Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Kabila! Huumm!

C'est une situation politique très tendue que vit la République Démocratique du Congo (RDC) et pour cause. La révision de la loi électorale qui devrait permettre au président sortant Joseph Kabila de briguer un mandat supplémentaire n'est pas du goût de l'opposition et de certaines organisations de la société civile. 

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Depuis lundi 19 janvier, des Congolais ont manifesté leur colère, mais le dispositif policier très musclé mis en place par le pouvoir ne leur a point permis d'aller plus loin. Et certains ont déjà payé de leur vie, cette danse macabre autour de la constitution. 

Alors qu'on pensait que le calme était revenu, mardi dans la capitale, les échauffourées entre policiers et les anti-Kabila ont repris de plus belle. Cette fois-ci, la fièvre a gagné toute la ville de Kinshasa alors que les manifestations étaient ciblées dans la zone du siège du Sénat où devait avoir lieu le vote. 

Le moins que l'on puisse relever c'est que tous les ingrédients d'une insurrection semblent réunies dans la capitale congolaise. Du moins, les manifestants semblent déterminés à aller jusqu'au bout de leur désir. 

Ce qui n'est pas sans rappeler le mouvement populaire qui a renversé Blaise Compaoré en fin octobre dernier à Ouagadougou. Au deuxième jour des manifestations, le dispositif policier de Kabila fait feu de tout bois. 

Le pouvoir n'hésite pas à procéder à l'arrestation d'opposants ou encore à couper la République démocratique du Congo du cyberespace en rendant simplement impossible la communication par Internet et par SMS. 

Pour quels résultats? C'est vrai que Joseph Kabila ce n'est pas Blaise Compaoré et Kinshasa n'est pas non plus Ouagadougou. Mais ne dit-on pas que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets?

Compaoré enseigne? 

C'est depuis lundi 19 janvier que la République Démocratique du Congo (RDC) est en ébullition. Cette fois-ci, ce n'est pas un accès de rébellion dont sont coutumiers les millions d'habitants de ce vaste pays, notamment à l'Est. La pomme de discorde, c'est surtout cette volonté affichée du pouvoir en place de procéder à la révision de la Constitution, dont l'objectif inavoué est de permettre à Joseph Kabila de se représenter à la présidentielle de 2006. 

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Après 3 jours de manifestations, il y a une quinzaine de morts et, petit à petit, le pays est en train de sombrer dans un cycle de violence/répression aux conséquences incalculables. La situation serait très volatile, notamment aux alentours des universités à Kinshasa et à Goma; les étudiants ne voulant pas en démordre. 

Jusqu'où ira-t-on surtout que Petit Kabila ne veut pas faire marche-arrière? Et en pire, la machine répressive est allée si loin que depuis lundi, les autorités se sont tirées une balle au pied, avec le black-out Internet et les SMS. L'on a appris que la connexion a été rétablie. Empêcher de communiquer, n'est-ce pas mettre tout un pan de la vie économique, notamment les Douanes, en berne? Du reste, il s'agit là d'une solution cosmétique d'autant que les internautes peuvent bien se tourner (ils l'ont fait d'ailleurs) vers des sites internationaux sur lesquels la censure n'a pas prise. Après la chienlit qui a été installée, il ne manquait plus que pareilles décisions inconséquentes de la part du gouvernement.

Dans cette ambiance des plus moroses, il y a eu la sortie du clergé contre la volonté du clan Kabila de vouloir, coûte que coûte, vaille que vaille, procéder à la révision de certains articles de la constitution. Soit dit en passant, cette volonté est d'autant plus critiquable que lesdits articles sont verrouillés. Cette révision est si inopportune qu'après différentes rencontres à Rome avec le pape François, la conférence épiscopale de RDC a publié, dimanche dernier, une lettre dans laquelle elle réaffirme son opposition à toute modification de la Constitution de la RDC pour une nouvelle candidature de Joseph Kabila en 2016.

Mieux, suite à la dégradation de la situation, Monseigneur Laurent Monsengwo, grande figure de l'église catholique en Afrique, a donné de la voix en appelant le pouvoir à ne pas tirer sur la population. Pour l'instant, elle prêche dans le désert, cette autorité morale incontestable qui a été dans une autre vie un acteur politique majeur de la période de retour à la démocratie qui a suivi la chute du régime du dictateur Mobutu, devenant président du Bureau de la Conférence nationale souveraine de 1992 à 1996.

