Africulture - Africa Nouvelles

Sans faute aux photos! 

Survie, solitude, violence, paradis artificiels, jeux... Dotés d'appareils photo jetables, une trentaine d'enfants des rues de Kinshasa, Mbuji-Mayi et Bukavu ont immortalisé des scènes qui les ont interpellés. Leurs clichés sont exposés jusqu'au 8 novembre dans la capitale congolaise (RDC). 

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«C'est deux filles. L'éducateur n'était pas là, et elles se sont battues». Clarisse, 13 ans, décrit l'une des photos qu'elle a prises pour l'exposition «A travers le regard d'un enfant dit de la rue», qui fermera ses portes le 8 novembre à Kinshasa. A quelques clichés de là, sa deuxième photo: des jeunes qui fument du chanvre et jouent aux dames sur un carton, avec pour pions des capsules de bière et de boissons sucrées. «Cela me faisait mal de voir qu'ils jouent à ça au lieu d'aller à l'école», justifie l'adolescente.

Le concept de l'exposition est une idée de Celina Jensen, chargée du projet «Soins appropriés pour les familles et les enfants» de l'ONG américaine "Save the Children". Elle a payé de sa poche des appareils photos jetables, les a remis aux enfants, les a briefés, et a laissé la magie opérer.

Le terrible quotidien des enfants

A Kinshasa, Mbuji-Mayi (centre) et Bukavu (est), les enfants (une dizaine dans chaque ville) ont pris quelque 700 photos, essentiellement de jour et, pour certaines, dans les centres de transit qui les accueillent provisoirement. Au final, 56 clichés sont affichés sur les murs de l'espace culturel Bilembo, proche de l'ambassade de France, dans le nord de la capitale congolaise. Une vingtaine d'autres, de moins bonne qualité, sont présentés sur des tables, en petit format.

Une étendue de sable, recroquevillée, une enfant dort. «C'est mon amie, elle était avec moi dans la rue», raconte Sarah, 12 ans, qui ne sait pas ce que la fillette est devenue. Christian, 12 ans, a pour sa part immortalisé les outils d'un enfant cireur de chaussures, un travail qu'il a lui-même exercé pour survivre. «Cet enfant fait ça parce que sa vie n'est pas bien. On a abandonné cet enfant, et du coup, il fait ça», lâche-t-il.

L'exposition montre le terrible quotidien des enfants (dormant à même le sol ou sur un matelas d'ordures, fumant du chanvre ou se saoulant à l'alcool bon marché), mais elle dévoile aussi des lueurs d'espoir dans la noirceur de leur existence. Comme ce bébé qui sourit toutes quenottes dehors en se tenant à un bidon jaune à peine plus petit que lui. Ou ces jeunes qui étudient, jouent aux dames, dans l'eau, au football, rappelant que, bien que forcés de grandir plus vite que prévu, ils ne sont pas encore adultes.

«Plus de compassion pour les enfants des rues»

Survie, solitude, violence, paradis artificiels, jeux... Un cycle que des mineurs connaissent pour certains depuis des mois, voire des années. «J'ai voulu que tout le monde comprenne un peu la vie des enfants», commente Celina Jensen. «J'espère que les gens vont avoir plus de compassion pour les enfants de la rue parce que les enfants sont vraiment agressifs et c'est facile d'être un peu fâché contre eux, mais ces enfants ne connaissent pas l'amour, ils ne connaissent que l'abus pour la plupart». 

Des abus parfois extrêmes. «Les autres enfants te frappent pour te rendre fort», raconte Evodie, adolescente de 13 ans. Comme Evodie et Clarisse, Sarah, 16 ans, a été accusée de sorcellerie et jetée dehors. Elle avait alors 6 ans. «Avec d'autres enfants, on volait beaucoup, on ramassait des choses à manger. Tu dors au marché, il pleut, la pluie tombe sur toi...» Elle a ensuite trouvé refuge dans une église. «Mais le prophète m'a violée. J'ai été au tribunal pour enfants, et il a été condamné», narre l'apprentie esthéticienne.

