Africulture - Africa Nouvelles

Douces... "biz" du Sénégal!

Le magazine "Réussir" a organisé à la librairie "Aux quatre vents" à Mermoz, la cérémonie de lancement du nouvel ouvrage de l'écrivain-chroniqueuse Nafissatou Dia Diouf, intitulé "SocioBiz 2".

altL'ouvrage "SocioBiz 2", qui fait suite au premier volume "SocioBiz", est une mosaïque où se mélange l'humour, l'auto-dérision, l'optimisme, la bienveillance, la caricature et l'irrévérence, précise le texte de présentation.

Préfacé par l'ancien Directeur général du Groupe SONATEL, Cheikh Tidiane Mbaye, et postfacé par l'écrivain et agrégé d'économie Felwine Sarr, ce nouvel opus des chroniques, revient avec dérision sur 3 années mouvementées au Sénégal.

Le livre évoque la crise que vivent les entreprises, les manages et les individus, ainsi que la politique et le social. "Un cocktail de chroniques souvent décapantes, agrémentées par les dessins humoristiques du talentueux illustrateur Samba Ndar Cissé", rappelle la note de présentation.

Dans "SocioBiz 2", dit le texte, "Nafissatou Dia Diouf décrit, avec un style léger, mais sans concession et un regard perçant sur la société, une société sénégalaise et africaine en pleine mutation, boostée par la mondialisation et le web, mais en prise parfois avec des habitudes et des comportements dignes de l'antiquité".

L'ouvrage traite essentiellement de questions liées à "l'homo senegalensis" (l'être sénégalais). Dans sa post-face, Felwine Sarr relève que "ces chroniques questionnent le type de société, de modernité, d'individu et de citoyen que nous édifions".

Lara...oui! L'art a ouï... son talent!

Le prestigieux Prix de l'Académie Goncourt de la Nouvelle est revenu au romancier et essayiste marocain Fouad Laroui pour "L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine", publié aux Editions Julliard (2012), a annoncé cette institution française.

altAvec cette distinction, Laroui rejoint deux autres écrivains marocains lauréats du Prix Goncourt, à savoir Tahar Benjelloun, Goncourt du Roman en 1987 et membre de l'Académie Goncourt, et Abdellatif Laabi, Goncourt de la Poésie (2009).

"L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine" raconte l'histoire d'un fonctionnaire venu à Bruxelles afin d'acheter, au meilleur prix, du blé européen dont son pays a grand besoin. Ce jeune Marocain se retrouve sans un sou quand son pantalon lui a été volé dans sa chambre d'hôtel.

Il est ainsi forcé de se présenter devant la Commission européenne dans une défroque qui ferait honte à un clown. Et paradoxalement, c'est ce qui l'aide à réussir sa mission.

altLa métaphore reflète une réalité, celle d'une époque déraisonnable où l'image mal interprétée des choses prend immanquablement le pas sur l'implacable réalité qui nous conditionne et que personne ne veut voir.

La rumba coule sur le fleuve!

La grande salle du Centre Wallonie-Bruxelles, à Gombe, a servi de cadre, le vendredi 29 mars 2013, à la présentation du livre «Sur les berges du Congo, on danse la rumba» du Professeur Manda Tchebwa, professeur à l'Université pédagogique nationale et historien des mentalités, paru aux Editions l'Harmattan en 2012.

altDans son exposé, le professeur Kambayi Bwatshia, le postfacier de cette ouvrage, a fait savoir que «Sur les berges du Congo, on danse la rumba», un livre de près de 300 pages, écrit par l'historien rigoureux, l'archéologue, doublé de journaliste émérite, professeur mais aussi témoin de ce dont parle son livre, Manda Tchebwa.

Le livre «Sur les berges du Congo, on danse la rumba» traduit un passionnant voyage dans la mémoire des citoyens de deux villes riveraines, en l'occurrence Kinshasa et Brazzaville au cours d'une aventure, le long des ondulations du majestueux fleuve Congo.

