Africulture - Africa Nouvelles

A l'instar de la mode d'une star à la mode! 

La célèbre actrice de Nollywood présente sa collection chic et épicé au côté de la marque en ligne Jumia. 

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La célèbre actrice de Nollywood présente sa collection chic et épicé au côté de la marque en ligne Jumia. Le site de e-commerce africain fondé par deux Français, depuis le début de l'année, Jumia, a lancé une plateforme destinée à promouvoir la mode nigériane qui ne compte pas moins d'une centaine de marques. Offrant ainsi à toutes les femmes la possibilité de s'habiller comme leur idole.

On peut déjà voir la collection «Philomena», une ligne chic conçue par la star nollywoodienne, disponible sur le site. Exclusivement! La collection s'adresse aux femmes qui souhaitent être belles en toutes circonstances. L'artiste a retranscrit son style à travers sa marque dans le but de satisfaire ses consommatrices.

Les actrices Stéphanie Linus et Rita Dominic, la récente gagnante du prix du public de la Nollywood Week de Paris pour le film «The Meeting», se sont jointes à leur consœur le jour du lancement afin de représenter valablement la beauté nigériane. La Julia Roberts de l'Afrique, Geneviève Nnaji, selon Oprah Winfrey, avait sauté le pas, dès 2008, en créant sa marque baptisée «St Geneviève».

Née en 1979 à Mbaise dans l'État d'Imo au sud du Nigéria, Geneviève Nnaji entame sa carrière en tant que jeune actrice dans la populaire émission de télévision opéra «Ripples», à l'âge de 8 ans. En 1998, âgée de 19 ans, elle fait ses débuts dans l'industrie cinématographique nigériane avec le film «Most Wanted». Dans les années 2000, Genny, comme la surnomment ses admirateurs, enchaîne jusqu'à une douzaine de films en quelques mois en alternant divers rôles. Courageuse, elle tourne sans relâche et avec une fervente volonté dans différentes fictions afin de se démarquer et de réaliser une percée dans le monde cinématographique.

Aujourd'hui, on constate par ses diverses actions que la belle Nigériane a atteint son but. Tout semble lui réussir aussi bien la mode que le cinéma. Grâce à sa notoriété, elle a été classée par le magazine Forbes parmi les «40 célébrités les plus puissantes en Afrique».

6 lustres illustres! 

Dans la perspective de relance du secteur de la mode et du textile-habillement, le groupe Woodin entend-il lutter contre la contrefaçon en se rapprochant des férus de l'originalité en ouvrant plusieurs enseignes. 

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Africanité, confiance, talent, créativité sont les valeurs que la marque Woodin, née sur les bords de la lagune Ebrié, il y a bientôt 30 ans, entend faire partager sur le continent africain.

Pour marquer le coup de ses 3 décennies d'existence, un défilé qui a vu la présence de plusieurs générations de créateurs de mode du continent, au nombre desquels, deux stylistes ivoiriens, Pathé 'O et Eloi Sessou, représentatifs de la vieille garde et de la relève de la marque dont les horizons printaniers remontent à la collection Miss & Jo, en 1985. 

De Miss & Jo donc à Patchwork, la dernière, en passant par le Bogolan et le Bassam, entre autres collections d'anthologie, Woodin a toujours su intégrer le design africain au contexte mondialisé avec un air de jouvence. Avec, un savant cocktail intégrant symboles ethniques et traditionnels comme les poids à peser l'or akan aux tendances fashion en vogue.

Faut-il le noter, Woodin est avec Uniwax et Vlisco, l'une des trois marques du même groupe Vlisco, présent en Côte d'Ivoire depuis plus de 50 ans. Aussi, dans la perspective de relance du secteur de la mode et du textile-habillement, le groupe entend-il lutter contre la contrefaçon en se rapprochant des férus de l'originalité en ouvrant plusieurs enseignes. Et il était aux côtés de Gilles Touré, l'un des stylistes les plus doués de sa génération, le 8 novembreau Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à la faveur de ses 20 ans de «T».

 

Félicitations au lauréat! 

Le prix lui a été décerné à Limoges, à l'occasion de la 31e édition du festival de théâtre «Les Francophonies en Limousin». 