Trouver des solutions pour appuyer les familles

Save the Children espère sensibiliser à une approche différente du problème. «La plupart des enfants qui habitent la rue ont encore un ou les deux parents, mais on les a abandonnés à cause de la pauvreté ou à cause des accusations de sorcellerie. La solution n'est pas de tous les mettre dans les orphelinats, mais de trouver des solutions pour appuyer leurs familles», estime Celina Jensen, qui annonce que quelques enfants-photographes ont retrouvé leur foyer.

Une trentaine de photos ont été vendues, à 50 dollars pièce, et la somme collectée sera en principe reversée aux trois centres de transit de Kinshasa, Mbuji-Mayi et Bukavu, qui manquent de moyens. Alors que sa mission en RDC touche à sa fin, Celina Jensen songe à reconduire cette expérience photographique avec les jeunes de la rue de Vancouver, dans son Canada natal. D'ores et déjà, elle prédit que les réalités des deux pays ne sont pas si différentes.

Du 7 au 15 novembre 2015!

La ville de Dakar va abriter, du 7 au 15 novembre prochain, l'exposition collective «Wave». Prévu au Musée Monod d'art africain, ce projet sur l'ingéniosité est imaginé et produit par Bnp Paribas et regroupe 20 projets permanents à travers le monde. 

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Dans un contexte où l'ensemble de la planète est confronté à «de vastes défis sociaux et environnementaux, une multitude d'initiatives portées par des femmes et des hommes venant des quatre coins du monde prouve que de solutions existent pour faire mieux avec moins». C'est tout le sens de l'exposition sur l'ingéniosité collective qui sera présentée du 7 au 15 novembre prochain au Musée Monod d'art africain de Dakar.

Intitulée «Wave», cette exposition inspirante à l'initiative de la Bnp Paribas et de la Bicis est, selon les organisateurs, un lieu d'échanges et de partage qui accueille une programmation d'événements variés, gratuits et ouverts à tous. Selon Agnès Zevacio, chargée de l'organisation, après une première édition à Paris en 2014, l'exposition « Wave » est passée en 2015 par Lille, Marseille, Nantes, Grenoble et Toulouse ainsi que Milan, Istanbul, San Francisco et Mumbai. Elle va poursuivre sa route en 2016. Et ce sera donc pour la première fois qu'elle sera présentée en Afrique, au Sénégal. Il s'agira ainsi d'exposer 20 projets réalisés par des personnes ingénieuses.

«"Wave" relaie le brouillement créatif de l'ingéniosité collective sur tous les continents. Cette dernière se définit par la simplicité et la flexibilité, une autre manière de penser et de tirer avantage des circonstances pour transformer ensemble les contraintes en opportunités», déclarent les organisateurs du projet, qui se veut également explorer les principaux courants de l'ingéniosité collective dont l'économie inclusive, la co-création, le mouvement makers et l'économie du partage.

«L'exposition "Wave" de Dakar sera également l'occasion, pendant plus d'une semaine, de diverses rencontres sur des thèmes variés comme l'innovation, l'entreprenariat social et le mouvement des makers. Aussi, une carte sur «l'ingéniosité collective dans la région de Dakar» sera présentée», a fait comprendre Mme Zevacio.

A Dakar, ont été retenus pour prendre part à cette exposition, les projets:

♦ "Bio essence" (produits bio made in Africa); 

♦ "Kër Thiossane" (un espace partagé pour redynamiser un quartier); 

♦ et "Louma" (la plateforme qui connecte le monde agricole). 

Cela, conformément au principe de «Wave» présentant à chacune de ses éditions trois projets illustrant l'ingéniosité collective à l'échelle locale.

 

Logique écologique!

Hussein Malla, un garçon âgé de 9 ans, a été déclaré vainqueur de régional Afrique du concours international de peinture pour enfants, organisé par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) et la FGPE (Fondation pour la Paix Mondiale et la Protection de l'Environnement). 

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L'œuvre primée d'Hussein, met en parallèle le monde d'aujourd'hui avec celui auquel nous aspirons. En arrière-plan, un arc-en-ciel lumineux alimenté par des sources d'énergies renouvelables s'étend au-dessus d'un monde gris pollué, doté de technologies inefficaces. Au premier plan, un sablier symbolise le peu de temps qu'il reste pour que l'humanité adopte une transition vers les énergies vertes.

Le thème de la compétition cette année, "Nous avons le pouvoir" appuie la Décennie des Nations Unies pour des énergies durables pour tous et vise à promouvoir l'usage d'énergies renouvelables ainsi qu'à attirer l'attention sur l'importance de l'efficacité énergétique.

