Africulture - Africa Nouvelles

Félicitations aux lauréats!

La 11ème édition du Dak'art a commencé dans la capitale sénégalaise le week-end dernier et se tiendra jusqu'au 8 juin. Lors de la cérémonie d'ouverture en présence du Premier ministre, Aminata Touré, et du ministre de la Culture et du Patrimoine, Abdoul Aziz Mbaye, le nom des artistes récompensés et choisis parmi une soixantaine de talents africains et de la diaspora ont été dévoilés par Thérèse Turpin-Diatta, responsable du comité d'orientation de la 11ème biennale de Dakar.

altLa 11ème édition du Dak'art a commencé dans la capitale sénégalaise le week-end dernier et se tiendra jusqu'au 8 juin. Lors de la cérémonie d'ouverture en présence du Premier ministre, Aminata Touré, et du ministre de la Culture et du Patrimoine, Abdoul Aziz Mbaye, le nom des artistes récompensés et choisis parmi une soixantaine de talents africains et de la diaspora ont été dévoilés par Thérèse Turpin-Diatta, responsable du comité d'orientation de la 11ème biennale de Dakar.

Driss Ouadahi (Algérie) et Olu Amoda (Nigeria) ont reçu ex-aequo le Grand Prix Léopold-Sédar-Senghor.

La Camerounaise Justine Gaga s'est vu remettre celui du ministre de la Culture et du Patrimoine, Sidy Diallo, celui de l'Organisation Internationale de la Francophonie, et FatenRouissi, celui de la Ville de Dakar.

Cinq autres artistes ont été distingués: le Zambien Milumbe Haimbe (prix de la Fondation Blachère), le peintre sénégalais Amary Sobel Diop (prix Oumar-Ndao), le plasticien sénégalais Guibril-André Diop (prix de l'Union économique et monétaire ouest-africaine), la Sud-Africaine Nomusa Makhubu (prix du Studio national des arts contemporains) et la Tunisienne Houda Ghorbel (prix du Centre Soleil d'Afrique).

Lumière sur les grands lauréats

Cette année, ils sont donc deux à se partager le Grand Prix Léopold-Sédar-Senghor. Le travail de l'Algérien Driss Ouadahi, souvent comparé à celui Paul Klee, a retenu l'attention du jury. Le peintre, aujourd'hui installé en Allemagne, a présenté, lors de l'ouverture de l'événement, sa toile "Entre Nous", œuvre aux couleurs froides, conjuguant l'architecture et l'abstraction. Les professionnels le reconnaissent comme un artiste unique, capable de lier la qualité picturale du XIVe siècle à la modernité de son temps.

Olu Amoda a présenté "Sunflower", une œuvre en métal et acier retenue par des clous, des matériaux durs et bruts pour un sujet plus délicat : un tournesol. Le travail d'Olu Amoda se distingue par des assemblages sensibles d'objets trouvés dans la rue ou dans des déchetteries, et des matériaux divers, un recyclage artistique à travers lequel l'artiste se livre à de subtiles critiques de la société industrielle.

Cette biennale d'art contemporain est l'événement le plus important du genre à se consacrer exclusivement aux artistes vivant sur et hors du continent. Dak'art a pour objectif de valoriser la création, confirmer et révéler les talents d'horizons diverses (peinture, sculpture, photographie, arts numériques... ) et encourager la rencontre entre professionnels et artistes.

Dak'art!

La 11e édition de la Biennale de Dakar, ouverte vendredi 9 mai, est axée sur le thème "Produire le commun", avec l'objectif déclaré de prouver que ce qui est en cours dans le domaine de l'art sur le continent africain ne s'oppose pas à l'évolution dans le reste du monde, a expliqué à Dakar, Abdelkader Damani, l'un des commissaires de cette manifestation culturelle.

altLa 11e édition de la Biennale de Dakar, ouverte vendredi 9 mai, est axée sur le thème "Produire le commun", avec l'objectif déclaré de prouver que ce qui est en cours dans le domaine de l'art sur le continent africain ne s'oppose pas à l'évolution dans le reste du monde, a expliqué à Dakar, Abdelkader Damani, l'un des commissaires de cette manifestation culturelle.

