Africains de la diaspora - Africa Nouvelles

Avec les Chinois: pont à moitié coût et sans péage? Si c'est la vérité... Côte d'Ivoire "Yakô!"  

Le 3ème Pont d'Abidjan baptisé Pont Henri Konan Bédié dont la première pierre a été posée à Abidjan, le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, et qui a été officiellement inauguré, le mardi 16 décembre 2014, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre des "12 travaux de l'Eléphant d'Afrique" du régime du Président Bédié déjà en 1996. 

alt

En 1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d'œuvre est confiée au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par Thiam Tidiane.

Monsieur Thiam désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet. Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d'économistes, d'ingénieurs, d'environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée).

Le projet est alors confié à un opérateur privé en charge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes.

Un appel d'offres est lancé à cet effet et le Groupe BOUYGUES est choisi comme l'opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d'études et de négociation.

Le coût du projet est négocié à 91.8 milliards de FCFA avec une concession de 30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires. Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession.

Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l'Etat de Côte d'Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA).

Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10 milliards de FCFA). Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard Giscard d'Estaing pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l'accès au dit boulevard.

Coût de l'échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l'AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA). L'étude d'impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6 milliards de FCFA entièrement à la charge de l'État de Côte d'Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois 3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard Giscard d'Estaing, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999.

La mobilisation du financement du projet " Pont Riviera-Marcory " étant bouclée, la mise en œuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l'emprise du projet.

Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté.

C'est dans l'attente du démarrage effectif des travaux que le coup d'État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.A la suite de ce coup d'État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition.

Après l'élection du Président Laurent GBAGBO, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l'équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.Le projet est aussitôt relancé. L'équipe-projet le réévalue en tenant compte de l'inflation.

Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d'avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l'équipe projet propose une solution alternative : la construction d'un pont semi-métallique.

La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au cœur d'Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l'opérateur technique et financier BOUYGUES et d'étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d'Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l'Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI.

Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI.

C'est alors q'un autre coup d'État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane OUATTARA au pouvoir.

Le coup d'État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d'Ivoire.

Après toutes ces péripéties, le Président Laurent GBAGBO demande qu'une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s'en remet au Ministère de l'Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l'épargne garanti par le compte séquestre.

Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA. Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l'opérateur BOUYGUES soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l'évaluation des dommages et intérêts.

Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l'État ivoirien. D'une pierre la Côte d'Ivoire peut réaliser deux coups : 1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres 2/ éviter le péage en plein cœur d'Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en 2009, le Ministère de l'Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d'un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l'opérateur BOUYGUES sur la construction de l'échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont.

Une avance de démarrage est payée par l'État ivoirien pour la construction de l'échangeur.Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétextes jusqu'au coup d'État de la France du 11 avril 2011.

Pour écarter l'expertise ivoirienne, ADO fait revenir, SEREY EIFFEL, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au GABON où il a dirigé la société écran d'Alassane OUATTARA : l'Institut International pour l'Afrique (IIA).

Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent GBAGBO. Alassane OUATTARA reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée.

La mise à l'écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l'expertise française en Côte d'Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique.

Ces dossiers " prêts à porter " constituent une " banque " de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en œuvre du pont de Jacqueville, de l'autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l'Hôtel Ivoire et du programme d'urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri KONAN BEDIE est l'expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d'Ivoire et à terme, entre l'Occident et l'Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on n'est mieux servi que par soi-même, dit l'adage.

Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d'Ivoire et le futur visage français de l'économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l'Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les Ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA à payer les salaires, d'une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique.

Au moment où les ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et le Groupe BOUYGUES choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président GBAGBO propose un projet deux fois moins cher et sans péage.

Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs rétro-commissions.

Les divergences d'approche du développement de la Côte d'Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des Ivoiriens par le Président Laurent GBAGBO sont la cause fondamentale de l'emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d'Ivoire par la Françafrique.

Par Ahoua Don Mello Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l'équipement et d'assainissement du gouvernement Gilbert Aké N'Gbo

A l’âge du péage! 

