Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Le Nonce rénonce! 

C'était fini mais ce n'était pas encore vraiment la fin. En obligeant les rebelles de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à déposer les armes ou à prendre la poudre d'escampette au son de la canonnière, l'armée loyaliste qui avait lancé l'assaut le mardi 29 septembre 2015 sur le camp Naaba-Koom II avait théoriquement mis un terme à la crise ouverte par le coup d'Etat perpétré le jeudi 17 par le général Gilbert Diendéré. 

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En théorie seulement car deux jours après la libération de cette caserne que d'aucuns assimilent volontiers au sinistre camp Boiro de Sékou Touré, et au lendemain de la visite sur ce terrain conquis du président Michel Kafando, l'on se demandait toujours si cette page sombre de l'histoire burkinabé, qui n'aurait jamais dû être écrite en lettres de sang, était définitivement tournée. 

D'abord parce que, jusqu'à preuve du contraire apportée officiellement par le chef d'état-major général des armées, le général Pingrenoma Zagré, il n'est pas certain que tous les rebelles soient rentrés dans le rang, les fesses bien serrées. Certains sont sans doute encore dans la nature et tant qu'ils y seront, ils constitueront un danger potentiel qu'on aurait tort d'ignorer ou de négliger; surtout qu'on sait que ce sont des commandos rompus à toutes sortes de techniques.  

Mais le plus grave, c'est que le chef des putschistes lui-même, qu'on couvrait de tous les mythes et de toutes les légendes possibles, alors que la pluie d'obus et de roquettes commençaient à s'abattre sur son repaire, a honteusement fui pour se terrer, tel un rat, dans une chancellerie que les autorités se refusaient jusqu'à hier à nommer ; même si tout indiquait qu'il s'agissait de la Nonciature apostolique. C'est-à-dire, en français facile, de l'ambassade du Vatican au Burkina, au même titre que ceux des Etats-Unis, de la France ou de la Côte d'Ivoire. Or, qui dit représentation diplomatique dit espace d'extraterritorialité, inviolable de ce fait, et y pénétrer sans l'accord préalable des résidents reviendrait à envahir le pays qu'il représente, et donc constituerait une déclaration de guerre. D'où les tractations qui se menaient depuis entre le Saint-Siège et le gouvernement burkinabè sur le sort à réserver à ce précieux mais combien encombrant colis.

Voici donc Golf qui, après avoir commis «le putsch le plus bête du monde» (Alpha Condé dixit), avait réussi le tour de force, par on ne sait quel don d'ubiquité, d'être chez lui tout en étant à l'extérieur. Réfugié dans son propre pays. A dire vrai, sous la protection divine comme il l'était, il pouvait difficilement trouver meilleure planque, mais il aurait eu beau brûler tous les cierges du Nonce, on ne voit pas comment il aurait pu échapper à son destin qui l'attendait, implacable, hors de l'enclave diplomatique. Le fugitif a donc finalement été remis hier à 14h30 aux autorités burkinabè et les choses ne pouvaient que se passer ainsi. C'était simplement une question de temps. Car qu'il y ait ou non des accords d'extradition entre le Burkina et le Vatican, on ne voyait pas trop comment, miséricorde pour miséricorde, le nonce apostolique Monseigneur Piergiorgio Bertoldi pouvait protéger éternellement une brebis égarée et il lui aurait bien fallu un jour ou l'autre se résoudre à dire: «Voici votre homme» sans pour autant s'en laver les mains. Quitte à s'assurer, avant de le livrer, que sa sécurité sera garantie et qu'il aura droit à un procès équitable, quand bien même lui n'aurait laissé aucune chance aux douze Burkinabè que sa folie aura fauchés prématurément.

Avec désormais la tête de Diendéré dans la gibecière de Zida, on peut raisonnablement penser que c'est maintenant l'épilogue de la nouvelle fièvre militaro-politique que nous venons de traverser. Mais ceux qui rêvent de pendre à un croc de boucher l'officier à la silhouette interminable devront encore patienter un peu. Reste maintenant en effet, puisque avant le pardon de Bon Dieu il faut que la justice des hommes passe, l'organisation de son procès dont on se demande d'ores et déjà quelle juridiction aura la charge.