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Le prix lui a été décerné à Limoges, à l'occasion de la 31e édition du festival de théâtre «Les Francophonies en Limousin». Ce prix récompense un jeune auteur dramatique du Sud, afin de rendre visible la richesse de ces écritures dramatiques contemporaines et créer de nouvelles visions d'un monde pluriel. La distinction est accompagnée d'une résidence de 4 mois en France, financée par l'Institut français, une dotation de la SACD et une mise en lecture de l'œuvre primée sur les antennes et le site internet de RFI. «Chemin de fer» de Julien Mabiala Bissila a été distingué parmi 6 autres finalistes: Hakim Bah (Guinée), Sylvie Dyclo-Pomos (Congo), Gehanne Khalfallah (Algérie), Sufo Sufo (Cameroun), Driss Ksikès (Maroc) et Jean-Durosier Desrivières (Haïti). Le jury était présidé par Alain Mabanckou.

Auteur, comédien et metteur en scène, Julien Mabiala Bissila est né en 1976, à Brazzaville. Il fait ses premiers pas au théâtre au lycée de la Réconciliation. Avec sa compagnie Nguiri-Nguiri Théâtre fondée en 2002, il commence à mettre en scène ses propres textes: «Le Musée de la honte», «La dernière Chance»... «Crabe rouge», mis en scène en 2013 au festival des Francophonies en Limousin, évoque l'affaire des disparus du Beach, «Au nom du père, et du fils et de J.M. Weston» est le récit de deux frères qui reviennent 10 ans après la guerre dans leur pays, qu'ils ne reconnaissent plus. Son écriture forte, engagée, tourne beaucoup autour de la guerre, c'est le cas du texte récompensé «Chemin de fer».

Actuellement, Julien Mabiala Bissila a fait la première de sa nouvelle pièce «Transe(s) ou Carnet de voyages», sur laquelle il a collaboré avec le collectif Zavtra. Elle a été présentée à Limoges.

Radio France Internationale renoue avec son histoire puisque le prix RFI-Théâtre a existé de 1968 à 1993, à la différence près qu'il se limitait au continent africain. Aujourd'hui, il englobe l'Afrique, les Caraïbes, l'Océan Indien et le Moyen-Orient. Ce prix a déjà distingué de nombreux auteurs congolais, de Sony Labou Tansi à Sylvain Bemba en passant par Caya Makhélé. C'est aujourd'hui le tour de Julien Mabiala Bissila.

Du 1er au 31 octobre... à travers l'Italie! 

Pendant un mois, le Festival Octobre Africain ("Ottobre Africano" ) sera le réflet de la culture africaine et non seulement: une manifestation voulue, conçue, promue et cultivée par des Africains, en collaboration avec les Italiens et toutes les réalités présentes en Italie, et qui représentable un véritable chantier d'intégration interculturelle. 

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Pendant un mois, le Festival Octobre Africain ("Ottobre Africano" ) sera le réflet de la culture africaine et non seulement: une manifestation voulue, conçue, promue et cultivée par des Africains, en collaboration avec les Italiens et toutes les réalités présentes en Italie, et qui représentable un véritable chantier d'intégration interculturelle. Avec tant d'événements et réalités culturelles, pensées et promues par des personnes d'origines et cultures non italiennes, mais vivant en Italie, et aussi avec le désir de participation politique, culturelle, économique et sociale des "nouveaux Italiens", on ne peut  plus ne pas imaginer l'Italie de demain, une Italie toujours de plus en plus riche de métissages, de rencontres et de couleurs. Et nous voulons promouvoir un dialogue sur l'Italie qui sera. 

Cette année aussi, le Festival entend maintenir sa traditionnelle  identité itinérante, impliquant plusieurs villes et communautés.

Parmi les nouveautés 2014, l'événement intitulé «Se solo mi guardassi“ (Si seulement je me donnais un regard): deux jours de musique, art culinaire, propsés par la Marraine du Festival, la célèbre chanteuse italienne Fiorella Mannoia, et qui se tiendra à Rome.

Y prennent part toutes les expressions culturelles du territoire (pas seulement africaines mais aussi du reste du monde).

Fort du soutien des partenaires acquis, ces dernières années (Legacoop sociali, Région Emilia-Romagna, ..) et des nouveaux autres (Institut Français de Rome, Casa delle Letterature di Roma, Upter, Librerie "Griot" de Rome, Associazione Mondo Attivo de Reggio Emilia, Commune de Felino, Alliance Française, Centre Culturel Elsa Morante,...), le Festival a l'intention de s'adresser, pas uniquement à un public adulte, mais aussi de travailler avec les écoles, les centres d'agrégation, les jeunes.