Magistral, imposant, le troisième pont de la Côte d'Ivoire a enfin été inauguré le 15 décembre dernier par le président Alassane Dramane Ouattara. Bien plus qu'un joyau architectural, cet ouvrage se veut surtout le témoignage du génie de l'Homme et surtout de son désir inaltérable de dompter la nature et de la soumettre à sa volonté, de créer pour lui un cadre de vie de plus en plus agréable.

alt

Magistral, imposant, le troisième pont de la Côte d'Ivoire a enfin été inauguré le 15 décembre dernier par le président Alassane Dramane Ouattara. Bien plus qu'un joyau architectural, cet ouvrage se veut surtout le témoignage du génie de l'Homme et surtout de son désir inaltérable de dompter la nature et de la soumettre à sa volonté, de créer pour lui un cadre de vie de plus en plus agréable.Inauguré en grande pompe, ce pont, d'une longueur d'un kilomètre et demi et qui aura coûté la bagatelle de 153 milliards de nos francs, est le plus grand jamais réalisé en Afrique de l'Ouest. Il faut reconnaître par ailleurs, qu'outre son caractère utilitaire incontestable, cet ouvrage participe de l'urbanisation de la ville d'Abidjan. C'est pourquoi les Ivoiriens ont de bonnes raisons d'en être fiers. Toutefois, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Car, si l'unanimité est faite autour de l'importance de ce pont pour le développement socioéconomique du pays, il se trouve néanmoins des voix qui, sans intention de gâcher la fête, voudraient cependant ramener les initiateurs du projet colossal, en l'occurrence ADO, à avoir le triomphe plus modeste.

En effet, certains Ivoiriens ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer pour emprunter ce pont. Rappelant à souhait que ce pont est le 3e du pays et que les deux premiers n'ont jamais fait l'objet d'un tel « deal ». Pourquoi Alassane tient-il donc à les « raqueter » sous prétexte de vouloir assurer à travers cette taxe, l'entretien de la voie? Et qui paie pour l'entretien des autres voies ? Pour bon nombre d'Ivoiriens, l'Etat doit procéder de la même manière qu'il assure l'entretien des autres autoroutes du pays, pour assurer l'entretien de cette nouvelle voie. Ceux qui donnent de la voix réagissent comme si la Côte d'Ivoire inventait le principe du péage

Mais il faut dire que cette polémique n'aurait pas existé, et surtout atteint cette ampleur, si la politique n'était pas passée par là. On se rappelle en effet que la construction de ce pont a été l'une des promesses électorales phares du candidat Alassane Dramane Ouattara. En pleine campagne électorale, il n'avait pas hésité à promettre à ses compatriotes, un pont qui relierait La Riviera à Marcory, deux principaux quartiers situés l'un au Nord et l'autre au Sud de la capitale politique, Abidjan.

Comment comprendre alors que Alassane Ouattara, une fois élu, exige qu'ils paient pour traverser un pont pour lequel ils ont, peut-être en partie, troqué leurs bulletins dans l'urne? Pour beaucoup, ADO n'a pas respecté sa parole. Cela s'appelle simplement de la trahison. Sous cet angle, on pourrait dire que le président ivoirien paie le prix d'une communication volontairement truquée à des fins électoralistes. La construction de ce pont a nécessité d'énormes investissements et, à ce titre, ADO aurait dû prévenir ses compatriotes qu'une contribution patriotique leur serait demandée pour assurer l'entretien de l'ouvrage. Cela aurait donné à chacun le sentiment d'avoir participé à l'édification d'un ouvrage aussi important pour le pays. Mais pour avoir voulu utiliser cet ouvrage à des fins électoralistes, ce gigantesque ouvrage est devenu le pont de la polémique. Déjà, certains ténors de l'Opposition ivoirienne ont saisi l'occasion pour protester contre le fait de baptiser le pont du nom de l'ex-président Henri Konan Bédié.

Faut-il donner raison à ces mécontents? Rien n'est moins sûr. On peut déjà faire remarquer que sous nos tropiques, on est trop porté sur la gratuité. L'Africain aime « trop cadeau », comme on le dit trivialement sous les cieux ivoiriens. Et cela est en passe d'être une culture en Afrique. Et puis, tous ceux qui donnent de la voix réagissent comme si la Côte d'Ivoire inventait le principe du péage. On peut également ne pas être d'accord avec eux pour la simple raison que l'emprunt de ce pont n'est pas sans bénéfices: gain en temps, les "go slows" relevant aujourd'hui du casse-tête abidjanais, gain en carburant et par ricochet gain en argent. Un calcul vite fait, comme du reste l'ont souligné les autorités ivoiriennes, et l'Ivoirien pourrait se rendre compte que ce pont vaut bien un détour et que la chose s'avère « toute bénéf ».

Pont de la polémique, pont des marchandages et des calculs politiques, ce joyau va vraiment voir couler un courant de salive. Pourvu qu'il ne devienne pas le pont de la discorde. Tout ce qu'on peut espérer des autorités ivoiriennes, c'est qu'elles travaillent à rendre, dans les meilleurs délais, l'accès à ce pont gratuit, pour le bonheur du peuple ivoirien qui ne sera alors que plus fier de ce somptueux patrimoine.

