Africulture - Africa Nouvelles

12 propositions pour 12 mois! 

Des Oscars en passant par le FESPACO jusqu'au Festival de Cannes, du théâtre, du cinéma, de la littérature, de la photographie ou des arts plastiques, où se trouveront les rendez-vous incontournables pour la culture africaine en 2015 ? Douze propositions pour les 12 mois à venir. 

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Janvier 

Après Congo Business Case qui racontait l'année dernière les aventures d'un jeune Hollandais au Congo pour y construire une usine du manioc, quel sera le regard sur l'Afrique et le regard de cinéastes africains sur le monde lors du Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz ? Réponse entre le 21 et le 25 janvier, à la 28e édition du FIPA, le seul festival international qui défend tous les genres de la création audiovisuelle.

Février 

Le 22 février aura lieu la 87e cérémonie des Oscars du cinéma. Parmi les candidats pour l'Oscar du meilleur film étranger figure le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako. Timbuktu sera-t-il le deuxième film africain à obtenir la consécration de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences après Mon nom est Tsotsi du cinéaste sud-africain Gavin Hood en 2006 ?

Mars 

Qui remportera le 6 mars le prestigieux trophée de l'Étalon d'or au Fespaco, deux ans après le cinéaste sénégalais Alain Gomis pour Tey (Aujourd'hui) ? Malgré la révolution express et l'installation d'un pouvoir transitoire au Burkina Faso, le plus grand festival panafricain aura lieu a déclaré le nouveau ministre de la Culture et du Tourisme, Jean-Claude Dioma. Le thème principal de cette 24e édition, qui se tiendra à Ouagadougou entre le 28 février et le 7 mars, sera Cinéma africain : production et diffusion à l'ère du numérique.

Avril 

Du 28 mars au 4 avril se tiendra le 21e Festival international du Cinéma méditerranéen de Tétouan au Maroc. Il présentera une soixantaine de films autour de thèmes liés à la Méditerranée comme l'occupation et l'exil, les droits humains et les questions de l'identité et de la différence.

Mai 

La 68e édition du Festival de Cannes se déroulera du 13 au 24 mai. Depuis 1975 et la Chronique des années de braise de l'Algérien Mohammed Lakhdar-Hamina, on attend toujours la deuxième Palme d'or remportée par un cinéaste africain. En 2010, après douze ans d'absence de film africain en compétition officielle, Un Homme qui crie du Tchadien Mahamat Saleh Haroun a été distingué par le prestigieux Prix du jury. En 2011, aucun film d'Afrique noire n'était en sélection officielle. En 2012, il y avait un « Printemps » du cinéma africain avec cinq films dans les différentes sélections, mais seul Après la bataille de l'Égyptien Yousry Nasrallah était en lice pour la Palme. En 2013, Grigris, de Mahamat Saleh Haroun a été bien programmé en sélection officielle tout en restant - comme tout le cinéma africain - dans les coulisses du 66e Festival. Et en 2014 certains misaient jusqu'au dernier jour sur Timbuktu d'Abderrahmane Sissako pour remporter la plus prestigieuse récompense du cinéma.

Juin 

Après le lancement en juin 2014 avec une trentaine de films, le Festival international du cinéma de Kinshasa (Fickin) prépare sa deuxième édition et la renaissance du cinéma en République démocratique du Congo.

Juillet 

Du 3 au 26 juillet aura lieu la 29e édition du Festival d'Avignon, la plus importante manifestation théâtrale d'Europe où des créateurs et compagnies africaines se donnent également rendez-vous. Après une édition dédiée à la création en Afrique et une année qui présentait des oeuvres des cinq continents, 2013 et 2014 étaient aussi marquées par des lectures théâtrales organisées par RFI en partenariat avec la SACD pour soutenir la création contemporaine d'auteurs africains. Les cycles Ça va, ça va l'Afrique et Ça va, ça va le monde restent d'ailleurs gratuitement disponibles sur la page Culture de RFI.

