YASSINE DIALLO: L'incroyable histoire de cet enfant, enfui tout seul de la Guinée jusqu'en Italie - Africa Nouvelles

IMMIGRÉS EN ITALIE

Après avoir fui de la Guinée, Yassine Diallo est devenu mini-maire à Bagheria (Sicile). Il a 15 ans et a débarqué à Palermo lorsque il n'en avait que 13, en passant par le désert, la Libye et la Méditerranée. Il a été  le plus voté parmi les candidats du collège (scuola media) Carducci. Après une période en communauté, il a été placé dans une famille.

 

Yassine Diallo est le maire des enfants du Collège Carducci de Bagheria. Ce jeune de 15 ans, qui a fréquenté l'école primaire, est arrivée avec une pinasse en Sicile, en mai 2016, après deux mois et demi de voyage, en provenance de Kindia, ville de la Guinée. «Désormais, dans notre école», explique la Responsable Légalité, la Prof. Teresa Maggiore,  «l'institution du Conseil des Ecoliers et la figure du Maire de l'Ecole offrent aux élèves la possibilité d'expérimenter en toute conscience, l'ésprit de responsabilité et les valeurs de la partecipation. Yassine s'est tout de suite lié d'amitié avec tout le mondes, ayant toujours un mot gentil pour chacun, sans jamais la moindre plainte. En très peu de temps, il a appris l'italien de manière excellente, écrit comme parlé». 

La première année, il n'avait jamais rien dit de son passé, ni cela lui a-t-il été demandé, dans le respect de sa volonté et ses délais. C'est seulement au milieu de la seconde année qu'il s'est senti prêt à raconter ce que ses yeux ont vu et ce qu'il a dû affronter: certainement des réalités plus grandes et plus complexes. A propos de son arrivée en Sicile, de la communication de son arrivée à sa maman, Yassine ne se souvient que d'un coup de fil exclusivement en larmes, des pleurs continus ne laissant aucun espace aux mots, des pleurs de joie, des larmes d'espoir.

Pendant deux jours, huit candidats des diverses classes ont exposé leurs programmes, proposant des idées et des projets tant pour l'école que pour Bagheria. Parmi les candidats (3 garçons et 5 filles), Yassine a voulu lui aussi se mettre en jeu, affrontant cette nouvelle expérience.

«Che dire? Sa désinvolture, son sourire contagieux, son envie de faire et d'agir ont fait mouche dans les esprits de tous; il a été élu avec une bonne marge, pour l'année scolaire en cours», raconte encore la prof. «La journée a été pour tous particulièrement émouvant et prenante. Nous pensons à combien il est difficile aujourd'hui de prononcer des mots comme partage, coopération, vraie inclusion. Peut-être avons-nous perdu ces capacités et, aujourd'hui à l'école, Yassine il a fait la différence, car chacun de nous a expérimenté la beauté de l'être ensemble, de construire quelque chose ensemble, de se découvrir semblables et différents, dans la conscience que tous nous appartenons à la même espèce humaine»