Africulture - Africa Nouvelles

Auteur de courts métrages, longs métrages et documentaires.

Né le 15 mai 1955 à Koudougou  (au centre-ouest du Burkina Faso), Saint Pierre Yaméogo fait des études au conservatoire du cinéma français.

Également titulaire d’une maîtrise en communication de l’Université de Paris VIII, il a à son actif aussi bien des courts métrages, des longs métrages que des documentaires.

Sa dernière oeuvre s'intitule Bayiri", un film à travers lequel il dénonce les souffrances endurées par les Burkinabé vivant en Côte d'Ivoire, pendant la crise de 2002, qui a suivi le coup d'état manqué.


FILMOGRAPHIE DE SAINT PIERRE YAMEOGO



L’OEUF SILHOUETTE

court métrage fiction, 10 min, 1984.

Moyen métrage fiction, 52 min, 1987, primé dans les festivals suivants:

MOGADISCIO (Somalie) 87, Médaille de Bronze et Prix de l’Unicef /

LAON (France) 88, Festival du Jeune Cinéma Prix Spécial du Jury /

MANNHEIM (RFA) 88, Festival : Prix de la Coopération Economique /

MONTRÉAL (Canada) 89, Festival Vues d’Afrique : Prix Radio Canada /

Sortie en salles (France) : Novembre 1989 / Distribution : Médiathèque des Trois Mondes /

Diffusion : Télévision Suisse Romande, 1990

 

LAAFI, TOUT VA BIEN,

long métrage fiction, 98 min, 1991

CANNES 91, Semaine Internationale de la Critique /

OUAGADOUGOU (Burkina Faso) 91, FESPACO /

SALSOMAGGIORE TERME (Italie), Festival : Peacock /

Award, Prix du meilleur scénario, 91 /

Télévision Française : A2, Juin 91 /

Sortie en salles en France en Novembre 91 /

Distribution : Amorce Diffusion / Diffusé en Allemagne par ZDF /

Distribution en Suisse par les Films Coopératifs

 

WENDEMI - L’ENFANT DU BON DIEU,

long métrage fiction, 94 min

OUAGADOUGOU (Burkina Faso), FESPACO 93, Première Mondiale, Prix de l’Unicef,

Prix de l’ACCT, Prix de la ville de Ouagadougou, Mention Spéciale du Jury /

GENEVE 93, Festival Black Movie, Prix de la Télévision Suisse Romande /

CANNES 93, Sélection Officielle “Un Certain Regard” /

NEW YORK 93, New York Film Festival /

MONTRÉAL 93, Festival du Film du Monde /

TORONTO 93, Festival des Festivals /

Avril 94 Sortie parisienne / Distribution: Actorat Films

 

SILMANDE TOURBILLON,

long métrage, fiction, 85 mn, 1998 / Format 1, 85 son DTS Dolby SR Prix

PROCIREP Festival de Namur 1998 /

Prix ACCT Festival de Carthage 1999

 

MOI ET MON BLANC,

long métrage 96’ /

FESPACO 2003 : Prix du public RFI et prix de la ville de TURIN


DELWENDE LEVE TOI ET MARCHE, 2005 /

Sélection Officielle “Un Certain Regard” PRIX de l’espoir, et mention du jury œcuménique

 

BAYIRI - LA PATRIE:

Long métrage 2010 35mm - 90mn - Couleur - Son DTS /

Avec le soutien de l’Union Européenne et des pays ACP.









Un docu sur les exactions contre les Burkinabé, après le coup d'état manqué ivoirien.

Le cinéaste burkinabé, Saint-Pierre Yaméogo a présenté en grande première, à Ouagadougou, son nouveau film intitulé «Bayiri», à travers lequel il dénonce les souffrances endurées par les Burkinabé vivant en Côte d'Ivoire, pendant la crise de 2002.

 

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, une tentative de coup d'État en Côte d'Ivoire se mue très vite en rébellion armée. Les insurgés élisent alors leur quartier général à Bouaké, la deuxième ville de la Côte d'Ivoire.

C'est la naissance de la crise militaro-politique ivoirienne où la communauté burkinabé en Côte d'Ivoire va payer un lourd tribut. C'est dans ce contexte que se déroule le film.

«Bayiri» qui signifie "patrie" en langue moré, se veut une opération de rapatriement des ressortissants burkinabé.

Tout partira de l'attaque d'un village où vivent en majorité des ressortissants burkinabé. C'est désormais l'exil forcé pour ces populations. Les autorités ivoiriennes accusant le Burkina de soutenir la rébellion, il n'était donc pas bon d'être ressortissant de ce pays en Côte d'Ivoire au moment de cette crise.

Dans l'exil, le film met en lumière la traversée du désert par ces populations: Biba est séparée de sa mère Zalissa au cours de l'exode vers le Burkina. A la frontière ivoirienne, les rebelles dépouillent les marcheurs de leurs biens. Biba est violée par un chef militaire. Sa mère, quant à elle, parvient à atteindre la frontière burkinabé où un camp de réfugiés s'est progressivement mis en place.