Objectif particulier de cette année est d'étendre les activités du Festival, outre le mois d'Octobre, sur toute l'année ou plusieurs mois, visant les jeunes, les écoles et les centres d'agrégation.

D'autre part, partant du succès de la conférence organisée à la Chambre de Commerce de Rome en 2013, en collaboration avec "Fondazioni4Africa", CNA de Roma, Chambre de commerce de Rome, Legacoop Sociali et les ambassades africaines, le Festival, cette année, insiste  sur les "nouveaux italiens" et les Italiens de seconde génération.

Avec la création de CNA World (dédiée aux entrepreneurs immigrés), il est souligné leur apport économique, entrepreneuriale, fiscale et leur contribution au systèmes des pensions.

Le Festival insiste enfin sur la lutte contre le racisme, à travers   l'éducation, dans les écoles et dans les centres d'agrégation, ainsi qu'une variété d'activités: ateliers, vidéo, valorisation de l'expression et de la production  des jeunes sur le thème.

Cleophas Adrien Dioma (Directeur - "Octobre Africain")

"Evan...gilles" de la mode selon Touré! 

Après 6 mois de travail autour de la célébration de ses 20 ans de mode, le styliste Gilles Touré a libéré, comme l'a indiqué la marraine Dominique Ouattara, l'artiste qui est en lui «pour donner corps à ton rêve». Son rêve de faire à Abidjan un grand défilé à Christian Dior a donné naissance en 2001 au concept "Féérie", qu'il a pensé et développé depuis

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Après 6 mois de travail autour de la célébration de ses 20 ans de mode, le styliste Gilles Touré a libéré, comme l'a indiqué la marraine Dominique Ouattara, l'artiste qui est en lui «pour donner corps à ton rêve». Son rêve de faire à Abidjan un grand défilé à Christian Dior a donné naissance en 2001 au concept "Féérie", qu'il a pensé et développé depuis. Le samedi 8 novembre 2014, sur un T précédé d'une descente de onze (11) marches avec dans un fond une subtile présentation «Gilles Touré», le styliste, au pied d'un arbre asséché qui permet de se projeter dans un horizon souvent crépusculaire, nuptial ou ensoleillé, a rendu hommage sur un pupitre aux armoiries de la république, à tous ceux qui ont cru depuis ses années collèges, en sa passion pour la mode. Dont principalement sa génitrice, Touré Aya Virginie qui l'a rejoint, à la demande de Dominique Ouattara, pour recevoir sa médaille d'Officier dans l'Ordre du mérite culturel. Si le moment est pour lui «solennel », le créateur voudrait que ses variantes, créations subdivisées en quatre tableaux, traduisent ses mots, ses émotions et son discours.

«Les discours, je les tiens dans mon atelier, devant mes croquis. C'est dans ce décor que le créateur que je suis se sent dans son univers de création», admet Gilles, . De la symbolique de ses vingt ans de mode, Gilles qui veut maintenir «la flamme» voit dans le chiffre de la maturité, le changement et la fragilité, celle du créateur.

C'est alors qu'à l'endroit de sa marraine, Mme Dominique Ouattara qui s'habille Gilles Touré, le styliste se fera le porte-parole de sa famille artistique et de ses parrains artistiques: Pathé'O et Collé Sow Ardo. «Il faut que les décideurs aident à la professionnalisation de l'industrie de la mode. L'émergence 2020 peut se faire par les créateurs que nous sommes. Sans volonté politique, nous ne parviendront pas à atteindre nos objectifs. Abidjan doit rester la vitrine de la sous-région». Un message que la marraine a dit transmettre à son époux, le président de la République Alassane Ouattara.

La première dame ne se fait aucun doute: «la mode africaine est devenue incontournable et s'exporte dans le monde entier», grâce aux talents de différents créateurs de mode en Côte d'Ivoire et sur le continent.

Pour le spectacle qu'il a donné dans la salle du palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire qui a fait son plein à 99%, les Fééries de Gilles Touré sont précédées du défilé d'un jeune talent, Patricia Wahota. Le mannequin Bamondi du Togo, les créateurs Cissoko Tiguida venue du Mali, Ashante Patrick (Ghana) sont comptés parmi les invités de Gilles Touré.

