de l'Homme sont bafoués toutes les secondes, nous devons donc ensemble nous mobiliser et appeler à une prise de conscience sur ces tars sur notre continent, afin de changer les choses. C’est dans ce cadre que s’inscrit le colloque du 31 mai sur la Centrafrique.

Sous quelle forme se manifeste votre engagement pour une amélioration de la condition des femmes?

Nous organisons des tournées de sensibilisation sur les violences faites aux femmes, nous allons à la rencontre des femmes victimes de violences pour leurs apporter un soutien moral d’abord, puis voir avec elles dans quelles mesures nous pourrions les aider à créer des activités socioéconomiques.

Je suis originaire de la Casamance, dans le sud du Sénégal, où sévit une crise militaro-politique depuis 1982. Cette région est jadis considérée comme le «grenier du Sénégal». Plus de 800 personnes ont été victimes des mines, essentiellement de femmes et des enfants. C’est une région où les femmes sont très dynamiques, engagées et participent pleinement aux développements socioéconomique et culturelle de cette belle région naturelle, que j’aime beaucoup. Les femmes, qui sont les populations les plus vulnérables, ont des difficultés d’accès aux rizières. Certaines d’entre elles sont depuis des années déjà en quête de moyens de subsistance familiale. Mon devoir est de venir en soutien à mes mamans et à mes sœurs. D’ailleurs j’en profite pour lancer un appel aux autorités et à mes frères de ne ménager aucun effort afin de maintenir cette paix dont nous avons tant besoin, et qui est la condition préalable au développement de cette région du Sénégal. Je leur demande aussi de nous venir en aide pour financer les projets des femmes de la Casamance et d’ailleurs.

Votre combat est-il uniquement orienté envers les femmes qui vivent dans des zones de conflit?

Mon rôle ne se limite pas essentiellement à ce niveau. J’interviens à tous les niveaux où la femme se trouve dans une situation de faiblesse.   Par exemple, avec l’AIDH, je me bats aussi pour inciter les femmes battues par leur mari à porter plainte. J'ai envie de dire à toutes les femmes que dès qu'elles sentent que quelque chose ne va pas, il faut partir. Parce que je suis persuadée qu'il y a encore beaucoup de femmes qui ne savent pas qu'il existe des maisons d'accueil ; et c'est dommage. La violence des hommes envers les femmes, elle existe, elle a toujours existé. Elle est là autour de nous, parmi nous. Mais nous ne la voyons pas, nous ne voulons pas la voir. Nous ne l’entendons pas, nous ne voulons pas l’entendre. Ou pire encore: pour beaucoup d’entre nous, ces comportements masculins violents ne sont que «traditionnels», «possessifs», «religieux» ou même «difficiles». Ce faisant, nous nions et cautionnons la violence de ces hommes envers leurs compagnes. «Ce qui ne se voit pas, n’existe pas». Il fallait «qu’on en parle». Il fallait vous faire comprendre ce quotidien de violence, de terreur, de douleur, d’humiliation vécu par beaucoup de femmes, pour que vous voyiez, pour que vous entendiez. Il n’y a que les femmes qui ont été confrontées à ces situations qui peuvent en témoigner. Cette violence, cette douleur, cette terreur, cette humiliation, elles l'ont vécue, elles l'ont supportée … certains y ont  échappé, par la Grâce de Dieu. Malheureusement, plusieurs femmes n'ont pas eu cette chance. Lorsqu'elles sont dans cette situation, elles mettent beaucoup de temps à accepter que la victime, c’est bien elles et pas l’autre. Au début, elles se disent que c’est de leur faute. Alors, j’ai envie de dire à tout le monde : «Dites non, et Stop à cette violence!»

Quels sont vos projets futurs?

Comme vous l'avez constaté, je suis une femme responsable de famille, j’ai la responsabilité de l’éducation de mes enfants. Malgré tout je suis très sollicitée par des associations humanitaires. Aussi, je travaille sur un grand projet que je rêve de réaliser pour les femmes de la Casamance et d’ailleurs.

En Décembre et janvier 2014, j’ai eu l’honneur d’être invitée au Sénégal et en Gambie par des associations humanitaires : Z’ARTS Association, dont le président est un artiste qui vit en France, et OSDEC  (Organisation sénégalaise pour le développement économique et culturelle). C’était pour sensibiliser l’opinion sur les violences faites aux femmes et aux enfants.