Un tribunal d'exception? Certainement pas, car il faudrait le créer exprès alors qu'un principe général de droit, repris par l'article 5 de la Constitution, stipule que «... nul ne peut être jugé et puni qu'en vertu d'une loi promulguée et publiée antérieurement au fait punissable... ». Eu égard à la qualité de l'intéressé et à l'enceinte militaire théâtre des opérations de ces derniers jours, il y a tout lieu de penser que c'est devant le tribunal militaire que le prévenu et ses acolytes comparaîtront. Pour ce qui est des chefs d'accusation, sans préjuger de ce que les spécialistes du droit pourront retenir, il y a de fortes chances qu'ils soient aussi nombreux que les décorations d'un général: atteinte à la sûreté de l'Etat, terrorisme, insubordination, intelligence avec l'ennemi ... on aura l'embarras du choix.

Quelle piteuse sortie pour un officier qui, vu de son background, aurait pu, nonobstant les nombreuses casseroles qu'il est réputé traîner, se recycler après la chute et l'exil de son mentor mais qui semble, hélas, frappé de la même fatalité que son maître. Comme s'ils avaient conclu un pacte de sang.

Le précieux colis récupéré, il importe cependant de manipuler avec précaution cette véritable boîte noire du défunt régime, cette mine d'infos qui pourrait faire sauter la République 1000 fois s'il décidait de ne pas plonger seul. Mais on n'en est pas encore là.

Qui est derrière Diendéré? 

La situation de mi-paix mi- guerre dans laquelle était plongé le Burkina depuis que les forces loyalistes, sur instruction de Michel Kafando, président du Faso, chef suprême des armées, ont mis un point d'honneur à faire entrer la soldatesque du RSP dans la république, avait fini par mettre les nerfs des Burkinabè à rude épreuve.

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C'était donc avec un soulagement difficilement dissimulable que ces derniers ont appris, mardi soir, que les forces régulières ont libéré à coups d'obus le camp Naaba Koom où étaient retranchés les soldats hostiles au désarmement et à la dissolution de leur unité. En attendant de connaître le bilan de l'assaut en termes de dégâts matériels et probablement en termes de pertes en vies humaines, l'on peut déjà saluer le professionnalisme avec lequel l'armée nationale a mené cet assaut réussi contre cette forteresse qui, selon l'imaginaire collectif, était inexpugnable.

Les Burkinabè peuvent être fiers de leur armée

La prise donc de ce camp qui représente un des vestiges du système Compaoré, sonne comme un pas décisif en direction de la libération du Burkina en ce sens qu'elle peut permettre d'espérer la fin de la terreur et des chantages permanents exercés sur le Burkina, ses institutions et son peuple, par le RSP. Et le prix que le peuple a payé pour arracher sa liberté que cette unité avait confisquée pendant plus de deux décennies, n'est pas négligeable. Mardi 29 septembre est désormais inscrit en lettres d'or dans l'Histoire du Burkina.

Des soldats et des civils, puisque il y avait des familles qui logeaient dans la caserne, ont pu perdre la vie pendant l'opération, vu l'intensité des bombardements. Dans l'hypothèse où cela se confirmerait, les Burkinabè, tout en ayant une pensée pieuse pour l'ensemble des victimes sans discrimination, doivent lever leurs bras vers les cieux pour rendre grâce au Grand horloger. Car les deux camps disposaient de moyens militaires suffisamment sophistiqués pour rayer Ouagadougou de la carte. Si ce scénario de l'apocalypse a été évité, le mérite en revient d'abord aux forces loyalistes dont le savoir-faire militaire a permis au Burkina de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Les Burkinabè, légitimement, peuvent être fiers de leur armée. Dans le même temps, ces derniers doivent unir leurs voix pour condamner le comportement de celui par lequel ils ont connu de longues nuits d'insomnie et d'angoisses, c'est-à-dire le général de Brigade Gilbert Diendéré.

Car celui-ci aura poussé jusqu'au bout la félonie et la lâcheté. En effet, au fil de l'évolution des choses, ses actions ont permis aux Burkinabè de découvrir que derrière son uniforme et ses Etoiles de général de Brigade, se cachait un homme froid qui n'a aucune considération ni pour sa patrie ni pour la vie humaine. Après avoir feint un repentir pour son putsch auquel certains Burkinabè ont eu la faiblesse de croire, l'homme, en toute conscience, a choisi de conduire sa troupe à l'abattoir. Et s'étant rendu compte qu'en aucun cas, les irréductibles du RSP ne pouvaient venir à bout des forces régulières, il les a livrés à leur propre sort pour trouver refuge dans une ambassade.