En sus des manifestations de la population, l'on se rappelle qu'au Burkina Faso, l'église catholique était également montée au créneau face à la volonté de Blaise Compaoré de réviser l'article 37 portant sur le nombre de mandats. On sait ce qu'il advint. Comparaison n'est pas raison, mais les autorités congolaises, à commencer par le président de la République, Joseph Kabila, devraient méditer sur ce pan de l'histoire du Pays des hommes intègres.

Un proverbe bien de chez nous ne prévient-il pas que «lorsque l'âne veut terrasser son cavalier, ce dernier ne fait pas attention à la position de ses oreilles»?

Note la menotte!

Au Sénégal, deux incidents importants ont émaillé, mercredi 14 janvier, le procès de Karim Wade. Le fils et ancien ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade est jugé à Dakar par la Cour de répression de l'enrichissement illicite.

altLe Premier incident s'est produit à la mi-journée. Le président de la Cour interrompt l'un des avocats de la défense - Maître Amadou Sall - qui est en train de poser des questions à un témoin. Il trouve que les questions n'ont rien à voir avec l'affaire.

«Dans tous les cas, on connait les bons avocats et les mauvais», déclare le président de la Cour.

«Et nous, on reconnait un bon juge d'un mauvais», lui rétorque le défenseur de Karim Wade.

Le président de la Cour le fait alors expulser et, en signe de solidarité, les autres avocats de la défense quittent la salle. Ils expliquent qu'ils ne peuvent - dans de telles conditions - assurer la défense de leur client. Tant qu'ils n'auront pas eu de garanties de libre exercice, ils n'y retourneront pas.

Le deuxième incident s'est produit à la reprise de l'audience, mercredi après-midi. Karim Wade - qui refuse de rejoindre le box des accusés parce qu'il n'a plus d'avocats - se fait menotter.

«C'est la première fois que cela m'arrive», affirme le fils de l'ancien président sénégalais à la barre, ajoutant que les forces de l'ordre l'ont agressé en le faisant tomber par terre.

Le président de la Cour suspend l'audience et donne à Karim Wade jusqu'à jeudi 10h00 pour trouver de nouveaux avocats.

«On n'expulse pas un avocat... C'est inique... Je n'ai jamais vu cela... Quel avocat peut connaitre un dossier de 47.000 pièces en quelques heures?», s'insurge l'avocat d'un autre prévenu.

«Si chacun by Lollipop">jouait sa partition, il n'y aurait pas de fausse note», conclut alors Maître Moussa Felix Sow, avocat de l'Etat.

Un parti mal parti? 

Contestée depuis sa nomination au poste de Secrétaire Général du Mouvement de Libération du Congo (MLC), la Députée nationale Eve Bazaiba a voulu couper l'herbe aux pieds de ses détracteurs, de ceux qui contestent sa légalité et sa légitimité. Pour ce faire, elle a présenté les documents légaux de sa nomination, dûment signés par le président national du parti, Jean-Pierre Bemba, depuis son lieu de détention à La Haye, avec sceau du complexe pénitentiaire. Pour elle, sur ce sujet, «il n'y a plus de débat à faire»

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Et d'ajouter en tonnant: «Le MLC a un seul secrétaire général en la personne de Mme Eve Bazaiba, moi. Je n'ai pas à produire des preuves que suis illégitime ou illégale. Je n'ai même pas à produire des preuves que je suis légitime». 

Elle a démontré qu'elle occupe effectivement cette fonction noble lui confiée par le Sénateur Bemba, de qui elle a reçu le mandat. «Ma preuve, dans la logique, vous m'avez trouvez ici, sur l'avenue du port n°6, commune de la Gombe. C'est la permanence du parti, du MLC», a-t-elle indiqué. 

Eve Bazaiba a été nommée en décembre 2014, en remplacement de Thomas Luhaka qui est actuellement ministre au gouvernement de cohésion nationale. La députée Eve a estimé que Thomas Luhaka est dans le cas d'incompatibilité parce qu'il assume des responsabilités au sein du gouvernement, selon l'article 6 du règlement particulier du collège de fondateurs. D'ailleurs, a-t-elle renchéri, il était parti sans l'autorisation des membres du collège de fondateurs.

