Africulture - Africa Nouvelles

Un musée comme muse amusée... de culture! 

Réfectionnée grâce à Eiffage Sénégal, la maison du président Léopold Sédar Senghor, récemment baptisée Musée Léopold Sédar Senghor, est un véritable lieu de mémoire de par son architecture et la richesse des différentes œuvres artistiques et ouvrages qu'elle abrite.

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Son architecture et ses couleurs ocres rappellent les bâtisses de la cité millénaire de Djenné ou de Tombouctou, au Mali. Son vaste jardin, son espace boisé et sa piscine font de la maison du président Léopold Sédar Senghor, baptisée Musée Léopold Sédar Senghor, un véritable trésor du patrimoine culturel sénégalais. Ici, le parallélisme asymétrique cher au premier président de la République du Sénégal a entièrement inspiré l'architecture du bâtiment central construit sur 800 m2.

Situé à une centaine de mètres de l'Océan atlantique, l'édifice entièrement rénové grâce à l'entreprise Eiffage Sénégal, renferme en son sein d'immenses richesses. A l'intérieur de ce bâti construit entre 1978 et 1980, une salle de réunion où le président Senghor recevait ses invités donne sur un plan d'eau. A côté, au premier salon, des sculptures qui viennent un peu partout de l'Afrique font le décor. Les collections personnelles du président y sont également visibles. Les mini bibliothèques renferment encore jalousement les ouvrages du président-poète. Ici, la variété des œuvres allant des écrits de Karl Marx à Ronsard en passant par Ernest Hemingway renseigne sur la diversité de sa lecture. Son bureau ouvert sur le parc où il avait l'habitude de recevoir les audiences d'après-midi à partir de 15 heures est resté tel quel malgré les travaux de rénovation de Eiffage.

Sur place, des statuts représentant le dieu du tonnerre et de la fécondité font office de décor. Dans la petite bibliothèque du chantre de la Négritude sont soigneusement rangés des titres sur l'histoire de la littérature, des ouvrages d'écrivains africains et européens, des dictionnaires de français, un exemplaire du Coran et de la sainte Bible.

300 millions CFA pour la rénovation

A l'étage se trouvent les chambres et le salon vert ou « salon privé » de la famille. D'une simplicité frappante, c'est dans ce salon, rappelle Mariama Ndoye Mbengue, le conservateur du musée, que la famille Senghor avait l'habitude de prendre les trois repas de la journée. Quelques tableaux, des fleurs, les mêmes rideaux, le téléviseur à partir de laquelle Senghor suivait les informations après le dîner résistent encore au temps qui passe... Dans ce même étage se trouvent les deux chambres qui étaient réservées aux amis et invités de la famille, mais également celles du président Senghor et de sa femme. Dans la chambre personnelle de Senghor, la simplicité est saisissante : un abat-jour, un à deux tableaux d'art, des photos de Philipe Maguilène Senghor, de sa maman et de celles de Léopold Sédar Senghor sont accrochées au mur. A quelques pas de là, l'on pénètre dans la chambre de l'épouse du président, Colette Hubert Senghor. Ici encore, grâce à la prédominance de la couleur verte, la simplicité marie à la beauté. Ces travaux de rénovation réalisés par Eiffage Sénégal rentrent dans le cadre de la Responsabilité sociétale de cette entreprise. Le coût global, a expliqué Léna Keïta Diop, chargé dudit projet, s'élève à 300 millions de FCfa. Le chantier a duré 6 mois et a permis de réparer, entre autres, l'étanchéité de l'édifice, les fissures, la climatisation, d'installer des espaces vertes mais également un système de vidéo surveillance et d'alarme.

Mariama Ndoye Mbengue s'est félicitée de l'idée du président de la République de faire de la maison de Senghor un musée, un lieu de mémoire. Elle a également salué l'initiative de Eiffage d'en faire un espace vivant et agréable. « Eiffage Sénégal nous accompagne depuis la fin des travaux, en attendant que l'Etat mette les moyens nécessaires », a-t-elle informé.

