NÉCROLOGIE: Première agence funèbre islamique en Italie! - Africa Nouvelles

IMMIGRÉS EN ITALIE

Fondée à Empoli par le frère italo-marocain Said El Bourji.

Les musulmans ont eux aussi, en Italie, la garantie d’accomplir leur dernier voyage selon les rites de leur religion. A Empoli est née la première agence islamique spécialisée en funérailles, grâce à un projet réalisé par Said El Bourji (49 ans, originaire du Maroc, en Italie depuis 28 ans) en collaboration avec Harmouchy Rajae (32 ans, en Italie depuis 10 ans). Leur entreprise est devenue un point de référence, une histoire curieuse qui rime bien avec le mot «intégration». 

Les musulmans ont eux aussi, en Italie, la garantie d’accomplir leur dernier voyage selon les rites de leur religion. A Empoli est née la première agence islamique spécialisée en funérailles, grâce à un projet réalisé par Said El Bourji (49 ans, originaire du Maroc, en Italie depuis 28 ans) en collaboration avec Harmouchy Rajae (32 ans, en Italie depuis 10 ans). Leur entreprise est devenue un point de référence, une histoire curieuse qui rime bien avec le mot «intégration». A Empoli, où ses deux fils vont à l’école, Said El Bourji a mis de solides racines, participant activement à la vie sociale de la ville, tant comme membre du Conseil des Etrangers, que président du Cercle multiculturel Acroterio. Au début de son expérience italienne, il a travaillé pour un bon bout de temps dans la construction, mais il a toujours été tenté de devenir entrepreneur.

Depuis 1997, Said est italien tout en conservant avec orgueil le lien avec ses origines et traditions. Grâce à la collaboration de Harmouchy, il a décidé de démarrer cette nouvelle aventure de l’entreprise "Honneurs Funèbres Islamiques", nouant des rapports particuliers avec les ambassades et les consulats de divers pays islamiques dont l’Egypte, la mère-patrie du Maroc, l’Egypte et le Sénégal.

«J’ai décidé d’ouvrir une agence funèbre islamique après avoir connu des expériences du genre dans d’autres pays européens comme la Belgique, la Hollande et la France. J’ai fait un peu d’apprentissage à l’étranger avant de commencer ensuite ici en Italie. Le rite funèbre islamique suit diverses spécificités que nous suivons à la lettre, fournissant aux clients un service complet, selon les coutumes et traditions de la religion musulmane. Pourquoi Empoli? C’est une ville démocratique où j’ai vécu et grandi, Je me sens désormais citoyen d’Empoli», dit Said.

L’agence, inaugurée le 1er janvier 2010, grandit jour après jour: le cellulaire vibre, même la nuit.

En peu de jours, plusieurs services avaient déjà été effectués en Toscana, à Firenze, Prato, Viareggio, Santa Croce sull’Arno, mais aussi hors de la région, comme à Varese.

«On offre un service complet qui généralement se conclut par le rapatriement du corps, même s’il y aurait la possibilité d’enterrement dans des cimetières spéciaux comme par exemple celui de Trespiano, à Firenze. Pour le rapatriement du corps, nous sommes conventionnés avec une société de Bologna. Nous nous occupons de la bureaucratie et, pour ça, je dois remercier le grand travail de Harmouchy, précieux dans la traduction de l’arabe à l’italien et vice-versa».

Le service s’adresse «non seulement les étrangers mais aussi les italiens musulmans», précise Said, ponctuant les nombreuses différences par rapport au rite occidental:

■ le corps doit être lavé avant d’être enveloppé dans un sudoir blanc d’étoffe simple, composéde trois draps pour les hommes et 5 pour les femmes;

■ le cercueil doit être rigoureusement rectangulaire;

■ et il n’est prévu aucun cortège funèbre comme ici en Italie.

«Notre agence offre un service qui n’existait pas encore et est absolument complémentaire à celui des agences funèbres opérant sur le territoire. Je tiens à préciser qu’on n’est en concurrence avec elles», observe Said, qui souligne aussi que les prix sont assez contenus.

«Des funérailles islamiques, ça part de 2.000 euro, avion inclus. Naturellement tout dépend ensuite des exigences du clients. Dans le rite islamique, il y a en effet des différences qui peuvent varier d’un pays à un autre».

Elvio Pasca