A Ziguinchor, j’ai eu le plaisir de poser la 1ére pierre de la construction de la salle polyvalente pour les femmes de la Casamance, une salle qui porte mon nom et celle de l'A.I.D.H. c’est un très grand honneur pour moi. Car je porte en moi cette belle région du Sénégal, où je suis natif.

En tant que femme et mannequin, tous mes projets futurs consistent à continuer dans ce combat pour la réalisation d’un monde meilleur et la promotion de la femme et de la mode africaine. Hormis la promotion du colloque du 31 mai sur la Centrafrique, le 22 juin je serai la marraine de la mode de l’Afrique de l'ouest, lors de la Waris Fashion Show à Paris. C’est un projet qui permettra de financer pendant trois ans  les études de stylisme de la jeune Amina Ka, à l'école Oumou SY au Sénégal. Ce sera une journée aux couleurs du monde.

Du 1er  au 30 Juin, nous mènerons une campagne de sensibilisation sur les violences à l’égard des Femmes. Le samedi 11 octobre, l’A.I.D.H organise un gala de charité à Paris, axé sur la thématique de l’«Autonomisation Économique de la Femme».

Du 22 au 29 octobre 2014, place à la 10éme édition de Z’ARTS de Ziguinchor (Sénégal), qui est une rencontre internationale des arts de Ziguinchor. Ce sera en prélude au XVème Sommet de la Francophonie qui se tiendra en novembre à Dakar. En tant que marraine de cette 10éme édition, je serais aux côtés des artistes plasticiens et Madame Haris Fatou, présidente de l'association C.L.V.F (Comité régional de Lutte contre les Violences faites aux Femmes), qui animeront une conférence sur les violences faites aux femmes et aux enfants dans l’espace francophone.

L’année 2014 sera bouclée avec une table ronde organisée par l’A.I.D.H en novembre à Yaoundé, au Cameroun. La rencontre portera sur la «problématique des violences à l’égard des Femmes»,  en partenariat avec le Ministère de la Femme et de la Famille.

Propos recueillis par Thierno DIALLO

Spectacle futuriste mêlant mode et performances!

La créatrice de mode sénégalaise Selly Raby Kane dirige samedi soir (20h) dans le hall de la Gare de Dakar un spectacle inédit dénommé "Alien Cartoon", à partir d'un scénario qui se déroule en 2244 et imagine les conséquences d'invasion d'une cité africaine par des êtres venus d'ailleurs.

altLa créatrice de mode sénégalaise Selly Raby Kane dirige samedi soir (20h) dans le hall de la Gare de Dakar un spectacle inédit dénommé "Alien Cartoon", à partir d'un scénario qui se déroule en 2244 et imagine les conséquences d'invasion d'une cité africaine par des êtres venus d'ailleurs.

"La collection +Alien Cartoon+ essaye de répondre à la question suivante : quelles seraient les conséquences de l'invasion sur le port vestimentaire des Dakarois, par exemple ? Il s'agit de voir si invasion nous influencerait et à quoi nos vêtements ressembleraient", a expliqué l'artiste.

La photographie, la musique, la sculpture, la vidéo, la création de lumière, entre autres pratiques techniques et artistiques, seront sollicitées pour la construction la nouvelle ville qui sortirait de cette rencontre entre humains et "Alien".

"Ce qui va réellement porter +Alien Cartoon+, c'est la collection, c'est la création sonore qui a été mise en place et c'est les décors qui sont en train d'être construits à la Gare de Dakar", a indiqué Selly Raby Kane, relevant que les nouvelles créatures vont être habillées par des créateurs de mode comme Bull Doff, Jah Gal, chargé de produire les costumes des envahisseurs.

Il y a aussi Ibaaku Staz qui s'occupe de la bande sonore, le photographe ivoirien Paul Sika, Doctor L (création de vidéo), auteur d'une bande sonore pour les installations du spectacle "Alien Cartoon", organisé par Selly Raby Kane, "Les Petites Pierres", le collectif d'artistes dont elle fait partie et la Sénégalaise de l'Automobile, dans le cadre du programme "Off" de la 11ème Biennale de l'art africain contemporain (Dak'Art).

