Africulture - Africa Nouvelles

"Tram 83" en plein "tram...plin"! 

Depuis sa sortie aux Éditions Métailié en septembre, "Tram 83", le premier roman aux allures de poésie de Fiston Mwanza Mujila a conquis le milieu littéraire qui ne tarit pas d'éloges à son égard. Remarqué, plébiscité, ce livre a valu à l'auteur le Prix de la littérature 2014 de la ville de Graz (Autriche). 

alt

Depuis sa sortie aux Éditions Métailié en septembre, "Tram 83", le premier roman aux allures de poésie de Fiston Mwanza Mujila a conquis le milieu littéraire qui ne tarit pas d'éloges à son égard. Remarqué, plébiscité, ce livre a valu à l'auteur le Prix de la littérature 2014 de la ville de Graz (Autriche). Fiston Mwanza Mujila, ce Lushois né il y a 33 ans, rêvait de devenir saxophoniste dans une ville, Lubumbashi, qui n'avait pas de saxophone. Arrivé en littérature par la force des choses, Fiston a publié depuis de la poésie, du théâtre et des nouvelles. Désormais romancier, ce jeune Congolais (RDC) entre avec ce premier roman dans la cour des grands. "Tram 83" regorge en effet des ingrédients d'un bel ouvrage par ses univers singuliers.

Au départ, la genèse de ce livre a été motivée en effet par le désir de l'écrivain de restituer l'atmosphère de la ruée vers l'or en Afrique. Fiston voulait parler de l'histoire du train en Afrique renvoyant à cette phrase du musicien sud-africain Hugh Masekela déclarant que «les histoires de train en Afrique sont des histoires malheureuses», contrairement à l'Occident. Si cette problématique directement liée au chemin de fer et au train en Afrique n'a pas été poursuivie, l'auteur s'est par ailleurs approprié l'idée du train pour planter son décor et ses personnages dans un bar qui sert à la fois de bordel, de lieu de concert, d'abattoir où l'on mange des brochettes de chien, et de tribune de débats politiques.

État-bordel, "Tram 83" pose également des questions sur la posture de l'écrivain en Afrique, particulièrement en RD-Congo, à travers le personnage de Lucien, écrivain en devenir qui veut vivre comme un écrivain européen malgré les travers et le chaos ambiant de sa société. Cet idéal européen, estime Fiston, n'est en effet pas envisageable en Afrique, d'où la nécessité de repenser la position de l'intellectuel africain dans un environnement où la bataille de l'eau, de l'électricité et du manger demeure essentielle. Ainsi, dit-il, «c'est de la folie dans un pays où tout le monde parle de dollars de prétendre à l'écriture».

Concernant la réception de son livre au Congo, ce géant africain avec ses 2.345.409 kilomètres carrés, Fiston assure: «Je n'ai pas pour mission de donner une vision au nom des Congolais, pas même au nom de ma mère ou de mon père. Ici je présente ma propre vision du Congo, du monde». 

Loin du chaos décrit dans son livre, Fiston se montre positif lorsque l'on évoque l'avenir du continent: «L'Afrique contemporaine, depuis 1960, est jeune. Comparativement à l'Europe, on est en avance par rapport à notre propre histoire. Des Africains vont changer la donne, car il y a une prise de conscience et un certain dynamisme grâce en partie aux jeunes nés en Europe qui rentrent au pays. Il y a donc une circularité de la pensée africaine». 

Sa vision du monde et de son Congo natal, Fiston les distille à travers les multiples rencontres qui s'organisent autour de lui depuis la sortie de "Tram 83",un bijou littéraire. Ambitieux, jubilatoire et original, selon les mots de l'incontournable bloggeur littéraire Laréus Gangoueus, ce livre poursuit sa lancée avec une parution prochaine en anglais, en italien, en catalan et en allemand, entre autres langues.

Tram 83 de Fiston Nasser Mwanza, Paris, Métailié, septembre 2014, 208 p.

Tome...book..too! 

Abdel Kader Haïdara a organisé le transfert de milliers de manuscrits de Tombouctou à Bamako, en cachette, pour sauver ce patrimoine de la destruction par les djihadistes. L'Allemagne le récompense pour son action. 

alt

Abdel Kader Haïdara a organisé le transfert de milliers de manuscrits de Tombouctou à Bamako, en cachette, pour sauver ce patrimoine de la destruction par les djihadistes. L'Allemagne le récompense pour son action. "Longtemps, on a cru que l'Afrique n'avait pas d'histoire écrite". Le Prix allemand pour l'Afrique a été remis, à Berlin, au Malien Abdel Kader Haïdara. Directeur de la bibliothèque "Mamma-Haïdara" de Tombouctou et fondateur de l'ONG SAVAMA-DCI, cet intellectuel du Nord du Mali s'engage depuis des décennies pour la mise en valeur et la sauvegarde du patrimoine culturel de sa région. 