Désemparée et sans nouvelles de sa fille, la mère prie Zodo, un redoutable bandit de retrouver Biba,  moyennant de l'argent. Celui-ci parvient à retrouver la jeune femme dont il tombe amoureux en la ramenant au camp. Cette fois, c'est la mère qui a disparu. Suite au viol à la frontière ivoirienne, Biba est enceinte.

Elle fait croire à Zodo qu'elle porte son enfant. Contrainte de résider dans le camp de réfugiés le temps de sa grossesse, Biba découvre la réalité des lieux: la solitude, l'errance, la maladie, toutes les souffrances possibles et la mort.

Ce film fiction de 90 minutes, d'un coût total d'un milliard CFA, a été entièrement tourné au Burkina Faso, pendant 8 semaines, avec des comédiens bien connus du public ivoirien.

 

 

 

L'égyptien Mohammed Diab a remporté le "Grand Prix Ousmane Sembène" de la 14ème édition du F.C.A.K.  
Au total 13 films représentant 9 pays africains étaient en compétition pour le "Prix Ousmane Sembène" de la 14ème édition du Festival du cinéma Africain de Khouribga 2011.

Les prix ont été attribués par un jury présidé par l'écrivain et critique de cinéma marocain Moustapha Masnaoui, entouré de la réalisatrice et productrice égyptienne Marianne Khoury, le réalisateur marocain Mohamed Mouftakir. l'actrice marocaine Najat Elwafi, le réalisateur sénégalais Mansour Sora Wade, le réalisateur et producteur français Didier Boujard, et le réalisateur congolais Balufu Bakupa-Kanyinda.

 

La cérémonie a été également marquée par un hommage rendu au cinéaste burkinabè, Idrissa Ouedraogo.

PALMARES

■ Grand Prix Sembène Ousmane
"Six. Sept, Huit"
de Mohammed Diab (Egypte) 

■ Prix du jury
"La 5ème Corde"
de Selma Bargach (Maroc) 

■ Meilleure réalisation 
"Les palmiers blessées"
de Abdellatif Benammar (Tunisie)

■ Meilleur scénario 
"Voyage à Alger"
de Abdelkrim Bahloul (Algérie)

■ Premier rôle féminin 
Emma Lohoues (Cote d'Ivoire)
dans "Le mec ideal"

■ Premier rôle masculin.
Mike Danon (Cote d'Ivoire)
dans "Le mec ideal

■ Deuxième rôle féminin 
Nahid Sibai (Egypte) 
dans le film "Six, sept, huit

■ Deuxième rôle masculin 
Ibrahima Serge Bayala
dans le film "En attendant le vote".

■ Mentions spéciales 
Lotfi Saber
dans "Majid" de Nassim Abassi 
"Un pas en avant"
de Sylvestre Amoussou (Bénin).

 

"Vénus noire": la Vénus hottentotte dérangeante et bouleversante d’Abdellatif Kechiche.

Originaire de la colonie du Cap, aujourd'hui province de l'Afrique du Sud, Saartjie Baartman, jeune femme d'ethnie khoisan, fut exhibée en Europe de 1810 à sa mort en 1815, à Paris. Le moulage de son cadavre fut exposé au Musée de l'homme, à Paris, jusqu'en 1974.

Effigie, au sens littéral du terme, de la condition dans laquelle l'Occident a tenu la partie de l'humanité qu'il considérait inférieure, Saartjie Baartman est devenue, après la chute du régime d'apartheid, un symbole pour l'Afrique du Sud nouvelle, qui a demandé et obtenu la restitution de ses restes.



La première séquence de Vénus noire donne la mesure de la violence et de la force tellurique du film d’Abdellatif Kechiche. Dans un amphithéâtre, un homme exhibe à d'autres hommes le sexe d'une femme. Ce geste pornographique est le fait d'une figure du panthéon français, le naturaliste Georges Cuvier (François Marthouret). Il montre les organes génitaux qu'il a détachés d'un cadavre féminin. La lumière crue qui inonde l'amphithéâtre souligne l'obscénité du vocabulaire zoologique appliqué à un être humain.

Abdellatif Kechiche raconte l'histoire de l'être qui habita ce cadavre, la "Vénus hottentote".


Vénus noire raconte les cinq dernières années de cette odyssée misérable. Creusant encore le sillon de ses deux derniers films, L'Esquive (2003) et La Graine et le mulet (2007), Kechiche procède par grands blocs de narration. Au risque du malaise, chaque séquence va jusqu'au bout des actes et des pulsions des personnages. C'est le meilleur moyen pour démêler l'écheveau de racisme, de fantasmes, d'avidité, qui a fait le destin de Saartjie Baartman.

La colère qui anime ce film terrible n'empêche pas la lucidité. Celle de Kechiche d'abord, qui extrait de ce destin brisé une vision très claire du moment où s'est formé le rapport des puissances coloniales au reste du monde. La virulence du discours n'empêche pas la lucidité du spectateur. C'est l'un des traits les plus singuliers de ce film que de remettre en cause sans cesse (et sans ménagement) la place de ce dernier.