Août 

Le 8e Festival du Film francophone d'Angoulême, dans l'ouest de la France, aura lieu du 28 août au 1er septembre 2015. La dernière édition était marquée par des comédies à gros budget, un hommage aux films du Burkina Faso, l'avant-première de Printemps tunisien, de Raja Amari qui sera diffusé sur Arte et sortira en salles en Tunisie en janvier 2015 et le Valois du meilleur acteur pour Lyes Salem pour son rôle dans L'Oranais.

Septembre 

Du 23 septembre au 3 octobre, le Festival des Francophonies en Limousin fêtera sa 32e édition. Ce rendez-vous incontournable de la création francophone réserve toujours une grande place aux créateurs africains. A cette occasion RFI décernera à nouveau son prix RFI-Théâtre. Qui succédera à l'auteur congolais Julien Mabiala Bissila ?

Octobre 

Du 15 au 18 octobre, la 3e édition de 1:54 ouvrira ses portes au cœur de Londres, à Somerset House. Créée en 2013, la première foire internationale dédiée à l'art contemporain avait rassemblé en 2014 plus que cent artistes pour refléter la créativité des 54 pays du continent noir.

Également en octobre sera annoncé le successeur de Patrick Modiano pour le prix Nobel de littérature. En 2014, l'espoir du continent africain était porté par le Somalien Nuruddin Farah, grand défendeur de l'histoire de son pays, mais surtout par l'œuvre anticolonialiste du Kényan Ngugi wa Thiongo. L'Afrique reste pour l'instant le parent pauvre de la plus haute distinction littéraire, avec seulement quatre auteurs primés depuis 1901, dont les Sud-Africains John M. Coetzee et Nadine Gordimer en 2003 et 1991, précédés par le Nigérian Wole Soyinka en 1986 et l'Égyptien Naguib Mahfouz en 1988.

Novembre 

Deux ans après les événements qui avaient rendu impossible l'organisation de la Biennale, Les Rencontres de Bamako sont de retour. Sous la direction de Bisi Silva, la 10e édition de la plus importante Biennale africaine de la photographie se présente sous le thème Le temps conté / Telling time.

Décembre 

Devenues annuelles depuis l'édition 2014, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) auront lieu pour la première fois en année impaire. Le plus ancien festival de cinéma du Sud valorise le cinéma d'Afrique subsaharienne et du monde arabe, mais se définit également comme un laboratoire pour les libertés.

Voitures et sculptures!

Un fait singulier attire l'attention sur l'autoroute à péage Dakar-Rufisque. Sur ce tronçon emprunté par plus de 40.000 usagers par jour, Eiffage Sénégal a initié une exposition intitulée 6 voies sur six endroits différents avec six sculpteurs sénégalais.

altUn fait singulier attire l'attention sur l'autoroute à péage Dakar-Rufisque. Sur ce tronçon emprunté par plus de quarante mille usagers par jour, Eiffage Sénégal a initié une exposition intitulée 6 voies sur six endroits différents avec six sculpteurs sénégalais. Les œuvres sont de Soly Cissé, Moussa Traoré, Guibril André Diop, Ngoor, Ndary Lo et Marc Montaret. Même si l'on connait le travail de ces derniers ou même déjà vu quelques sculptures, l'espace en plein air et sur une route offre un autre niveau de lecture. Toutes les sculptures suivent le mouvement de cette route. Chacun des artistes présente un trio d'œuvres géantes, sauf Ngoor qui en a cinq. La scénographie réalisée par l'artiste Mauro Petroni place chaque artiste sur un point stratégique pour que les œuvres soient accessibles aux usagers.