Ce livre retrace en gros l'histoire de la rumba et des noms qui l'accompagne, entre les deux rives du fleuve Congo, mais aussi parle de différentes formes et sortes de la rumba. Le livre «Sur les berges du Congo, on danse la rumba» est écrit sous forme de romance mêlée de poésie.

altKambayi Bwatshia a aussi fait savoir que «la musique née du souvenir et de l'élite, l'élite veut tout simplement dire éthique et morale. La musique, la rumba doit entrer dans le patrimoine immatériel de l'humanité».

Pour sa part, Manda Tchebwa a fait savoir que l'ouvrage est un livre dont il a commencé la rédaction, il y a 12 ans à Kinshasa et l'a achevé à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Ce livre s'inscrit dans le cycle Manda, cette période de présentation des 12 ouvrages du professeur Manda Tchebwa dont «Sur les berges du Congo, on danse la rumba» est le 2ème après «Musique et Danse du Cuba».

Le professeur Manda Tchebwa a aussi rappelé pour la circonstance que la rumba est la sève qui coule dans les deux villes riveraines, à savoir Kinshasa et Brazzaville.

La cérémonie de présentation du livre «Sur les berges du Congo, on danse la rumba» a connu la participation d'un grand artiste congolais, ayant cheminé avec les grands noms de la musique congolaise, en l'occurrence le maestro, Maika Munan, qui a interprété deux morceaux de la rumba au contenu sonore.

Ses deux morceaux se retrouvent dans son nouvel album, «Congo master», qui célèbre la rumba des deux rives du fleuve Congo.

Récit de vie de... Devi!

"Les Jours vivants", le dernier roman de la Mauricienne d'Ananda Devi explore les bas-fonds d'une Angleterre épuisée par sa guerre des classes et ses émeutes raciales. Une histoire d'amour entre une vieille femme anglaise et un adolescent descendu des cités miséreuses de Brixton.

altParmi la trentaine d'écrivains invités à Confluences 2013, le Salon international du livre qui s'est tenu du 7 au 10 mars derniers à Port-Louis, l'incontournable Ananda Devi - qui a lancé son nouveau roman, "Les Jours vivants", pendant la manifestation littéraire. En 25 ans de carrière, la grande dame des lettres mauriciennes a su s'imposer comme une des auteurs les plus brillantes de Maurice. L'une des plus prolifiques aussi, avec une quinzaine de romans, des recueils de nouvelles, des essais, de la poésie aussi.

«J'explore la voie du roman, tout comme j'écris dans une confusion volontaire des poèmes en prose et de la prose poétique».

Puisant dans son imaginaire forgé par les ombres et les lumières de cette société insulaire où elle a grandi, l'auteur de "Pagli et Eve" de ses décombres a construit une œuvre d'une intensité incandescente qui n'a pas son pareil dans le corpus littéraire de Maurice. Une œuvre à la fois tragique et poétique, qui éclaire avec une lucidité pénétrante les paradoxes de la société mauricienne postcoloniale et pluriethnique qui n'a pas encore fait tout à fait la paix avec sa mémoire et qui laisse, malgré sa prospérité manifeste, beaucoup d'hommes et de femmes sur les bas-côtés du chemin vers le développement.

Malgré la présence obsédante de Maurice dans cette œuvre, son pays n'est pas la seule source d'inspiration d'Ananda Devi, comme ses lecteurs avaient déjà pu le constater en lisant son très beau roman Indian Tango dont l'action se déroule en Inde. Dans "Les Jours vivants", Devi nous entraîne à Londres. Une ville qu'elle connaît bien car elle y a vécu quand elle faisait ses études universitaires. Son livre raconte une histoire très londonienne d'amour illicite entre une très vieille femme anglaise et un tout jeune Caribéen. Il y a du Othello et du Lady Chatterley's lover dans ce récit, sur fond de débats sur le multiculturalisme contemporain.

A Portobello Road, une vieille maison décatie. Située au cœur d'un quartier en pleine transformation où les terrains valent de l'or, cette maison abrite une vieille femme. Mary Grimes avait été autrefois sculptrice d'objets artisanaux à partir du plâtre et de l'argile, jusqu'au jour où une arthrose de la main l'obligea à mettre fin à son activité. Depuis, elle survit avec la maigre pension que lui verse un Etat-providence de moins en moins généreux et avec le souvenir de Howard, son amour de jeunesse depuis longtemps disparu.