"Alien Cartoon", qui mêle création de mode et performances, a "un grand lien avec l'univers créatif dans lequel j'ai toujours baigné et celui que j'ai voulu exprimer : c'est ce monde qui cherche à connaître le futur, à savoir de quoi le futur sera fait en termes d'événements, mais également en termes de musique, de littérature, d'architecture, etc.", a souligné Selly Raby Kane.

C'est elle, celle des Seychelles!

Le nom de la plus belle femme des Seychelles est enfin connu. Camilla Estico a été couronnée le week-end dernier lors d'une cérémonie à l'hôtel Savoy aux Seychelles. La jeune femme, âgée de 23 ans, succède à la Miss Seychelles 2013, Agnes Gerry.

altLe nom de la plus belle femme des Seychelles est enfin connu. Camilla Estico a été couronnée le week-end dernier lors d'une cérémonie à l'hôtel Savoy aux Seychelles. La jeune femme, âgée de 23 ans, succède à la Miss Seychelles 2013, Agnes Gerry. Ce serait son audace, en parfait contraste avec la personnalité des autres candidates, qui aurait tapé dans l'œil du jury. La jeune femme, qui vit aux Etats-Unis depuis 9 ans et étudie le théâtre à l'Alvin Ailey Dance Theatre, a été couronnée Miss Talent et Miss Photogenique. Ses deux dauphines sont: Lisa Rose et Marvel Godley.

Alain St.Ange, le ministre du Tourisme des Seychelles, a expliqué qu'à travers ce concours «nous mettons notre culture à l'avant plan. C'est la raison pour laquelle Miss Seychelle devient notre ambassadrice au Tourism Board».

Mode... d'action!

Les travailleurs migrants au Liban, dont beaucoup de femmes, ont célébré leur 1er mai (2014) en défilant… sur des podiums dédiés à la mode, un événement organisé pour la deuxième fois par l'association beyrouthine de défense des droits humains Insan.

altLes travailleurs migrants au Liban, dont beaucoup de femmes, ont célébré leur 1er mai (2014) en défilant… sur des podiums dédiés à la mode, un événement organisé pour la deuxième fois par l'association beyrouthine de défense des droits humains Insan. Cinq migrantes se sont transformées, le temps d’un soir, en top modèles. Un acte symbolique dans un pays où les immigrées sont considérées et traitées le plus souvent comme des êtres inférieurs, où les violences récurrentes à leur encontre surgissent épisodiquement sur le devant de la scène médiatique.

Micheline, venue voilà 8 ans de République démocratique du Congo, styliste elle-même, veut faire changer les mentalités libanaises en défilant pour la deuxième fois avec Insan

Au sous-sol du Yukunkun, un club "branché" de Beyrouth, les petites mains s’affairent. Quelques snacks, un portant pliant sous le poids des robes et du maquillage éparpillé, c’est dans ce décor rudimentaire que cinq migrantes, originaires du Congo, du Sri Lanka et de Madagascar font leurs derniers essayages en compagnie de deux Libanaises.

Les 7 femmes sont habillées aujourd’hui par quatre créateurs de mode libanais qui prêtent leurs vêtements gratuitement (Emmanuelle Calamy, SANA’ by Sana' Ayoub, Randa Dirani et l'école The Creative Space Beirut).

Emmanuelle Calamy, 21 ans, tient à soutenir la cause: «Quand je sors, je vois bien la manière dont les Libanais se comportent envers les travailleurs migrants, les domestiques, les éboueurs… On veut qu’ils remplissent leurs tâches, rien d’autre». La jeune femme a décidé par solidarité de rejoindre le défilé en prêtant 7 créations.

Elle a embarqué dans l’aventure sa copine Dounia, 18 ans: «Quand Emmanuelle m’a demandé de participer, je pensais qu’elle blaguait alors j’ai dit oui. Mais me voilà ici aujourd’hui. Je me sens concernée car j’ai un ami de La Réunion qui se fait refouler de toutes les boîtes de nuit de Beyrouth à cause de sa couleur...»

Paquerette, n'a pas revu depuis 5 ans ses enfants restés à Madagascar. Concentrée, elle défile pour la première fois...