La raison du plus fort est toujours la meilleure?  

"Il y a eu une improvisation sur le Mali et la Centrafrique. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas intervenir, mais je n'ai toujours pas compris ce qu'on allait y faire. Le Mali, c'est du désert, des montagnes et des grottes. Quand je vois le soin que j'ai mis à intervenir en Côte d'Ivoire... On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara, sans aucune polémique, sans rien".

alt

"Il y a eu une improvisation sur le Mali et la Centrafrique. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas intervenir, mais je n'ai toujours pas compris ce qu'on allait y faire. Le Mali, c'est du désert, des montagnes et des grottes. Quand je vois le soin que j'ai mis à intervenir en Côte d'Ivoire... On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara, sans aucune polémique, sans rien". Nicolas Sarkozy a fait cet aveu de taille, lors des nombreux rendez-vous secrets qu'il a eus pendant sa retraite politique de 2 ans et demi avec Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel pour chroniquer le quinquennat de François Hollande.

Des confidences que les deux journalistes français ont consignées dans un livre paru, en novembre 2014, aux éditions Flammarion, sous le titre: "Ça reste entre nous, hein ? Deux ans de confidences de Nicolas Sarkozy". Et qui dévoile, selon l'éditeur, "un Sarkozy brut de décoffrage, sans le filtre de la communication que les Français détectent et abhorrent".

Les vérités d'un aveu 

Nicolas Sarkozy avoue avoir installé Alassane Ouattara en renversant le président Laurent Gbagbo, déclaré élu à l'issue de l'élection présidentielle de novembre 2010, et investi comme tel par le Conseil constitutionnel, l'unique juge des élections en Côte d'Ivoire. Gbagbo a été "sorti" pour qu'Alassane Ouattara soit "installé" comme l'affirme Nicolas Sarkozy, à la page 39 du livre. La première vérité, c'est qu'il s'agit d'un aveu pur et simple de coup d'Etat.

La 2ème vérité dévoilée par cet aveu, c'est que Sarkozy reconnaît l'implication de la France dans le drame ivoirien qui a coûté la vie à des milliers d'enfants, de femmes et d'hommes. La troisième vérité, c'est la raison économique qui a motivé, comme l'indique Nicolas Sarkozy, la barbarie de l'armée française en Côte d'Ivoire.

Notre pays étant pour la France, une vache à lait. Dès lors, toutes ses ressources naturelles énormes doivent être contrôlées par la France. Toutes ces vérités contredisent clairement ce que Nicolas Sarkozy avait toujours brandi comme argument au début de son offensive contre le président Gbagbo dans une affaire de contentieux électoral.

A savoir que c'était pour "le respect du choix des Ivoiriens exprimé dans les urnes". Le choix des Ivoiriens n'était pas Ouattara.

Gbagbo qui en était sûr avait demandé le recomptage des voix sous la supervision de la communauté internationale pour voir où se trouvait la vérité. Mais cette démarche démocratique et pacifique avait été catégoriquement récusée par Sarkozy, qui a usé de la violence militaire pour installer son poulain, Alassane Ouattara, à la tête de la Côte d'Ivoire.

Attention à ne pas se faire chiper la révolution! 

«Ils voulaient que je parte, je suis parti. Si le pays va mieux, et c'est tout ce qui m'importe, ils auraient eu raison. L'Histoire nous le dira», a prévenu Blaise Compaoré dans les colonnes de Jeune Afrique N°2809 paru du 9 au 15 novembre 2014.

alt

«Ils voulaient que je parte, je suis parti. Si le pays va mieux, et c'est tout ce qui m'importe, ils auraient eu raison. L'Histoire nous le dira», a prévenu Blaise Compaoré dans les colonnes de Jeune Afrique N°2809 paru du 9 au 15 novembre 2014.Les propos doux-amers de l'ancien chef de l'Etat burkinabè sonnent comme un délit de parjure puisque, personne n'a «voulu» que le président du Faso «parte» du pouvoir ! Non. Le peuple lui a simplement demandé de mettre fin à la mise en place d'un Sénat onéreux et inopportun et surtout de retirer «son» projet de modification de l'article 37 de la Constitution...

«Le devoir sacré du respect de la Constitution», a rappelé avec insistance le président du Faso, Michel Kafando, lors de la cérémonie de passation des charges le 21 novembre 2014 à Ouagadougou! «Il n'est pas de plus grande sagesse, de marque plus évidente de sens de l'Etat que de savoir, le moment venu, passer le flambeau à la génération suivante. Les gouvernants ne devraient pas manipuler ou modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà des mandats prescrits qu'ils ont acceptés lorsqu'ils ont pris leur fonction», a fulminé Kofi Annan, lors d'un Sommet de l'Unité africaine en 2004 à Addis Abeba.