Premier arrêt, échangeur de Keur Massar où Soly Cissé montre 3 sculptures en métal tirées de sa collection Universuniverse exposée durant la dernière Biennale de Dakar, en mai. Mais le choix de ses pièces est lié au transport, à la marche. Elles sont composées de personnages mi-homme, mi-animal en forme d'un cavalier versant plus dans l'imaginaire, d'un dinosaure et d'un motard. Les sculptures s'illustrent dans la précision des formes, le découpage du métal, mais surtout l'assemblage du fer à béton. «Je voulais que sur ces trois sculptures qu'on puisse sentir le passé, les années 60 et le monde contemporain», fait savoir Soly Cissé qui appelle le public sénégalais à aiguiser sa curiosité vis-à-vis de l'art.

Deuxième arrêt, sortie de Rufisque, là Marc Montaret et Guibril André Diop se font face. Le premier présente des sculptures de couleur noir et blanc inspirées des graphismes des maisons Thébélé du Burkina Faso et faites à base de résine polyester. Mais les œuvres de Montaret ne sont pas faites que pour être regardées. L'artiste a pris en compte la dimension jeu d'enfants et mobilier, car l'œuvre sert de siège en même temps. «L'idée était de sortir la sculpture dans les galeries pour l'amener dans l'espace public et particulièrement vers les enfants peu sensibilisés. Elle doit être accessible à tous», explique l'artiste qui salue l'initiative d'Eiffage promoteur de cette exposition.

Avec Guibril André Diop, c'est un retour vers le métal comme chez Cissé. Diop fixe le mouvement à travers ses trois sculptures composées d'un personnage féminin valsant sur une bonne musique le buste en avant la jupe emportée par le vent, le vol d'oiseaux et enfin une dernière ou coupe et couture qui montre la manœuvrabilité du métal. «C'est à la mode quand on parle 3D (hauteur profondeur et largeur), si vous avez une image sur votre ordinateur, dès que cela bouge, c'est un mouvement, donc juste pour dire qu'on est plus au 3D mais 4D», précise Diop, lauréat du prix Uemoa au Dak'Art.

Les pièces restantes sont exposées au péage de Thiaroye. Les sculptures de Ngoor de son vrai nom Abdoulaye Nioror Bop montre des corps humains qui suivent un rythme. L'artiste y prend prétexte pour restituer des préoccupations, les émotions. Les œuvres sont un mélange dont la principale composante est le ciment blanc.

Ngoor qui se réjouit d'exposer à ciel ouvert et connu comme peintre s'est lancé dans la sculpture il y a seulement deux ans.

Son collègue Moussa Traoré rend hommage dans son travail en métal présenté au président Abdou Diouf.

6 lustres illustres! 

Dans la perspective de relance du secteur de la mode et du textile-habillement, le groupe Woodin entend-il lutter contre la contrefaçon en se rapprochant des férus de l'originalité en ouvrant plusieurs enseignes. 

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Africanité, confiance, talent, créativité sont les valeurs que la marque Woodin, née sur les bords de la lagune Ebrié, il y a bientôt 30 ans, entend faire partager sur le continent africain.

Pour marquer le coup de ses 3 décennies d'existence, un défilé qui a vu la présence de plusieurs générations de créateurs de mode du continent, au nombre desquels, deux stylistes ivoiriens, Pathé 'O et Eloi Sessou, représentatifs de la vieille garde et de la relève de la marque dont les horizons printaniers remontent à la collection Miss & Jo, en 1985. 

De Miss & Jo donc à Patchwork, la dernière, en passant par le Bogolan et le Bassam, entre autres collections d'anthologie, Woodin a toujours su intégrer le design africain au contexte mondialisé avec un air de jouvence. Avec, un savant cocktail intégrant symboles ethniques et traditionnels comme les poids à peser l'or akan aux tendances fashion en vogue.

Faut-il le noter, Woodin est avec Uniwax et Vlisco, l'une des trois marques du même groupe Vlisco, présent en Côte d'Ivoire depuis plus de 50 ans. Aussi, dans la perspective de relance du secteur de la mode et du textile-habillement, le groupe entend-il lutter contre la contrefaçon en se rapprochant des férus de l'originalité en ouvrant plusieurs enseignes. Et il était aux côtés de Gilles Touré, l'un des stylistes les plus doués de sa génération, le 8 novembreau Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à la faveur de ses 20 ans de «T».