Les préjugés raciaux très présents dans la société libanaise, doublés d’un système de parrainage infantilisant (appelé «kefala»), peuvent rendre la vie des travailleuses domestiques infernale, voire être mortels. Chaque semaine, l’une d’entre elles meurt dans des conditions obscures. Plusieurs rapports d’organisations internationales dénoncent cette condition mais la loi n’évolue pas. Et les petites bonnes restent dépendantes du bon vouloir de leurs «Monsieur» et «Madame».

Trouver de nouveaux modes d'action

Défiler, c’est une grande première pour Paquerette. En 5 ans de travail au Liban, cette Malgache a connu de bons patrons comme de mauvais. « L’un d’entre eux me doit toujours 1700 dollars. Il me confisquait mon passeport et ne me payait pas… » soupire-t-elle. Aujourd’hui employée par une famille qui l’a autorisée à défiler, Paquerette est ravie quoiqu’un peu inquiète. « Peut-être que je vais tomber » rigole-t-elle dans sa robe à dos nu. La jeune femme, âgée de 34, ans n’a pas revu ses trois enfants depuis son départ de Madagascar. Alors évidemment, « (sa) famille attend les photos du défilé avec impatience. »

Anapuma, du Sri Lanka, est heureuse d’être «une star d’un jour».

Pour l’association Insan, qui défend les droits humains, faire défiler des migrantes s'est imposé comme mode d'action. Randa Dirani,  chargé de relations publiques à l’association, explique: «Nous travaillons beaucoup contre la violence domestique dans les familles libanaises. Or, les employées de maison font partie de ces familles. Avec ce défilé, nous voulons les soutenir et montrer qu’elles aussi ont des ambitions et des rêves. La joie sur leur visage pendant le défilé est notre récompense».

Un racisme ouvert et quotidien!

Micheline, elle, défile pour la deuxième fois et attire tous les regards pendant le show. Cette créatrice africaine, originaire de République démocratique du Congo, est arrivée au Liban il y a huit ans avec son ex-mari libanais. Mère d’un enfant mixte, elle défile par engagement: «Je veux changer l’image des femmes migrantes au Liban. Il faut que les Libanais sachent qu’elles peuvent être belles derrière leur travail de femme de ménage».

Alix, franco-libanaise militante des droits humains,volontaire pour ce défilé, et Micheline, congolaise, avant le défilé

Arrivée au Liban comme épouse d’un enfant du pays, elle a dû faire face aux remarques et aux insultes. «Dans la rue, les gens me traitaient de "noire". OK, c’est bon je sais que je suis noire, pas besoin de me le rappeler. J’ai vraiment été très surprise par cette attitude des Libanais».

Après avoir haï le pays du Cèdre pendant longtemps, Micheline est aujourd’hui apaisée. «J’ai un fils libanais, je ne peux donc pas détester les Libanais. J’aime le Liban et je veux juste que les mentalités changent!»

Contre l'esclavage... sans frontières!

Aujourd'hui nous voulons raconter une réalité de l'Afrique qui n'est toujours pas suivie par les médias nationaux et internationaux. Un angle de la Terre qui vit un des drames les plus atroces que le monde ait jamais connu, une horreur que beaucoup croient avoir été éradiqué, mais qui, en Mauritanie, est encore présent et vivement enraciné dans la société: nous sommes en train de parler de l'esclavage et de la division de la population locale en castes.

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Selon le Rapport Global Slavery Index de Walk Free Foundation, la Mauritanie est le pays avec le plus haut taux d'esclavage au monde. On en compte bien 160.000: soit 20% de la population, à qui sont soustraites les formes les plus basilaires de liberté personnelle. À cette horde d'esclaves du nouveau millénaire, s'ajoute un autre 60% composé des Haratins, les affranchis: des gens qui vivent de toute façon en esclaves parce qu'ils sont soumis à leurs propres employeurs.

Ça semble des histoires d'autres temps, pourtant ce sont des drames qui sévissent aujourd'hui dans notre Méditerranée, pas loin des frontières du Maroc, de l'Algérie, du Mali et du Sénégal.

Bien qu'ayant été aboli en 1981 et pénalisé en 2007, l'esclavage est de fait encore pratiqué.

En première ligne au front de la lutte contre l'abolition de facto de l'esclavage, se trouvent deux activistes et cooperants internationaux, Ivana Dama (36 ans de Naples), depuis des années volontaire et experte de médiation culturelle et Yacoub Diarra, activiste mauritanien des Droits humains, engagé lui aussi sur le front de l'abolitionnisme.