«Cette forfaiture», pour reprendre le mot-symbole du Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, prononcé le 16 novembre 2014 à Ouagadougou à l'occasion de la signature historique de la Charte politique de la Transition, a valu ainsi au peuple burkinabè de «payer, relèvera avec pertinence Michel Kafando, le prix des errements et l'aveuglement d'un système qui, jusqu'à l'entêtement, a refusé de regarder la réalité en face».

En refusant le «moins», Blaise Compaoré a dû devoir réaliser le «plus»: c'est-à-dire perdre tout, y compris le pouvoir. «Désormais les hommes politiques feraient mieux d'écouter la voix du peuple», a assené le chef du Gouvernement. Les marxistes nous enseignent que «Les lois de l'histoire sont plus fortes que les appareils bureaucratiques».

Le régime de Blaise Compaoré étant maintenant déchu, il faut que les Burkinabè inventent impérativement une nouvelle mentalité, une nouvelle génération de personnel politique portée à l'écoute de nos détresses quotidiennes. Et les défis sont nombreux.

En effet, a indiqué le chef du Gouvernement, «une chose est d'avoir chassé Blaise Compaoré du pouvoir par une insurrection populaire, mais une autre est de travailler à sortir de l'instabilité dans le cadre d'une transition apaisée, à même de conduire notre pays vers des élections démocratiques, transparentes, libres et justes». Après donc le droit à la contestation du pouvoir déchu, les Burkinabè doivent passer à présent au droit à l'obéissance du pouvoir-nouveau.

Relevons le défi lancé par le régime Compaoré!

Mettons-nous rapidement au travail afin de ne pas être victimes de notre courage surhumain des 30 et 31 octobre 2014. Certes, il se trouverait toujours des Burkinabè à l'esprit retors qui prieront à l'intérieur de leurs cases lugubres pour que le train de la Transition politique si attrayante reste sur les rails ! Nous devons manifester notre désir de reconstruire ensemble un Etat nouveau et une conscience politique nouvelle. Les nouvelles autorités politiques de la Transition doivent offrir aux Burkinabè une société confiante en son avenir, consciente en son passé car il serait trompeur, bien trompeur de croire qu'il nous est possible d'équilibrer le présent et de préparer l'avenir sans se souvenir du passé, fut-il douloureux.

Cultivons la cohésion et la justice sociale et tavaillons au retour de la paix. Gardons à l'esprit que toute l'activité de l'Etat sert à la réalisation durable du bien commun qui est la fin et la règle de l'Etat. Peuple du Burkina, ensemble, mettons-nous au travail et réussissons cette parenthèse politique chargée de symboles forts ! Mettons-nous au travail comme nous avons su si bien le faire sous le régime déchu. Pendant 27 ans, des hommes et des femmes ont été spoliés et vampirisés ; pendant 27 ans un certain personnel de l'administration publique a été délibérément clochardisé et vidé de sa dignité ; pendant 27 ans, le régime a exalté la culture des médiocres qui, propulsés au cœur de la décision, narguaient les pestiférés de la République. Nous avons souffert dans le silence.

Oui, «l'égoïsme, l'arrogance, la rapacité et la méchanceté de certains des filles et fils du Burkina égarés avaient, a dénoncé le Premier ministre, Yacouba Zida, dangereusement et misérablement» ouvert des «fissures» dans les cœurs des Burkinabè que l'insurrection des 30 et 31 octobre 2014 a fort heureusement pansées rapidement.

L'«idéal prôné par la Révolution de 1983» a été dévoyé, a regretté le nouveau président du Faso. Celui-ci a ajouté avec consternation : «En lieu et place, trente ans après, nous assistons à un saut qualitatif et surtout quantitatif brusque, pourvoyeur de richesses inexpliquées, de privilèges indus, d'avantages oligarchiques». Michel Kafando a pris un engagement fort devant l'Histoire : «Nous règlerons bientôt les comptes à ceux qui pensent qu'ils peuvent impunément dilapider les deniers publics . Nous avons les yeux ouverts».

