Africulture - Africa Nouvelles

Ndoye joyeuse!

Mariama Ndoye Mbengue, écrivain, est la directrice du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture du Sénégal.

altLa directrice du livre, Mariama Ndoye Mbengue, est lauréate du prix Ivoire 2012. C'est avec son livre «L'arbre s'est penché» qu'elle succède à l'Ivoirien Frédéric Grah Mel comme Prix Ivoire pour la littérature africaine d'expression francophone 2012.

Elle arrache la 1ère place devant Muriel Diallo (Côte d'Ivoire), Souleymane Abdelkérim Chérif (Tchad), Ben Diogoye Bèye (Sénégal), Youssouf Amine Elalamy et Souad Mekkaoui (Maroc).

Les objectifs du Prix Ivoire consistent à encourager la création et l'expression littéraire en Afrique, de primer et mettre en exergue les meilleures oeuvres du continent. C'est également un cadre de rencontres et d'échanges entre des sommités de la culture qui communiquent leur passion à la jeunesse.

Mariama Ndoye Mbengue, écrivain est la directrice du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture.

Des livres s'y délivrent!

Le président du CEPS, Alioune Badara Coulibaly, a remercié les partenaires français de la manifestation, notamment les membres de l'association "Colère du présent" du Nord-Pas-de-Calais qui accompagnent depuis le départ l'association saint-louisienne.

altLa 3ème édition de la fête du livre s'est ouverte à l'Institut culturel français en présence d'un public nombreux, invité par le Cercle des poètes et écrivains de Saint-Louis (CEPS), qui en est l'initiateur.

Le président du CEPS, Alioune Badara Coulibaly, a remercié les partenaires français de la manifestation, notamment les membres de l'association "Colère du présent" du Nord-Pas-de-Calais qui accompagnent depuis le départ l'association saint-louisienne.

Cette édition est une fête pour les élèves, a dit M. Coulibaly, appelant les potaches à s'approprier l'événement en participant massivement aux expositions, séances de lecture et autres déclamations programmées dans les écoles.

Un hommage sera rendu à Amady Aly Dieng, économiste et brillant intellectuel pour toute son oeuvre, a ajouté le président du CEPS, insistant sur la dimension militante du parrain qui a été président de la Fédération des étudiants africains en France.

Cette manifestation est aussi une occasion de décerner le prix du CEPS qui est allé à Madické Wade, un éminent saint-louisien, à la plume alerte et à l'origine de la création du Kurel des deux Rakkas et aujourd'hui de l'Association des musulmans de Saint-Louis.

Le secrétaire exécutif de l'Association des écrivains du Sénégal (AES), Seydi Sow, a noté l'importance de cette manifestation intellectuelle, qui célèbre la littérature sous toutes ses formes. Il a aussi rendu un vibrant hommage au parrain Amady Aly Dieng à qui la journée de jeudi a été consacrée, en rappelant sa brillante contribution au rayonnement de la culture sénégalaise.

Il a félicité le CEPS qui avait à ses cotés ses hôtes du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Mali.

Cette rencontre, organisée tous les 2 ans alternativement avec le Festival international de poésie, sera décentralisée à Podor et Dagana, et prendra fin le 8 décembre prochain.

Le ministre dé...livre l'évènement!

Le Salon International du Livre d’Abidjan (SILA), après 8 années de trêve, est de retour cette année. Et ce, du 28 novembre au 1er décembre prochain, à l’espace Crrae-Uemoa. La 6ème édition de cette rencontre de 4 jours a été lancée par le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandaman.

altCe dernier a eu, à cette occasion, a clairement exprimé sa volonté de voir ce salon se tenir annuellement parce que, à l’en croire, rien ne peur remplacer le livre. Il a alors indiqué que «la Côte d’Ivoire est un grand pays du livre. Notre rôle est de relancer la production, la création littéraire. Il n’y a pas meilleur espace qu’un espace du livre, qui est une occasion du donner et du recevoir. Rein ne peut remplacer le livre, malgré ses rivaux que sont l’internet et la télévision. C’est un salon de la relance». Il a souligné que 1215 personnes vivent du livre en Côte d’Ivoire.

Lucien Agbia, le commissaire du SILA, a, lui, tenu à relever les retombées de l’industrie du livre. Il a parlé de 26 milliards CFA que ce secteur représente comme chiffre d’affaires en Côte d’Ivoire. Il a, par ailleurs, présenté les différentes étapes de cette manifestation faite d’expositions, d’ateliers littéraires, de forums, de visites d’écoles.

Le Prix Ivoire de la Littérature africaine sera, cette année, présent aux côtés du SILA, avec une dizaine de pays africains invités et des écrivains de renommée internationale.