Tous deux se sont connus au cours d'un des nombreux voyages qu'elle a effectué en Mauritanie, dans le cadre de promotion des Droits humains dans le pays. De cette collaboration, est né leur amour. 

Ivana et Yacoub se sont mariés, le 3 novembre de 2013, à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. Aujourd'hui, ils sont un splendide couple multiethnique que nous avons interviewé, pour connaître de plus près le drame de l'esclavage et les problèmes que vit la communauté mauritana en Italie.

Salut Ivana et Salut Yacoub, votre histoire est très forte et émouvante. Vous vous êtes connus en Mauritanie, au courd d'une des nombreuses rencontres de coopération et engagement contre l'esclavage. Pouvez-vous nous brosser les conditions de vie des habitants locaux et, surtout, comment cette forme moderne d'asservissement social est exercée sur la population?

Salut et nous te remercions au nom de la majorité de la population noire della RIM (République Islamique de la Mauritanie) pour la possibilité de pouvoir ouvrir une fenêtre sur un pays où sévit, dans le silence total de la Communauté Internationale et avec le consentement du Gouvernement Mauritanien, un véritable Apartheid d'une minorité ethnique (les Arabo-berbères ou Maures) sur une majorité noire brimée et réduit en esclavage à la naissance, pour la simple couleur de leur peau. Parmi les ethnies africaines noires, la plus nombreuse et plus esclavagisée est l'ethnie Haratine, les esclaves affranchis, dont fait partie notre ami et leader, Biram Abeid, président de l'IRA Mauritanie, mouvement non-violent qui lutte sans cesse pour l'abolition du phénomène inhumain et dégradant qu'est l'esclavage, qui concerne la majorité des citoyens du pays.

Ivana, comme est né ton engagement pour l'Afrique et, en particulier, pour la Mauritanie?

Je me suis rendue pour la première fois en Afrique en 2005, au Burundi, dans le coeur profond du Continent. J'y étais allée à la fin d'un superbe cours de formation voulu et organisé par la Région Campanie. A l'issue de ce parcours, nous, les  jeunes étudiants des matières humanistes, devions faire un stage dans un pays du soi-disant Tiers-Monde. Ma première Afrique, je m'en rappelle parce que ça m'a donné l'occasion de comprendre ce que je voulais vraiment faire de ma vie  et où je voulais aller, outre que pourquoi. À l'époque de mon stage au Burundi, le pays des mille collines, théâtre d'un des plus tristement célèbres génocides jamais existés sur la Terre, celui entre les Hutus et les Tutsis, la migration dans notre pays, l'Italie, en provenance de l'Afrique noire, n'était pas encore si évidente, mais dans la province de Naples, où je vivais, ces années-là,  le phénomène commençait à s'imposer à la chronique locale.

Je voulais comprendre pourquoi ces personnes affrontaient des voyages si périlleux pour se contenter d'une place à l'ombre et être considérés comme des citoyens de série B. Le Burundi a été mon gymnase dans le Continent noir et j'ai expérimenté ce que signifie AGIR pour contribuer à la PAIX avec et pour les "autres".  J'ai eu l'occasion d'observer les jeunes burundais qui, péniblement et la tête haute, sans moyens, étaient en train de faire leur propre devoir pour reconstruire la paix dans leur pays, déchiqueté par un drame absurde comme celui du génocide de 1994. C'est en observant les opérateurs de paix du Centre Kamengue de Bujumbura, la capitale du pays, que j'ai compris celle qui aurait été ma profession. Je savais que ça aurait été la première page de mon histoire en Afrique. Je suis retournée en 2008 pour d'autres projets, et puis en 2009, il y a eu la rencontre en Italie avec l'activiste et ami de la liberté, le mauritaien Biram dah Abeid. Les organisateurs connaissaient mes deux précédentes Missions de Paix en Afrique sub-Saharienne et ils ont pensé à m'inviter moi comme interprète de l'intervention de Biram qui, pour la première fois, débarquait en Europe.

Biram Abeid, leader du Mouvement Pacifique Abolitionniste de l'esclavage par naissance, est récemment reçu un Prix aux Nations Unies pour sonengagement constant dans le contraste des inégalités dans son pays. Peux-tu  nous raconter son travail et les résultats atteints?