 

Félicitations au lauréat! 

Le prix lui a été décerné à Limoges, à l'occasion de la 31e édition du festival de théâtre «Les Francophonies en Limousin». 

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Le prix lui a été décerné à Limoges, à l'occasion de la 31e édition du festival de théâtre «Les Francophonies en Limousin». Ce prix récompense un jeune auteur dramatique du Sud, afin de rendre visible la richesse de ces écritures dramatiques contemporaines et créer de nouvelles visions d'un monde pluriel. La distinction est accompagnée d'une résidence de 4 mois en France, financée par l'Institut français, une dotation de la SACD et une mise en lecture de l'œuvre primée sur les antennes et le site internet de RFI. «Chemin de fer» de Julien Mabiala Bissila a été distingué parmi 6 autres finalistes: Hakim Bah (Guinée), Sylvie Dyclo-Pomos (Congo), Gehanne Khalfallah (Algérie), Sufo Sufo (Cameroun), Driss Ksikès (Maroc) et Jean-Durosier Desrivières (Haïti). Le jury était présidé par Alain Mabanckou.

Auteur, comédien et metteur en scène, Julien Mabiala Bissila est né en 1976, à Brazzaville. Il fait ses premiers pas au théâtre au lycée de la Réconciliation. Avec sa compagnie Nguiri-Nguiri Théâtre fondée en 2002, il commence à mettre en scène ses propres textes: «Le Musée de la honte», «La dernière Chance»... «Crabe rouge», mis en scène en 2013 au festival des Francophonies en Limousin, évoque l'affaire des disparus du Beach, «Au nom du père, et du fils et de J.M. Weston» est le récit de deux frères qui reviennent 10 ans après la guerre dans leur pays, qu'ils ne reconnaissent plus. Son écriture forte, engagée, tourne beaucoup autour de la guerre, c'est le cas du texte récompensé «Chemin de fer».

Actuellement, Julien Mabiala Bissila a fait la première de sa nouvelle pièce «Transe(s) ou Carnet de voyages», sur laquelle il a collaboré avec le collectif Zavtra. Elle a été présentée à Limoges.

Radio France Internationale renoue avec son histoire puisque le prix RFI-Théâtre a existé de 1968 à 1993, à la différence près qu'il se limitait au continent africain. Aujourd'hui, il englobe l'Afrique, les Caraïbes, l'Océan Indien et le Moyen-Orient. Ce prix a déjà distingué de nombreux auteurs congolais, de Sony Labou Tansi à Sylvain Bemba en passant par Caya Makhélé. C'est aujourd'hui le tour de Julien Mabiala Bissila.

A l'instar de la mode d'une star à la mode! 

La célèbre actrice de Nollywood présente sa collection chic et épicé au côté de la marque en ligne Jumia. 

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La célèbre actrice de Nollywood présente sa collection chic et épicé au côté de la marque en ligne Jumia. Le site de e-commerce africain fondé par deux Français, depuis le début de l'année, Jumia, a lancé une plateforme destinée à promouvoir la mode nigériane qui ne compte pas moins d'une centaine de marques. Offrant ainsi à toutes les femmes la possibilité de s'habiller comme leur idole.

On peut déjà voir la collection «Philomena», une ligne chic conçue par la star nollywoodienne, disponible sur le site. Exclusivement! La collection s'adresse aux femmes qui souhaitent être belles en toutes circonstances. L'artiste a retranscrit son style à travers sa marque dans le but de satisfaire ses consommatrices.

Les actrices Stéphanie Linus et Rita Dominic, la récente gagnante du prix du public de la Nollywood Week de Paris pour le film «The Meeting», se sont jointes à leur consœur le jour du lancement afin de représenter valablement la beauté nigériane. La Julia Roberts de l'Afrique, Geneviève Nnaji, selon Oprah Winfrey, avait sauté le pas, dès 2008, en créant sa marque baptisée «St Geneviève».