Des ressources limitées

Le Burkina est un pays aux ressources limitées. Aussi, le recentrage et la diminution du nombre de portefeuilles ministériels (25) rendus publics, le 23 novembre 2014, relève de la realpolitik. L'heureuse conséquence de cette approche économiquement pragmatique sera le regroupement de plusieurs ministères dans des édifices communs appartenant à l'Etat. En effet, de nombreux départements étaient sciemment dissimilés dans des bâtiments privés dans les quartiers insoupçonnés appartenant à des promoteurs immobiliers privés amarrés au pouvoir politique. A ce niveau d'ailleurs, un audit des contrats de bail entre l'Etat et ces spéculateurs immobiliers serait salutaire. «(... ) plus jamais d'injustice, plus jamais de gabégie, plus jamais de corruption», a promis Michel Kafando.

Tel un soldat surexcité, le peuple burkinabè, les 30 et 31 octobre 2014, a foncé et battu le tambour sous la mitraille comme Napoléon au pont d'Arcole. Ces dates rejoindront les annales de l'Histoire politique récente du «pays des Hommes intègres».

Nous sommes tous fragiles quelles que soient nos responsabilités. «L'homme n'est que l'expression parfaite de sa liberté», nous rappelle Jean-Paul Sartre. En clair, les Burkinabè sont devenus ce qu'ils souhaitent eux-mêmes être : des citoyens libres et débarrassés de cette stratégie du marteau et du paquet de friandises. L'exercice indéfiniment prorogé du pouvoir a été un cocktail propice aux immenses crispations sociales dont l'ancien Gouvernement n'a fait qu'apporter un laid saupoudrage à la démocratie burkinabè. En effet, en voulant user indéfiniment des méthodes à la pieuvre, Blaise Compaoré s'est fait encombrant auprès de ses plus proches et fidèles collaborateurs qui ont eu de l'estime et du respect pour lui. 

Mais «l'homme fort» du Burkina est-il le seul coupable et responsable de ces moments difficiles qu'a traversés le pays ? Non. Peut-être le pire aurait-il été évité si ces députés sans compétence ni droiture morale n'avaient poussé le chef de l'Etat dans une flagornerie dont lui-même devrait prendre la mesure quand on sait qu'il a de la bouteille dans la carrière politique. Mais enfin ! Tout flatteur vit au... Il y a comme une sorte d'ivresse dans les hauteurs. Blaise Compaoré a contribué inutilement à mettre à terre les pièces détachées de la République pour laquelle lui-même a donné de sa vie. Il a dilapidé en 48 heures l'exceptionnel capital de popularité dont il disposait.

«Il y a du mérite sans élévation mais il n'y a point d'élévation sans quelque mérite», La Rochefoucauld. Le Burkina Faso doit sortir de ces Républiques calamiteuses tropicalisées où les chefs d'Etat se croient toujours investis en unique et indiscutable curé du village.

En réalité, le régime de Blaise Compaoré dont lui-même avait déjà épuisé le charme depuis maintenant une décennie, était une démocratie en trompe-l'œil. Rappelez-vous : des élections régulièrement organisées sous la supervision de l'ODP/MT et plus tard du CDP, des scrutins dont les résultats sont connus avant même la fin des votes. On notait aussi sous l'ancien régime, la politisation de l'administration, des «disparitions» suspectes de personnalités et de citoyens ordinaires, la délinquance économique et la confiscation de la manne financière par un clan propulsé aux manettes des fleurons de tous les secteurs «juteux» de la société.

C'est connu et admis : les régimes combinant les attributs de la démocratie et de l'autoritarisme finissent toujours dans la poubelle de l'histoire. Blaise Compaoré a donc quitté le pouvoir après 27 ans de présence au sommet d'un Etat dont le sort que lui réserve le sort n'est pas pétillant ! Il commence une nouvelle vie en tant qu'«évadé» du palais présidentiel. Une sortie assez étroite quand même !

Cet exil auquel il va devoir s'habituer va-t-il mettre son moral en berne ou au contraire va-t-il requinquer cet «homme si fort» ? Ici au Burkina, et en attendant, une vague d'optimisme semble submerger le Burkina Faso.

La relance ivoirienne! 

