Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Macky envoie les jambaars au front! 

2100 militaires sénégalais seront envoyés en Arabie Saoudite. L'annonce du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, Mankeur Ndiaye, à la représentation parlementaire de la décision du président de la République, Macky Sall, de déployer un contingent militaire dans le royaume saoudien, a naturellement déclenché des réactions. En voici quelques-une.  

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Aida Mbodj

(Députée du Parti Socialiste)

C'est un envoi inopportun. Nous ne sommes pas d'accord et nous ne le serons jamais. C'est une décision qu'il ne fallait pas prendre. Parce que c'est exposer nos troupes. C'est une guerre. Le gouvernement devait venir à l'Assemblée nationale faire une déclaration de guerre. Je suis sûre que même les militaires ne sont pas d'accord. Seulement, ils ont un principe sacro-saint qui veut qu'ils respectent les ordres. Une telle décision ne fait qu'exposer le Sénégal. Et nous n'avons pas besoin de ce risque. Nous sommes en train de prendre un risque, parce que les terroristes sont en train de roder autour de nous. Jusqu'à présent, ils nous ont épargnés. A partir du moment où on les a provoqués, on ne peut plus les éviter.

Moustapha Diakhaté 

(Président du Groupe parlementaire "Bennoo Bokk Yaakaar"

Il ne faut pas porter ce genre de message-là. Ce n'est pas bon. Ceux qui disent cela insultent leur pays. Moi je ne participe pas à ce jeu. Aussi, le Sénégal ne s'immisce pas dans une guerre confrérique. Aujourd'hui, nous allons pour sécuriser les frontières de l'Arabie saoudite. Je ne suis pas au courant d'une guerre entre l'Arabie Saoudite et un pays chiite». 

Me Aissata Tall Sall

(Députée PS et de la Majorité parlementaire)

Cette séance est sans débat, nous ne faisons que prendre acte. C'est ce que dit l'article 79. Mais je pense que dans les prochains jours, je prendrai la responsabilité de faire revenir ici à l'Assemblée nationale, et le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Forces armées, pour qu'on nous explique les raisons de cette intervention du Sénégal. Le Général De Gaulle disait que l'Orient est assez compliqué pour qu'on y aille de façon très simple. Ce qui se passe au Yemen est une guerre civile interne. Ce sont des milices Chiites, Houthis, qui s'attaquaient à un pouvoir sunnite. Et l'Arabie Saoudite se sent menacé. Ce qui est le plus dérangeant dans cette affaire, c'est que le Sénégal a une tradition diplomatique assez établie. Le Sénégal n'envoyait de troupes que, lorsque les Nations unies par la voie de son Conseil de sécurité prenaient une résolution pour que nous puissions avoir au moins un soubassement de droit international pour y aller. Cette intervention n'est pas dans la tradition diplomatique du Sénégal».

Ouest-ce qu'on vote? 

Cette année, 5 pays de la région représentant 80% de la population de l'Afrique de l'Ouest se rendront aux urnes. Des élections auront lieu dans les pays comme le Nigeria, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, le Burundi. En 2016, ce sera le tour du Niger, Bénin, Djibouti, Tchad, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, RDC, Cap-Vert, Gambie, le Ghana, etc. Puis le Sénégal en 2017.

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En Côte d'ivoire, c'est le président ivoirien Alassane Ouattara qui a été officiellement désigné le 22 mars candidat de son parti à la présidentielle d'octobre prochain. Avant même sa désignation officielle, les quelque 6.000 délégués de son parti avaient déjà fait de lui leur « champion » par acclamation.

Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro et plusieurs autres ministres ont assisté à la cérémonie. Le président ivoirien est arrivé au pouvoir au terme d'une crise postélectorale sanglante causée par le refus de son prédécesseur Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010.

Candidature "ADOptée" par acclamation! 

Candidat à sa propre succession, le Président Alassane Dramane Ouattara (ADO) vient d'avoir le soutien de son parti d'origine le Rassemblement des républicains (Rdr) dans sa volonté de briguer un second mandat. C'était le dimanche 22 mars au parc des sports de Treichville. 