Née en 1979 à Mbaise dans l'État d'Imo au sud du Nigéria, Geneviève Nnaji entame sa carrière en tant que jeune actrice dans la populaire émission de télévision opéra «Ripples», à l'âge de 8 ans. En 1998, âgée de 19 ans, elle fait ses débuts dans l'industrie cinématographique nigériane avec le film «Most Wanted». Dans les années 2000, Genny, comme la surnomment ses admirateurs, enchaîne jusqu'à une douzaine de films en quelques mois en alternant divers rôles. Courageuse, elle tourne sans relâche et avec une fervente volonté dans différentes fictions afin de se démarquer et de réaliser une percée dans le monde cinématographique.

Aujourd'hui, on constate par ses diverses actions que la belle Nigériane a atteint son but. Tout semble lui réussir aussi bien la mode que le cinéma. Grâce à sa notoriété, elle a été classée par le magazine Forbes parmi les «40 célébrités les plus puissantes en Afrique».

"Evan...gilles" de la mode selon Touré! 

Après 6 mois de travail autour de la célébration de ses 20 ans de mode, le styliste Gilles Touré a libéré, comme l'a indiqué la marraine Dominique Ouattara, l'artiste qui est en lui «pour donner corps à ton rêve». Son rêve de faire à Abidjan un grand défilé à Christian Dior a donné naissance en 2001 au concept "Féérie", qu'il a pensé et développé depuis

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Après 6 mois de travail autour de la célébration de ses 20 ans de mode, le styliste Gilles Touré a libéré, comme l'a indiqué la marraine Dominique Ouattara, l'artiste qui est en lui «pour donner corps à ton rêve». Son rêve de faire à Abidjan un grand défilé à Christian Dior a donné naissance en 2001 au concept "Féérie", qu'il a pensé et développé depuis. Le samedi 8 novembre 2014, sur un T précédé d'une descente de onze (11) marches avec dans un fond une subtile présentation «Gilles Touré», le styliste, au pied d'un arbre asséché qui permet de se projeter dans un horizon souvent crépusculaire, nuptial ou ensoleillé, a rendu hommage sur un pupitre aux armoiries de la république, à tous ceux qui ont cru depuis ses années collèges, en sa passion pour la mode. Dont principalement sa génitrice, Touré Aya Virginie qui l'a rejoint, à la demande de Dominique Ouattara, pour recevoir sa médaille d'Officier dans l'Ordre du mérite culturel. Si le moment est pour lui «solennel », le créateur voudrait que ses variantes, créations subdivisées en quatre tableaux, traduisent ses mots, ses émotions et son discours.

«Les discours, je les tiens dans mon atelier, devant mes croquis. C'est dans ce décor que le créateur que je suis se sent dans son univers de création», admet Gilles, . De la symbolique de ses vingt ans de mode, Gilles qui veut maintenir «la flamme» voit dans le chiffre de la maturité, le changement et la fragilité, celle du créateur.

C'est alors qu'à l'endroit de sa marraine, Mme Dominique Ouattara qui s'habille Gilles Touré, le styliste se fera le porte-parole de sa famille artistique et de ses parrains artistiques: Pathé'O et Collé Sow Ardo. «Il faut que les décideurs aident à la professionnalisation de l'industrie de la mode. L'émergence 2020 peut se faire par les créateurs que nous sommes. Sans volonté politique, nous ne parviendront pas à atteindre nos objectifs. Abidjan doit rester la vitrine de la sous-région». Un message que la marraine a dit transmettre à son époux, le président de la République Alassane Ouattara.

La première dame ne se fait aucun doute: «la mode africaine est devenue incontournable et s'exporte dans le monde entier», grâce aux talents de différents créateurs de mode en Côte d'Ivoire et sur le continent.