Petit bijou d'architecture, le Pont Henri Konan Bédié (HKB) d'Abidjan est digne des mégalopoles les plus modernes. Inauguré le 16 décembre 2014, il incarne les promesses que recèlent les infrastructures pour le pays. Et au-delà, pour toute l'Afrique. 

alt

Petit bijou d'architecture, le Pont Henri Konan Bédié (HKB) d'Abidjan est digne des mégalopoles les plus modernes. Inauguré le 16 décembre 2014, il incarne les promesses que recèlent les infrastructures pour le pays. Et au-delà, pour toute l'Afrique. Tout à la fois pont et autoroute, cette nouvelle voie rapide relie le nord et le sud de la capitale ivoirienne, rapprochant ainsi les deux communes de Riviera et Marcory. Le pont Henri Konan-Bédié s'élance depuis un échangeur sur le boulevard François Mitterrand, dans le quartier de Cocody, pour franchir, sur un viaduc de 1,5 km de long, la lagune Ebrié qui baigne Abidjan. Du côté nord du pont, côté Cocody, une vingtaine de postes à péage flambant neufs marque un passage obligé pour rallier l'ancienne route de Bingerville, le vallon de Blingué (entre l'université et les lotissements de la Riviera) et le boulevard de France. Sur la berge opposée, côté Marcory, où se dresse l'Institut national de la Jeunesse et des Sports, un autre échangeur dessine sa courbe à l'entrée de l'avenue Pierre et Marie Curie et du boulevard Valéry Giscard d'Estaing. 

Le Pont Henri Konan Bédié devrait désengorger ses deux prédécesseurs, les ponts Houphouët Boigny (érigé dans les années 1950) et Charles de Gaulle (datant de la fin des années 1960), saturés aux heures de pointe - et une grande partie de la journée. Surtout, en évitant de contourner la lagune, itinéraire obligé jusqu'ici, le nouveau pont offrira gain de temps et économie de parcours. Par exemple, se rendre de la Riviera à Marcory via le pont HKB prendra 30 minutes de moins et évitera 10 km de trajet par rapport à ce qui se faisait jusqu'ici. Celui qui, résidant à Riviera, doit se rendre quotidiennement à son lieu de travail situé à Marcory (soit du lundi au vendredi) fera l'économie de 2.600 km de parcours et de 260 heures passées en voiture chaque année. Autre bénéfice majeur, lié au désengorgement du trafic: des dizaines de milliers de tonnes émissions de CO2 seront ainsi évitées. 

Un pont qui consacre l'essor du pays 

Le nouveau Pont "HKB" comme certains le surnomment - ou tout simplement "le troisième pont" - aura nécessité 3 ans de travaux. Mais le projet est bien plus ancien, dans les cartons des plans d'urbanisme d'Abidjan, dès 1952. Le temps passant, la ville n'a cessé de s'étendre et le trafic de se densifier, aiguisant davantage encore la nécessité de concrétiser le projet. Et c'est le 14 novembre 1997, que l'État de Côte d'Ivoire a signé une Convention de concession avec la société SOCOPRIM, constituée pour l'occasion avec le groupe Bouygues pour actionnaire principal, lui confiant ainsi la construction et l'exploitation du futur ouvrage. Mais à peine les travaux (déplacement de réseaux et d'assainissement) entamés en 1999, le coup d'État militaire qui surprend le pays en décembre 1999 contraint la SOCOPRIM à suspendre ses activités - sine die. Le retour de la paix et la reprise économique qu'entérine l'année 2010 ravive la nécessité de redémarrer le projet. Et, grâce à l'avance de fonds que débloque l'Etat ivoirien, les travaux redémarrent en 2011. 

20% du projet financés par la BAD 

Entretemps, de nouveaux bailleurs de fonds se sont impliqués dans le projet: BOAD (Banque Ouest-Africaine de Développement), BIDC (Banque d'Investissement et de Développement de la CEDEAO), BMCE (Banque Marocaine pour le Commerce Extérieur), FMO (Institution de financement du développement des Pays-Bas) et SFA (Société Financière Africaine). Quant à la BAD (Banque Africaine de Développement), celle-ci a assumé pas moins de 20% du coût total du projet (58 millions d'euros), lequel s'élève à 308 millions d'euros. 

Cette réalisation conforte l'expertise que la BAD a développée en matière d'infrastructures au-delà des frontières du pays, à travers tout le continent. En témoignent la Thika highway au Kenya et l'autoroute Dakar-Diamniadio au Sénégal, qui ont vu le jour, grâce à elle, illustrant sa volonté d'accélérer le développement des infrastructures sur le continent. 

Coïncidence du calendrier hautement symbolique d'ailleurs, le pont HKB est inauguré l'année même du retour de la BAD à son siège à Abidjan. Autre spécificité de ce 3ème pont, il a été bâti dans le cadre d'un Partenariat Public-Privé (PPP), un modèle économique dont la BAD a tiré parti pour démultiplier les ressources. Et qui pourrait inspirer d'autres projets.

