Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Caca...o.k.! 

Présidant la 2ème Journée Nationale du Café et du Cacao, qui s'est tenue dans la cour du palais présidentiel de Yamoussoukro, Le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, a donné le nouveau prix du cacao bord champ. 

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"J'ai l'honneur de vous annoncer que le prix du cacao bord champ pour la campagne 2015-2016 est fixé à 1000 CFA. Un record jamais atteint et égalé", a lancé le Président, félicitant et remerciant l'apport des producteurs dans l' économie ivoirienne, et indiquant que si la Côte d'Ivoire est la première productrice aujourd'hui avec 45% de la production mondiale, l'objectif est désormais d'atteindre 50%. Il a aussi insisté sur le fait que le gouvernement tient à ce que la Côte d'Ivoire transforme beaucoup plus de ces productions en terre ivoirienne.

Le ministre de l'Agriculture, Mamadou Coulibaly Sangafowa, a rappelé que depuis la réforme dans cette filière en 2012, le prix du cacao est passé successivement de 500 CFA à 725 CFA, 750 CFA et 850 CFA. "Augmentant ainsi le revenu des paysans qui est passé de 1000 milliards à 1600 milliards CFA, soit une hausse de 50%", a-t-il déclaré. 

A cette cérémonie, plusieurs coopératives et producteurs ont été distingués et ont reçu des enveloppes allant de 3 à 5 millions CFA, des véhicules de 5 tonnes et bien d'autres lots. Le producteur Germain Kadio Morokou d'Abengourou a été distingué meilleur producteur avec le prix Alassane Ouattara et le doyen Bléoué Aka élevé au rang des pionniers de cette filière.

Quant aux planteurs, ils ont décerné au Président Alassane Ouattara un trophée en reconnaissance de ses efforts pour la satisfaction des producteurs du Cacao.

21 jours pour convaincre! 

Cette fois-ci, c'est vraiment parti et bien parti: en effet, suite au putsch de mi-septembre, les élections couplées présidentielle/législatives, initialement prévues pour le 11 octobre, ont dû être reportées au 29 novembre, et à l'heure actuelle, les chevaux sont lâchés! 

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3 semaines de campagne pour la présidentielle à partir de samedi 7 novembre à minuit, en attendant celle des législatives, qui durera 2 semaines pour compter de la semaine prochaine. Ces élections sont, il faut le souligner, historiques, et cela pour au moins 3 raisons: 

primo, ce sont les premières après l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a balayé le régime Compaoré; 

♦ secundo, nous assisterons à la présidentielle la plus ouverte et, cerise sur le gâteau, il n'est pas question de prime au sortant; 

♦ tertio, elles interviennent dans des circonstances sécuritaires particulières marquées par la dissolution du RSP dont certains éléments sont encore dans la nature, l'attaque de Samarogouan et l'affectation de 25.000 éléments de la sécurité à la protection des votes; même que chaque candidat sera flanqué de 3 anges gardiens qui pourraient passer à 6 à sa demande à condition qu'il prenne en charge les 3 de plus. 

Est-ce ce contexte sécuritaire exceptionnel qui nous a valu 2 messages alors qu'habituellement celui du président de la CENI est suffisant? 

La répétition étant pédagogique, Me Barthélémy Kéré a réitéré son appel «à la raison et à la responsabilité de tous les acteurs pour que la campagne qui s'ouvre ne constitue pas un moment de spectacles désobligeants, une tribune de pugilats verbaux, encore moins un espace de prolifération de la violence sous toutes ses formes», tout comme «à la conscience professionnelle et à la responsabilité sociale des médias... »

Comme s'ils s'étaient passé le mot, c'est pratiquement le même appel qu'a lancé M'Ba Michel. On espère qu'il n'y aura pas de pêcheur en eau trouble, car les élections sont comme un jeu, et quel qu'en soit le ou les vainqueurs, c'est d'abord tout le Burkina qui gagne.

Comme a dit le président de la Transition, «restons tout de même vigilants et toujours confiants en la divine providence» pour que tout aille bien.

Campagne au T-shirt?  

Cette fois-ci, c'est vraiment parti et bien parti: en effet, suite au putsch de mi-septembre, les élections couplées présidentielle/législatives, initialement prévues pour le 11 octobre, ont dû être reportées au 29 novembre, et à l'heure actuelle, les chevaux sont lâchés! 