"Il s'agira d'ouvrir la porte à la nouvelle vision de l'histoire de l'art africain et prouver que ce qui se passe ici n'est pas une contradiction de ce qui se passe à l'autre bout du monde", a t-il dit, en présence des deux autres commissaires d'exposition de la Biennale, Elise Atangana et Smooth Ugochukwu Nzewi.

Selon lui, "produire le commun, ce n'est pas simplement vivre ensemble, c'est de le faire de manière active" sachant que" l'Afrique est le seul continent qui fait la synthèse du monde entier. Et donc, si nous sommes le seul lieu qui peut se targuer de dire qu'il est le résumé du monde, nous avons donc essayé, dans la biennale, de faire modestement une exposition qui donne ce sentiment", a-t-il souligné.

Pour la Camerounaise Elise Atangana, "Produire le commun" est un processus inclusif où il s'agira de réfléchir sur ce que l'on a en commun, penser l'autre, une sorte "d'additions des différences".

Durant la Biennale, une œuvre commune, intitulée "Anonymous", sera présentée au public, comme le "symbole" du thème de cette manifestation, puisqu'elle a été signée de manière collective. D'après elle, c'est "une manière de représenter cette production du commun".

D'autres thèmes seront également déclinés, à travers des œuvres d'art qui seront exposés. Certains sont des thèmes à caractère urbain qui ont aussi la particularité d'être urbains.

Il y aura également des œuvres parlant d'amour et d'autres qui seront développés sous des thèmes interactifs, sans oublier l'esclavage et l'environnement, a-t-elle précisé.

Plus de 60 artistes internationaux sont attendus à cette nouvelle édition parmi lesquels le Britannique John Akomfrah, le Nigérian Olu Amoda, le Kenyan Wangechi Mutu, le Grec Lo Palmer, qui participent pour la première fois à la Biennale de Dakar.

Ce choix est, selon Atangana, motivé par le besoin de "renouveler le visage de la Biennale, surtout, d'offrir une opportunité aux artistes qui souhaitaient venir à Dakar et participer à la Biennale. Pour eux, la Biennale représente quelque chose de très fort, de symbolique, d'historique et culturellement très ancré sur le continent".

Les pavillons de pays seront une nouveauté durant cette Biennale, a annoncé M. Damani, qui signale "que toutes les biennales à travers le monde essaient de trouver des particularités, et la question des pavillons par pays a toujours été la particularité de la Biennale de Venise".

Il y aura ainsi durant cette biennale le pavillon marocain et algérien, parmi d'autres, a précisé le commissaire algérien, qui est par ailleurs le directeur de la plateforme "Veduta", à la Biennale de Lyon.

Pour cette 11e édition, plus de 250 sites ont été répertoriés pour abriter les différentes expositions entre Dakar et Saint-Louis dont le village de la Biennale qui va abriter l'exposition internationale.

Il est également prévu des expositions-hommages, des expositions off présentant près de 600 artistes à Dakar, mais aussi un salon de la sculpture, résultat du symposium de la sculpture tenu en novembre dernier à Dakar.

L'amour pour l'humour!

Huit années après «Je suis candidat», son dernier album, Adama Dahico signe son come-back dans les bacs, avec un nouvel opus, dont il garde pour l'instant jalousement le titre. L'œuvre qui tranche avec ce que l'humoriste avait l'habitude de faire, sera disponible sur le marché le lundi 5 mai prochain.

altAvant cette échéance capitale pour lui, l'humoriste-écrivain, qui vient de publier «Eh Djah, Ma vieille!», situe les enjeux de ce retour musical et humoristique et dévoile son nouveau combat.

Vous vous apprêtez à mettre sur le marché une nouvelle œuvre. A quoi le public doit-il s'attendre?

C'est un album de 12 titres entièrement enregistrés en live et 100% reggae avec des thèmes d'éveil de conscience sur la réconciliation, la paix, l'insalubrité et pas mal de sujets qui contribuent au développement d'une Nation. Voilà ce que je peux dire pour l'instant.

Justement que dites-vous concrètement dans les textes?

Sur cet album, je m'adresse aux Ivoiriens avec le cœur. Nous avons tous été témoins de certains événements dans notre pays. Pour la postérité, il faut qu'artistiquement nous rendions compte de ce qui s'est passé, afin de tirer des enseignements de ce que nous avons vécu.