Diendéré ne s'est pas conduit en vrai chef militaire

Que c'est lâche mon général! L'honneur aurait commandé qu'il restât avec ses hommes, advînt que pourrait. De ce point de vue, du lieu sûr où il est, il devrait avoir sur la conscience la responsabilité de la mort des soldats qui ont cru en lui jusqu'au bout. Comparaison n'est pas raison, mais l'on se souvient que lorsque les commandos, alors commandés par le même Diendéré, avaient fait irruption au Conseil de l'Entente pour mettre fin à la Révolution, son premier responsable, le Capitaine Thomas Sankara, n'avait pas craint de dire à ses bourreaux de s'en prendre à lui et à lui seul et d'épargner ses collaborateurs.

Cela s'appelle s'assumer jusqu'au bout. De toute évidence, Diendéré ne s'est pas conduit en vrai chef militaire. Pire, il veut masquer cette lâcheté en faisant croire à l'opinion nationale et internationale qu'il avait demandé aux irréductibles de l'ex-RSP de déposer les armes et de se mettre à la disposition de l'Etat-major général des armées. Même si, par extraordinaire, cela s'avérait, la responsabilité du Général reste entière dans le dénouement violent de la crise. Car ce comportement des irréductibles illustre le fait qu'au RSP, la discipline qui est la force principale de toute armée digne de ce nom, était royalement ignorée. Seules les milices se comportent de cette manière. Pour toutes ces raisons, Diendéré est à condamner. Militairement et moralement, il aura agi en lâche. Politiquement, les Burkinabè l'auraient peut-être compris, s'il avait mis en mouvement ses codos pour déposer Blaise Compaoré au moment où celui-ci s'obstinait à confisquer le pouvoir en cherchant à s'offrir un troisième mandat.

Mais à quelque chose, malheur est bon. Le général Diendéré, par ce putsch, aura permis au peuple d'adouber son armée, aux Burkinabè de renforcer la cohésion nationale autour des valeurs de la République et à l'Afrique de percevoir les Burkinabè comme un peuple digne de respect. Et ce peuple pourrait ne pas se satisfaire de voir le Général Diendéré exfiltré comme ce fut le cas de son mentor, Blaise Compaoré, sans répondre de ses actes devant les tribunaux.

Pierre & Paul comme... Peter & Paul? 

Peter & Paul. Les deux «P» nigérians sont vrais jumeaux, musiciens*. Ceux d'Afrique de l'est, Pierre & Paul, ne sont ni frères, ni cousins, mais viennent de pays faussement jumeaux, le Burundi et le Rwanda. 

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Les deux «P» d'Afrique de l'est ont un passé politique fort. Pierre, fils d'ancien député, victime de la crise de 1972 qui a coûté la vie à des milliers de Burundais issus de l'élite hutu. Paul, tutsi rwandais, proche de la lignée royale du clan des Bega, contraint de grandir en exil en Ouganda depuis l'âge de 4 ans.

 

Ce n'est pas un hasard si tous deux sont présidents. Les faux jumeaux rêveraient de la même chose, paraît-il. L'un dit de surcroît avoir été choisi par «Dieu». Soit !

Le pouvoir

Il ne faut pas l'oublier: nos deux «P» restent de faux jumeaux. L'un, Paul, arrive au pouvoir par coup de force, en remportant la bataille sur son adversaire. Il s'installe, s'instaure, fait asseoir sa loi. Pierre, lui, fait la guerre comme son jumeau, mais regagne le bercail par le chemin de la réconciliation. Il est accueilli par son ancien ennemi. Ils s'embrassent, partagent même le pouvoir. Pour Paul, on parlera de dictature, pour Pierre, de démocratie.

Leurs visions

En économie, ils sont légèrement différents. Paul parvient à galvaniser son peuple, le ranger derrière ce qu'il appelle «vision twenty-twenty», ce que sera le Rwanda en 2020. «Twenty-twenty», c'est de l'anglais, mais le citoyen lambda qui habite les collines de Gikongoro, qui ignore tout de la langue de Shakespeare, te vend cette vision avec la plus grande fierté. Résultat: d'après la Banque mondiale, en 2013, le produit intérieur brut par habitant était de 638,27 USD au Rwanda, contre 267,11 USD au Burundi. 

Kigali serait en train de devenir la plaque tournante des grands projets de développement en Afrique de l'Est. Une épine dans le pied pour Peter, dont le peuple est parfois jaloux du prestige, de la clarté de Kigali, qui devient l'une des villes les plus chics d'Afrique.

La démocratie

Ils ont tout de même des traits de caractère communs, ces faux jumeaux. Irrités par les voix discordantes, prêts à mater toute opposition, hostiles à la liberté d'expression. Peter n'a jamais digéré une presse qui s'inscrit contre ses idées. Paul, lui, a pu tailler le paysage médiatique sur mesure.