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Candidat à sa propre succession, le Président Alassane Ouattara a eu le soutien de son parti d'origine le Rassemblement des républicains (Rdr) dans sa volonté de briguer un second mandat. Bien avant l'installation du directoire présidé par le ministre Kandia Camara, c'est le secrétaire général par intérim dudit parti, Amadou Soumahoro qui a donné le ton. "A ceux qui disent qu'on ne mange pas les ponts, nous leur répondons que les ponts se mangent car c'est grâce aux ponts que l'on achemine la nourriture. Et il ne saurait avoir de développement sans ponts", a-t-il déclaré. 

Égrenant le chapelet des réalisations du Président de la République, Alassane Ouattara, il a indiqué que son bilan de 2011 à 2014 est "tellement positif et exceptionnel que les Ivoiriens ne peuvent que lui accorder un second mandat". Après les travaux en commissions, les différentes structures spécialisées, à savoir le Rassemblement des femmes républicaines (Rfr), le Rassemblement des jeunes républicains (Rjr), le Rassemblement des enseignants républicains (Rer) et les structures de base ont lu des motions de soutien à cette candidature sous l'acclamation des congressistes.

En plus de ces motions, d'autres ont été lues en vue de remercier les autres partis politiques membres du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Le Rdr s'est engagé dans une motion à aller le plus tôt possible à un parti unifié au sein de cette alliance et a invité les autres partis à les suivre.Le congrès extraordinaire du Rdr a également invité tous les partis du Rhdp à se mobiliser pour une convention commune afin d'investir le candidat Alassane Ouattara. 

Depuis-là, Goodluck il dort? 

Réunis, lundi 16 février, en sommet extraordinaire à Yaoundé, capitale du Cameroun, les 10 pays de la CEEAC (Communauté Economique des Etats d'Afrique Centrale) affûtent leurs armes pour, à leur tour, aller en guerre contre le groupe armé terroriste nigérian. 

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La présence effective de 6 chefs d'Etat et de gouvernement à la présente rencontre témoigne à la fois de l'ampleur de la menace que fait peser l'organisation islamiste sur la région et de la volonté des dirigeants de cette partie du continent de mutualiser leurs efforts face à un péril qui ignore les frontières.

Absence remarquée à ce conseil de guerre: celle du président nigérian, Jonathan Goodluck, dont le pays, il faut le reconnaître, n'est pas Etat partie de cette communauté. N'empêche. Le Nigeria étant le repaire originel de cette pieuvre salafiste, la présence de son président, ne fût-ce qu'à titre d'observateur, n'aurait pas été de trop. Certes, il est en pleine campagne électorale, mais ce n'est pas le temps d'un aller-retour à Yaoundé qui pourrait lui coûter des voix à la présidentielle, dont la date a été reportée. Bien au contraire, sa présence parmi ses pairs d'Afrique centrale pour discuter des préoccupations majeures de ses concitoyens aurait été un argument de campagne beaucoup plus tranchant que ses discours convenus.

A la rencontre de Niamey, le 20 janvier dernier, des représentants des pays membres de la CBLT (Commission du Bassin du Lac Tchad), le «Géant de l'Afrique» avait également brillé par son absence. Décidément Goodluck n'est pas homme à se rincer le visage lorsqu'on lui lave le dos.

Faut-il croire que par leur nationalisme à fleur de peau et leurs réticences manifestes à une intervention étrangère sur leur territoire, les autorités d'Abuja finiront par constituer le principal obstacle à la mise en marche du projet de création d'une force panafricaine contre Boko Haram?

Mais passons sur ces étranges attitudes du gouvernement nigérian pour nous féliciter de l'ouverture de différents fronts pour faire pièce à cette secte islamiste dont les 13 000 victimes en 5 ans font une organisation autrement plus criminelle qu'AQMI.

Toutefois, une chose est de déclarer la guerre et une autre est de passer à l'offensive. Et en la matière, on ne peut pas dire que nos dirigeants sont des parangons du respect des engagements collectifs. Quand ils n'oublient pas les résolutions signées à grand renfort médiatique, ils se hâtent lentement vers la concrétisation des engagements pris. Une réalité bien africaine à laquelle ne sont pas étrangers les égoïsmes nationaux et les querelles de leadership comme celle qui oppose le Nigeria au Cameroun, dont les relations sont minées par l'affaire de la péninsule de Bakassi.

Confrontés au même ennemi qui menace leur stabilité, les pays du front sauront-ils transcender leurs divergences afin de parvenir à cette nécessaire mutualisation des moyens de lutte?

Le verdict dicte! 