Nous sommes aujourd'hui dans une dynamique de développement. Après les palabres, il faut se parler et avancer. Je suis citoyen avant tout. J'ai donc décidé d'accompagner l'esprit que le Président de la République et tout le gouvernement ont décidé d'inculquer aux Ivoiriens, c'est-à-dire atteindre d'ici 2020 l'émergence.

Mais, on ne peut pas émerger sans la culture. C'est pourquoi, je reporte le chapeau de militant de la Côte d'Ivoire culturelle, avec un titre intitulé « Ma Côte d'Ivoire », dans lequel j'exhorte chaque Ivoirien à s'acquitter de ses devoirs de citoyen en payant ses impôts. C'est avec cela que l'Etat travaille.

Mais, en même temps, l'Etat a pour devoir de protéger toutes les industries, tous les investisseurs. Aujourd'hui, la contrefaçon et la piraterie tue l'économie. Et nous voulons que l'Etat mette en place un dispositif qui permettra de protéger ces entreprises. Dans l'album, on en parle.

Il y a aussi le slogan de campagne de l'album qui incite les uns et les autres à avoir de l'espoir. Quelles que soient les difficultés, il ne faut pas baisser les bras. Nous avons compris que Dieu a la main sur la Côte d'Ivoire, qu'il a touché les cœurs des uns et des autres afin que nous puissions aller à la paix.

Peut-on savoir le titre de l'album?

Souffrez que je ne le divulgue pas maintenant. Je réserve la surprise pour la sortie de l'album. Les mélomanes le sauront dès la sortie de l'œuvre. Je ne souhaite pas que les pirates dès qu'ils l'entendent, bondissent là-dessus.

Cela dit, je vous informe que j'ai travaillé avec un jeune arrangeur ivoirien Marc William, pendant un an. Il est pétri de talent. Nous sommes aujourd'hui en mesure d'assurer un concert live et d'exécuter les 12 titres de l'album, si un promoteur nous sollicite. Et l'orchestre, c'est les doromikaniciens.

 Vous chantez ou vous parlez sur un beat reggae?

Pour le comédien que je suis, parler c'est chanter. Nous sommes inspirés d' « Eh Djah », mon premier album, et de réflexion en réflexion, nous en sommes arrivés à cette œuvre. Les Ivoiriens m'attendent sur le plan artistique et c'est là que je dois les surprendre.

Je ne chante pas, mais je parle avec émotion sur des sujets qui nous touchent. Et les chœurs chantent. Nous avons travaillé dans deux studios, Salem et JBZ, avec des musiciens pétris de talent. J'avoue que quand j'ai écouté l'œuvre, j'ai eu une satisfaction morale et artistique.

C'est une vision que nous venons de réaliser, en enregistrant en live un album afin de pouvoir participer à beaucoup de festivals à travers le continent. C'est mon nouveau challenge. Mais, sachez qu'un concert d'Adama Dahico, ça sera toujours de l'humour.

Nous avons, par exemple, une chanson qui s'intitule « Ali Baba et les 40 voleurs » et quand nous l'exécutons, le président Dahico pèse ses ministres, à l'aide d'une balance. C'est un album que nous voulons promouvoir à travers la Côte d'Ivoire.

Habituellement dans vos albums, vous alternez sketchs et musique. Pourquoi, vous renoncez à cette démarche avec cette nouvelle œuvre? 

AD : Je suis certes humoriste. Mais, j'ai des choses à dire au public et je pense que la musique est aussi un canal pour véhiculer des messages. C'est un choix différent, mais je reste toujours dans le canevas de l'humour.

La Côte d'Ivoire est No1 sur le plan de l'humour en Afrique francophone, et les gens dans certains pays du continent s'inspirent des humoristes ivoiriens. Je me suis dit pour ne pas proposer autre chose. En entrant dans ce feeling, je montre qu'on a une autre dimension dans la Côte d'Ivoire humoristique.

Avec ce nouvel album, venez-vous récupérer votre place sur la scène de l'humour?

Vous savez, quel que soit le talentueux reggaeman qui viendra en Côte d'Ivoire, Alpha Blondy restera toujours Alpha Blondy. Tiken Jah, Ismaël Isaac sont certes très bons, mais ils reconnaissent qu'Alpha Blondy reste leur aîné. En matière d'humour, je ne suis pas celui qui a commencé.