Un musée ouvert au public 

Après les importants travaux de rénovation réalisés par Eiffage Sénégal, le musée Léopold Sédar Senghor est désormais ouvert au public. Les tarifs de la visite sont fixés à 2.000 FCfa l'adulte, 1.000 FCfa pour les étudiants et Forces de l'ordre et 500 FCfa pour les enfants. Les jours de visite vont du lundi au samedi. L'ambition, a expliqué le conservateur, Mariama Ndoye Mbengue, est de faire en sorte que les populations s'approprient le musée. À la longue, le musée Léopold Sédar se veut d'être à l'image du musée Mandela ou de Martin Luther King, une maison des arts pluriels dont la peinture, la tapisserie, la sculpture... auront toute leur place. « Il faut que ce musée s'internationalise. Nous voulons mettre Senghor en exergue, mais aussi d'autres intellectuels sénégalais comme Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia, Cheikh Hamidou Kane, à travers des expositions photographiques, vidéos ou d'autres formes d'expression artistique », a-t-elle déclaré.

Etoile montante du portrait! 

Artistes cotés, galeristes ou commissaires d'expositions, ces Africains ont un rayonnement international. Ils exposent chez eux et à travers le monde, 'ils appartiennent à la diaspora, soient ancrés dans leur pays ou en mouvement entre plusieurs continents; leurs travaux parlent du passé colonial et de la post-colonie, mais reflètent aussi l'Afrique d'aujourd'hui : un continent créatif, reconnu et décomplexé. 

altParmi ses acheteurs, un certain Lilian Thuram!

D’abord connu pour ses portraits d’artistes à Dakar et ses images de mode futuriste, Omar Victor Diop vient d’entrer en orbite dans le monde de l’art, à 33 ans.

«N’exagérons rien, je n’ai pas non plus reçu le Prix Nobel», sourit-il.

On le compare à Seydou Keïta ou Samuel Fosso, un photographe camerounais qui a fait des séries d’autoportraits. Il fait des jaloux, mais il trace sa route. Sa dernière série, «Diaspora», a fait sensation à Paris Photo en novembre. .

altDans ces 12 autoportraits, il revêt les habits de personnages noirs devenus des personnalités en Europe, du temps de l’esclavage et des colonies.

Ses tirages limités se sont vendus comme des petits pains. Parmi ses acheteurs, un certain Lilian Thuram, touché par son propos.

Ses héros méconnus des XVIIe et XVIIIe siècle portent en effet des accessoires de… football. Un clin d’oeil à une autre forme d’excellence africaine, plus contemporain

 «Maid»... in South Africa! 

Artistes cotés, galeristes ou commissaires d'expositions, ces Africains ont un rayonnement international. Ils exposent chez eux et à travers le monde, qu'ils appartiennent à la diaspora, soient ancrés dans leur pays ou en mouvement entre plusieurs continents; leurs travaux parlent du passé colonial et de la post-colonie, mais reflètent aussi l'Afrique d'aujourd'hui : un continent créatif, reconnu et décomplexé.

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Variations autour d'une robe bleue ou violette! 

L’identité, tel est le thème central du travail de cette Sud-Africaine de 34 ans, basée à Johannesburg et représentée par Momo Gallery.

Fille et petite-fille de «maid», ces employées de maison qui portent toujours des uniformes pour servir dans les familles blanches, elle s’est créé un personnage: Sophie, son «alter ego», mise en scène dans ses installations, est vêtue d’un vêtement hybride. Une grande robe victorienne de couleur bleue ou violette, surmontée d’un tablier blanc de bonne.

altTitre moqueur de l’une de ses dernières expositions: «The purple shall govern», un jeu de mot entre la couleur violette et «The people shall govern» (Le peuple devra gouverner), un slogan de la lutte contre l’apartheid.

Paix à son ame! 