Lorsqu'en 2012, des djihadistes occupent Tombouctou, Abdel Kader Haïdara décide d'organiser le transport des précieux manuscrits de Tombouctou vers Bamako, pour les protéger des assauts destructeurs des islamistes qui avaient déjà commencé à détruire les mausolées de Tombouctou, également inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Qui s'enquiquine à Kin?  

L'album du dessinateur Asimba Bathy paru sous son label personnel, Les éditions du Crayon noir, met les projecteurs sur le comportement fâcheux des habitants de la capitale qui sont passés maîtres dans leur capacité à créer la psychose générale à partir de rien et à s'en accommoder. 

alt

L'album du dessinateur Asimba Bathy paru sous son label personnel, Les éditions du Crayon noir, met les projecteurs sur le comportement fâcheux des habitants de la capitale qui sont passés maîtres dans leur capacité à créer la psychose générale à partir de rien et à s'en accommoder.À un peu moins d'un mois de la présentation de Panique à Kinshasa qu'il prévoit en octobre, l'auteur de la bande dessinée (BD) s'est permis un commentaire sur son contenu. En effet, il ne faudrait pas mieux pour susciter l'envie de la lire comme le laisse pressentir son discours entamé de la sorte: «Le Kinois est fort en fiction». Comme un peu pris d'admiration pour ce «talent» particulier qu'il reconnaît à ses concitoyens kinois mais rendu sur le ton d'un reproche, il explique: «Le Kinois est ingénieux, fort dans l'invention de faits qui n'existent pas. Alors qu'il n'y a rien au fond, il parvient à se créer une histoire qu'il amplifie à sa façon, il finit par y prendre peur lui-même et ne sait plus comment la gérer».

Ce qui semble le plus surprendre dans l'observation dont Asymba Bathy a fait le partage aux Dépêches de Brazzaville, c'est que, toujours de façon assez invraisemblable, «comme pour se ressaisir», dans une sorte de sursaut, «il crée un évènement autour pour essayer d'y apporter un semblant d'accalmie et tout le monde est content, le climat redevient paisible». Le comble, il poursuit: « Et, en fin de compte lorsque l'on cherchera à savoir ce qui s'est réellement passé, l'on ne trouvera rien. Car d'ordinaire le Kinois vous affirme avoir vu telle chose à tel endroit quand vous vous décidez d'aller vérifier, c'est là qu'il va vous dire: "En fait, ce n'est pas moi qui ai vu, mais cela m'a été plutôt rapporté par untel qui lui a été le témoin des faits". Et une fois en contact avec le présumé témoin indiqué, lui aussi à son tour dira avoir reçu l'information d'une tierce personne laquelle vous racontera aussi la même chose et ainsi de suite, sans que jamais l'on ne remonte à la source, la bonne personne qui aurait vécu les faits dont les circonstances et les détails se sont propagés et sont parvenus à l'oreille de tous. Pourtant, au départ, tout le monde affirmait avoir vu et qu'au final tout le monde avoue avoir entendu. Un ouï-dire dont tout le monde a fait sien jusqu'à prétendre avoir vu de ses yeux et à se présenter comme un témoin oculaire alors qu'en fait, il n'en était qu'un auriculaire et encore...». Et Asymba Bathy de conclure: « Donc tout le monde l'a su par quelqu'un que l'on pourra pas identifier... ».

Une BD carte postale

Asimba déclare avoir abordé «une démarche multiple», au-delà de cette drôle de mentalité kinoise ci-haut mentionnée. Il soutient dès lors: «J'exploite cette réalité dans ma bande dessinée avec en background l'histoire de Kinshasa». Portée par le coup de projecteur sur l'imagination cocasse dont ses habitants savent faire preuve, l'histoire de Panique à Kinshasa donne à voir la ville «comme elle n'a jamais été vue auparavant en BD», affirme l'auteur.

Et d'ajouter: «J'ai dessiné Kinshasa dans tous les sens. J'ai pris en compte son architecture urbaine et citadine, l'arrière-ville et je suis même allé jusque dans l'arrière-pays pour cela. Et donc, cela va donner à découvrir Kinshasa car j'ai en quelque sorte réalisé la carte postale de ma ville d'habitation que j'aime beaucoup. Je la présente à travers les gens et leurs spéculations d'un côté et de l'autre je montre son architecture. Et, pour couronner le tout, j'ai expérimenté une nouvelle manière de faire la mise en couleur de la BD de sorte qu'elle soit différente, extraordinaire».