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Le slogan avait fait florès, devenant le mot d'ordre de tout le monde et de personne. Mais depuis un certain temps, j'ai comme l'impression que son usage est plus circonspect, et c'est tant mieux! Je me goure peut-être, mais je ne le rencontre plus comme un fil rouge dans tous les messages postés à longueur de journée sur les réseaux sociaux, ni comme refrain implacable dans les conversations passionnées et souvent bruyantes de ceux qui pensent qu'il faut... «aller seulement».

Des photos de T-shirts frappés du célèbre slogan avaient même été publiées sur le Net, appelant à «aller seulement» aux urnes... Au moment où démarre enfin la campagne officielle pour ces élections couplées (présidentielle et législatives), il faut espérer que partis politiques, regroupements de partis et candidats nous proposent, dans leur chasse aux voix, autre chose que du «allons seulement». Car en effet, peut-on «aller seulement», c'est-à-dire aller sans se préoccuper en amont de ce qui est fait pour qu'on y aille avec sérénité, et en aval de ce qu'il adviendra de nos voix, de notre processus, de nos élections, de nos...? «Allons seulement», cela peut sonner comme une invite à foncer tête baissée dans un mur à peine construit ou toujours en construction, donc chancelant d'inquiétudes et d'incertitudes. Ou encore, plus simplement, comme l'écho d'une voix qui proclame son «moi».

D'autant que pour Molare, «roi du coupé-décalé» devant l'Eternel et dépositaire de cette emphase, objet d'un titre et d'une vidéo sortis au début de cette année, ce célèbre «Allons seulement», devenu célébrissime sous nos cieux, ne vise rien d'autre qu'à faire son propre «atalakou».

«Je suis le roi du coupé-décalé», proclame-t-il, avant d'indiquer pince-sans-rire: «Les chiens me reconnaissent, les moutons même on ne parle pas!»

Bon, c'est son droit le plus strict. D'ailleurs, rappelle cet artiste dans son «Molarement» déchaînant, «tu as le droit de me jalouser, (moi) je ne fais que rigoler»...

Les jours prochains, qui nous amènent allègrement vers le choix du nouveau président du Faso et des députés qui animeront la vie législative du Burkina Faso nous commandent désormais de travailler, davantage que par le passé, à la construction de la paix, de la tolérance et du développement.

Sortir de la transition par le haut, après avoir réussi une révolution populaire enviée par tous et déjoué un putsch militaire décrié par le plus grand nombre, tel est à présent le défi démocratique du peuple burkinabè.

Et pour y arriver, il faudra faire mieux qu'«aller seulement». Et si, dans un esprit de vraie conquête démocratique, on y allait résolument, fermement, avec clairvoyance et vigilance? 

Smt

Des antipodes démocratiques? 

Un dimanche électoral sur le continent. C'est ainsi que l'on pourra qualifier la journée du 25 octobre 2015 dans 3 pays africains.

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Les Ivoiriens ont été appelés à choisir leur président pour les 5 prochaines années, au cours d'un scrutin dont le réel enjeu semble être le taux de participation. En effet, sauf cataclysme, le président sortant, Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession, peut être sûr de l'emporter face à 6 adversaires, pour la plupart, des poids mouches. Celui qui aurait pu honorer le titre de challenger, Pascal Affi N'Guessan du Front Populaire Ivoirien (FPI), est fragilisé par la division au sein de son parti. Le candidat Ouattara, qui peine à cacher sa sérénité, pense déjà à son second et dernier mandat constitutionnel. Evoquant son projet d'une nouvelle loi fondamentale ivoirienne afin, dit-il, «d'y enlever tous les germes potentiellement conflictuels ...», il a promis que la clause sur le quinquennat renouvelable une fois ne sera pas modifiée.