Les deux «P» est-africains ont toujours tenu un discours musclé envers leurs opposants politiques. Pas de dialogue, pas de concession. Devant un 3ème mandat illégal, inconstitutionnel, voire fatal, ils trouvent toujours des arguments. Pour Pierre, l'illégalité n'en est pas un. Quant à Paul, il joue au chouchou du peuple, à l'irremplaçable et l'incontournable.

Finalement, nous savons que sur ce point ils sont semblables: être président à vie est une envie inconditionnelle chez eux.

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* «P-Square» est un duo nigérian de R'n'B et de hip-hop composé des frères jumeaux Peter et Paul Okoye, aussi appelés Paul & Peter.

Nairobamania! 

Durant sa visite à Nairobi, le président américain Barack Obama est allé à la rencontre de la population kényane. Il s'est retrouvé notamment devant 5 000 personnes, en majorité des jeunes, au stade couvert Safaricom Arena, en périphérie de Nairobi. 

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Le discours assez personnel d'Obama a visiblement conquis les jeunes Kenyans qui sont sortis de cette rencontre revigorés. Tout au long de son intervention dans une ambiance électrique, le président américain a fait le lien entre le chemin parcouru par le Kenya et sa propre histoire. Il a rappelé que son grand-père kenyan était un domestique pour les colons britanniques.

Barack Obama a fait part des nombreux progrès qu'il a relevés au Kenya à chacune de ses visites. Il a insisté aussi sur les méfaits du tribalisme qui a failli jeter le pays dans l'abîme en 2007 et 2008, avant d'articuler son discours autour de trois autres axes majeurs.

D'abord la jeunesse «You're in the lead», (Vous êtes en tête), a dit Obama, citant John Fitzgerald Kennedy. «Vous n'avez plus besoin d'étudier à l'étranger pour trouver une bonne éducation, comme l'a fait mon père. Tout est ici», a ajouté le président.

Au sujet des femmes il a formulé cette mise en garde: «Le Kenya ne réussira pas s'il les traite comme des citoyennes de deuxième classe; l'excision, le mariage forcé, le fait d'empêcher les filles d'aller à l'école... Ces traditions n'ont pas leur place au 21ème siècle », a déclaré Obama, qui contrairement à hier, a presque occulté la question du droit des homosexuels.

Le président américain a encouragé aussi les autorités à ne pas marginaliser des communautés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. «Elles doivent aussi lutter contre la corruption. Les Etats-Unis seront à vos côtés tout au long des étapes de votre chemin», a dit Obama, qui a aussi remercié les Kenyans. «Grâce à vous ici, je continue de me sentir chez moi».

L'Afrique se... "fripe et rit"? 

Que celui ou celle qui n'a jamais porté du «yougou-yougou» lève la main! Vous voyez bien qu'il n'y a pas de doigt en l'air. Peut-être même qu'en lisant cette chronique, vous vous êtes déjà tirés à quatre épingle en «yougou-yougou». Qu'on l'appelle «frip...», «fouks» ou ... , ça marche et ceux qui se moquaient des amateurs de ce look ont vite ravisé. De nos jours, les vestes, seconde main, s'arrachent aux feux tricolores sans trop de marchandage.

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Des pantalons «ressuscités» aux robes de nuit blanc-sale, en passant par le sillon des slips qui flippent et autres dérivés, sans perdre de vue les strings qui étranglent, nous sommes tous dans le collimateur du «fouks». Il suffit de jeter un coup d'œil furtif sur les abords de nos avenues. Vous verrez des hommes et des femmes s'échiner et se bousculer sur des monticules de «lambeaux de luxe» en vrac. On fouille, on farfouille dans la «ratatouille», on cherche tout et rien, on essaie à la sauvette le haut sauté ou la chemise froissée, on regarde son calibre et on ajuste le soutien-gorge, on enfile parfois en catimini des pantacourts tout en mimant quelques déhanchées sur le «tas d'immondices». Ça passe ou ça casse!

Parfois de grandes dames en grosses cylindrées serrent au pied de la «décharge» pour se ravitailler et «faroter» à tout vent. Le «yougou-yougou» nous rend d'énormes services et c'est accessible à toutes les bourses avec des prix allant de 100F à plus. Ne demandez surtout pas d'où ça vient et à qui ça appartenait.