Le bédéiste reste convaincu de l'importance à mettre en lumière sa ville. Il est parti du suivant constat: «Plusieurs Kinois, quoiqu'ils n'aient jamais quitté leur ville, se considèrent tels des Parisiens. Il faut dire que le cinéma, les photos-romans et autres revues, gravures de mode, etc. que les gens se partagent y contribuent en nous saturant d'images de Paris, Bruxelles, New-York ce qui a pour effet de les sublimer aux yeux de beaucoup». Et de s'alarmer un tant soit peu sur le fait suivant «surtout depuis que Bandal, Lemba et Limete sont devenus Paris», il dit se réjouir d'avoir déjà pensé à vendre l'image de la capitale.

«Je m'étais dit pourquoi ne pas vendre positivement, culturellement Kinshasa à partir de ce décor que j'ai choisi pour illustrer la ville?», confie-t-il. Conforté ici du fait que «cela fera en sorte qu'elle soit aussi à son tour vue dans le monde entier».

Et de faire part de sa certitude d'y être parvenu: «J'ai eu l'occasion, lors des séances de signature d'autographes en France, de voir la surprise des gens qui me demandaient : Est-ce bien ça Kinshasa? Ah non ! avec la guerre qui sévit dans votre pays... Et donc, quand je répondais oui, il s'en est trouvé qui ont pris rendez-vous disant alors qu'ils viendraient vérifier par eux-mêmes, s'accorder un passage dans notre ville. Et donc, je crois avoir réussi à faire comprendre que Kinshasa est une ville vivable et fréquentable».

 

Africlopédie?

«En Afrique quand, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle». Cette célèbre phrase de l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ illustre l’incapacité du continent africain de conserver ses valeurs ancestrales. Gaston Donnat Bappa, un ingénieur camerounais propose une solution à la perte des richesses culturelles de l’Afrique.

alt«En Afrique quand, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle». Cette célèbre phrase de l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ illustre l’incapacité du continent africain de conserver ses valeurs ancestrales. Gaston Donnat Bappa, un ingénieur camerounais propose une solution à la perte des richesses culturelles de l’Afrique. Il compte mettre en place la première encyclopédie 100% africaine qui sauvegardera les traditions africaines.

African Traditions Online Encyclopedia (ATOE) est la dénomination du premier portail de l’encyclopédie africaine qui verra le jour très prochainement. Pour le promoteur de cet ambitieux projet, l’objectif de la démarche est de démontrer qu’il n’y a point d’incompatibilité entre les Technologies de l’information et de la communication et les traditions africaines.

Gaston Donnat Bappa sait mieux que quiconque de quoi il parle. Ingénieur en informatique, il est également chef traditionnel de  Nkong, un village du Cameroun.

« Certaines personnes pensent que les traditions n’appartiennent pas aux TIC. Mais, si nous ne savons pas d’où nous venons, nous ne pourrons pas savoir où nous allons », explique-t-il.

Le projet fortement inspiré de Wikipédia sera ouvert à tous. Tout le monde peut apporter des contributions ou demander les suppressions de certains éléments sur le site.  Les apports seront bénévoles selon Gaston Donnat Bappa.

La réécriture de l’histoire de l’Afrique refait surface dans les débats. Comme Africa Top Success vous l’annonçait, des experts sénégalais  (400 scientifiques et chercheurs) avaient organisé fin mars, un séminaire de préparation en prélude à la réécriture de l’histoire du Sénégal par les Sénégalais. 

Un document-vérité sur l'immigration africaine en Italie! 

Sortie du livre «Chronique d’un été glacial : le rêve naufragé des Africains» de Jean-Baptiste Sourou (Editions Cèdres). Paru, en Italien, en 2011, aux Editions San Paolo, il a obtenu, en 2013, successivement, le Prix international Solidarité avec les Réfugiés, à l’International Journalism and Media Awards, et celui du Meilleur Auteur à l’Africa-Italy Excellence Awards.

alt

Sortie du livre «Chronique d’un été glacial : le rêve naufragé des Africains» de Jean-Baptiste Sourou (Editions Cèdres). Paru, en Italien, en 2011, aux Editions San Paolo, il a obtenu, en 2013, successivement, le Prix international Solidarité avec les Réfugiés, à l’International Journalism and Media Awards, et celui du Meilleur Auteur à l’Africa-Italy Excellence Awards. Le livre du professeur et chercheur béninois Jean-Baptiste Sourou «Chronique d’un été glacial: le rêve naufragé des Africains» traite des milliers de migrants, en particulier africains qui, tous les ans, peu importe la saison, tentent, au risque de leur vie, de gagner les côtes italiennes, avec tous un rêve dans la tête: avoir une meilleure vie.