Au Congo, Denis Sassou Nguesso, lui non plus, n'a pas vraiment à s'apeurer quant aux résultats du référendum. Il obtiendra le feu "vert", l'expression du oui, pour tailler la constitution congolaise à sa mesure. Ainsi, celui-là même qui cumule plus de 30 ans (1979-1992) et (1997-2015) de pouvoir, pourra dynamiter les deux verrous qui l'empêchent actuellement de briguer d'autres mandats : la limite d'âge et celle du nombre des mandats présidentiels. Et cela, en dépit d'une farouche opposition dans les rues d'une bonne partie de ses compatriotes à son projet de tripatouillage constitutionnel. A ce stade, on imagine très mal comment ce fou du pouvoir pourrait se laisser surprendre par des bulletins rouges, synonymes du «non» dans les urnes. N'oublions pas que ses doigts, par le truchement de ses forces de défense et de sécurité, n'ont pas été tendres sur la gâchette quand il s'est agi de réprimer les opposants au pouvoir forever. Quatre personnes selon les autorités de Brazzaville, cinq fois plus, estiment les manifestants, sont tombées et de nombreuses autres ont été blessées. Pour sûr, cette guerre des chiffres ne peut pervertir la réalité. C'est avec du sang de ceux qu'il est censé servir que Sassou Nguesso compte se dérouler à nouveau le tapis rouge vers le «Palais du peuple», la présidence congolaise. Toute personne dotée d'un minimum de lucidité et de décence, reste subjuguée devant cet entêtement. Que peut convoiter encore ce septuagénaire qui a passé près de la moitié de sa vie à jouir des délices du pouvoir en Afrique : honneurs, privilèges, argent, etc.? Ou se croirait-il investi d'une mission messianique pour le Congo? 

Le fait de devoir continuer à subir sur le continent les errements de chefs d'Etat qui s'estiment irremplaçables, assombrit dangereusement l'avenir de l'alternance, l'une des conditions d'une démocratie véritable. Toutefois, l'espoir n'est pas enterré. 

Les Burkinabè, à travers la rue, ont réussi l'exploit, par deux fois, en l'espace d'une année, à dire non franchement et fermement à des pratiques anti-démocratiques.

Enregistre...ment ou ment pas? 

Un document sonore fait couler beaucoup de salive d'Abidjan à Ouagadougou. Il s'agit d'un enregistrement de conversation téléphonique qui daterait du putsch de septembre dernier au Burkina Faso dans lequel on entend deux hommes discuter de la façon d'empêcher l'échec du putsch de Gilbert Diendéré. 

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Le document audio n'est pas authentifié et ne le sera sans doute jamais. On y entend deux hommes évoquer longuement et en détail les moyens d'éviter l'échec du putsch de Gilbert Diendéré au Burkina Faso, au moment crucial où ce coup d'Etat est dans l'impasse. L'un d'eux propose d'organiser des opérations de déstabilisation armées et d'offrir pour cela au second d'importants moyens financiers. Ceux qui révèlent ce document affirment que c'est une conversation entre Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne et Djibril Bassolé, qui est en prison à Ouagadougou accusé de haute trahison.

«Un montage grossier»

Les voix des deux hommes sont-elles celles du Burkinabè Djibril Bassolé et de l'Ivoirien Guillaume Soro? Non, rétorque le porte-parole de Guillaume Soro qui évoque un montage grossier fait à l'aide d'un imitateur. Le président de l'Assemblée nationale ivoirienne a, dit-il, fait mener une expertise indépendante de l'enregistrement pour le prouver.

«C'est un montage, un montage grossier, assure Moussa Touré. Nous avons pris la peine de faire expertiser cet enregistrement par un expert indépendant. Ce rapport explique clairement qu'il y a des distorsions, des altérations, des rajouts de voix qui font que ce document est à 99% un document totalement falsifié. Et pire encore, à partir même souvent d'imitations de la voix de Guillaume Soro», souligne le porte-parole.

Ce document sonore diffusé sur le site d'un journaliste ivoirien qui fut longtemps un partisan de Laurent Gbagbo circulait aussi depuis quelque temps à Ouagadougou, apprend-on de source journalistique. Dans la capitale burkinabè, aucune autorité officielle ne souhaite commenter cet enregistrement. 

(Vidéo dudit enregistrement):  

https://www.facebook.com/matt.tiger.31/videos/10201315247999161/

Réponse humiliante du peuple congolais à François Hollande? 