Il faut noter que, depuis lors, deux blocs se sont formés au MLC, dont les uns soutiennent Eve qui, en l'occurrence, a pris une mesure provisoire suspendant tous les membres nommés au gouvernement. Puis, ils ont été exclus à partir d'une note de sanction du Président du parti. Les autres, par contre, continuent à soutenir l'ancien secrétaire Général. D'où, la récente déclaration du secrétaire national en charge de la communication du parti, qui soutenait que seul Luhaka détenait la procuration.

Mais... Justice à 360°!

«On veut que Simone Gbagbo soit jugée!». Cʼest par ces cris et des pancartes aux messages qui en disaient long, que les victimes ont envahi hier les abords du Palais de Justice lors dʼun sit-in.

altOrganisée par le Collectif des Victimes en Côte dʼIvoire (CVCI), cette manifestation a regroupé plusieurs centaines de personnes. Victimes et parents des victimes ont tenu à crier leur colère et leur protestation face au déroulement du procès en assises des pro Gbagbo qui a cours en ce moment au Palais de justice du Plateau.

«Nous estimons que nous participons à ce procès en tant que témoins des faits. Alors quʼau cours de la crise post électorale, nous avons subi des préjudices que nous imputons à Simone Gbagbo. Puisque cʼest elle et son époux, lʼex-chef dʼEtat, qui ont armé les jeunes qui ont massacré et violé. Nous réclamons donc des charges additionnelles à son encontre», a expliqué M. Issiaka Diaby, président du CVCI.

Le Collectif des Victimes en Côte dʼIvoire exige que lʼex-Première dame soit, en plus de la procédure actuellement effectuée contre elle, poursuivie pour crime de sang.

«Cʼest la première de plusieurs séries de manifestations que nous allons mener jusquʼà ce que nous ayons gain de cause», a-t-il prévenu.

De quelle religion est le Bon Dieu? 

Dans quel monde sommes-nous? Pourquoi tant d'inimitié et d'animosité? L'être humain est l'animal le plus féroce de l'Etant. Qu'il soit instruit ou éduqué, l'homme contemporain peine toujours à grandir dans le cercle des valeurs universelles d'une humanité sans humanisme. 

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L'amour du prochain ne serait-il qu'un refrain volatile et inutile chanté par les évangiles? Le cœur des hommes est rempli de rancœurs et de rancunes. Le pardon et la tolérance sont en souffrance et le sens de l'existence est mis à l'épreuve par des «apôtres de l'extrême».  

La religion n'est plus un fusible, l'éthique et le bon sens sont en faillite, du christianisme à l'islam, on clame «Salam» sous fond de flamme, on déclame sa foi sur tous les toits, on blâme la voie de celui qui croit, on louvoie, on se dévoie, on se fourvoie en mettant une croix sur le droit et la foi. Dites-moi, qui a la foi? Et qui n'a pas la foi? 

La religion est devenue une bonne excuse, on accuse et on récuse, on s'amuse, on ruse, on abuse. On trouve des subterfuges et des refuges pour se donner bonne conscience. Non, il n'y a pas de croyance digne qui prône l'intolérance, il n'y a que des déviances qui cultivent la défiance. 

Quand un croyant du haut de sa «foi» crie le nom de Dieu avant d'abattre son prochain, pour quel dieu commet-il l'acte odieux  Quand un «religieux pieux» lève les yeux aux cieux pour remercier Dieu du comble perpétré à la bombe, pour quel dieu miséricordieux se prosterne-t-il? 

Au nom de quel dieu nous nous battons tant? Peut-on vraiment tuer de sang-froid pour défendre sa foi, au nom de tel ou tel prophète, saint ou envoyé de Dieu? Est-ce qu'on peut prier les armes à la main, les mains tâchées de sang, le venin au bout de la langue et bardé de chapelets de balles? 

Une dernière question s'il vous plaît: de quelle religion est le Bon Dieu? Je n'en sais rien, juste des questionnements pour tous ces champions de la foi, pour tous ces illuminés terriens, défenseurs du Ciel lointain. 