Le SILA est organisé par le ministère de la Culture et de la Francophonie. Cette activité réunira pendant 4 jours tous les secteurs d’activités liés au livre afin de le promouvoir.

Ivres de livres! ! 

Sous la présidence de MM. Mahdi Mabrouk, ministre de la Culture, et Kamel Gaha, directeur de l'actuelle édition, un point de presse a présenté les grandes lignes de la manifestation et de ses programmes culturels et artistiques.

altDans son intervention, le ministre a tenu à souligner 4 points essentiels, à savoir que certains ministères (dont ceux du Transport et de l'Enseignement Supérieur) ont largement contribué à l'organisation de la foire après son éclipse en 2011, qu'il a été mis fin à la pratique des ciseaux, les titres admis à la foire n'ayant fait l'objet d'aucune censure, que de nombreux colloques seront organisés sur maints thèmes divers, mais où le livre reste le centre d'intérêt, et qu'en écho aux révolutions arabes, l'Egypte est l'invitée d'honneur de cette édition.

L'inauguration officielle de la foire sera donc assurée conjointement par le chef du gouvernement et des ministres de la Culture tunisien et égyptien.

Les espaces du parc seront occupés par 317 exposants, dont la Tunisie (112), l'Egypte (85), le Liban (43), la Syrie (29), l'Arabie Saoudite (5), la Libye (5), le Koweït et l'Algérie (4 chacun), le Maroc, l'Iran, la Grande-Bretagne et le Canada (2 pour chaque pays), Oman (3), la France, l'Allemagne, le Soudan, le Sénégal, le Bénin, l'Argentine, la Belgique et l'Alecso (1 pour chaque pays).

Très dense, le programme culturel comprend des conférences, des séances de dédicaces, des après-midi poétiques, des rencontres autour d'ouvrages d'importance ou avec d'illustres écrivains, ainsi que des ateliers, dont, à titre d'exemple, celui portant sur l'écriture scénique à partir de la nouvelle. Parmi les rencontres très attendues, on cite celle qui réunira le public tunisien avec le grand romancier algérien, Yasmina Khadhra.

Non moins dense est le programme d'animation qui proposera des ateliers plastiques, de la musique, de la danse, du cinéma pour enfants et adultes, du théâtre, etc.

Pour la réconciliation rwandaise!

Après Nimrod, Kossi Efoui, Florent Couao-Zotti et Emmanuel Dongala, la Rwandaise Scholastique Mukasonga a été sacrée lauréate 2012 du Prix Ahmadou Kourouma pour son livre «Notre-Dame du Nil» paru chez Gallimard.

altC'est la surprise de la saison des prix littéraires en France. Personne ne l'attendait, même pas elle-même. Scholastique Mukasonga a reçu le prix Renaudot 2012 pour Notre-Dame du Nil. Dans ce roman très riche, on parle entre autres de religion, de colonialisme, de tradition, de sorcellerie, de féminisme, d'histoire et de politique. On y parle peut-être de l'être humain tout simplement. Entretien.

Comment avez-vous appris que vous étiez la lauréate du prix Renaudot 2012 ?

Je l'ai reçu très rapidement, dans la seconde même. J'étais comme dans un rêve réveillé. Très rapidement, il y a quelque chose qui s'est affichée dans ma tête, c'est de dire que le destin ne peut pas être définitivement sombre. Quand on est optimiste, quand on ne baisse pas les bras, quand on reste debout, et surtout moi, quand on est dans le statut de représenter et de vivre au nom de ceux qui sont partis injustement, il y a quelque part, à un moment donné, une reconnaissance, une justice. Donc le prix Renaudot, bien sûr que j'y avais compté et j'avais eu du mal à faire le deuil...

Quand vous avez disparu de la sélection ?

Exactement. Vraiment, je n'y arrivais pas. Je gardais toujours un pincement au coeur parce qu'il y avait tous les éléments nécessaires pour que Notre-Dame du Nil soit reconnu. C'est une grande reconnaissance parce qu'il avait vraiment été reçu par la critique, la maison Gallimard avait confiance en cette reconnaissance. Nous avons fait tout ce qu'il fallait pour que j'arrive à cette reconnaissance. Et puis malheureusement en effet, je n'y étais pas sur la deuxième liste.

Et puis surprise divine, vous avez le prix !

Tout à fait. Je vous avoue qu'au fond de moi-même, même si j'ai mis du temps pour arriver à me rendre compte que je ne suis plus du tout sur la liste du Renaudot, au fond de moi-même, je me suis dit : Notre-Dame du Nil sera reconnu en tant que Notre-Dame du Nil ou alors par le biais du prochain livre qui va quand même révéler qu'on a peut-être manqué quelque chose.