Pourtant, nous devons justement faire preuve de vigilance dans le choix de ces habits de seconde main importés de partout. Il faut au moins bien les laver avant de les porter et s'il le faut les bouillir en cas de doute. Cela nous épargnera beaucoup de désagrément dans leur usage. Mais combien sont-ils à les acheter et à les balancer aussitôt au cou? Combien les portent sans daigner les laver? Il y en a qui vont jusqu'à dénicher et acheter des sous-vêtements, des serviettes et même des mouchoirs dans ce réservoir de bazar. Ce qui intrigue de plus en plus, c'est cette avalanche d'ustensiles «inutiles» de toutes sortes: casseroles, gobelets, verres, couteaux, cuillers et fourchettes, même des biberons!

Bref, puisque les clients de ces articles ont de l'appétit en mangeant dans ces «poubelles», alors silence! Mais on ne peut pas se taire sur tous ces cas de santé publique qui menacent la population. Quel est l'état de qualité sanitaire de tels ustensiles? Quelles est la garantie de cette qualité? Qui mangeait dans ces «boîtes» parfois souillées par la rouille et ce qu'on ne sait pas? Pourquoi c'est à nous qu'on donne ces camelotes? Comment peut-on manger et lécher une cuiller de seconde main sans se soucier du lendemain? Comment peut-on boire et roter en l'air avec un verre dont on ignore tout sur le premier propriétaire? Pour être franc, il faut avoir du cran!

De plus en plus on ne peut même plus reconnaître le vrai et le faux et ces questions n'intéressent presque personne. Même l'autorité joue la surdité face à la nouvelle calamité. Mais nous en parlons parce que nous avons des appréhensions.

Nous en parlons parce qu'on ne sait jamais ce qui peut découler de l'usage «sauvage» et naïf de ces habits, ustensiles et autres cosmétiques. Faisons attention à ce que nous consommons parfois à vil prix.

La pauvreté n'est pas que matérielle, elle est souvent mentale et même l'argent ne peut lutter contre une telle pauvreté. Voilà pourquoi, nous sommes le dépotoir de l'Occident. Souvent, ce sont les plus illuminés qui sacrifient la vie de leurs citoyens pour des broutilles. Voilà pourquoi en 2006, les 581 tonnes de déchets toxiques du Probo Koala ont été déversés à Abidjan.

Combien sont prêts aujourd'hui à déverser la même «merde» à Tampouy, à Tanghin ou à Boulmiougou et empocher la cagnote de la mort? Ils savent que nous sommes pauvres dans la tête, c'est pourquoi ils déversent tout chez nous en se bouchant le nez et en riant sous cape. C'est ça notre handicap et avec ça nous voulons franchir le cap ! Pendant ce temps notre production locale et naturelle est foulée au pied. Et ils parlent tous de «Consommons africain». De quels Africain parlez-vous? Le convaincu ou le vaincu?

Le discours du Président Alassane Ouattara! 
 
Honorables, Distinguées personnalités ;
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ; Messieurs les Consuls Honoraires de la Côte d’Ivoire ; Chers Compatriotes ;
Chers amis de la Côte d’Ivoire ;
 Mesdames et Messieurs ;
 Buongiorno ; buongiorno à chacun et à chacune de vous.