Pour le spectacle qu'il a donné dans la salle du palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire qui a fait son plein à 99%, les Fééries de Gilles Touré sont précédées du défilé d'un jeune talent, Patricia Wahota. Le mannequin Bamondi du Togo, les créateurs Cissoko Tiguida venue du Mali, Ashante Patrick (Ghana) sont comptés parmi les invités de Gilles Touré.

20 ans, l'illustration d'une carrière 

Le défilé de près de 2 heures qu'il a présenté retrace l'évolution de Gilles. Ses débuts (Collection Uniwax-Vlisco), ses influences ("So Beautiful So Chic", inspiré de Christian Dior), le style trouvé et la marque. Ce que traduit le "Gilshirt" qu'il décline en version longue.

Avec «Voilà For You», Gilles revient sur les marches qu'il a gravies. Tenues inspirées de celles des matelots, béret, chemise à col carré en arrière, Gilles emprunte à certains peuples islamisés le couvre-chef masculin ou le port du voile dans certaines régions sahéliennes ou maghrébines.

A la presse, le styliste rend hommage. Il conçoit un bustier ou une jupe faite de brochures de journaux ou de titres de magazine. Gilles n'oublie pas ses mannequins (filles) à qui il dédie une collection bustier en tapa. Chacune des six mannequins y a son portrait peint et porté fièrement.

La collection Robe de mariées aux goûts différents qui est une recherche de la perfection chez Gilles l'artiste a orienté les regards sur différentes couleurs qui font une mariée.

Avant qu'il ne revienne habillé d'un pagne kita pour la coupure du gâteau qui réunit sur le T tous les mannequins et certaines autorités, Nayanka Bell (sa muse) a eu droit à deux chants.

Dans une variété de styles qui mêle nouvelle génération (Force One) et identité culturelle avec Nigui Saff, Kéké Kassiry a marqué son retour avec son célèbre titre "Abidjan" au style de danse Ziguehi, mode d'expression de la rue abidjanaise.

"Fééries!...20 ans de mode", c'était également la célébration d'une génération des acteurs du monde culturel et d'animateurs à travers Georges Taï Benson, Yves Zogbo Junior, Yves de Mbella, Mariam Coulibaly, Isabelle Anoh, Marie Catherine Kouassi, Eden.

Cette soirée qui ne se voulait pas "Select" donc ouvert à toutes les couches sociales, a eu son côté prestige avec la présence: d'autres personnalités, aux côtés de la première Dame, la marraine: Guillaume Soro, Marcel Amon Tanoh, Clarisse Kablan Duncan, l'épouse du Premier ministre, Maurice Bandama, Anne Ouloto, Raymonde Goudou Coffi, Kandia Camara.

Culture et sculpture! 

Pour son œuvre à la fois colorée, contemporaine et bercée dans la tradition Guélédé, l'artiste béninois Kifouli Dossou a remporté le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain. La création de ce prix s'inscrit dans l'effervescence qui règne actuellement autour de cet art. 

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Pour son œuvre à la fois colorée, contemporaine et bercée dans la tradition Guélédé, l'artiste béninois Kifouli Dossou a remporté le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain. La création de ce prix s'inscrit dans l'effervescence qui règne actuellement autour de cet art. Décerné à Paris, à l'occasion de la vente «Africain Stories» qui rassemble une centaine d'œuvres d'une cinquantaine d'artistes contemporains africains et qui a eu lieu, le mardi 7 octobre, à la maison de vente aux enchères Piasa, le prix est doté de 10 000 euros, en soutien à deux expositions personnelles, en France et en Afrique.

C'est une sculpture fantasque, colorée, peuplée d'animaux sauvages posés sur un masque traditionnel avec ses yeux en amande et scarifications, si caractéristiques de l'esthétique Yoruba. Tout en haut trône un homme noir, assis exactement dans l'axe de la trompe de l'éléphant et du troisième œil du personnage du masque. Son titre ? "Concevoir la paix". Tout un programme. «Quand on dit 'la paix', ce n'est pas le mot qui m'intéresse, mais le comportement de la personne qui prend la paix, assure Kifouli Dossou. Ce qui m'intéresse, c'est comprendre. La paix est une vertu. On doit avoir la paix en soi, même si on est attaqué on ne doit pas réagir violemment. On doit être calme et répondre dans la douceur. (... ) Une fois que le grain de la paix est semé, il faut le laisser germer. (... ) Les gens qui ont des potentialités, mais qui n'ont pas la paix, ne peuvent pas progresser». 