Biram est un homme de paix et c'est un grand activiste qui dédie sa vie à la liberté en Mauritanie. Il est le fils d'une ex-esclave de l'ethnie Haratin. Par pure chance, il est né libre et il a décidé de lutter pacifiquement, mais à tout prix pour la vérité, la justice et la liberté des Africains noirs, dans son pays natal. Quand je l'ai rencontré en 2009, Biram était à son premier voyage continental; Naples a été sa toute première destination pour dénoncer un Apartheid jamais révélé et omis pour préserver les privilèges énormes de la caste raciste dominante, xénophobe en RIM, mais de ceux qui savent mais se taisent pour tirer avantages indirects.

Ces années, Biram a tissé des contacts avec le monde libre le plus actif, avec des associations, des hommes politique partis et de simples citoyens individuels, disposés à connaître la vérité et à s'activer comme ils peuvent. Quand il était arrivé, il n'avait meme pas 1 centime en poche, armé de son énorme volonté énorme et l'immense envie de communiquer au monde libre qu'en Mauritanie, et pas seulement dans ce pays africain, il y a une minorité à la peau plus claire qui réduit en esclavage, vend, prête, viole et offre des esclaves, encore aujourd'hui en l'an 2000, à 5 heures de vol de chez nous.

Biram a remporté trois prix Internationaux et, le 21 juin prochain, il courra à la Présidentielle en Mauritanie. Il ne l'a pas choisi lui-meme, c'est nous, les défenseurs des droits et de la liberté, qui l'avons voulu. Aujourd'hui, tu es associée et fondatrice de la Section Italienne d'IRA Mauritanie. De quoi s'occupe la section et quels objectifs entend-elle atteindre?

L'IRA Mauritanie est née là-bas en Mauritanie mais il a ouvert différentes Sections en Occident et aux États-Unis. Aujourd'hui le bureau Italien d'IRA Mauritanie, que j'ai créé ensemble avec d'autres concitoyens actifs dans le Troisième Secteur et activistes des Droits humain droits, a un Président mauritanien bien qu'il n'y ait pas beaucoup de Mauritaniens en Italie; Je suis Vice-présidente. Le Bureau fait surtout une oeuvre de sensibilisation avant tout, extrêmement nécessaire du moment qu'en Europe, et surtout en Italie, on ignore complètement le fait qu'aujourd'hui on puisse naître encore esclaves. Nous ne sommes pas nombreux mais nous avons beaucoup de courage et nous réussissons dans notre but de dénonciation d'un phénomène horrible comme celui-là que l'IRA Mauritanie de Biram combat dans le monde. Nous visons à "disparaître le plus tôt possible", dans le sens que nous espérons que, d'ici peu, il y n'ait plus de besoin que personne qui, ici ou ailleurs, oeuvre pour l'abolition de l'esclavage. Entre-temps nous continuons à suivre les actions de paix et de liberté que tant jeunes garçons et filles, hommes et femmes, enfants et aussi personnes âgées, continuent de mener, risquant chaque jour leur propre vie.

Yacoub, en tant qu'activiste des Droits humains en Mauritanie, tu as fondé le Comité de Paix de l'IRA. Peux-tu nous parler de ton engagement en Italie et en Afrique?

Avant Biram et de l'IRA, en Mauritanie, personne n'avait osé parler de droits humains violés, et encore moins de lutte contre l'esclavage. Avant Biram, pratiquement rien de ce qui démocratie, était permis aux noirs de la Mauritanie, majorité écrasante de la population. Il n'était meme pas donné de savoir quels étaient les droits humains et comment faire pour les faire respecter. Nous les jeunes, on rêvait que quelqu'un pusse nous guider de manière pacifique, à la découverte de la liberté. La Mauritanie avait et a besoin de Biram Abeid et de ce mouvement de paix, qui donne l'espoir, non seulement aux victimes de l'esclavage par descendance matriarcale (et les femmes, chez nous, font beaucoup d'enfants) mais aussi aux nombreux justes qui cherchent la justice sans faire la guerre.