20 ans, l'illustration d'une carrière 

Le défilé de près de 2 heures qu'il a présenté retrace l'évolution de Gilles. Ses débuts (Collection Uniwax-Vlisco), ses influences ("So Beautiful So Chic", inspiré de Christian Dior), le style trouvé et la marque. Ce que traduit le "Gilshirt" qu'il décline en version longue.

Avec «Voilà For You», Gilles revient sur les marches qu'il a gravies. Tenues inspirées de celles des matelots, béret, chemise à col carré en arrière, Gilles emprunte à certains peuples islamisés le couvre-chef masculin ou le port du voile dans certaines régions sahéliennes ou maghrébines.

A la presse, le styliste rend hommage. Il conçoit un bustier ou une jupe faite de brochures de journaux ou de titres de magazine. Gilles n'oublie pas ses mannequins (filles) à qui il dédie une collection bustier en tapa. Chacune des six mannequins y a son portrait peint et porté fièrement.

La collection Robe de mariées aux goûts différents qui est une recherche de la perfection chez Gilles l'artiste a orienté les regards sur différentes couleurs qui font une mariée.

Avant qu'il ne revienne habillé d'un pagne kita pour la coupure du gâteau qui réunit sur le T tous les mannequins et certaines autorités, Nayanka Bell (sa muse) a eu droit à deux chants.

Dans une variété de styles qui mêle nouvelle génération (Force One) et identité culturelle avec Nigui Saff, Kéké Kassiry a marqué son retour avec son célèbre titre "Abidjan" au style de danse Ziguehi, mode d'expression de la rue abidjanaise.

"Fééries!...20 ans de mode", c'était également la célébration d'une génération des acteurs du monde culturel et d'animateurs à travers Georges Taï Benson, Yves Zogbo Junior, Yves de Mbella, Mariam Coulibaly, Isabelle Anoh, Marie Catherine Kouassi, Eden.

Cette soirée qui ne se voulait pas "Select" donc ouvert à toutes les couches sociales, a eu son côté prestige avec la présence: d'autres personnalités, aux côtés de la première Dame, la marraine: Guillaume Soro, Marcel Amon Tanoh, Clarisse Kablan Duncan, l'épouse du Premier ministre, Maurice Bandama, Anne Ouloto, Raymonde Goudou Coffi, Kandia Camara.

Culture et sculpture! 

Pour son œuvre à la fois colorée, contemporaine et bercée dans la tradition Guélédé, l'artiste béninois Kifouli Dossou a remporté le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain. La création de ce prix s'inscrit dans l'effervescence qui règne actuellement autour de cet art. 

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Pour son œuvre à la fois colorée, contemporaine et bercée dans la tradition Guélédé, l'artiste béninois Kifouli Dossou a remporté le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain. La création de ce prix s'inscrit dans l'effervescence qui règne actuellement autour de cet art. Décerné à Paris, à l'occasion de la vente «Africain Stories» qui rassemble une centaine d'œuvres d'une cinquantaine d'artistes contemporains africains et qui a eu lieu, le mardi 7 octobre, à la maison de vente aux enchères Piasa, le prix est doté de 10 000 euros, en soutien à deux expositions personnelles, en France et en Afrique.

C'est une sculpture fantasque, colorée, peuplée d'animaux sauvages posés sur un masque traditionnel avec ses yeux en amande et scarifications, si caractéristiques de l'esthétique Yoruba. Tout en haut trône un homme noir, assis exactement dans l'axe de la trompe de l'éléphant et du troisième œil du personnage du masque. Son titre ? "Concevoir la paix". Tout un programme. «Quand on dit 'la paix', ce n'est pas le mot qui m'intéresse, mais le comportement de la personne qui prend la paix, assure Kifouli Dossou. Ce qui m'intéresse, c'est comprendre. La paix est une vertu. On doit avoir la paix en soi, même si on est attaqué on ne doit pas réagir violemment. On doit être calme et répondre dans la douceur. (... ) Une fois que le grain de la paix est semé, il faut le laisser germer. (... ) Les gens qui ont des potentialités, mais qui n'ont pas la paix, ne peuvent pas progresser». 

