Africulture - Africa Nouvelles

Paix à son ame!

L'artiste-peintre Jacob Yacouba est décédé à l'âge de 67 ans, des suites d'une longue maladie.

altIl avait été évacué en France pour se soigner, avant de revenir à Saint-Louis, sa ville d'adoption.

Yacouba était originaire de la région de Tambacounda. Il avait été formé à l'Ecole des beaux-arts de Reims (France). Il était marié à la comédienne Marie Madeleine Diallo.

Photo sans faute! 

Malick Sidibé est né en 1936 à Soloba, cercle de Yanfolila, au Mali. Il a fait des études de dessin et de bijoutier à l’école des artisans soudanais (devenu Institut National des Arts de Bamako) à Bamako. Rien ne le destinait, comme on le voit à devenir photographe. On le surnomme l’œil de Bamako. Il est l’un des photographes africaines les plus célèbres d’Afrique. 

altC’est en 1955 qu’il découvre le métier de photographe en entrant au studio «Photo service» de Gérard Guillat-Guignard qui l’initie à cet art. Il se souvient: «Dans mon village, un commandant colonial m’a trouvé un talent de dessinateur. Il voulait m’aider financièrement pour que j’aille aux Beaux-Arts à Paris. En 1952, finalement le destin m’a amené à Bamako à L’INA (anciennement appelé l’Ecole des Artisans Soudanais). Quand un français est venu pour ouvrir son studio photo à Bamako, il a demandé à l’INA de lui conseiller un artiste pour décorer son studio. C’est ainsi que je suis devenu le premier employé de l’homme qu’on surnomme "Gégé la pellicule" en 1955. Je suis tout d’abord caissier dans cette boutique du centre ville: Photo service».

En 1956, avec les revenus de ses premiers clichés, Malick s’achète son premier appareil un Brownie Flash. Il se lance dans la photographie et il se spécialise dans les reportages de soirées et les photos d’identité.

En 1962, il ouvre son studio à Bamako, dans le quartier auquel il est toujours resté fidèle.

Son studio porte son prénom. Le studio Malick est situé à l’angle 19 de la rue 30. Il devient vite un lieu à la mode.

«Le studio, ça marchait les jours de fête. Je pouvais faire trois heures de temps arrêté devant le trépied. J’avais mon petit qui était à la porte qui faisait les réceptions, qui écrivaient les noms, tout ça jusque vers une heure, au milieu de la nuit. Les studios de quartier restent ouverts une bonne partie de la nuit, car la clientèle est plus nombreuse le soir. Il y avait à cette époque deux types de danseurs: les zazous, aisés, souvent de familles de fonctionnaires, qui commandaient leurs costumes à Saint-Germain des- Prés, et les yéyés, moins riches, sans protocole, qui dansaient dans les bals populaires, on disait les "bals poussière". J’ai eu le privilège de photographier des gens en mouvement, qui ne faisaient pas attention à moi. Je n’ai jamais dansé, mais ces jeunes respiraient la vie et me faisaient oublier mes soucis».

Les premières Rencontres africaines de la photographie à Bamako en 1994 permettent à Malick Sidibé d’accroître sa réputation. Il expose alors dans des galeries en Europe (comme la Fondation Cartier à Paris), aux États-Unis et au Japon.

Aujourd’hui, il voyage beaucoup mais refuse de quitter le Mali. «Ah non! J’ai toujours voulu rester à Bamako car j’ai trop d’attaches ici. 
Même qu’en je m’absente 10 jours, j’ai la nostalgie du pays».

Il adore aussi former des futurs artistes: «
Mon studio est mon école. N’importe qui peut me demander et je lui explique. Mes enfants et neveux travaillent avec moi au studio et ont appris à mes côtés. Certains sont restés travailler avec moi et d’autres ont leurs propres studios».

Au fait que pense-t-il du numérique? «J’apprécie peu les appareils numériques.  On peut faire du faux et cela m’inquiète beaucoup».

Un photographe au regard profondément authentique!

Récompenses et distinctions

- En 2003, Malick Sidibé reçoit le prix de la photographie Hasselblad. Il est le premier Africain à recevoir ce prix.

- Le 10 juin 2007, il reçoit un «Lion d’or» d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, à l’occasion de la 52ème Biennale d’art contemporain de Venise.

-Le 23 juin 2009, Malick Sidibé a remporté le "prix PhotoEspaña Baume & Mercier 2009", pour son travail de portraitiste. La même année, il remporte le World Press Photo dans la catégorie Arts and Entertainment.

Message au Sage!  

Ils sont très nombreux à saluer la mémoire de ce géant du 20ème siècle. A l'occasion de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela qui se déroule ce mardi 10 décembre dans le stade de Soccer City à Soweto en Afrique du Sud, voici un petit florilège des réactions parmi les musiciens, acteurs, sculpteurs, cinéastes, chorégraphes qui ont été particulièrement touchés par l'esprit du Prix Nobel de la paix: Anand Singh, Bruce Clarke, Euzhan Palcy, Robyn Orlin, Ayanda Nhlangothi...

alt«Nelson Mandela était un homme à l'honneur incomparable, à la force inépuisable et à la détermination sans faille, un saint pour beaucoup et un héros pour tous ceux qui chérissent la liberté et la dignité humaine», avait déclaré l'acteur Morgan Freeman qui avait incarné Mandela en 2009, dans le film "Invictus" de Clint Eastwood.