Quid de la presse? Cette presse qui s'empresse à mettre sous presse les infos qui pressent, ces infos qui stressent. Prend-il toujours le temps du discernement? Avec un scoop, on a le vent en poupe, mais ne faut-il pas savoir battre sa coulpe quand sa plume déplume, commet des ratures? 

Pour une caricature, on peut faire rire certes, mais entre les lignes d'un dessin, on peut tracer les limites de son destin. Pour un coup de plume parfois anodin, on peut heurter des sensibilités, on peut choquer et offenser.

C'est pourquoi, avant d'égratigner la page blanche qui nous tente, nous devons jauger nos intentions avant même l'information. Quel intérêt informatif peut avoir un article «célèbre» pour le public? Quel sens donne-t-on à un écrit ou à une image depuis l'Idée même de l'écrit ou de l'image?

Je vois le puriste journaliste «extrémiste» mourir de rire au fond de sa colère. Je vois également le défenseur «aveugle» de la liberté de presse foncé tête baissée contre la rhétorique de cette chronique ironique. 

Mais la vérité ne se trouve pas exclusivement au bout de nos plumes qui s'écument d'inspiration, la vérité n'est pas forcément liée au talent ni au courage. 

En vérité, la vérité n'est parfois véritablement vraie que si elle passe par le tamis du cœur, l'amour propre,le sens du bien. La liberté d'expression n'est pas uniquement une liberté de pression ou d'oppression. La liberté d'expression n'est pas seulement une liberté de passion. 

La liberté d'expression, c'est la liberté de penser, de dire et d'écrire sans aucune animosité personnelle à l'égard des préceptes, coutumes ou traditions d'une minorité ou d'une communauté. Toute liberté d'expression qui ne tient pas compte de la bienveillance et de la bienséance, peut pousser à écrire, à illustrer ou à dire en vrai, sans être la Vérité.

D'où le rôle social des médias. La liberté est une grande responsabilité et la responsabilité elle-même dépend très souvent d'un ensemble de vérités au choix. Hélas, nous choisissons toujours! Mais au fond, dans quel intérêt? 

Clément Zongo

Jamais dire... Jammeh? 

Quand Yahya promet de s'occuper de ses ennemis, on peut le croire sur parole, car c'est tout sauf une clause de style. Or c'est ce qu'il a décidé, mardi 6 janvier 2015, lors d'une réunion avec ses partisans une semaine après le coup d'Etat raté contre son pouvoir. 

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Quand Yahya promet de s'occuper de ses ennemis, on peut le croire sur parole, car c'est tout sauf une clause de style. Or c'est ce qu'il a décidé, mardi 6 janvier 2015, lors d'une réunion avec ses partisans une semaine après le coup d'Etat raté contre son pouvoir. Alors qu'il était à Dubaï, des assaillants ont pris d'assaut son palais, la télé, la radio et les principaux accès à l'aéroport avant d'être repoussés par la sécurité présidentielle le 30 décembre 2014. Plusieurs membres du commando ont été tués avec l'arrivée en renfort de plusieurs troupes loyalistes. Depuis cette date, c'est une véritable chasse à l'homme à Banjul. Une traque digne d'un film du réalisateur John Woo ou d'un roman du célébrissime Gérard de Villiers.

Rue après rue, porte après porte, tous ceux qui sont soupçonnés d'avoir trempé dans ce putsch avorté sont pourchassés, arrêtés et embarqués vers des destinations inconnues. Le ratissage se poursuit même au-delà de la Gambie avec l'arrestation d'un opposant au Sénégal et l'inculpation, aux Etats-Unis, de deux Américains d'origine gambienne pour «complot contre un gouvernement étranger en violation de la loi américaine». On assiste donc à une véritable battue internationale pour débusquer, dans le moindre trou, tous ceux qui ont osé troubler la quiétude d'Ubu roi.

Si même en temps ordinaire, Yahya Jammeh est réputé pour sa main particulièrement lourde, à quoi faut-il s'attendre les jours à venir? Une occasion pour se débarrasser d'opposants politiques et pourquoi pas pour opérer une purge dans son propre camp.