Avant moi, Bamba Bakary et d'autres devanciers ont porté de cet art en Côte d'Ivoire. Je suis arrivé à un moment donné avec un humour militant. Et je me suis battu avec un festival (le FIRA, festival international du rire d'Abidjan) et le one-man-show pour amener les gens à aller vers le développement de l'humour.

C'est vrai que j'ai fait quelque temps sans être sur la scène humoristique abidjanaise, mais je me suis produit dans beaucoup de pays en Afrique francophone. J'ai même glané plus de 5 trophées sur le plan international. Cela dit, je pense que les jeunes frères ont maintenu la flamme de l'humour.

Ils ont du talent, mais il faut qu'ils comprennent qu'il faut qu'ils se remettent chaque jour en cause. Quand nous commencions, il n'y avait pas de blagues en sms. Nous nous contentions de notre imagination pour produire des blagues.

Aujourd'hui, quand vous réécoutez « Eh Djah », mon premier album, vous constatez qu'il fait la fierté de la Côte d'Ivoire. C'est dire qu'un travail a été fait. Je ne reviens pas pour prendre une place, parce que je n'en ai pas perdu. Je reviens pour continuer mon travail.

Mais, on reproche à vos jeunes frères de ne pas travailler suffisamment et de ne servir que des blagues qui passent partout et que tout le monde connaît...

Nous, les humoristes, avons le devoir de produire des spectacles de qualité. Dans l'une de vos livraisons, j'ai lu un article sur ce sujet. Je l'avoue, j'ai été à la fois heureux et malheureux. Je me suis rendu compte qu'à notre époque, ce n'était pas pour nos beaux yeux qu'on parlait de nous dans les journaux.

Il y a un travail qui était abattu. Nos jeunes frères d'aujourd'hui, eux-mêmes le disent, ne se remettent pas en cause. Ils sont entre les mariages, les « gombos » et les spectacles. Ils ne savent pas qu'il faut se donner un temps, pour réfléchir et écrire. Aujourd'hui, le public paie pour nous regarder.

Il attend donc de nous, un travail de qualité. Malheureusement, ils ne disent que les mêmes blagues qui circulent dans les téléphones portables, ils en font un répertoire. On peut raconter des histoires que les gens connaissent, mais cela ne doit pas constituer 80% de votre répertoire.

Sinon, il y a problème. Ce que je leur conseille, c'est de se mettre au travail surtout s'ils veulent faire de l'humour leur travail. Ils font rire, c'est vrai, mais à un moment donné, le public dira : « Allez-vous mettre au travail » !

Et ce moment est venu. Par le passé, on m'avait demandé qui est, selon moi, le meilleur humoriste parmi les jeunes qui occupent actuellement la scène. Pour moi, le meilleur humoriste, c'est celui qui donne le meilleur de lui-même à chaque prestation.

Vous parliez tantôt du FIRA. Que devient-il? L'événement est-il mort?

Non. Le FIRA (Festival International du Rire d'Abidjan) va revenir ,d'ici la fin de l'année, mais ce sera un FIRA un peu spécial, une sorte de bilan. Nous allons inviter tous ceux qui ont déjà joué au Fira et que le festival a permis d'évoluer. Ils viendront ainsi avec émotion dire comment ils sont partis du Fira pour atteindre le niveau qu'ils ont aujourd'hui.

Ce sera un FIRA spécial réconciliation, mais la production d'un tel événement demande que l'Etat, en plus des sponsors, nous soutienne. Je lance, en tant que militant de la Côte d'Ivoire culturelle, un appel à tous ceux qui pensent que le FIRA est un patrimoine culturel ivoirien, afin qu'ils nous viennent en aide pour qu'on relance l'événement.

Le FIRA a permis à certains pays francophones du continent d'initier des festivals d'humour et ça fonctionne bien. Il ne faudrait pas que les premiers soient les derniers.

Il faut qu'on reprenne notre place. Je suis prêt à m'investir dans ce sens. Sinon, j'ai la possibilité de m'occuper uniquement que de ma carrière. Mais, je veux que nous préparions tous ceux qui vont faire de l'humour dans 5 ou 10 ans. Voilà un peu mon combat.

La rumba a vrombi!