La scène culturelle algérienne vient de perdre une de ses grandes artistes. Fatiha Berber n'est plus. Elle est décédée, vendredi dernier, à Paris (France), à l'âge de 70 ans. Son cœur l'a lâchée.

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La scène culturelle algérienne vient de perdre une de ses grandes artistes. Fatiha Berber n'est plus. Elle est décédée, vendredi dernier, à Paris (France), à l'âge de 70 ans. Son cœur l'a lâchée. Une crise cardiaque a fait taire à jamais celle qui n'a jamais su ni trop faire oublier sa voix ni trop s'éloigner de la scène qu'elle a investie à l'âge de l'insouciance, quand les filles jouent encore à la marelle ou à la poupée, de chiffons, vu qu'elle est née à la Casbah d'Alger, le 11 février 1945, durant l'occupation française qui a appauvri le peuple algérien. 

Elle a à peine 14 ans quand elle rejoint, en 1959, l'orchestre d'une autre grande dame de la chanson algérienne, Meriem Fekkaï, où elle fait ses premiers pas dans le chant. Ayant gouté à l'ivresse de la scène, Fatiha ne tarde pas à s'inscrire au conservatoire d'Alger. Mais elle ne restera pas dans le chant et la musique. Elle entend élargir ses horizons. Son choix se porte sur le théâtre, qu'elle a découvert avec ses parents qui l'emmenaient voir des spectacles de Mahieddine Bachtarzi.

Elle opte pour la section «Art dramatique». Sa beauté racée, sa prestance et son assurance conquerront le réalisateur Mustapha Gribi qui la choisira, la même année, pour un rôle dans la pièce Les Femmes savantes, une adaptation de l'œuvre de Molière. Mais l'appel de la patrie luttant pour son indépendance sera plus fort que celui des planches. Fatiha Berber mettra en veilleuse l'artiste et, comme toutes ses concitoyennes et tous ses concitoyens, s'engage dans la lutte de Libération nationale. Une fois l'indépendance arrachée, l'artiste se réveille, avec une soif inextinguible de la scène.

Fatiha Berber devient une artiste pluridisciplinaire. Elle passait avec une aisance déconcertante de la scène aux planches, du théâtre aux plateaux de tournage, du cinéma à la télévision et de la télévision à la radio. C'est une véritable boulimique de l'art. Elle a été distribuée dans les pièces de Rouiched dont Ah ya Hassen et Les concierges, de Abderrahmane Kaki notamment Les chiens et Diwan el garagouz... Elle a chanté avec Rouiched et Athman Ariouet. On la retrouve également dans de nombreux films (Hassen taxi et Aaila qi nas) ainsi que dans plusieurs téléfilms comme El Masir (le destin), El laa'îb et El Badhra 1 et 2.

On ne peut citer la longue liste des contributions de Fatiha Berber. Il nous suffit de savoir qu'elle n'a jamais coupé les ponts avec la scène culturelle. Elle était de toutes les manifestations. Si elle n'était pas face au public, elle était avec lui, aux premiers rangs.

«On ne peut pas, on ne doit pas, oublier d'inviter Fatiha Berber ! Tu es fou, faire un hommage ou donner une représentation et ne pas l'y convier !? Elle nous en voudrait à mort, et elle ne se gênera pas de nous le dire», nous avait confié un jour un responsable au Théâtre national d'Alger. Fatiha Berber était entière et artiste jusqu'aux bouts des doigts. Elle le disait, elle le clamait, et elle ne vous envoyait pas dire ce qu'elle pensait. Elle était plus qu'une artiste. C'était une grande et belle dame, dont il est difficile de parler au passé.

Commissaire d'expostion sur la "matière première"! 

Artistes cotés, galeristes ou commissaires d'expositions, ces Africains ont un rayonnement international. Ils exposent chez eux et à travers le monde, qu'ils appartiennent à la diaspora, soient ancrés dans leur pays ou en mouvement entre plusieurs continents; leurs travaux parlent du passé colonial et de la post-colonie, mais reflètent aussi l'Afrique d'aujourd'hui: un continent créatif, reconnu et décomplexé. 