En 2014, les perspectives pour l'Afrique en matière d'énergie ont démontré que plus de 620 millions de personnes en Afrique n'ont pas accès à l'électricité et que 730 millions de personnes dépendent de méthodes de cuisson dangereuses et inefficaces. Des initiatives telles qu'Accès aux énergies renouvelables Afrique 2020 et African Rift Valley Geothermal Development Facility (ARGeo) oeuvrent à rendre le rêve d'Hussein réalité en offrant des services énergétiques propres à un coût abordable à des millions de personnes.

L'accès à des services énergétiques propres, fiables et abordables est crucial pour le bien-être en Afrique afin de pouvoir aspirer à un futur durable pour tous, aux multiples bénéfices pour le développement économique et social, la santé humaine, l'environnement et le climat.

Plus de 2200 peintures de 8 pays d'Afrique ont été reçues pour l'édition du concours international de peinture pour enfants de cette année, ouvert aux enfants âgés de 9 à 14 ans. Chaque bureau régional du PNUE (Afrique, Amérique du Nord, Amérique latine et Caraïbes, Asie de l'Ouest, Asie-Pacifique et Europe) ont choisi leur vainqueur régional. La sélection du gagnant de la région Afrique a été coordonnée par le bureau régional Afrique du PNUE, à Nairobi. Un jury composé de graphistes ainsi que d'experts dans le domaine de l'énergie ont sélectionné les vainqueurs.

Depuis 1991, le concours a vu la participation chaque année de plus de 3 millions d'enfants de 190 pays. Les deux autres finalistes, Bhavini Varsini et Aadil Shah, tous deux 14 ans, viennent également du Kenya.

Le concours international de peinture environnemental fait partie de la stratégie TUNZA du PNUE pour les enfants et les jeunes. TUNZA est un mot kiswahili qui signifie «traiter avec soin». L'objectif de l'initiative TUNZA est de susciter un mouvement international pour encourager la participation active des jeunes et des enfants aux activités mondiales relatives à l'environnement ainsi que faciliter l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes leaders engagés. qui influenceront le processus de décision environnementales et agiront de façon responsable pour promouvoir le développement durable.

Afric'art! 

C’est le continent vers lequel tous les regards se portent, celui que l’économie mondiale, après l’avoir longtemps surexploité, envisage désormais comme un nouveau débouché. On veut parler de l’Afrique, dont la promesse de croissance attire les entrepreneurs et le potentiel technologique – 650 millions de portables y seraient en activité, soit davantage qu’en Europe et aux Etats-Unis réunis – excite toutes les convoitises.

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L’Afrique fait l’objet d’une exposition au Vitra Design Museum de Weil-am-Rhein en collaboration avec le Guggenheim de Bilbao, organisée par la commissaire Amelie Klein épaulée par Okwui Enwezor, curateur de la Documenta 11, directeur de la Haus der Kunst de Munich et de la prochaine Biennale de Venise.

L’idée? Montrer que le continent noir, au-delà du regain d’intérêt qu’il suscite, est aussi une terre de création. Cela ne date pas d’hier. Il y a déjà quelque temps que l’art contemporain a sorti de l’obscurité le Bamako sixties photographié par Malick Sidibé, les clichés des sensationnelles coiffures tour Eiffel prises par Okhai Ojeikere et les maquettes de villes du futur de Bodys Isek Kingelez. C’était en 1989, à l’époque des «Magiciens de la terre», exposition fondatrice imaginée au Centre Beaubourg de Paris par Jean-Hubert Martin. L’accrochage dévoilait aux visiteurs vivant de ce côté-ci de l’hémisphère l’incroyable diversité d’une culture dont ils ignoraient à peu près tout. Visiteurs à qui il faut donc parfois répéter les choses, l’art africain restant souvent cantonné dans son cadre exotique.

Pour Okwui Enwezor, né à Calabar au Nigeria, ville du sud située très loin des barbares de Boko Haram qui mettent son pays à feu et à sang, l’accrochage du Vitra Design Museum doit en cela montrer une autre image d’une production design souvent limitée à l’art maîtrisé de la récupération et à l’artisanat. «Les concepts de recyclage et de réaménagement – appauvri ou informel – doivent être repensés, explique le curateur associé dans un entretien avec Amelie Klein. Nous devons replacer la productivité dans son contexte réel, afin de reléguer au second plan le sentiment de déficit généralement associé à l’Afrique.»