Mais la réalisation de ce projet est des plus aléatoires et des plus dangereuses. Après des années passées aux côtés de ces immigrés, comme journaliste et chercheur, l’auteur livre leur quotidien, leurs péripéties grâce à des témoignages poignants et des récits inédits. 

alt

Son ouvrage donne une vision riche, critique et très dure de la situation des immigrés et du rôle de l’Afrique.

Jean-Baptiste Sourou partage également ses réflexions mesurées sur les actions politiques, sociales et les décisions économiques concrètes qui pourraient aider ces “mésaventuriers  à continuer à rêver d’un futur plus humain, qui leur soit propre, sur leur terre".

L'auteur 

Jean-Baptiste Sourou fut professeur de Communications sociales à l'Université Grégorienne à Rome et maintenant il consacre une partie de ses activités à la recherche scientifique, son domaine de recherche concerne l'influence des médias modernes sur les rites, la relation entre théologie et cultures populaires.

Il est aussi membre du Réseau International de Recherches en Médias, Religion et Culture et il publie des livres et articles sur la vie sociale et religieuse et les questions de développement en Afrique.

Son dernier ouvrage: «Chronique d’un été glacial: le rêve naufragé des Africains» a reçu la Mention Honorable du Prix International Solidarité avec les Réfugiés. 

 

Identité Noire!

L'auteur Lilian Thuram estime qu'il faut éduquer nos enfants à une bonne estime de soi. A travers 45 Etoiles Noires, le footballeur-écrivain Lilian Thuram démontre que l'histoire des Noirs ne commence pas par l'esclavage.

alt

L'auteur Lilian Thuram estime qu'il faut éduquer nos enfants à une bonne estime de soi. A travers 45 Etoiles Noires, le footballeur-écrivain Lilian Thuram démontre que l'histoire des Noirs ne commence pas par l'esclavage. Son essai de 400 pages, présenté dans sa version panafricaine, dresse les portraits de ces personnages ayant révolutionné le monde.

Le Livre de l'ancien international français de football, Lilian Thuram, «Mes Etoiles Noires: De Lucy à Barack Obama» commence par une interrogation. «Quand avez-vous entendu parler pour la première fois des Noirs dans votre cursus scolaire?», demande-t-il, à la page 7 dans l'introduction de l'ouvrage. Un questionnement qui traverse tout le livre et qui justifie, selon son auteur, sa publication.

«Pourquoi j'ai fait ce livre, parce que lorsque j'étais joueur de foot et que les enfants me demandaient de signer un autographe, je leur disais d'accord, mais vous allez répondre à une question : la première fois que vous avez entendu parler de l'histoire des Noirs? Les gens étaient toujours un peu gênés, mais la majorité disait l'esclavage», a raconté le footballeur, lors d'une conférence animée dans le cadre de la présentation du livre coédité par 12 Maisons d'éditions d'Afrique et d'Haïti dont Papyrus Afrique au Sénégal.

Tout au long des 400 pages, le footballeur-écrivain tente de rétablir les choses, en disant surtout aux enfants à travers ces lignes, que l'histoire des Noirs ne commence pas par l'esclavage. Ceci en dressant divers portraits d'hommes et de femmes ayant participé à la marche du peuple noir et du monde.

Les Etoiles Noires de Lilian Thuram au nombre de 45 sont Lucy «notre grand-mère africaine» ; Taharqua «les pharaons noirs» ; Esope «un sage de la Grèce ancienne» ; Frantz Fanon «Peau noire, masques blancs» ; Tupac Amaru Shukur «Ce que le rap nous crie», etc. Ils sont des artistes, écrivains, scientifiques, etc., des révolutionnaires.

«Souvent, on ne se rend pas compte que les enfants garçons et filles n'ont pas assez de nourriture intellectuelle, la plus importante, pour développer l'estime de soi», indique Thuram qui à travers cette œuvre veut y remédier.

A travers sa fondation "Education contre le racisme" qui a publié l'ouvrage, l'auteur «interpelle la société pour faire comprendre que le racisme est une violence faite aux gens qui n'est pas perçue tout de suite et elle est extrêmement négative, parce qu'on intériorise une image négative de soi-même».