Condamné, lundi 23 mars, à 6 ans de prison ferme par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), Karim Wade est cet inconnu du grand public à l'élection d'Abdoulaye Wade en 2000, sur qui tous les projecteurs seront braqués jusqu'à être considéré comme le prince héritier de son père à la tête du Sénégal. 

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Alors qu'il était en détention préventive, depuis 2 ans, le Parti démocratique sénégalais (PDS) avait décidé, samedi 21 mars, de faire lui son candidat à la présidentielle de 2017.

Karim Wade est né en 1968 à Paris. Après un Bac économique à Paris, en 1984, et des études en ingénierie financière, il est embauché en 1995 par la société de banque suisse. Mais les Sénégalais, dans leur grande majorité, le découvriront en 2000 à la faveur de l'accession de Me Abdoulaye Wade à la magistrature suprême, après 25 ans d'opposition. Un père qui n'a cessé aussi de présenter son fils sous les plus habits. Karim Wade, à l'en croire, est une espère rare dans son domaine d'expertise : la finance.

C'est en 2002 qu'il devient conseiller de son père chargé des grands projets. A la faveur du sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) prévu au Sénégal en 2008, Karim Wade se voit confier dés 2004, la présidence de l'Agence de l'organisation de la coopération islamique (ANOCI). La mise en œuvre des chantiers de l'ANOCI met Karim Wade sous les projecteurs. Une phrase de son père, à l'occasion du lancement des travaux de l'ANOCI, aura retenu l'attention des Sénégalais : "Karim, je dirai à ta mère que tu as bien travaillé". 

Et pourtant, à l'arrivée, soulignera le journaliste Abdoulatif Coulibaly dans un ouvrage "Contes et mécomptes de l'ANOCI", cette agence "prétendait être en route vers le sommet. Au finish, elle a plongé dans un gouffre à milliards". Selon l'auteur, "contrairement aux affirmations de ses dirigeants, l'Agence pour l'organisation de la conférence islamique (ANOCI), n'a pas dépensé 72 milliards CFA pour réaliser les travaux nécessaires à l'accueil du sommet qui a eu lieu en mars 2008 dans la capitale sénégalaise".

"Elle en a dépensé plus du double (... ) Pour équiper ses bureaux dans les trois étages de l'immeuble qui abrite le siège de l'ANOCI à Dakar, Karim Wade a dépensé plus d'un demi-milliard de francs (750 millions de francs. Ses dépenses de communication dans les pays du Golfe ont coûté 500 millions de francs aux contribuables sénégalais en 4 ans d'existence de l'agence (...)". Au total, note l'auteur, "l'ANOCI a dépensé pour la réalisation de ses travaux une somme de 205 milliards 211 millions CFA".

Les câbles diplomatiques révélés par Wikileaks démontrent que les Américains, le FMI et d'autres bailleurs et d'autres ambassadeurs s'inquiètent de ses pratiques en matière de gestion. Karim Wade surnommé également "Monsieur 15%" balaie en touche. Mais l'homme est intouchable. Le président de l'Assemblée d'alors, Macky Sall, qui lui demande des explications, sur la gestion de l'ANOCI, en le convoquant en octobre 2007, l'apprendra à ses dépens. La convocation est aussitôt annulée par Abdoulaye Wade et Macky Sall se trouve désormais en mauvaise posture et poussé vers la sortie. 

Les amis, sympathisants et soutiens de Karim Wade de tout bord voient les choses autrement et encensent leur champion partout. Ils iront même jusqu'à détourner, à leur faveur, le slogan de l'ANOCI, "En route vers le sommet", pour en faire une rampe pour l'accession de Karim Wade au sommet de l'Etat : le pouvoir. C'est "en route vers le sommet" de l'Etat, projet politique incarné par "La Génération du concret".

Les élections locales de 2009 seront un "premier test électoral" pour Karim Wade à qui l'on prête l'ambition de devenir de maire de Dakar, la capitale sénégalaise. La campagne électorale lui donnera l'occasion d'être au contact des masses, lui qui ne parlerait pas wolof. Karim Wade battra campagne à Dakar, Thiès, Saint-Louis, Matam, Ziguinchor, un peu partout, sous la houlette du Parti démocratique sénégalais (PDS). Mais à l'arrivée, c'est la douche froide chez les Wade, battus dans leur propre bureau de vote, à Dakar. La coalition Bennoo Siggil Senegal (BSS), regroupement des principales forces de l'opposition, a la mainmise sur les grandes villes du pays.