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Nous sommes très heureux, Madame Dominique OUATTARA et moi- même, d’être ici à Milan ; d’être accueillis au Pavillon de la Côte d’Ivoire. Ce pavillon, avec les nombreuses personnalités et les compatriotes qui sont là et qui représentent notre beau pays. Ce qui m’amène à dire qu’aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est à Milan.
Je voudrais remercier Mme Diana BRACCO, Présidente du Pavillon d’Italie et surtout dire à Mme Paolo DI MICHELI, Sous- Secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances ainsi qu’à M. Bruno PASCHINO, Commissaire Général de l’Expo Milan 2015, que nous sommes très honorés par votre invitation.
Merci beaucoup.
La Côte d’Ivoire tenait à être présente ici, aujourd’hui, à Milan ; car c’est la journée de la Côte d’Ivoire ; et bien évidemment, dans quelques instants, nous aurons l’agréable occasion de visiter l’ensemble du Pavillon.
Je voudrais donc, au nom du Gouvernement dont plusieurs Ministres sont présents ici (M. Charles Diby KOFFI, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères ; M. Jean- Louis BILLON, Ministre du Commerce ; M. COULIBALY Sangafowa, Ministre de l’Agriculture ; M. Kouassi ADJOUMANI, Ministre des Ressources Animales et Halieutiques ; M. Roger KACOU, Ministre du Tourisme; Mon Doyen, frère et ami, le Président du Conseil Café- Cacao, Lambert Kouassi KONAN ; je n’ai pas besoin de vous présenter Mme l’Ambassadeur ; je vous réserve le meilleur pour la fin, Mme la Première Dame, Dominique OUATTARA), dire que nous sommes très heureux d’être là.
En réalité, c’est la deuxième fois de son histoire que l’Italie abrite cet évènement majeur depuis 1906.
Je voudrais féliciter tous les professionnels et les techniciens qui n’ont ménagé aucun effort pour concevoir, aménager et faire de ce pavillon un lieu « particulier » ; un lieu qui permet d’offrir aux visiteurs de l’Expo Milan, le meilleur de la terre ivoirienne.
Madame la Sous-Secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances, Monsieur le Commissaire Général de l’Expo Milan 2015, Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,
La présence de la Côte d’Ivoire, à Expo Milan 2015 est le témoignage des liens d’amitié entre la Côte d’Ivoire et l’Italie, deux pays qui ont décidé de rechercher dans la solidarité et la confiance mutuelle, les solutions aux défis qui interpellent l’humanité, notamment la disponibilité de ressources alimentaires, saines et abondantes pour tous, à l’horizon 2050. Voyez, Mme la Sous- Secrétaire d’Etat, c’est exactement ce que vous avez dit. C’est comme si j’avais vu votre discours à l’avance. Donc nous sommes totalement en parfaite harmonie.
Notre présence ici, s’inscrit également dans la droite ligne des préoccupations majeures de la Côte d’Ivoire, qui, depuis la Conférence de Rio de Janeiro sur l’Environnement et le Développement Durable de 1992, entend soutenir les initiatives d’ordre privé ou institutionnel, qui portent sur l’environnement et le développement durable.
Le thème de la présente édition de l’exposition universelle « Nourrir la Planète, Energie pour la Vie », est d’une importance capitale pour l’humanité, tant la faim et la malnutrition sévissent encore, hélas, dans de nombreuses régions du monde et particulièrement en Afrique.
Nous avons grand espoir que cette exposition mettra en évidence des solutions et des bonnes pratiques, adaptées aux réalités de nos pays et contribuera de manière significative à la réduction de la malnutrition et à la promotion du développement durable.
A cet effet, je voudrais saisir cette opportunité pour adresser mes vives félicitations à l’Expo Milan 2015, pour l’initiative prise de récompenser solennellement les lauréats des concours organisés à travers le monde, sur les bonnes pratiques et les projets mis en œuvre.
Cette initiative permettra de lutter efficacement contre la famine et la pauvreté, tout en prenant en compte les besoins des générations futures.
En Côte d’Ivoire, l’innovation paysanne se base essentiellement sur la recherche scientifique et la promotion des bonnes pratiques dans l’agriculture et la gestion durable des ressources naturelles. En résonnance au thème de l’Expo-Milan 2015 «Nourrir la Planète, Energie pour la Vie », nous sommes fiers de la contribution de notre pays pour nourrir le monde.
En effet, tout à l’heure, je voyais les jeunes Ivoiriens avec des paniers qui contiennent les principaux produits agricoles de la Côte d’Ivoire. Nous sommes le premier producteur mondial de cacao ; et maintenant, nous sommes le premier producteur mondial de noix de cola (alors chaque fois que vous allez boire du coca cola ou du pepsi cola, dites- vous que vous buvez une moitié de la Côte d’Ivoire) ; nous sommes également premier producteur d’anacarde (je sais qu’en Italie, on aime beaucoup les noix de cajou, donc chaque fois que vous mangez des noix de cajou, pensez à la Côte d’Ivoire); Nous sommes également le premier producteur africain de palmier à huile, de banane et d’ananas. D’ailleurs, tout à l’heure, les jeunes filles avaient dans leur panier des bananes et des ananas ainsi que des cabosses de cacao. Je les félicite d’exposer ainsi les produits phares de la Côte d’Ivoire.
Notre ambition est de contribuer encore plus par d’importantes réformes pour favoriser et encourager les investissements y compris les investissements privés dans l’Agriculture.
Pour ce faire, nous concentrons nos efforts sur les filières du Café, du Cacao, du Coton, de l’Anacarde, des Fruits et Légumes et des autres Cultures vivrières. Tous ces investissements sont articulés dans le Programme National d’Investissement Agricole (PNIA, dont le Responsable, le Ministre de l’Agriculture, COULIBALY Sangafowa est ici présent). Ce programme couvre un montant global d’environ 3 milliards d’euros pour la période 2012- 2015 (ce qui est un chiffre impressionnant, plus de 2000 milliards de Francs CFA).
Depuis la mise œuvre de ce programme, nous avons réussi à augmenter de façon significative la production des cultures agricoles. En 2011, avant le PNIA, le cumul des productions vivrières était d’environ 12 millions de tonnes. En 2014, avec la mise en œuvre du PNIA, le cumul des productions vivrières est passé maintenant à 16 millions de tonnes, soit une augmentation d’un tiers en quatre ans.