Dans une semaine, le 18 décembre, sortira dans les salles françaises "Mandela, un long chemin vers la liberté" du Britannique Justin Chadwick avec Idriss Elba dans le rôle principal. Ce biopic raconte la vie de Nelson Mandela de son enfance à son élection, en 1994. Le producteur du film Anand Singh a porté ce projet a bout de bras pendant 21 ans, plus précisément depuis 1989, l'année où il a découvert l'autobiographie de Mandela.

Anand Singh (Producteur du film "Mandela, un long chemin vers la liberté")

Pour le sculpteur sénégalais Ousmane Sow qui fera demain, mercredi 11 décembre, son entrée à l'Académie des Beaux-Arts à Paris, avec Mandela c'est un membre de la famille qui est parti. «Toutes les sculptures que j'ai faites représentent des hommes qui combattent, la non-soumission. Mes sculptures, c'était l'imaginaire. Mandela, c'était la réalité».

Ousmane Sow (Sculpteur sénégalais)

La culture a été très présente dans le parcours du plus célèbre prisonnier politique au monde. Même dans une Afrique du Sud sous l'apartheid et strict régime de censure, les artistes se sont mobilisés pour Mandela. Beaucoup étaient aussi en exil à l'étranger et relayaient la lutte contre ce régime ségrégationniste. Le plasticien Bruce Clarke, qui oeuvrait en France dans les années 80 dans les comités anti-apartheid, se souvient.

 Bruce Clarke (Plasticien sud-africain)

Membre du comité fantôme de l'ANC sur la mobilisation des artistes dans la lutte anti-apartheid.

En 1995, après la sortie de son film Une Saison blanche et sèche, adapté du roman d'André Brinck sur l'Afrique du Sud sous l'apartheid, la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy avait été invitée une semaine par Nelson Mandela. La cinéaste, proche par ailleurs d'Aimé Césaire, avait tourné une interview exclusive qui est restée dans ses archives, mais qui devrait bientôt être rendue publique, puisqu'Euzhan Palcy annonce sur RFI vouloir diffuser désormais ces images.

Euzhan Palcy (Réalisatrice martiniquaise)

Le chanteur Johnny Clegg était l'un de ces artistes à porter le flambeau de la lutte, en Afrique du Sud malgré la censure, et hors des frontières, mobilisant d'autres chanteurs et sensibilisant l'opinion internationale. Après la libération de Nelson Mandela, puis son élection à la présidence en 1994, la scène culturelle a pu s'épanouir... Même si la danseuse et chorégraphe Robyn,Orlin reconnaît que les moyens n'étaient pas forcément au rendez-vous, et pour cause.

Robyn Orlin (Chorégraphe sud-africaine)

Presque vingt ans après son élection à la présidence, les jeunes artistes sud-africains, enfants pendant l'Apartheid, ou même à peine nés, savent ce qu'ils doivent à l'héritage de la lutte contre l'Apartheid, et à la figure de Nelson Mandela. Sur le disque Under Madiba Skies, du groupe français Gran Kino, quatre jeunes chanteurs sud-africains s'approprient les mots du discours d'investiture de Nelson Mandela. Ayanda Nhlangothi chante en zoulou, xhosa et anglais.

«Je souhaite être une de ces représentations de ce qui était né grâce à sa lutte. Je souhaite porter la lumière que Mandela a allumée pour nous tous. Et j'espère que je puisse contribuer à ce qu'il y ait de la justice».

Dation pour la tradition!

L'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique au Sénégal, Lewis Lukens, a signé une convention de financement d'un projet d'un montant 9,7 millions CFA pour la préservation de la musique traditionnelle des Sérères Nones, à la gouvernance de Thiès.

altLa cérémonie s'est tenue en présence du gouverneur de la région de Thiès et des autorités du ministère de la Culture et du Patrimoine, selon la même source.

L'objectif du projet est d'appuyer le Musée de Thiès pour enregistrer, préserver et montrer l'héritage culturel de la région de Thiès, spécialement la riche tradition musicale des Sérères Nones. Le financement permettra au Musée "de faire de la recherche et constituer de la documentation sur la musique traditionnelle des Sérères Nones".

Cette subvention américaine provient du Fonds des ambassadeurs pour la préservation culturelle.

Administré par le département d'Etat, le fonds a été créé par le Congrès en 2001 pour témoigner du respect des Etats-Unis pour l'héritage culturel de tous les peuples et apporter un soutien à la conservation du patrimoine culturel mondial, indique le communiqué.

Les Sérères Nones vivent en majorité dans la ville (70 km au Nord de Dakar) et quelques villages environnants.

"Sow"... de qualité de la sculpture sénégalaise!