Adieu Dakar pour Karim Wade. Mais son père a l'idée de faire lui un ministre dans le gouvernement mis sur pied au lendemain des locales à la faveur d'un énième remaniement en 2010. Dans cette équipe, dirigée par Souleymane Ndéné Ndiaye, Karim Wade est une pièce maitresse, un pilier. Il est nommé ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures, de l'Energie, de l'Aménagement du territoire. Avec un portefeuille qui représente 20% du budget national, il est surnommé "ministre du Ciel et de la Terre". Karim Wade est partout: le Plan Takkal, censé résoudre le problème de l'énergie, la remise à en ligne de la compagnie Sénégal Airlines, la construction de l'Aéroport international Blaise Diagne de Diass, la restructuration des ICS.

Le ministre n'échappe à la critique de l'opposition et d'une partie de l'opinion. Mais surtout, parce que l'idée selon laquelle, son père travaille pour lui céder le pouvoir est en vogue.

A l'approche de la présidentielle de 2012, Me Abdoulaye Wade, 86 ans à l'époque, et dont la candidature pour un troisième mandat suscite la controverse, sort l'idée d'un ticket président-vice président, élu à 25% au premier tour. Pour l'opposition et la société civile, ce projet de loi cache une "dévolution monarchique du pouvoir". Abdoulaye Wade chercherait tout simplement à léguer le pouvoir à son fils Karim Wade. C'est la réforme de trop qui poussera l'opposition et la jeunesse à la révolte, le 23 juin 2011, jour de vote du projet de loi. Des milliers de manifestants investissent la rue et la devanture de l'Assemblée nationale, obligeant le chef de l'Etat à retirer son projet.

Avec la défaite de Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012, les ennuis judiciaires commencent pour Karim, invité à justifier l'origine licite d'un patrimoine estimé d'abord à 694 milliards de francs avant d'être ramené à 117 milliards de francs.

Transition en... transition? 

Les attentes des populations burkinabès ont été immenses au lendemain du soulèvement qui a poussé à la démission le président Blaise Compaoré. Seulement, 4 mois après, les Burkinabè continuent de dénoncer la division au sein de l'armée, la vie chère, le chômage des jeunes, l'absence de justice véritable, la corruption... État des lieux. 

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Les attentes des populations burkinabès ont été immenses au lendemain du soulèvement qui a poussé à la démission le président Blaise Compaoré. Seulement, 4 mois après, les Burkinabè continuent de dénoncer la division au sein de l'armée, la vie chère, le chômage des jeunes, l'absence de justice véritable, la corruption... État des lieux. Le président de la Transition, Michel Kafando s'était, lors de sa prestation de serment en novembre 2014, engagé à satisfaire les attentes du peuple burkinabè. Notamment de faire la lumière sur les assassinats du capitaine Thomas Sankara, président de 1984 à 1987, et du journaliste Norbert Zongo, de lutter contre la corruption et le chômage, entre autres. Le chef de l'État de la Transition a reconnu par ailleurs que l'insurrection populaire du 30 octobre 2014 a été le résultat de l'injustice sociale et de l'impunité qui régnaient dans le pays sous l'ancien régime. Et de définir l'objectif de la Transition: rectifier non seulement le tir en répondant aux aspirations de la jeunesse, mais aussi organiser des élections libres et transparentes. La mission étant confiée au gouvernement d'union nationale dirigé par le lieutenant-colonel Isaac Zida.

Mais jusqu'alors aucune de ces promesses n'a été tenue à en croire les récentes actualités dans le pays. En février dernier, un mouvement de grève générale a duré 48 heures. Les travailleurs avaient demandé «une révision salariale, la poursuite des commanditaires et auteurs des crimes pendant l'insurrection populaire d'octobre 2014, une solution aux problèmes d'emploi des travailleurs dont les entreprises ont été saccagées durant l'insurrection, et la baisse du prix du carburant à la pompe».

Le leader syndicaliste, Siric Idramé, qui le dit, ajoute: «Les travailleurs ont exigé qu'une réaction concrète soit apportée aux différentes préoccupations. Au cas contraire, les travailleurs vont se monter plus la pression et à poursuivre la lutte par des réactions plus vigoureuses, notamment encore des arrêts de travail avec des manifestations publiques». 