Contre vents et marées, Denis Sassou Nguesso aura réussi à organiser son référendum. En effet, le président congolais n'a pas tenu compte de l'avis des partenaires techniques et financiers de son pays qui estimaient que les conditions d'un scrutin fiable n'étaient pas réunies. 

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Il n'a pas non plus prêté la moindre attention aux récriminations de l'opposition qui est vent debout contre le tripatouillage de la Constitution. Le scrutin qui lui permet de tailler la Constitution à sa mesure pour se donner la possibilité de briguer le mandat de trop à la tête du pays, a donc eu lieu le dimanche 25 octobre. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ce vote n'a pas connu un engouement populaire. Les populations ne se sont pas bousculées devant les bureaux de vote. C'est peut-être un signe de lassitude du peuple vis-à-vis de la classe politique en général. Mais, c'est d'abord et surtout, un désaveu cinglant pour le roi Sassou.

L'opposition peut se réjouir du fait que son appel au boycott a été entendu. Désaveu parce qu'on sait qu'il a fait de cette consultation électorale, une affaire de personne et de survie politique et qu'il a dû mettre les petits plats dans les grands pour la réussir. Le pouvoir congolais n'a pas lésiné sur les moyens pour convaincre du bien-fondé de son funeste projet et à mobiliser le «bétail électoral». Mais, au regard du peu d'affluence, du fait que des bureaux de vote en ont été réduits à fermer avant l'heure prévue en raison d'une absence d'électeurs, on peut affirmer sans se tromper que Sassou et ses courtisans ont échoué. L'opposition peut également se réjouir du fait que son appel au boycott a été entendu. Ce manque d'engouement des populations vis-à-vis du référendum de Sassou, est révélateur du rejet de son projet de pouvoir à vie. C'est certainement le scrutin le plus minable que Sassou Nguesso, du haut de sa trentaine d'années de dictature, ait organisé. Si seulement, le ridicule tuait! En tout cas, s'il reste un minimum de conscience aux bonzes du parti au pouvoir au Congo, ils devraient être aujourd'hui dans leurs petits souliers.

Et le président Hollande qui s'est fait l'avocat d'un tripatouilleur de Constitution, ne devrait pas non plus avoir de quoi être fier. Car, le peuple congolais, par son refus de se mobiliser massivement dans les bureaux de vote, envoie un signal fort au président français. En refusant de prendre d'assaut les bureaux de vote, le peuple aura montré à Hollande qu'il sait où se trouve ses intérêts et qu'il n'a pas de leçon à recevoir de ceux qui louvoient et pactisent avec les dictateurs du continent au gré de leurs intérêts et au mépris des règles élémentaires de la démocratie, dont le principe de l'alternance au pouvoir. Le peuple congolais aura ainsi donné une réponse humiliante au président français. Comme pour lui dire de revoir sa compréhension de la liberté du peuple. Le peuple congolais aura rappelé au locataire de l'Elysée qu'il est de son devoir de défendre la démocratie, les populations faibles contre la férule des dirigeants oppresseurs et que, au total, le Congo ne saurait s'accommoder d'une démocratie au rabais. Il est certain que le roi Sassou a vécu le peu d'enthousiasme des électeurs comme un crime de lèse-majesté. Pour prendre la juste mesure de la leçon politique à lui administrée par le peuple congolais, le président français serait bien inspiré de ramener la question à l'échelle de son propre pays. Quelles auraient pu être les conséquences d'un tel manque d'engouement électoral lors d'un référendum en France? Ses organisateurs et leurs partisans auraient vécu cela comme une véritable fessée. Ils auraient certainement eu le moral dans les chaussettes. A François Hollande donc de retenir la leçon et de se ressaisir. Il ne devrait y avoir aucune compromission possible avec un dictateur.

Ce, d'autant plus que par ces temps qui courent, à l'exemple du peuple burkinabè, les peuples veillent au grain. Et c'est pourquoi le satrape de Brazzaville aurait tort de se réjouir très tôt. Certes, il ne manquera pas de sortir des chiffres à son avantage concernant ce référendum. Du reste, il n'a que faire d'une élection transparente. Comme le dit en substance une sagesse de chez nous, «celui qui croque une tête ne s'embarrasse pas du sort des yeux». Le président qui est prêt à tout pour rester au pouvoir, n'a que faire des bouderies de son peuple. Denis Sassou Nguesso, en bon dictateur, n'écoutera que ses courtisans ; ceux qui ne lui disent que ce qu'il veut entendre. Il faudra même craindre des représailles contre ses opposants à l'issue de sa très probable «victoire». Car il est certain que le roi Sassou a vécu ce peu d'enthousiasme comme un affront, un crime de lèse-majesté. Il pourrait, de ce fait, sévir contre ceux qui ont osé critiquer son rêve de pouvoir à vie. Mais, faut-il le rappeler, le dernier mot revient au peuple congolais. Il lui appartient de maintenir la pression.