« Créer une visibilité pour l'art africain contemporain » 

C'est Nathalie Miltat, spécialiste des arts subsahariens et également originaire du Bénin, ce petit pays souvent surnommé le « Quartier Latin » d'Afrique, qui a lancé le prix Orisha : «En 2005, j'avais créé La Noire Galerie, déjà avec le même objectif : créer une visibilité pour l'art africain contemporain. Avec le recul, ce n'était peut-être pas le bon format. J'ai compris qu'un prix permettait une visibilité beaucoup plus rapide. Les gens commenceront à s'habituer à la présence de l'art contemporain africain. C'est cela que je veux. D'ici en 2024, on aura déjà une centaine d'artistes contemporains africains découverts ici en Europe». 

Kifouli Dossou n'était pas présent lorsque, à Paris, chez Piasa, son nom a été annoncé comme lauréat du premier prix Orisha pour l'art contemporain africain. Dans le jury officiaient des grands noms comme Jean-Hubert Martin, l'initiateur de l'exposition mythique Les Magiciens de la Terre, Marc Olivier Wahler, l'ancien directeur du Palais de Tokyo, et Touria El Glaoui, la fondatrice du premier salon d'art contemporain africain : «Je suis très émotionnelle. J'aime beaucoup le travail de Kifouli Dossou, mais je n'ai pas d'explication conceptuelle par rapport à l'œuvre, cela me parle directement au cœur». 

« Je suis un sculpteur de Guélédé » 

Pendant que le Tout-Paris buvait un cocktail à son honneur, l'artiste restait au Bénin, loin des mondanités parisiennes, à Cové, là où il vit et travaille depuis qu'il y est né, en 1978, dans une famille d'artisans-sculpteurs de masques. Alors on lui envoie par courriel des questions auxquelles il répond en Fon par traducteur interposé. C'est depuis l'âge de 10 ans qu'il sculpte des masques Guélédé inscrits dans les traditions Yoruba et Nagô, présentes au Bénin, au Nigéria et au Togo. «Je suis un sculpteur de Guélédé. Dans ma tradition, le Guélédé est sacré, il est montré lors des cérémonies pour des rituels. Je m'inspire de ma tradition pour essayer d'éduquer, pour essayer de sensibiliser. À travers mon travail de sculpteur de Guélédé, la tradition ne va pas mourir, car je puise mon travail dans la tradition, mais en m'inspirant de tout ce qui m'entoure pour avancer et construire un futur meilleur. Le passé et le quotidien me font avancer dans mon travail». 

Avant de participer cette année à la Biennale de Dakar, Kifouli Dossou avait exposé à l'Institut français à Cotonou et à Sao Paulo, à Paris et à Bruxelles, l'artiste béninois Romuald Hazoumé lui avait acheté des masques et donné des conseils, mais c'est surtout l'entrée de sa série "Le Sondage" à la Fondation Zinsou au Bénin qui a marqué jusqu'ici sa carrière. « Kifouli Dossou est encore un 'jeune artiste', c'est-à-dire qu'il n'a pas encore eu d'exposition personnelle dans de grandes institutions à travers le monde. Donc sa place est à faire et c'est le bon moment de l'attraper avant que ses prix ne flambent. », estime Timothée Chaillou, directeur du département art contemporain de Piasa et directeur du prix Orisha. 