« Créer une visibilité pour l'art africain contemporain » 

C'est Nathalie Miltat, spécialiste des arts subsahariens et également originaire du Bénin, ce petit pays souvent surnommé le « Quartier Latin » d'Afrique, qui a lancé le prix Orisha : «En 2005, j'avais créé La Noire Galerie, déjà avec le même objectif : créer une visibilité pour l'art africain contemporain. Avec le recul, ce n'était peut-être pas le bon format. J'ai compris qu'un prix permettait une visibilité beaucoup plus rapide. Les gens commenceront à s'habituer à la présence de l'art contemporain africain. C'est cela que je veux. D'ici en 2024, on aura déjà une centaine d'artistes contemporains africains découverts ici en Europe». 

Kifouli Dossou n'était pas présent lorsque, à Paris, chez Piasa, son nom a été annoncé comme lauréat du premier prix Orisha pour l'art contemporain africain. Dans le jury officiaient des grands noms comme Jean-Hubert Martin, l'initiateur de l'exposition mythique Les Magiciens de la Terre, Marc Olivier Wahler, l'ancien directeur du Palais de Tokyo, et Touria El Glaoui, la fondatrice du premier salon d'art contemporain africain : «Je suis très émotionnelle. J'aime beaucoup le travail de Kifouli Dossou, mais je n'ai pas d'explication conceptuelle par rapport à l'œuvre, cela me parle directement au cœur». 

« Je suis un sculpteur de Guélédé » 

Pendant que le Tout-Paris buvait un cocktail à son honneur, l'artiste restait au Bénin, loin des mondanités parisiennes, à Cové, là où il vit et travaille depuis qu'il y est né, en 1978, dans une famille d'artisans-sculpteurs de masques. Alors on lui envoie par courriel des questions auxquelles il répond en Fon par traducteur interposé. C'est depuis l'âge de 10 ans qu'il sculpte des masques Guélédé inscrits dans les traditions Yoruba et Nagô, présentes au Bénin, au Nigéria et au Togo. «Je suis un sculpteur de Guélédé. Dans ma tradition, le Guélédé est sacré, il est montré lors des cérémonies pour des rituels. Je m'inspire de ma tradition pour essayer d'éduquer, pour essayer de sensibiliser. À travers mon travail de sculpteur de Guélédé, la tradition ne va pas mourir, car je puise mon travail dans la tradition, mais en m'inspirant de tout ce qui m'entoure pour avancer et construire un futur meilleur. Le passé et le quotidien me font avancer dans mon travail». 

Avant de participer cette année à la Biennale de Dakar, Kifouli Dossou avait exposé à l'Institut français à Cotonou et à Sao Paulo, à Paris et à Bruxelles, l'artiste béninois Romuald Hazoumé lui avait acheté des masques et donné des conseils, mais c'est surtout l'entrée de sa série "Le Sondage" à la Fondation Zinsou au Bénin qui a marqué jusqu'ici sa carrière. « Kifouli Dossou est encore un 'jeune artiste', c'est-à-dire qu'il n'a pas encore eu d'exposition personnelle dans de grandes institutions à travers le monde. Donc sa place est à faire et c'est le bon moment de l'attraper avant que ses prix ne flambent. », estime Timothée Chaillou, directeur du département art contemporain de Piasa et directeur du prix Orisha. 

« J'ai mes propres idées »  

À Paris, sa sculpture lauréate (et les vidéos, photos, peinture abstraite des cinq autres candidats sélectionnés au Prix Orisha) est exposée au milieu d'une centaine d'autres œuvres d'artistes africains dont des peintures de Chérie Samba et une pièce historique de Frédéric Bruly Bouabré. Des pièces rassemblées pour la vente African Stories qui a eu lieu,  mardi 7 octobre à la maison de vente Piasa, avec des prix allant de 3 000 jusqu'à 120 000 euros. Un événement majeur d'envergure internationale avec près d'une cinquantaine d'artistes originaires de plus de 15 pays différents. Et qui sont les artistes contemporains qui inspirent Kifouli Dossou ? « Je ne suis pas inspiré par des artistes. Mon inspiration, c'est la tradition Guélédé et les gens autour de moi. Mon frère Amidou Dossou qui est également sculpteur de Guélédé et avec qui j'ai appris quand j'étais enfant, reste un modèle pour la technique, mais mon travail vient de moi. J'ai mes propres idées. »