Alors à quoi ressemble le design contemporain africain? Il est graphique et coloré (visez ces tissus wax qui inspiraient les Milanais de Memphis il y a 35 ans déjà et plus récemment le chanteur Stromae). Il mélange aussi les influences, cultive le mix entre la tradition et la modernité. Surtout il «fait» – d’où le titre «Making Africa» qui donne son intonation générale à l’exposition – en profitant du réseau de créateurs pour mettre en commun des pratiques et des réflexions. Mais c’est un design qui parle aussi de son histoire actuelle. Gonçalo Mabunda a conçu un trône de fer – un peu comme celui de la série d’ailleurs – dont les accoudoirs, les pieds et le dossier adoptent les formes de mitraillettes et de roquettes. Une version hardcore de la lampe de Philippe Stark dont l’abat-jour était porté par une Kalachnikov en métal doré. Le design africain a bien les pieds sur terre.

Madagasc'art! 

Redécouvrir la capitale malgache par l'art contemporain: c'est ce que proposent deux artistes: le Sénégalais Omar Victor Diop, et le Malgache Joël Andrianomearisoa ont créé un parcours dans la capitale. Une série d'installations, d'expositions, d'événements accueillis par l'Institut français, mais aussi dans des lieux insolites de la ville comme une pharmacie, un karaoké, ou un salon de beauté.

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Coiffure, maquillage, manucure, le Salon des miracles ouvre ses portes, dans un petit local attenant au bain douche public du quartier d'Antohomadinika. Le décor a été réalisé par l'artiste Joël Andrianomearisoa: «L'idée voulue au départ était de parler de beauté. Donc j'ai construit un salon de beauté qui s'appelle "Miracle". C'était réellement de construire un salon de beauté, de coiffure, d'esthétique qui fonctionne vraiment et qui va devenir une œuvre permanente, car le salon va résister dans le temps ».

Le salon de beauté sera géré par une association de quartier. «Je dis merci beaucoup, car il y a ici des gens, des femmes, des filles qui veulent faire de la coiffure, de l'esthétique», se réjouit Albertine Ravaosolo, présidente de l'association.

Sur les murs du salon, des photos signées Omar Victor Diop. Le photographe sénégalais a sélectionné des portraits de femmes issus de séries qu'il a réalisées en studio à Dakar: «L'idée est d'accompagner ce qui se créera ici en terme de beauté et d'installer des œuvres qui vont rester et vivre dans et pour la communauté».

Le parcours proposé par les deux artistes se poursuit avec une installation dans une pharmacie. Puis une exposition de photographies dans la caserne des pompiers.

Africité! 

L'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et L'Ecole pratique des hautes études ont accueilli pour 3 jours, en juillet, la Conférence bi-annuelle des africanistes européens. 

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Les travaux de cette manifestation, répartis en panels et tables rondes, ont porté sur la nécessité de penser l'Afrique autrement, loin des clichés éculés. Le chemin est montré par les artistes africains invités dans le cadre de la programmation culturelle de la Conférence placée résolument sous le signe de la performance.

Les «révolutions» arabes, mais aussi les autres contestations, résistances et révoltes qui secouent l'Afrique depuis une décennie étaient au cœur de la 6e Conférence Européenne des Etudes Africaines (ECAS) qu'a accueilli Paris, du 8 au 10 juillet. Trop longtemps enfermés dans leur tour d'ivoire, les chercheurs africanistes veulent renouveler leurs champs d'études à la lumière des mutations à l'œuvre à travers le continent africain, mutations qui bousculent les idées reçues et les grilles de lecture trop faciles et condescendantes.

Initiée en 2005, cette prestigieuse rencontre des africanistes du Vieux Continent a lieu, tous les deux ans dans une grande ville européenne, avec pour objectif de croiser regards et expertises dans une approche résolument interdisciplinaire. Près de 2 000 chercheurs ont participé cette année aux débats, répartis en panels (au nombre de 256), tables rondes et conférences plénières. Les champs d'études convoqués pendant ces trois jours allaient de l'anthropologie au droit, en passant par l'histoire, la géographie, la sociologie, la science politique, l'économie, l'archéologie et la préhistoire, la linguistique, la philosophie, la littérature, la démographie et les cultures visuelles et expressives.