«Le résultat du partenariat entre l'Etat et les capitaux privés est visible et excellent à tout point de vue. Le pont HKB est construit dans les délais et dans les coûts financiers. Ce résultat est dû au fait que toutes les parties prenantes, publique comme privées, à ce projet phare en Côte d'Ivoire ont absorbé et géré le risque qui leur était alloué. La réussite du projet HKB va donc servir de détonateur a d'autres investissements en Afrique en PPP. La BAD a actuellement dans son pipeline de projets, plusieurs projets qui peuvent être financés sur le même modèle, et nous sommes en discussion avec plusieurs investisseurs privés et les États concernés», se réjouit la directrice du Département du secteur privé de la BAD, Kodeidja Diallo. 

Un chantier titanesque 

Toutefois, concrétiser ce projet d'infrastructure n'a pas été une mince affaire. Loin de là. A commencer par la réquisition des terrains, occupés en masse, entre habitations, petits commerces, artisans et activités agro-pastorales - à Marcory notamment. Il a donc fallu déplacer et reloger tout ce monde - et pas qu'une fois, la suspension des travaux durant le conflit ayant entraîné une réoccupation des terrains libérés dès 1998. Le Plan révisé de réinstallation des personnes a permis de régler ce volet, en conformité avec les normes requises par la BAD et les autres bailleurs. Il a aussi fallu réaménager des zones qui posaient de sérieux problèmes au plan de l'environnement, à l'instar de l'îlot d'Anoumabo, "village" de 27.000 âmes situé au cœur de Marcory où des porcheries fonctionnaient à plein régime, non loin d'une décharge jouxtant la lagune. Bien sûr, il a fallu indemniser tous les concernés. D'autres actions vertueuses ont été engagées, comme la réhabilitation de salles de classe. Résultat, le village qui a vu naître le célèbre groupe de musique Magic System, qui se produit au-delà des frontières du pays, en a été métamorphosé, ourlé d'une bande de sable bordée de cocotiers. 

Une autre décharge importante qui se trouvait à proximité immédiate du futur pont, en contrebas de l'université d'Abidjan, a dû être comblée et supprimée. Ce, afin d'éviter qu'en cas de fortes pluies, les déchets ne dévalent les pentes et ne se déversent dans la lagune. 

Au total, ce sont quelque 2.499 personnes affectées par le projet, qui ont donc été indemnisées. Quant aux opérateurs économiques qui se trouvaient dans la zone de l'emprise, petits artisans et commerçants pour la plupart, leur déplacement a été pris en charge par les promoteurs du projet, autrement dit l'État ivoirien et la SOCOPRIM. 

Révolution socio-économique à l'horizon 

Les attentes suscitées par le Pont HKB sont nombreuses, et pas seulement liées à l'allégement du trafic. C'est toute la donne socio-économique de la capitale qui devrait s'en trouver changée - outre les centaines d'emplois créés durant les travaux. Foncier valorisé, quartiers désenclavés et assainis, cadre de vie amélioré, urbanisme modernisé pour une capitale plus attractive, le projet concrétisé a quantité de retombées et nourrit autant d'espoirs. D'autant que les conditions d'accès aux infrastructures et services publics, tels que le CHU de Cocody, l'Aéroport Félix Houphouët-Boigny ou encore l'Université de Cocody, sont aujourd'hui bien meilleures pour les populations de l'Île de Petit-Bassam et des autres communes situées au nord du district d'Abidjan.

Le Pont HKB, maillon d'une chaîne d'infrastructures et d'investissements 

La mise en fonction et les impacts du nouveau Pont HKB ne sont qu'un début: à moyen et long terme, cet ouvrage tout à la fois monumental et esthétique, se muera en un vecteur de développement industriel et d'intégration régionale, grâce aux travaux et nouveaux corridors qu'il est prévu de poursuivre à travers le pays. 

Qu'en dit Bédié? 

Le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny, a déposé  sa lettre de candidature à l'investiture du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci-Rda) pour la présidentielle 2015.

alt

Candidat à l'investiture du Pdci pour la présidentielle de 2015, Charles Konan Banny a obtenu, samedi 13 décembre 2014, le soutien d'une centaine de femmes de ce parti.Mobilisées à son domicile, elles lui ont demandé «d'aller chercher le trône pour leur bien. Nous avons appris par voie de presse que vous êtes candidats à l'investiture du Pdci-Rda pour la présidentielle de 2015. Nous venons appuyer et soutenir cette candidature», a indiqué la présidente des amazones pour Banny, Mme Meledje.

Appréciant à sa juste valeur ce soutien des femmes, Charles Konan Banny a révélé avoir informé le président Bédié de sa démarche avant de déposer ses dossiers. Il s'est ainsi présenter comme le dernier à quitter le navire du Pdci-Rda, si ce dernier doit couler.