Notre-Dame du Nil, c'est le nom d'un lycée qui est tout proche de la source du Nil et de la statue du même nom. Erigé en 1953, c'est un lycée catholique, un internat d'excellence pour jeunes filles. Cet établissement est fréquenté par les enfants de la meilleure société rwandaise que leurs parents veulent protéger des tentations de la ville. Et en fait, ce lycée c'est une gigantesque hypocrisie ?

Malheureusement. C'est pour cela que j'ai choisi d'écrire les années 1970 que je connais en tant que jeune fille. J'avais l'âge des personnages fictifs du livre, car nous sommes dans un roman. Ce sont des jeunes filles qui ont à peu près l'âge que j'avais à cette époque. Ce sont les années où la montée de la haine et la détermination d'aller jusqu'au bout de l'éradication des Tutsis ont montré vraiment des signes. C'étaient des signes avant-coureurs du génocide.

Ces signes-là, on les sent dans les conversations entre lycéennes qui sont autant d'histoires sur la réalité du Rwanda de l'époque, sur la vie quotidienne, sur les conflits ethniques en germe. On se rend compte, petit à petit, au fil des pages, que la machine infernale se met en marche et que la catastrophe se profile ?

Exactement. Le lycéeNotre-Dame du Nil est quelque part un recoupage. Tout roman parle des éléments autobiographiques. Après on va plus loin. C'est çà la différence avec les trois premiers livres autobiographiques. Donc j'avais une liberté d'expression. J'avais la distance nécessaire. Je ne suis plus du tout le témoin du dedans. Avec cette distance, je deviens le témoin du dehors avec toute la force, la lucidité et l'objectivité qui m'ont donné justement la possibilité d'observer les choses et de mettre en scène les choses. C'est-à-dire qu'il y a l'hypocrisie totale. On dit, nous sommes dans un lycée d'élite féminine. Comme le dit le discours de la Mère supérieure « Vous êtes là pour représenter la promotion féminine ». Mais au bout du compte, il y a beaucoup plus de place politique. D'où le personnage de Gloriosa qui, petit à petit, n'assiste même plus aux cours. Son projet de tous les jours, qui devient un projet grandissant, c'est de préparer la carrière politique et de préparer l'éradication des Tutsis dans le lycée.

Donc de défendre le peuple majoritaire, les Hutus. Gloriosa est une lycéenne qui est fort en gueule, une sorte de relais de la propagande officielle. Au début du livre, il a aussi Fontenaille, un Blanc, planteur de café, qui a l'air assez inquiétant. Dans ce livre, on voit aussi les stigmates de la colonisation. Est-ce que, d'une certaine façon, la colonisation et les colons portent une part de responsabilité dans ce qui s'est passé au Rwanda ?

Ce n'est pas quelque part. C'est entièrement.

Entièrement ?

Oui. C'est pour cela que j'ai écrit Notre-Dame du Nil. Je n'étais pas certaine au départ quand j'ai commencé les premières pages, mais au bout du compte, au fond de moi-même, comme tous les Rwandais, tous les rescapés survivants, on sait bien que ce sont des choses qui ont été faites, des actes ont été posés par les Rwandais eux-mêmes. Ce sont les Rwandais qui avaient les machettes, mais la création de la division vient de l'extérieur. Qu'est-ce que je recherche dans l'écriture de Notre-Dame du Nil ? Je recherche à m'inscrire dans la réconciliation du peuple rwandais. Malheureusement, tous les Rwandais, bourreaux comme victimes, nous avons été trompés, nous avons été manipulés.

A un moment donné, on se trouvait coincés dans des choses où on nous a parqués. Donc on a créé la création des Hutus et des Tutsis. Les mots existaient. Mais la création de la division vient de l'extérieur. Il y a aussi la création de la carte d'identité ethnique en 1930. Qui a créé cette carte d'identité ? C'est le colonisateur belge qui était en place. Ce jour-là, on a créé un fossé. On a mesuré les crânes, on a mesuré la longueur du nez et on a tiré des conclusions que le Tutsi est complètement différent du Hutu et qu'il vient d'ailleurs. D'où le personnage de Fontenay qui parlait des pharaons noirs.

Stop à la honte des viols! 

«L'homme qui répare les femmes. Violences sexuelles au Congo : le combat du docteur Mukwege», c'est l'intitulé de l'ouvrage de Collette Braeckman, journaliste belge spécialiste du Rwanda, de Burundi et du Congo.

altElle rend hommage au gynécologue Denis Mukwege, médecin directeur de l'hôpital de Panzi, spécialisé dans le traitement des femmes victimes de violences sexuelles. Dr Mukwege a été victime d'une tentative d'assassinat à son domicile de Bukavu (Sud-Kivu), le 25 octobre.