L'union fait la force! Nous, les activistes d'IRA Mauritanie, sommes en train de montrer justement cela, sans moyens, sans aucun financement mais seulement avec la volonté d'agir pour notre bien commun, parce que la liberté est vraiment telle si c'est tout le monde qui en dispose. Voilà! C'est ça notre Mouvement, voici comment a fonctionné le Comité de Paix de l'IRA que j'ai créé avec d'autres jeunes amis activistes, qui m'accompagnent, depuis le début. Actuellement, je suis en Italie, mais je continue à travailler pour la Liberté, quand bien meme avec des méthodologies différentes que j'expérimente depuis trois mois. Avec ma compagne d'action qu'est ma femme, Ivana Dama, j'ai divers projets pour continuer à lutter, au  nom de l'amour qui a fait que nous nous sommes rencontrés en Afrique, et qui nous tient toujours unis.

Beaucoup de gens vous considèrent un couple célèbre. Des sites arabes parlent de votre union comme "Premier mariage entre deux activistes des Droits humain en Mauritanie". Qu'est-ce que ça vous fait toute cette attention et en quelle mesure votre exemple peut aider la Mauritanie à sortir de cet état d'inégalité sociale?

Nous ne sommes pas en quête de notoriété mais nous sommes disposés à raconter notre histoire, pour un but bien défini: la dénonciation de l'esclavage qui sévit en Mauritanie: terre que nous avons baptisée comme le pays de l'Esclavage moderne, où qui nait noir est destiné à avoir un patron pour toute son existence, et qui aura droit de vie ou de mort sur lui et ses fils de mères noires Haratine. L'amour triomphe sur tout et, si le nôtre peut contribuer à la fin de ce phénomène inhumain et dégradant, vive la "célébrité" en Afrique comme partout ailleurs.

Beaucoup de jeunes mauritaniens en ont marre des injustices. À quel point est la mobilisation locale et qu'est-ce qui est prévu dans l'avenir?

Les jeunes, et non seulement eux, sont fatigués de subir et ils en marre du silence. Ils ont envie de bouger et ils sont en train de le faire avec énorme courage et détermination; la même détermination qui a permis à  Biram, à moi et à quelques frères activistes de l'IRA de résister à la torture et à la prison en 2012, quand nous fûmes arrêtés arbitrairement par le gouvernement arbitrairement pendant 5 mois, parce qu'activistes de la liberté. On ne s'arrêtera pas et, au-delà de la victoire de Biram à la présidentielle pour une vraie nouvelle Mauritanie de paix et liberté, on continuera afin que le Mouvement soit reconnu et croisse dans le monde entier, portant la lumière, l'espoir et les droits, non seulement en Afrique mais partout où il y en a besoin. Merci pour cet échange et Vive la liberté et le courage de l'action!

Est-ce que cet apartheid du nouveau millénaire a favorisé l'immigration de beaucoup de jeunes vers l'Italie?

En Afrique noire, celle que je connais et que j'ai vécue, les violations des droits fondamentaux ont toujours été à l'ordre du jour et le "mythe" de l'occidente remonte au boum des moyens de communication. Aujourd'hui, avec Internet, les jeunes de l'Afrique aussi sont disposés à risquer la vie pour un rêve qui cependant se brise presque toujours, une fois arrivé en occident. En vérité, nous de l'IRA Mauritanie, cerchons à rendre les jeunes conscients. Nous cherchons à leur communiquer la vérité et nous misons sur leur engagement dans le pays, pour l'abolition de l'esclavage. En Italie, en particulier, la diaspora mauritanienne n'est pas très nombreuse mais elle l'est dans les pays francophones, surtout en France, Belgique et Suisse française. Outre-mer au contraire, beaucoup de mauritaniens se concentrent aux USA et au Canada.

La communauté mauritanienne d'Italie est-elle bien intégrée?

Dans le nord elle l'est assez; Les Mauritaniens bossent dans le secteur manufacturier où elle résiste ou comme ouvriers en usine. Mais avec la crise économique, là-bas aussi, on a du mal là à avoir une situation stable. Comme Présidente d'IRA Italie, d'ici peu, je serai parmi eux pour chercher à comprendre certains détails concernant les conditions respectives des migrants dans notre pays; je les informerai personnellement de nos projets et de la candidature de Biram Abeid.

Tous les approfondissements sur les activités d'IRA ITALIA peuvent se trouver

sur la page Facebook de la section: IRA Mauritania - Sezione Italia

Tél: 0039 – 3475083489- E-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Valentina Cavaliere

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