«Je veux que le Pdci-Rda existe et je veux en être le porte flambeau. C'est une obligation pour moi de sauver le parti et de sauvegarder l'héritage du Président Félix Houphouët Boigny», a-t-il dit. Justifiant sa candidature, il a indiqué qu'après Houphouët, aucun des héritiers n'est parvenu à construire une Côte d'Ivoire de paix et de progrès.

Face à un tel schéma, il se présente comme l'alternative crédible afin de réconcilier les ivoiriens et de mettre le pays sur la voie du développement durable. Tout en rassurant les femmes venus le soutenir, il a indiqué qu'il ne reculera pas et que même si sa candidature au sein du Pdci n'était pas acceptée, il aviserait.

«Il y a plusieurs schéma, et même si ma candidature n'est pas retenue, je trouverai les moyens pour aller chercher le trône, telle est la mission que vous m'avez confiée», a-t-il conclu.

N'Guessan Affi...dataire du parti? 

Depuis la Haye où il se trouve, Blé Goudé aurait donné son onction à Affi N'Guessan pour la gestion du parti. Même si l'information circule sous cape en interne, elle est bien connue des "TSA", c'est-à-dire des "Tout sauf Affi". Et beaucoup parmi eux n'en reviennent pas au point de faire profil bas devant le président du FPI. 

alt

Depuis la Haye où il se trouve, Blé Goudé aurait donné son onction à Affi N'Guessan pour la gestion du parti. Même si l'information circule sous cape en interne, elle est bien connue des "TSA", c'est-à-dire des "Tout sauf Affi". Et beaucoup parmi eux n'en reviennent pas au point de faire profil bas devant le président du FPI. Cependant, devant leurs militants, ils tentent de dénier à Affi sa popularité qui va crescendo au sein du parti. L'ancien maire de Bongouanou, conscient du soutien de celui (Blé Goudé) qui a toujours été une icône au sein de la jeunesse de ce parti, n'entend pas lâcher du leste. En effet, Blé et Affi regardent dans la même direction. Ils n'entendent pas voir leur parti gérer par procuration, voire depuis les geôles de la Haye. Notre informateur fait savoir que le soutien de Blé Goudé vient du fait que l'on ne peut maintenir un parti en ordre de bataille s'il n'y a pas de chef en tant que tel. Pour Blé, la gestion par procuration ne saurait être la solution.

«Cela affaiblirait le FPI et conduirait à sa mort. L'avenir politique du FPI ne se trouve pas dans une prison mais bien hors de la Haye. Affi cherche à pérenniser le parti et non à le diviser. Gbagbo même sait qu'Affi est dans le vrai et qu'il a toujours fait preuve de loyauté. Sinon, il ne l'aurait pas désigné comme son directeur de campagne aux dernières élections», explique une source très proche de Laurent Gbagbo, qui ne manque pas de relever que des personnes utilisent le silence de leur mentor Gbagbo pour intoxiquer les militants. Ce qui démontre l'égoïsme et l'égocentrisme qui ont toujours habité certaines personnes.

«Il y a des individus qui n'ont jamais milité ouvertement au FPI et qui continuent d'utiliser le nom de Gbagbo comme fonds de commerce. Ces personnes se sont enrichies sous Gbagbo et ne sont jamais revenues au pays après avoir pris la poudre d'escampette. Ceux qui aiment le parti, ceux qui veulent la survie du parti savent que l'avenir du FPI ne s'accommode pas de gestion-fiction», préciserait la source.

Des propos en phase avec les aspirations de Blé Goudé qui estime aussi qu'un parti sérieux est celui qui aspire à prendre le pouvoir après avoir tiré les leçons de certaines actions. Il soutient aussi que c'est l'union qui doit prévaloir dans un parti et non la division tant prônée par des pseudo-militants qui, depuis des pays frontaliers, après s'être abreuvé à la sève du parti et de son président, refusent que le parti avance. Fort de ce soutien, de celui des fédéraux et de bien d'autres personnalités qui en temps opportun, déclareront ouvertement leur flamme à Affi, l'actuel président du parti à la rose, qui, sauf changement de dernière minute, va rompre le silence.

La semaine prochaine, ce silence d'Affi qui intrigue plus d'un, sera brisé par la déclaration de celui qui aujourd'hui est un épouvantail pour la gestion par procuration du FPI. Et aujourd'hui, les plus introduits savent ce qu'il va annoncer à l'opinion nationale et internationale. Sauf cataclysme, Affi maintiendra sa candidature.