Passé du simple souhait, le sujet est au cœur du plaidoyer commun de l'Institut National des Arts (INA) et de la Délégation Wallonie-Bruxelles, un engagement exprimé avec beaucoup de verve par le Pr André Yoka à l'occasion du lancement de l'Année rumba, le 28 mars, au Centre Wallonie-Bruxelles (CWB).

altL'inscription de la rumba congolaise au patrimoine mondial de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture) est un mérite qui ne saurait lui être refusé «à l'instar du tango inscrit par l'Uruguay et l'Argentine, à l'instar de la gastronomie française ou de la musique folklorique bretonne» , estime le directeur général de l'INA André Yoka. Une pensée qu'il a en partage avec la Déléguée Wallonie-Bruxelles Kathryn Brahy pour qui «la rumba est un art de vivre». Il a plu à André Yoka de faire savoir que «la rumba congolaise, telle que l'ont perpétuée bon nombre de créateurs, est la métaphore du fleuve Congo (l'une de ses muses les plus exaltées par la musique des deux rives)».

Dès lors, est-il bien plus compréhensible que l'actuel plaidoyer perçu telle «une marche forcée entamée dès les années 1970 jusqu'à ce jour» ne soit pas seulement l'affaire des critiques d'art et des chroniqueurs inspirés de RDC. Bien plus encore, il se trouve porté par nombre de défenseurs de l'autre rive mais aussi de l'Occident. Un large éventail dans lequel se côtoient notamment «Michel Lonoh, Philippe Kanza, Bwatsa Kafungu, Tshonga Onyumbe, Ginzanza, Manda Tchebwa, Sylvain Bemba, Mfumu, Jean-Pierre Nimy, Faugus Izeidi, Raoul Yema, Bob White, Léon Tsambu, Ribio Nzeza, Moreno Kinkela, Dr. Mayengo, Damien Mpwono, Lupwishi Mbuyamba et Mukuna wa Kazadi».

Le plaidoyer s'est corsé

Et de soutenir que «ce plaidoyer s'est corsé ces derniers temps à travers un certain nombre de rencontres internationales» répertoriées depuis 2012. Dès lors, André Yoka a pris comme point de départ, le séminaire international de l'École Nationale du Patrimoine (Paris, octobre 2012) sur le thème central «Le Patrimoine culturel et naturel africain».

Experts de RDC et du Congo-Brazzaville, nous apprend-il, y avaient conjointement soumis «une esquisse de la requête en faveur de la rumba congolaise en tant que patrimoine mondial». De ce premier événement cité, il est passé au symposium international en marge du FESPAM (Festival Panafricain de Musique: Brazzaville, juillet 2013) dont la «recommandation-phare» reposait sur «la mise en œuvre des mesures de conservation et de promotion de la rumba congolaise».

Sur le plan local, allusion a été faite à la table ronde conjointe de la Commission francophone belge de l'UNESCO et de la Commission nationale congolaise pour l'Unesco (Kinshasa, septembre 2013) en rapport avec la préservation du patrimoine culturel immatériel de la RDC.

«À cette occasion, dit-il, un plaidoyer fort a été de nouveau présenté aux experts réunis en table ronde en faveur de la rumba congolaise en tant que patrimoine mondial». Quant à l'évènement le plus proche tenu le 19 mars dernier à l'initiative du gouverneur de la ville-province de Kinshasa, il était dédié au lancement du processus de la désignation de Kinshasa comme «ville créative» selon l'acception et le programme-phare de l'UNESCO. Cette manifestation avait retenu «la musique congolaise moderne comme atout providentiel de la créativité urbaine».

C'est donc dans cette lignée que s'inscrit le présent programme culturel de la Délégation Wallonie-Bruxelles et du CWB en partenariat avec l'INA. Le lancement de l'«Année rumba» a ainsi donc voulu marquer l'entrée dans un processus légitime de revalorisation multiforme et animée de la rumba congolaise. Ce, au travers de ses concerts, son festival, ses forums, ses expositions, ses supports, ses traces. Une machine importante qui devrait servir également d'illustration, mieux se constituer en une sorte de «pièce à conviction pour le plaidoyer».

Des échos de Dahico!

Au cours de la cérémonie de présentation de son dernier album 100% reggae,  mercredi 30 avril à Abidjan, l’artiste humoriste ivoirien Adama Dahico, a indiqué qu’il est fier d’avoir participé à l’élection présidentielle de 2010 de son pays.

alt«J’ai été candidat aux élections présidentielles, premier artiste ivoirien qui a osé», soutient le candidat malheureux à ces échéances électorales, en précisant que sa mission dans le cadre de cette élection, était de détendre l’atmosphère, apporter de la joie.