En ce qui concerne le riz, qui constitue une denrée alimentaire consommée partout en Côte d’Ivoire, la production de riz blanchi a fait un bond spectaculaire de 793 000 tonnes, passant de 550 000 tonnes en 2011 à 1 343 000 tonnes en 2014 du fait des projets exécutés dans le cadre du PNIA. Cela veut dire que nous avons quasiment triplé la production de riz. Et nous espérons que dès l’année prochaine, nous serons autosuffisants en riz.
Pour les cultures pérennes, en 2011, le cumul des productions était de 4 631 004 tonnes. En 2014, le cumul des productions de rente est passé à plus de 5 557 625 tonnes, soit une augmentation de 20% grâce toujours au PNIA.
C’est vous dire que pendant cette période toutes les productions ont augmenté. C’est donc la grande contribution de la Côte d’Ivoire à la manière de nourrir la planète.
J’ai souvent séjourné ici à Milan, et je sais que nos frères et sœurs Italiens adorent le Chocolat. Alors, il faudrait qu’ils sachent que la Côte d’Ivoire à elle seule produit 40% du cacao mondial. Donc chaque fois que vous allez prendre une barre de chocolat, dites- vous que 40% de chocolat proviennent de la Côte d’Ivoire. Et la production a augmenté de manière considérable. Elle atteint aujourd’hui 1700000 tonnes.
Donc, nous voulions, en venant ici, partager notre expérience et notre savoir-faire mais aussi marquer notre volonté de créer des opportunités pour notre commerce extérieur avec l’Italie.
Nous voulons donner un nouvel élan aux débats et aux échanges en encourageant les progrès scientifiques et technologiques pour améliorer l’utilisation des terres, tout en maintenant un équilibre entre les différents écosystèmes et la gestion judicieuse des ressources naturelles.
Savez- vous que l’Italie a 60 millions d’habitants pour un peu plus de 300000 km2 ? Alors que la Côte d’Ivoire qui n’a que 24 millions d’habitants, a 342000 km2. C’est dire que nous avons une marge de progression formidable pour que la Côte d’Ivoire puisse continuer d’augmenter sa population et sa production. Ceci est très important. Je le disais d’ailleurs partout où je suis allé, aux jeunes Ivoiriens qui sont dans les différents pays y compris l’Italie, de retourner en Côte d’Ivoire parce que nous avons du travail pour tous les Ivoiriens. Nous ne voulons pas ressembler aux pays où les enfants, les jeunes, vont se jeter à la méditerranée pour pouvoir venir dans d’autres pays. Nous avons tout en Côte d’Ivoire. Nous voulons vous encourager. Nous avons créé plus de 1.300.000 emplois depuis que je suis aux affaires et nous continuons d’augmenter le nombre d’emplois pour les jeunes. J’ai même créé récemment un ministère chargé de la Promotion des jeunes et de l’Emploi pour la jeunesse.
Donc, je suis venu vous dire que notre fierté nationale nous demande de ne pas nous associer aux pays qui sont en guerre, aux pays qui ont la famine, qui ont la pauvreté. La Côte d’Ivoire doit être un modèle de développement réussi. Tous les Ivoiriens sont en Côte d’Ivoire. Et bien entendu, nous accueillons tous ceux qui veulent venir vivre avec nous.
Je voudrais cependant réitérer notre reconnaissance au peuple italien. Nous suivons l’actualité et nous connaissons l’esprit d’hospitalité du peuple italien.
Madame la Sous- Secrétaire d’Etat, je vous prie de transmettre au Premier Ministre, au Président et à tout le peuple italien, toute la reconnaissance que nous avons pour les décisions courageuses que vous prenez par rapport au reste de l’humanité. Ce n’est pas facile de voir tant de migrants, venant donc se jeter à vos côtes par le trafic d’un certain nombre de personnes qui ne méritent pas d’être appelées des êtres humains. Donc, nous vous encourageons et nous vous félicitons.
Mais nous demandons également aux pays concernés, aux pays africains, aux pays qui sont à l’origine de cette migration, de faire des efforts pour avoir la paix dans leur pays. Notre premier Président, le Président Félix HOUPHOUET – BOIGNY disait toujours, et c’est notre philosophie, que la paix est la prunelle de ses yeux. Parce que quand on a la paix, on n’a pas besoin de fuir son pays. Quand on s’occupe de son peuple, quand on nourrit son peuple, quand on lui donne de l’eau potable, de l’électricité, des centres de santé, des écoles, comme nous sommes en train de le faire, les populations ne quittent pas leur pays pour aller se jeter dans la méditerranée.
Chers Ivoiriens, comme notre hymne national le dit, je sais que c’est notre préoccupation à tous et l’histoire de notre pays l’a démontré. Nous avons traversé une crise difficile qui a amené certains Ivoiriens à fuir la Côte d’Ivoire. Mais aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est en paix. La sécurité est revenue. Vous savez que la croissance de la Côte d’Ivoire est parmi les meilleures au monde. Nous sommes parmi les dix premiers pays qui ont la plus forte croissance dans le monde avec un taux moyen de croissance de 9% par an. Depuis 2012, nous sommes parmi les premiers pays en matière de bonne gouvernance.
J’aimerais que vous sachiez également que dans les indicateurs fournis par la Banque Mondiale dans le doing business, nous sommes parmi les dix premiers grands réformateurs d’économie dans le monde. C’est dire que la Côte d’Ivoire est sur le bon chemin. Et cela grâce au travail des Ivoiriens, du Gouvernement et des Institutions. C’est pour cela que j’invite, Madame la Sous- Secrétaire d’Etat, les entreprises italiennes, dont le savoir-faire est reconnu, à saisir les importantes opportunités d’affaires qu’offre la Côte d’Ivoire et à contribuer ainsi à son développement.
Je voudrais, pour terminer, exprimer à nouveau au Gouvernement italien, Organisateur et Hôte de cette importante manifestation thématique et institutionnelle, notre profonde gratitude pour l’appui inestimable apporté pour rendre possible la participation de mon pays à ce grand concert des nations.
Milan est un choix important pour nous tous. C’est une ville de renommée mondiale par son hospitalité, sa culture et sa beauté.
Donc, je finirai en disant : Vive Milan ;
Vive l’Italie ;
Vive la Côte d’Ivoire !
Je vous remercie.