Selon lui, peu importe la couleur de peau ou de sexe, mais tout simplement que ces enfants grandissent et sachent que la couleur de la peau ne détermine en rien les qualités et les défauts d'une personne. «Malheureusement combien de parents s'arrêtent pour discuter de ces questions avec leurs enfants. Culturellement nous avons été conditionnés à penser à travers la couleur de la peau ou le genre, et de génération en génération on reproduit ces hiérarchies de façon inconsciente», fait remarquer l'ancien footballeur de l'équipe de France, invitant à acquérir des connaissances pour ne pas être dans la victimisation.

«Il faut que l'on éduque nos enfants à une bonne estime de soi, quand vous avez une bonne estime de vous, il n'y a pas de limite», conseille Thuram qui s'est déjà rendu en Guinée, au Bénin pour la promotion de son livre. Des intellectuels saluent l'engagement de l'auteur.

Pour le professeur Iba Der Thiam, Lilian Thuram à travers son livre «Mes Etoiles Noires... » est fidèle aux messages de Aimé Césaire. «Vous êtes fidèle aux messages de Césaire et Frantz Fanon, vous venez d'un pays où l'on a toujours combattu pour la dignité de l'homme noir», dit-il tout en soulignant le style sobre, iconoclaste et stimulant de l'ouvrage.

L'historien a appelé la jeunesse à avoir confiance en elle-même, car elle a mille façons de modèles, de références. Iba Der Thiam déplore toutefois que ces figures ne soient pas mentionnées dans les dictionnaires prétendument universels.

Selon le représentant du Recteur, l'ouvrage de Thuram change une certaine perception que l'on a de notre histoire. «Cela va permettre aux jeunes d'être fiers de leurs ancêtres, d'apprendre sur eux et d'assumer leur identité», souligne-t-il.

L'ancien ministre et écrivain Cheikh Hamidou Kane a ressenti, dit-il, un choc en lisant le livre de Thuram, le même qu'il a eu en parcourant pour la première fois «Cahier d'un retour au pays natal» de Aimé Césaire. «Le Cahier m'a appris que j'étais nègre et noir», fait-il savoir.

D'autres intellectuels comme les anciens ministres Abdoulaye Elimane Kane, Abdou Fall, Penda Mbow, le philosophe Hamidou Dia, etc., ont salué la pertinence de l'ouvrage.

L'auteur Lilian Thuram, qui a également été reçu en audience par le président de la République sénégalaise, Macky Sall, s'est aussi rendu à Toubab Dialaw en compagnie d'une cinquantaine d'enfants.

Né en 1972, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), l'ancien footballeur international français, a publié en dehors de cet essai «Mes Etoiles Noires», une bande dessinée intitulée «Mon Histoire » qui raconte la vie de sa famille.

"May ya"... rest in peace!

La poétesse américaine Maya Angelou est morte, mercredi 28 mai à l’âge de 86 ans, dans sa maison de Winston-Salem, en Caroline du Nord aux USA.

altLa poétesse américaine Maya Angelou est morte mercredi 28 mai à l’âge de 86 ans dans sa maison de Winston-Salem, en Caroline du Nord aux USA. L’écrivaine, de son vrai nom Marguerite Johnson, était également actrice et militante afro-américaine, devenue une grande figure du mouvement américain pour les droits civiques.

Avant d’écrire des best-sellers comme son récit autobiographique «I Know Why the Caged Bird Sings», elle a eu plusieurs vies: chanteuse de calypso, danseuse étoile, mère à 17 ans.

Elle a également travaillé pour Martin Luther King à New York, suivi le militant radical sud-africain Vusumzi Make en Egypte et côtoyé Malcolm X au Ghana.

Maya Angelou était devenue une institution nationale. Ses livres sont au programme des écoles, au grand dam des conservateurs. Elle avait notamment été invitée à lire un de ses poèmes  «On the Pulse of Morning» , à l’occasion de l’investiture de Bill Clinton en janvier 1993

Récemment, elle s’était prêtée à la reconstitution de l’épicerie de sa grand-mère, à Stamps, à la demande du Musée de la tolérance de San Francisco qui souhaitait recomposer l’histoire du siècle, à travers le parcours d’une demi-douzaine d’Américains.

Elle avait accepté d’être un sujet de l’expérience par laquelle des personnalités ont retrouvé leurs racines grâce à l’ADN. Les tests avaient confirmé que sa grand-mère était la fille d’une esclave de 17 ans et de son maître.

Que la terre lui soit légère!