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow, admis mercredi 11 décembre à l'Académie des Beaux-arts à Paris, a dédié la cérémonie officielle de réception à l'ancien président sud-africain Nelson Mandela décédé, jeudi 5 décembre, à l'âge de 95 ans.

Le sculpteur sénégalais Ousaltmane Sow, admis mercredi à l'Académie des Beaux-arts à Paris, a dédié la cérémonie officielle de réception à l'ancien président sud-africain Nelson Mandela décédé, jeudi dernier, à l'âge de 95 ans.

"Comme mon confrère et compatriote sénégalais Léopold Senghor, élu à l'Académie française, il y a trente ans, je suis africaniste. Dans cet esprit, je dédie cette cérémonie à l'Afrique toute entière, à sa diaspora et aussi au grand homme qui vient de nous quitter, Nelson Mandela", a dit Sow.

"Rien de ce qui m'arrive cet après-midi ne m'est habituel : roulements de tambour, décoration, un habit de prince conçu par Monsieur Azzedine Alaïa, un grand couturier au talent de sculpteur. Mon élection a d'autant plus de valeur à mes yeux que vous avez toujours eu la sagesse de ne pas instaurer un quota racial, ethnique ou religieux pour être admis parmi vous", a-t-il souligné.

Le sculpteur de 78 ans est devenu le premier artiste africain à entrer à l'Académie des Beaux Arts.

 

Saint-Louis éblouit!

Le classement de Saint-Louis sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO (Organisations des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture) a été une plus-value pour cette ville longtemps considérée comme l'ancienne capitale de l'Afrique Occidentale Française (AOF), a déclaré Hamady Bocoum, directeur national du Patrimoine lors d'un atelier à Saint-Louis.

altAu cours de l'atelier d'installation du comité de suivi du plan de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine culturel de Saint-Louis, M. Bocoum a invité tous les fils et les ressortissants de cette ville amphibie, fief de Mame Coumba Bang (Génie tutélaire des eaux), à mobiliser toutes les énergies en vue de préserver ce privilège accordé par l'UNESCO.

«Saint-Louis a été inscrite en 2000 au patrimoine mondial par l'Unesco du fait de son important patrimoine immatériel. La ville est un laboratoire culturel marqué par un métissage culturel profond et riche», a expliqué Hamady Bocoum, indiquant que «le plan de sauvegarde a pu établir 1.444 monuments architecturaux» à Saint-Louis.

Pour lui, les populations de la vieille cité ne doivent pas oublier que cette ville, depuis le transfert de la capitale à Dakar, était confrontée à d'énormes difficultés pour se repositionner.

En présence du directeur du Centre culturel régional, Moustapha Ndiaye, il a longuement insisté sur le respect scrupuleux des normes architecturales pour la conservation de l'aspect architectural des vieilles chaumières de l'île de Saint-Louis et pour permettre à cette ville de continuer à bénéficier des avantages de son classement dans le patrimoine mondial par l'UNESCO.

Plus explicite, M. Bocoum a précisé que la présence de Saint-Louis sur cette liste du patrimoine mondial peut toujours lui permettre de bénéficier de projets et programmes importants de réhabilitation de certains édifices publics et privés, de mieux vendre la destination de notre pays.

Après avoir attiré l'attention de l'assistance sur l'urgence et la nécessité d'accorder un intérêt particulier à la revalorisation du patrimoine matériel et immatériel, Hamady Bocoum a exhorté les acteurs culturels et les populations de Saint-Louis à se ceindre les reins, travailler la main dans la main, en vue de mieux préserver et conserver leurs richesses culturelles qui ne sont pas encore entièrement explorées.

M. Bocoum a mis à profit son séjour dans la capitale du Nord pour présider un autre atelier consacré à l'inventaire des musiques traditionnelles.

Ouidah? Oui!

«Vous êtes un fan des Guggenheim, de New York, Venise, Bilbao!... Alors vous allez adorer le premier musée d’art contemporain africain à Ouidah, au Bénin!...» «Au Bénin?...» Teintée d’humour, avec un brin de provocation, cette publicité  évoque la naissance du premier musée d’art contemporain africain.

altTeintée d’humour, avec un brin de provocation, cette publicité  évoque la naissance du premier musée d’art contemporain africain.

A l’origine de ce projet, la Fondation Zinsou  qui a fait appel à l’esprit décalé du comédien français Edouard Baer. Et c’est par une comparaison osée que l'artiste annonce l’ouverture d’un lieu d’art unique en Afrique.

Contrairement au musée du Caire et de Dakar consacrés à l’histoire, celui de Ouidah se tourne réslument vers la création artistique de notre époque, symbole d’une Afrique moderne. Il espère éclairer Ouidah, une ville précaire, bastion de la culture vaudou et point d’embarquement des esclaves vers les Amériques.

Entièrement rénovée, la villa Ajavon, un bâtiment afro-brésilien de 1922, abrite ce musée. Il ouvre ses portes avec une exposition des œuvres de Frédéric Bruly-Bouabré, Romuald Hazoumé, Chéri Samba  ou Samuel Fosso, des artistes africains, connus à travers le monde, sauf en Afrique.