Après l'exhibition scientifique, Kechiche revient 5 ans en arrière, à Piccadilly, où la Vénus hottentote est montrée dans un établissement forain. Cette séquence déroule l'intégralité du spectacle monté à l'intention du public populaire londonien. Caezar (Andre Jacobs), un Afrikaner venu du Cap avec Saartjie, la fait passer pour une créature semi-sauvage. Kechiche filme avec attention la résignation parfois traversée de colère de la jeune femme, l'entrain forcé de Caezar et les réactions de la foule.


Au lieu de procéder par plans brefs, qui constitueraient une galerie de trognes, Kechiche et ses opérateurs (Lubomir Bakchev et Sofian El Fani) s'attardent assez longtemps pour que l'on distingue les compatissants et les voyeurs, les choqués et les effrayés.

Viendront ensuite les publics d'une salle d'audience (lorsqu'une société anti-esclavagiste londonienne demande l'interdiction du spectacle), d'un cabaret parisien, d'un salon libertin, du Muséum d'histoire naturelle (où Saartjie Baartman fut examinée de son vivant par Cuvier). A chaque station, les questions s'accumulent : suffit-il de voir et de s'indigner pour acquitter sa dette à l'égard de la victime que l'on montre ? Cette pornographie à alibi scientifique née autour des attributs physiques de la jeune femme peut-elle être montrée sans troubler ?


Ce qui ne veut pas dire que Kechiche se défausse de sa responsabilité de metteur en scène. S'il a gardé sa façon de gérer le temps du film, Vénus noire est mis en scène avec moins d'abandon que L'Esquive ou La Graine et le mulet. La caméra traque toujours les visages, mais le découpage est plus net. Le choc entre l'appareil du film d'époque (le décor de Piccadilly est impressionnant) et l'image numérique, précise, impitoyable, est fécond. Il donne à ces scènes survenues il y a deux siècles une immédiateté douloureuse.


Dans ce grouillement du XIXe siècle filmé comme s'il survenait aujourd'hui, les personnages vivent leur vie. Le projet originel du réalisateur était de cueillir Sarah Baartman avant son départ d'Afrique. Faute de moyens, on la découvre à Londres, déjà alcoolique, en proie à une tristesse qui ne se dissipe que rarement. Ce que Kechiche demande à la jeune Cubaine Yahima Torres va bien au-delà du travail ordinaire d'une actrice. Etre à la fois la marionnette que voient les foules et la femme qu'elle s'efforce de demeurer. Il faut de l'abandon et de la force, de l'instinct et de l'intelligence. Yahima Torres trouve tout ça ; si elle n'y était pas parvenue, Vénus noire aurait sans doute été un film insupportable à regarder.


Les personnages qui l'entourent n'inspirent guère de sympathie, à la possible exception de Caezar. Le comédien sud-africain André Jacobs en fait un maquignon retors mais pas dépourvu de sensibilité. Son successeur, le Français Réaux (Olivier Gourmet) est un maquereau sans conscience qui livre la pauvre Vénus à la libido de l'aristocratie française.


Enfin, la dernière station de ce chemin mène Saartjie Baartman sous le regard des scientifiques. C'est là que le plus grand mal est fait, dans cette détermination "objective" de la hiérarchie entre humains. François Marthouret, intense, monomaniaque, compose un savant fou à force de raisonnements faussés. Et la résistance que lui oppose la jeune femme fait entendre, très faible, très ténue, la voie de la raison

Un film qui retrace le drame du trafic clandestin d'etres humains.

Al Festival del Cinema di Locarno arriva il film di Aki Kaurismaki, nel suo nuovo lavoro “Le Havre” che ripercorre il dramma del traffico clandestino di esseri umani.

«Le Havre» raconte des histoires de solidarité et de fraternité qui, comme cela se passe souvent, sont le décor de la cronique quotidienne des histoires de ceux qui s'aventurent clandestinement en mer, fuyant leur pays ou cherchant à rejoindre leurs proches.

Dans le film du réalisateur Aki Kaurismäki, un ex écrivain, Marcel Marx (l'acteur André Wilms), décide de tout abandonner et recommencer une nouvelle vie, faisant le cireur de chaussures, une profession honorable, mais qui relègue aux marges de la société, à Le Havre, en Normandie.

Dans cette situation de pauvreté, Marcel Marx assiste à une scène qui va secouer sa vie quand, au port, dans un container qui aurait dû être transporté à Londres, on trouve, entassés comme des animaux, un groupe d'Africains venant du Gabon.
Selon les procédures prévues par le ministère de l'Intérieur, la police s'aligne avec les mitraillettes et c'est seulement alors que les portes du véhicule sont ouvertes.

Seule l'intervention d'un commissaire évite la mort d'un jeune, qui réussira à fuir.

Entre le cireur et le jeune immigré nait une profonde amitié liée à la volonté de l'aider à rejoindre sa mère en Angleterre.


Une histoire moderne qui photographie l'actuel moment historique de grande préoccupation pour les flux migratoires en provenance de l'Afrique qui remplissent les pages des quotidiens, tant d'histoires qui peuvent surement se retrouver dans le récit du film “Le Havre”.

 

Désiré P.