Au début du même mois, les soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) s'opposant aux nouvelles nominations au sein de leur unité, ont réclamé la démission du Premier ministre Isaac Zida. Il a fallu d'intenses négociations menées sous l'égide des autorités coutumières pour que les choses reviennent à la normale. Ces évènements ont mis en lumière le profond malaise qui règne au sein des forces de défense et de sécurité du Burkina de l'après révolution.

Un autre chantier auquel devaient s'atteler les nouvelles autorités étant la bonne gouvernance. «À ce jour, aucune déclaration de patrimoine n'a été publiée dans le journal officiel quand bien même des autorités de la transition se seraient prêtées à cet exercice auprès du conseil constitutionnel. De plus, le peuple est toujours dans l'attente du gel et du recouvrement des biens mal acquis sous le régime Compaoré», a déploré un leader de la société civile. 

Lundi 2 mars, le président Michel Kafando est revenu longuement sur l'évolution politique dans son pays. Pour Kafando, il n'est pas possible de résoudre de ces problèmes en an de transition. «On nous demande de poursuivre les anciens dignitaires soupçonnés de détournement de derniers publics, mais faut tout d'abord établir la preuve. La reforme attendue de la justice, lors des états généraux, nous permettra d'y parvenir... », a assuré Kafando avant d'ajouter qu'il entend redéployer le RSP dans le contingent burkinabè de la force africaine de lutte contre Boko-Haram.

Chronique d'un feuilleton judiciaire!  

Le procès Karim Wade touche à sa fin. Lundi 16 février matin, ont commencé les plaidoiries. Seules les voix de l'accusation ont été entendues, car les avocats de la défense boycottent le procès depuis la mi-janvier. Karim Wade ne devrait pas non plus assister aux plaidoiries. En revanche, en l'absence de leurs avocats, les co-accusés devraient prendre la parole. On s'achemine donc vers la fin d'un procès mouvementé qui a largement dépassé les portes du tribunal. 

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Il y a d'un côté, les dix avocats de l'Etat qui prennent la parole tour à tour. Les plaidoiries ne devraient pas s'éterniser, elles prendront fin mardi ou mercredi, selon un des avocats de la partie civile, Maître El Hadj Diouf. 

De l'autre, les avocats de la défense qui ont affirmé ne pas prendre part à cette dernière étape du procès. Car depuis le 20 janvier, les avocats désertent la salle d'audience pour protester, disent-ils, contre les violations récurrentes des droits de la défense. 

Et depuis ce départ, le procès a largement dépassé les portes du tribunal. Abdoulaye Wade, ancien président et père du principal accusé, ne cesse de réclamer la libération de son fils dans la rue en organisant meetings et manifestations ces dernières semaines. L'ancien président s'est même rendu, samedi 14 février en toute discrétion à la prison de Rebeuss. Selon son entourage, c'était la première fois que l'ex-président revoyait son fils depuis son incarcération, il y a près de 2 ans. 

Rebondissements à n'en plus finir  

Quand le 31 juillet dernier, le procès s'est ouvert, chacun savait bien que le dossier était compliqué, les enjeux politiques importants. 

Le fils emblématique des années Wade et de ses excès dans le box des accusés, l'affiche était belle. Mais qui allait imaginer que le procès allait durer aussi longtemps et offrir tant de rebondissements: un des prévenus très malade conduit en civière, le limogeage spectaculaire du procureur spécial en pleine audience. Un homme hors de contrôle, a dit dernièrement le ministre de la Justice.

Puis l'expulsion d'un des avocats de la défense suite à un échange verbal avec le président de la cour qui a donc entraîné le boycott de tous les avocats de la défense. 

Puis Karim Wade dans la foulée qui, dénonçant les violations de ses droits, refuse d'assister aux audiences. Voilà ensuite qu'un des juges de la cour, un assesseur, démissionne à son tour. 

Tous ces rebondissements discréditent de facto la CREI (Commission de Répression de l'Enrichissement Illicite), ce tribunal spécial qui était déjà contesté par la défense, souligne Me Assane Dioma Ndiaye de la Ligue sénégalaise des droits de l'homme, pour qui, le procès a totalement dérapé.

Inversement, du côté du mouvement du M23, fer de lance du combat pour l'alternance, on estime qu'il est important de maintenir le cap au nom du principe de la reddition des comptes. 

Et après les plaidoiries, ce sera au tour du procureur spécial de prononcer le réquisitoire du parquet. La Cour de répression de l'enrichissement illicite devrait ensuite mettre le procès en délibéré.