Pour lui, c’est un devoir citoyen de participer à une élection. «Et c’est ce que j’ai fait», souligne Dahico qui ajoute : «Je n’ai pas de regret pour une participation à une élection présidentielle».

Le patron du «Maquis Doromikan» dit avoir désormais une nouvelle mission. Celle de prôner la réconciliation entre les fils et filles de la Cote d’Ivoire.

Ce dernier déplore les nombreuses pertes en vie humaine enregistrées lors de la crise post-électorale.

Qu'est-ce que "sexe" ça?

Du jamais vu: des femmes tambourinaires au Burundi. Certains hommes burundais voient ce phénomène comme un pas en avant vers l'égalité des sexes, mais d'autres le considèrent comme une trahison de la culture et de l'histoire du Burundi.

altUne femme maçonne, mécanicienne, chauffeur, ... Les hommes burundais croyaient avoir tout vu et semblaient avoir tout accepté. Mais aujourd'hui, ils n'en reviennent pas : des femmes tambourinaires !

Tous les métiers sont ouverts aux femmes

Une première dans l'histoire du Burundi. La scène insolite est à retrouver dans le nord-est du Burundi, dans la province de Kirundo, dans la commune de Busoni. Des femmes à l'allure fière qui utilisent leurs muscles pour exhiber leurs talents de danse, tambour battant, dans chaque cérémonie officielle.

Les participantes ne trouvent rien d'étonnant à leur prestation : "Quand nous parlons de l'égalité des genres, cela doit se manifester dans tous les domaines. Il n'y a plus de danse réservée aux hommes au même titre que désormais tous les métiers sont ouverts aux femmes", affirme Immaculée, l'une des tambourinaires, sourire aux lèvres.

Les hommes de Busoni sont d'accord, ils sont presque unanimes : "Nous sommes contents de voir nos femmes jouer et danser au tambour. C'est un pas en avant pour notre société", témoigne Élias, sexagénaire.

Étienne, lui, de passage dans cette commune aux femmes révolutionnaires, est plutôt perplexe, mais ne trouve rien à redire à cette tradition insolite : "Une femme qui joue et danse au tambour ? C'est du jamais vu au Burundi!

La pilule reste difficile à avaler

À quelques centaines de kilomètres de là, en province Ngozi (le nord du Burundi), tout comme à Bujumbura la capitale, la pilule reste difficile à avaler pour les hommes.

"Depuis quand le tambour est-il pour les femmes ?", se demande Cyrille, déçu. Jean-Pierre, lui, choqué, va plus loin et parle d'une insulte : "Le tambour est le symbole du pouvoir et de la souveraineté. Jamais dans la culture burundaise, et ce depuis des temps anciens, on n'a vu une femme tambourinaire. Une chose pareille est une insulte pour notre culture."

Pourquoi cette résistance chez la gente masculine? La réponse est peut-être dans l'histoire du tambour au Burundi. En effet, dans le Burundi ancien, le tambour était battu uniquement par des hommes dans de grandes cérémonies et en présence du roi.

Personne d'autre n'avait ce privilège. Le tambour incarnait le pouvoir et la souveraineté du roi. Il y avait des tambours simples qui résonnaient dans différentes festivités et d'autres qui étaient "sacrés" comme le Karyenda qui, selon la légende, représentait "l'âme du Burundi", et symbolisait le pouvoir et la royauté. Le Nyabuhoro, lui, était considéré comme garant de la sécurité du pays.

Cetains symboles réservés traditonnellement aux hommes seraient-ils menacés par ces tambourinaires d'une nouvelle époque ?

En attendant, Immaculée et ses amies ont bien l'intention de continuer à faire résonner haut et fort leur tambour pendant les cérémonies officielles de la petite ville du nord du Burundi.

Cinémusique!