« J'ai mes propres idées »  

À Paris, sa sculpture lauréate (et les vidéos, photos, peinture abstraite des cinq autres candidats sélectionnés au Prix Orisha) est exposée au milieu d'une centaine d'autres œuvres d'artistes africains dont des peintures de Chérie Samba et une pièce historique de Frédéric Bruly Bouabré. Des pièces rassemblées pour la vente African Stories qui a eu lieu,  mardi 7 octobre à la maison de vente Piasa, avec des prix allant de 3 000 jusqu'à 120 000 euros. Un événement majeur d'envergure internationale avec près d'une cinquantaine d'artistes originaires de plus de 15 pays différents. Et qui sont les artistes contemporains qui inspirent Kifouli Dossou ? « Je ne suis pas inspiré par des artistes. Mon inspiration, c'est la tradition Guélédé et les gens autour de moi. Mon frère Amidou Dossou qui est également sculpteur de Guélédé et avec qui j'ai appris quand j'étais enfant, reste un modèle pour la technique, mais mon travail vient de moi. J'ai mes propres idées. »

Le bois de ses masques vient de la forêt à côté de son village. Dans ces œuvres d'art, il revient souvent sur la tradition et la vie ordinaire des gens au Bénin tout en dépassant leur cadre rituel ou quotidien pour arriver à un questionnement de la société d'aujourd'hui à travers de l'art contemporain. En 2011, il avait exposé à la Fondation Zinsou 10 masques Guélédé qui résumaient les préoccupations majeures de la population béninoise avant les élections présidentielle et législatives. L'éducation, l'électricité et l'eau courante arrivaient en tête de ce Sondage un peu spécial, néanmoins acclamé par le public. Hélas, il n'a pas pu surmonter la réalité politique de son pays. « À chaque fois que je quitte Cové pour aller à Cotonou, je me rappelle 2011, c'est comme si c'était hier. Je me rappelle de tout ce que j'ai fait pour "Le Sondage". Mais c'est le cœur serré que je vois que rien n'a changé, rien n'a évolué. C'est comme si on faisait un pas en avant et deux pas en arrière. Nos dirigeants ne font rien ! Les gens qui ont vu l'exposition sont venus me voir pour me dire que vraiment j'avais parlé de toutes leurs préoccupations, mais que depuis rien n'a été fait, qu'il n'y avait pas eu de réponses à mes questions. »

L'effervescence de l'art contemporain africain 

En attendant, l'effervescence de plus en plus grande de l'art contemporain africain continue. Le prix Orisha et la vente African Stories incarnent simplement la suite d'une série d'événements qui s'enchainent depuis quelques années autour de l'art contemporain africain qui était à l'honneur de salons prestigieux comme Art Paris, Paris Photo, la Fiac ou le Parcours des Mondes. Et l'inauguration en novembre 2013 du premier musée d'art contemporain africain en Afrique, à Ouidah, au Bénin, a encore une fois changé la donne, selon Touria El Glaoui, la fondatrice du salon 1:54 à Londres. « Dans certains pays, c'est même flagrant. Par exemple, au Nigéria, il y a 5 ans, il n'y avait absolument rien. Cinq ans plus tard, il y a 15 ou 25 galeries, des maisons de vente aux enchères, il y a un vrai marché secondaire, ce qu'il fait que cela donne plus de validité à certains artistes. Du coup, les collectionneurs sont beaucoup plus ouverts à acheter, parce qu'ils savent qu'ils peuvent revendre, il ya une stabilité de prix. On sait la valeur des artistes. Tout cela est très important. »

Et du 16 au 19 octobre, Touria El Glaoui a inauguré à Londres la 2ème édition de 1:54 : « Kifouli Dossou y a été déjà présenté, l'année dernière, par le Musée du Guinée équatoriale, parce qu'il faisait partie de la future collection du musée. Pour vous donner une idée de l'évolution du salon 1:54: l'année dernière, on avait 6 000 visiteurs et 15 galeries. Cette année on a 27 galeries et on attend 12 000 visiteurs. On entend déjà que c'est l'événement le plus attendu de la semaine de la Frieze Art Fair. Donc on est ravis de la réputation qu'il a avant même de commencer».