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Vive l'art de base! 

Installée depuis 1996 à Dakar, la Camerounaise Koyo Kouoh a étudié la finance et l’administration bancaire, mais a vite changé de voie.

Directrice des Arts et de la culture à l’Institut de Gorée (1998-2002), commissaire indépendante lors des Biennales de Bamako en 2001 et 2003, conseillère culturelle pour l’ambassade américaine au Sénégal (2003-08), elle a ouvert en 2011 un centre d’art: Raw Material Company («Compagnie de la matière première»).

Sollicitée à Londres, Amsterdam et New York, Koyo Kouoh estime elle aussi que «l’art est politique, même si les gouvernements et les sociétés africaines ne le perçoivent pas comme tel».

L’important pour elle commence à la base: «L’artiste du quartier doit être reconnu comme le cordonnier ou le boutiquier pour son rôle dans la société».

Elle fait partie, avec Bisi Silva au Nigeria, Marilyn Douala Bell au Cameroun et Marie-Cécile Zinsou au Bénin, d’une nouvelle génération de femmes qui montent des centres d’art.

Le pouvoir de la déconstruction!  

Artistes cotés, galeristes ou commissaires d'expositions, ces Africains ont un rayonnement international. Ils exposent chez eux et à travers le monde, qu'ils appartiennent à la diaspora, soient ancrés dans leur pays ou en mouvement entre plusieurs continents; leurs travaux parlent du passé colonial et de la post-colonie, mais reflètent aussi l'Afrique d'aujourd'hui : un continent créatif, reconnu et décomplexé. 

alt«Comprendra bien qui comprendra le dernier»

Etabli à Tanger, Lille et Paris, ce vidéaste et plasticien marocain de 44 ans cultive l’art de mettre les pieds dans le plat. Partout où il monte ses installations, il donne à réfléchir et pose des questions.

Sur l’islamisme, il a notamment réalisé une série intitulée «Save Manhattan», où il installe, entre autres, des volumes du Coran comme des Twin Towers, sous la légende: «Comprendra bien qui comprendra le dernier».

altSa biographie officielle indique qu’il «traite de la désacralisation de l’objet religieux, de la fin des dogmes et des idéologies», mais aussi de la «mort de l’objet de consommation».

Cet homme qui refuse d’être «aveuglé par les conventions» montre son travail en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient: trois régions du monde où il a reçu des prix.

Galériste à Johannesbourg!

Artistes cotés, galeristes ou commissaires d'expositions, ces Africains ont un rayonnement international. Ils exposent chez eux et à travers le monde, qu'ils appartiennent à la diaspora, soient ancrés dans leur pays ou en mouvement entre plusieurs continents; leurs travaux parlent du passé colonial et de la post-colonie, mais reflètent aussi l'Afrique d'aujourd'hui : un continent créatif, reconnu et décomplexé. 

altZoom sur Zuma!

Sa galerie Linda Goodman, du nom de son ancien mari, à Johannesburg, reste une adresse incontournable. Linda Givon, Sud-Africaine blanche de 78 ans, l’a fondée en 1966, contribuant à lancer nombre de talents noirs et blancs.

Concurrencée depuis 2003 par les galeries Stevenson au Cap et Momo à Johannesburg, rachetée en 2008 par l'ex-consultante en finances et productrice de cinéma Liza Essers, la galerie reste la reine quand il s’agit de faire la cote d’un nouvel artiste. C’est chez elle que le tableau controversé du peintre Brett Murray, qui montrait le président Jacob Zuma nu, en exhibitionniste, a été vandalisé en 2012.

Dans son catalogue figurent 40 talents, des illustres aînés William Kentridge et David Goldblatt aux jeunes en plein essor, comme le photographe Mikhael Subotzky, 33 ans, en passant par les quadragénaires confirmés: le peintre Moshekwa Langa et le plasticien marocain Mounir Fatmi.