Son refus d'être complice de cette consultation électorale indigne du 21e siècle, sera la preuve de sa maturité. Il faudra maintenant faire en sorte que Sassou comprenne, une fois pour toute, que la démocratie doit prendre le pas sur sa dictature. Le fait que ce soit seulement une portion congrue de personnes, tant au plan national qu'à l'échelle internationale, qui approuvent ce référendum, est un bon signe. Tout laisse espérer qu'on se dirige lentement, mais sûrement, vers la fin des pouvoirs à vie en Afrique. Et avec un peu de persévérance des peuples, l'Afrique centrale, tout comme tant d'autres parties du continent africain, ne sera plus longtemps cette terre de prédilection des dictateurs. On peut en effet estimer, avec le réveil des peuples et la formation citoyenne d'une opinion publique africaine de plus en plus opposée aux potentats, que c'est le crépuscule des règnes à vie qui s'annonce. Ces dirigeants qui ne pensent qu'à eux-mêmes, à leurs proches et à leurs privilèges d'une ampleur à donner le vertige, ne pourront pas freiner la roue de l'histoire dans son implacable mouvement vers la liberté des peuples.

Banny se... bannit!

Le candidat indépendant à l'élection présidentielle ivoirienne, l'ancien Premier ministre, Charles Konan Banny, a annoncé, le vendredi 23 octobre 2015, le retrait de sa candidature, au motif que le processus électoral est «inique».

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Après les deux candidats démissionnaires de l'élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre prochain, Amara Essy et Mamadou Coulibaly, c'est au tour de l'ancien Premier ministre, Charles Konan Banny de jeter l'éponge. A quelques heures de la fermeture de la campagne présidentielle, vendredi 23 octobre, le candidat indépendant, issu du PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire), a publié une déclaration, relayée par la presse ivoirienne, pour annoncer la nouvelle.

«Après avoir mené jusqu'au bout le combat pour amener nos responsables à épargner à la Côte d'Ivoire de nouvelles souffrances et de nouvelles frustrations, j'ai donc décidé de me retirer du processus inique imposé aux Ivoiriens.Je reste cependant disponible pour le peuple de Côte d'Ivoire et pour les militants du PDCI-RDA. Le moment venu, je retrouverai le peuple ivoirien pour bâtir avec lui, dans la paix et la concorde, une Côte d'Ivoire unie et prospère», a-t-il soutenu pour motiver sa décision.

Pour Charles Konan Banny, le processus électoral n'est pas crédible, et cela tient au «refus» du dialogue des autorités avec l'opposition et de la non fiabilité du fichier électoral. «Dès le mois de mai, l'opposition a sollicité du chef de l'Etat un rendez-vous pour nouer le dialogue sur l'organisation des élections et toutes les questions litigieuses qui ont trait au futur scrutin présidentiel.Malheureusement, à trois jours des consultations, aucune rencontre avec lui n'a été acceptée. Et il occupe quasiment seul tout l'espace politique. Ses adversaires sont marginalisés», a regretté le désormais ex-candidat à la présidentielle 2015. Aussi a-t-il décrié le fichier électoral actuel. «La liste électorale qui a été remise aux candidats quatre semaines seulement avant l'échéance électorale contient des doublons et des erreurs qui sont des indices de manipulations significatives des fichiers électroniques», a-t-il fait observer.

 

A ce sujet, Charles Konan Banny avait, avant son retrait du scrutin, prétendu avoir découvert plus de 700 doublons sur le fichier électoral de 6 300 142 inscrits. La Commission électorale indépendante (CEI) avait démenti cette information, relevant qu'avec la biométrie, une telle irrégularité était impensable.