Cette année, l'organisation de cette rencontre était confiée à l'Institut des Mondes Africains (IMAF) et Les Afriques dans le Monde (LAM) qui sont les principaux laboratoires de recherche français en études africaines, rattachés au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).

Pour une histoire alternative

«Nous revendiquons haut et fort l'idée que l'Afrique n'est pas non seulement entrée dans l'Histoire, mais que c'est un continent actif, présent dans la globalisation et dans le monde», explique Dominique Malaquais, chercheuse à IMAF et spécialiste de cultures visuelles et expressives. Pour cette dernière, les études africaines se sont fourvoyées en «réduisant l'Afrique à ses ethnies, son histoire à des guerres tribales et son actualité aux heurs et malheurs des dictateurs les uns plus abominables que les autres. Les printemps arabes, les mouvements tels que les mouvements citoyens, les rébellions armées, la montée de la pensée jihadiste nous pousssent aujourd'hui à regarder l'Afrique autrement, en tant que actrice de son destin et plus comme une victime passive. D'ailleurs, l'Afrique n'a jamais été une victime passive: la contestation y est aussi ancienne que sur d'autres continents, comme le rappellent les mobilisations collectives contre le pouvoir quel qu'il soit qui jalonnent l'histoire africaine».

Même si toutes les présentations des chercheurs à la rencontre parisienne de l'ECAS ne porteront pas directement sur cette thématique des mobilisations collectives et des révolutions, l'impératif de «penser l'Afrique autrement» est désormais sous-jacente aux travaux de recherche et aux prises de parole dans le domaine des études africaines. Cette idée est particulièrement présente dans les arts et les cultures où l'activisme rime avec la créativité et «dire avec faire». En écho à ce rôle pionnier et performatif joué par les artistes, l'ECAS accueille cette année une trentaine de panels, tables rondes consacrées aux cultures visuelles et expressives.

Trésor littéraire! 

Près de 2 ans après l'occupation du nord du Mali par des groupes armés et les destructions de biens culturels qui s'en sont suivies, une Conférence internationale sur les manuscrits anciens a été organisée au Centre international de conférences de Bamako, a indiqué l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture). 

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Le bureau de l'UNESCO à Bamako, le Ministère malien de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l'Institut des Hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba, en partenariat avec le Ministère malien de la culture, de l'artisanat et du tourisme, sont à l'origine de cet événement qui examinera les enjeux de préservation durable de ces trésors documentaires.

Intitulée «Les manuscrits anciens face aux défis de l'heure», la Conférence pose la question cruciale de l'avenir de ces manuscrits, exfiltrés de Tombouctou en 2012 et transportés dans l'urgence à Bamako où ils se trouvent toujours. Elle s'intéresse aussi à l'importance de ces documents dans l'histoire de la région, aux défis que pose la conservation de ce patrimoine culturel fragile, au rôle des communautés locales dans sa préservation, à la lutte contre le trafic illicite ou encore à l'action de l'UNESCO dans la sauvegarde de ces manuscrits.

De nombreux intervenants ont débattu: universitaires, responsables d'institutions culturelles, représentants des autorités religieuses et des communautés locales, décideurs politiques, historiens ou chercheurs.

En 2012 et 2013, l'occupation des régions du nord du pays par des groupes armés s'est traduite par d'importants dégâts causés au patrimoine culturel, notamment aux manuscrits anciens.

A l'Institut Ahmed Baba, 4.203 de ces manuscrits ont ainsi été brûlés ou volés. Mais près de 90% de ces documents ont pu être sauvés, grâce à l'action de la population organisée autour de l'ONG SAVAMA-DCI(Sauvegarde et Valorisation des Manuscrits pour la Défense de la Culture Islamique), partenaire de la Conférence.

Les manuscrits de Tombouctou forment un ensemble de plusieurs centaines de milliers de documents dont les plus anciens remontent au 13e siècle. Ils rassemblent aussi bien des traités savants que des textes religieux ou des documents commerciaux et sont rédigés en arabe ou dans une version africanisée de l'alphabet arabe.