Dans ce livre de 160 pages publié aux éditions André Versaille, Collette Braeckman considère les violences sexuelles auxquelles fait face la RDC comme une «épidémie inoculée». Elles constituent «un phénomène culturel ou traditionnel».

Collette Braeckman affirme que le peuple congolais n'est pas par nature violent:

«Le viol n'est pas une constante à la culture congolaise. C'est quelque chose qui a été inoculé au Congo. C'est un phénomène nouveau au Congo. C'est comme une épidémie et le Congolais n'est pas plus disposé aux chaos, aux désordres et aux violences que le peuple rwandais, ougandais que n'importe quel autre».

A travers ce livre, la journaliste belge pense que ce sont de choses qu'il «faut dire haut et fort que ce n'est pas vrai», pour que les violences sexuelles diminuent.

Le destin heureux de Namassa

Le destin est, selon le dictionnaire, une puissance qui, selon certaines croyances, fixerait de façon irrévocable le cours des événements. Vrai ou faux? En tout cas, ce n'est pas Namassa, l'héroïne du dernier livre d'Alfred Yambangba Sawadogo, qui dira le contraire.

altEn effet, cette dernière, son mari Tiga l'a répudiée pour motif qu'il est tombé éperdument amoureux de sa deuxième femme plus belle et plus jeune que Namassa. Cette dernière, mère d'un enfant et enceinte de Tiga refusant de devenir le souffre-douleur de son mari au risque d'emprisonner le restant de sa vie va plier bagages et rejoindre ses parents au village du nom de Konkin. Selon les coutumes, Tiga devrait aller chez ses beaux- parents pour donner une explication sur cette situation et, au meilleur des cas, demander le retour de sa femme à la maison.

Mais, c'est mal connaître Tiga qui était dans un zèle d'égoïsme mais qui souhaitait surtout le départ de Namassa pour mieux vivre avec sa deuxième femme. Il ne fera rien malgré l'insistance des parents, amis et du chef de clan de Yangwèla. Mais mal lui en prit car sa tendre et bien-aimée deuxième épouse mourut après qu'elle eut vainement tenté le retour de sa coépouse. Le sort va s'enchaîner sur Tiga en le privant de femme parce que malgré la timide tentative de retour de Namassa auprès de son mari, celle-ci s'estimant blessée dans son amour-propre dira à son mari Tiga qu'elle n'est plus en mesure de vivre avec lui. Et là commença le destin fabuleux de Namassa que les uns et les autres ont traité de tous les noms d'oiseaux.

En effet, lorsque cette dernière, après insistance des sages, avait décidé de rejoindre son mari sur le chemin menant au village de son mari, elle a croisé un étrange personnage surnommé le « Moutoummourgou » qui, selon une tradition, doit violer trois femmes pour se libérer d'un mauvais sort. De ce mauvais sort, il s'agit d'un homme qui, à l'issue de trois mariages, voit ses trois femmes mourir. Et pour se libérer de ce sort, il doit automatiquement se transformer en «Moutoummourgou», s'il ne veut pas que la quatrième femme connaisse le même sort. Mais au moment où le «Moutoummourgou» s'apprêtait à violer Namassa, il constata qu'elle était enceinte mais surtout parce qu'elle avait un caractère trempé d'homme. Cela impressionnera le «Moutoummourgou».

Namassa ne savait pas que son violeur était le prince des Yadsé. Depuis cette fameuse nuit dans la brousse, le «Moutoummourgou» et Namassa seront liés par le coup de foudre qui aboutira à son mariage avec le «Moutoummourgou» ou si vous voulez le prince des Yadsé.

Voilà l'histoire de Namassa congédiée par son mari et qui échappe à un viol avant de finir par se marier à son violeur. Quel destin heureux! Cette histoire palpitante. écrite dans un français accessible,à tous, est contenu dans un livre de 114 pages avec 12 chapitres dont le titre est: «Le chien du roi n'est pas le roi des chiens du royaume».

Dans ce livre, l'auteur aborde d'autres thématiques telles que le pardon, la recherche de l'harmonie sociale, la succession royale, les us et coutumes, la fidélité en amitié, etc.

Alfred Y. Sawadogo, auteur du présent ouvrage, est né en 1944 à Tikaré dans la province du Bam. Sociologue et ingénieur chargé de la formation des jeunes agriculteurs, il est également spécialiste des questions des sociétés civiles africaines.

Ambèternifa Crépin SOMDA