6ème exportateur mondial de pétrole, le Nigeria est aussi le foyer d'une industrie cinématographique et musicale dont l'essor ne cesse d'étonner plus d'un francophone. La popularité de son cinéma et de sa musique a fait de ce pays un incontournable géant culturel du continent.

alt6ème exportateur mondial de pétrole, le Nigeria est aussi le foyer d'une industrie cinématographique et musicale dont l'essor ne cesse d'étonner plus d'un francophone. La popularité de son cinéma et de sa musique a fait de ce pays un incontournable géant culturel du continent

Un cinéma à faible budget et un succès omniprésent

Il ne se passe pas une semaine au Nigeria sans qu'il ne se tourne au moins trente long métrages destinés à la commercialisation. Lancée en 1990, l'industrie cinématographique nigériane, Nollywood, est devenue, après l'agriculture, la 2ème source d'emploi de ce pays qui compte un peu plus de 168,8 millions d'habitants. On estime à un million le nombre de personnes dont les revenus dépendent directement de la production de Nollywood, industrie qui génère désormais 590 millions USD par an.

Au-delà des thématiques populaires abordées, le succès paradoxal de cette industrie réside aussi dans sa capacité à produire jusqu'à 2.500 films par an, tournés avec de petits budgets et dans des conditions assez dérisoires de production. Selon la BBC, produire un film coûte entre 25.000 et 70.000 USD. Entre amateurisme et piraterie, les DVD se vendent entre 20.000 et 200.000 exemplaires. Et la gangrène du piratage n'étant jamais loin sur le continent, pour chaque exemplaire vendu légalement, 9 sont illégaux, selon la Banque mondiale.

Dans cette effervescence artistique, très peu d'acteurs ont des revenus élevés. Les plus connus gagnent entre 1.000 et 3.000 USD par film, les plus chanceux, comme l'actrice Omotola Jalade, atteignent les 32.000 USD par film.

Musique: à chaque génération un mouvement

Les années 1970 ont été celle du règne de l'afrobeat de Fela Anikulapo Kuti. Le musicien le plus controversé du continent, né en 1938, s'était taillé une personnalité qui l'avait rendu incontournable dans l'histoire de la musique africaine, créant un mouvement de conscience collective puissant.

Mais plus tôt, au cœur des années 1960, on se souvient comment la rumba zaïroise conquit le Nigeria, où elle a été séduite par le highlife déjà en vogue à cet époque. La fusion des deux fera apparaître en 1976 le tube "Sweet Mother" de Prince Nico Mbarga.

Arrive dans les années 1980 le groove du reggae jamaïcain. Mais les courants dominants restent l'afrobeat, la juju et la fuji qui connaîtra une expansion remarquable dans les années 1990. Une décennie marquée également par «l'installation du batteur Ginger Baker à Lagos et le lancement d'un projet avorté de studio dans la capitale nigériane par Paul Mc Cartney», explique Sylvie Clerfeuille.

Les années 2000 ont été celles de l'arrivée d'une nouvelle génération. Seun et Femi Kuti, les deux fils de Fela perpétuent chacun à sa manière la mémoire de leur père. À leur côté, Keziah Jones est un artiste majeur de la scène musicale nigériane aux aspirations profondes avec un discours réaliste sur la situation politico-économique du Nigeria.

Dans une interview accordée au magazine Mondomix, il disait avec un brin d'optimisme: «Un architecte de renom s'est rendu à Lagos et a déclaré que, pour des yeux occidentaux, cette ville était un chaos complet... En fait, les gens trouvent des façons alternatives pour vivre ensemble. Le Nigeria est miné par la pauvreté, mais il est aussi débordant d'énergie. En marge du pouvoir politique, nous développons nos propres réseaux».

La nouvelle génération

Cette décennie est aussi celle où débarquent avec énergie des artistes tels qu'Ayo, Nneka, Asa. Et dans un registre complètement différent et très populaire, on remarque l'émergence de P-Square, D'Banj, Davido, Tiwa Savage, 2face Idibia, J Martins qui réussissent aussi leur conquête de l'Afrique francophone et du monde. Les boîtes de nuit d'Afrique francophone se voient inondées de musique et de pas de danse nigérianes. P-Square, le groupe des frères jumeaux Okoye, côtoie les grands noms de la scène hip-hop mondiale, Rick Ross, Akon, et s'inspirent de ces derniers pour réussir leur carrière. En témoigne la qualité des clips de leurs albums.

On estime à 550 disques le nombre de disque produits chaque année par l'industrie musicale nigériane, avec plus de 1.200 concerts générant d'importants chiffres d'affaires par an, des million USD.