Chaque livre... livre sa vérité! 

Un universitaire gabonais, par ailleurs conseiller spécial du président Ali Bongo Ondimba, vient de publier un livre intitulé Un silure dans la nasse : approximations, manipulations et posture coloniale dans les Nouvelles affaires africaines de Pierre Péan. 

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Ce livre, paru en France aux éditions du Silence, est une réponse au livre du journaliste écrivain français Pierre Péan, Les Nouvelles affaires africaines. Patrick Mouguiama Daouda ouvre son livre de 200 pages par un portrait amer de Pierre Péan: «C'est un silure. Il n'appartient ni à la catégorie des journalistes, ni à la catégorie des scientifiques, ni à la catégorie des écrivains. C'est pour se faufiler entre les eaux, mais nous l'avons attrapé avec une bonne ligne de fond». 

L'universitaire gabonais s'attaque ensuite au dossier des origines d'Ali Bongo. Pierre Péan, dans Nouvelles affaires africaines affirme que l'actuel président gabonais n'est pas le fils biologique d'Omar Bongo, et serait plutôt originaire du Biafra au Nigeria. L'écrivain gabonais consacre neuf pages de son livre pour démentir ces affirmations.

«Quelle est la seule preuve que Pierre Péan apporte pour dire qu'Ali Bongo n'est pas Gabonais ? Il cite une certaine Thérèse qui dit avoir travaillé à l'hôpital de Brazzaville. Il cite Ibrahim Babangida [à la tête de la junte qui dirigea le Nigeria de 1985 à 1993] qui est mort. Il cite Sani Abacha [à la tête du Nigeria de 1993 à 1998] qui est mort ! Vous pensez que c'est de la science ça?»

Patrick Mouguiama Daouda utilise le même style pour démontrer qu'Ali Bongo n'a pas volé sa victoire lors de l'élection présidentielle de 2009. Pierre Péan soutient plutôt qu'Ali Bongo était arrivé 2ème ou 3ème lors de ce scrutin.

Le conseiller spécial d'Ali Bongo réfute point par point les affirmations de Français. Il dit s'appuyer sur une démarche purement scientifique et non politicienne.