Le bois de ses masques vient de la forêt à côté de son village. Dans ces œuvres d'art, il revient souvent sur la tradition et la vie ordinaire des gens au Bénin tout en dépassant leur cadre rituel ou quotidien pour arriver à un questionnement de la société d'aujourd'hui à travers de l'art contemporain. En 2011, il avait exposé à la Fondation Zinsou 10 masques Guélédé qui résumaient les préoccupations majeures de la population béninoise avant les élections présidentielle et législatives. L'éducation, l'électricité et l'eau courante arrivaient en tête de ce Sondage un peu spécial, néanmoins acclamé par le public. Hélas, il n'a pas pu surmonter la réalité politique de son pays. « À chaque fois que je quitte Cové pour aller à Cotonou, je me rappelle 2011, c'est comme si c'était hier. Je me rappelle de tout ce que j'ai fait pour "Le Sondage". Mais c'est le cœur serré que je vois que rien n'a changé, rien n'a évolué. C'est comme si on faisait un pas en avant et deux pas en arrière. Nos dirigeants ne font rien ! Les gens qui ont vu l'exposition sont venus me voir pour me dire que vraiment j'avais parlé de toutes leurs préoccupations, mais que depuis rien n'a été fait, qu'il n'y avait pas eu de réponses à mes questions. »

L'effervescence de l'art contemporain africain 

En attendant, l'effervescence de plus en plus grande de l'art contemporain africain continue. Le prix Orisha et la vente African Stories incarnent simplement la suite d'une série d'événements qui s'enchainent depuis quelques années autour de l'art contemporain africain qui était à l'honneur de salons prestigieux comme Art Paris, Paris Photo, la Fiac ou le Parcours des Mondes. Et l'inauguration en novembre 2013 du premier musée d'art contemporain africain en Afrique, à Ouidah, au Bénin, a encore une fois changé la donne, selon Touria El Glaoui, la fondatrice du salon 1:54 à Londres. « Dans certains pays, c'est même flagrant. Par exemple, au Nigéria, il y a 5 ans, il n'y avait absolument rien. Cinq ans plus tard, il y a 15 ou 25 galeries, des maisons de vente aux enchères, il y a un vrai marché secondaire, ce qu'il fait que cela donne plus de validité à certains artistes. Du coup, les collectionneurs sont beaucoup plus ouverts à acheter, parce qu'ils savent qu'ils peuvent revendre, il ya une stabilité de prix. On sait la valeur des artistes. Tout cela est très important. »

Et du 16 au 19 octobre, Touria El Glaoui a inauguré à Londres la 2ème édition de 1:54 : « Kifouli Dossou y a été déjà présenté, l'année dernière, par le Musée du Guinée équatoriale, parce qu'il faisait partie de la future collection du musée. Pour vous donner une idée de l'évolution du salon 1:54: l'année dernière, on avait 6 000 visiteurs et 15 galeries. Cette année on a 27 galeries et on attend 12 000 visiteurs. On entend déjà que c'est l'événement le plus attendu de la semaine de la Frieze Art Fair. Donc on est ravis de la réputation qu'il a avant même de commencer». 

Du 10 octobre au 5 novembre!

Quatre pays de la sous-région accueillent successivement la 14e édition du Festival International de Théâtre et de Marionnettes de Ouagadougou (FITMO) autour de la «problématique de la formation artistique et de l’insertion socioprofessionnelle des artistes en Afrique».

altQuatre pays de la sous-région accueillent successivement la 14e édition du Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (FITMO) autour de la «problématique de la formation artistique et de l’insertion socioprofessionnelle des artistes en Afrique». Selon des sources proches de l’organisation, l’évènement se tiendra du 10 octobre au 5 novembre 2014 dans quatre pays de la sous-région à savoir, le Burkina, le Mali, le Niger et le Togo.

C’est le Burkina qui ouvrira le bal des spectacles du 10 au 16 octobre.

Après, le FITMO se poursuivra au Mali du 18 au 22 octobre, avant de se déporter au Niger du 25 au 29 octobre et au Togo du 1er au 5 novembre.

Au menu des activités, des spectacles traditionnels et modernes d’arts vivants, des ateliers de formation, des diffusions de films, des fora sur les spectacles et un colloque sur le thème.

Pour cause du virus Ebola, souligne le directeur artistique du FITMO, Dr. Hamadou Mandé, la Guinée qui a été initialement invitée a été finalement recalée, puisque ce pays enregistre des cas de la maladie.