Condamnée à l'isolement et à la nostalgie, la vieille dame vit dans son univers qui s'effrite par petits bouts, n'osant pas s'aventurer dans la pulsation du monde qu'elle devine derrière ses portes closes. Mais sa rencontre avec Cub, le jeune adolescent venu des HLM du quartier Brixton voisin, va entraîner Mary Grimes dans un tourbillon d'émotions insoupçonnées et d'événements inédits dont le dénouement ne pourra qu'être tragique.

"Les jours vivants" racontent la marginalisation à laquelle la vieillesse condamne les êtres, la cohabitation des communautés qui se regardent en chiens de faïence et enfin la dérive des sentiments au-delà des limites fixées par la bienséance et la morale bourgeoises. Dérive vécue comme une renaissance par la vieille Mary Grimes. Dans les bras de son jeune amant, elle n'a que faire des voisins qui l'épient. « Quelqu'un les regardait-il par la fenêtre ? Eux deux, là, qui dormaient enlacés comme un vieux couple. Franchissant avec l'aisance des inconscients ce que l'on croit être le gouffre impossible, le définitif mystère, le dernier interdit. Le dernier tabou des vivants car, pour les morts, il n'y en a pas. Mais l'amour est cette chose qui ne retient rien, qui ne renie rien, qui n'élude aucune possibilité, se dit Mary. J'aimerais mon fils comme j'aimerais un homme comme j'aimerais un père. De mille façons et de la même façon. »

En faisant de l'interdit de l'amour intergénérationnel le thème de son récit, Ananda Devi va loin dans l'exploration des secrets de l'âme humaine dont les élans sont corsetés par la société. On lira aussi ce roman pour son évocation de Londres, hiératique et sombre, sous le signe de T.S. Eliot que l'auteur convoque dès les premières pages: « Cité fantôme/ Sous le fauve brouillard d'une aurore hivernale... »

Un livre qui livre... une autre vérité?

Intitulé "Le Président Gbagbo à la Cour pénale internationale: Justice ou imposture?", un livre écrit par un collectif d'intellectuels sous la Coordination scientifique des Professeurs d'Université, Raymond Koudou Kessié et Hubert Oulaye, paraîtra aux Editions L'Harmattan à Paris (France), dans ce mois de mai 2013. Nous vous présentons cet ouvrage d'intérêt.

altL'ouvrage rassemble les contributions d'intellectuels africains et européens, spécialistes de nombreux domaines, juristes, politologues, psychologues, sociologues, avocats, journalistes, écrivains... qui posent la question de la crédibilité de la justice internationale incarnée et pratiquée par la Cour Pénale Internationale (CPI), à partir d'analyses des faits et au regard des charges contre le Président Laurent Gbagbo.

La problématique qui sous-tend ce livre collectif est surtout de montrer que le procès de Laurent Gbagbo apparaît plus politique que juridique : aucun criminel dans le camp de M. Alassane Ouattara n'est interpellé par la COPI. La mise en évidence du mensonge et de la vérité peut et doit conduire à la relaxe du Président Laurent Gbagbo des fins de toutes poursuites. C'est l'objectif assigné à cet ouvrage collectif par son comité de rédaction, composé de 4 personnes: Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye (coordination scientifique), Dr. Kouakou Edmond (coordination technique) et le Ministre Émile Guiriéoulou (membre). Toutes les contributions sont regroupées dans six parties.

Dans l'Avant-propos, les deux coordonnateurs scientifiques de l'édition, Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye, donnent les lignes force de l'ouvrage, non sans en avoir rappelé l'objectif : un ouvrage de combat pour la libération du Président Laurent Gbagbo des geôles de la CPI, cette institution judiciaire internationale qui semble avoir été montée par les puissances internationales pour les seuls Africains.

Les pays européens n'entendent nullement y voir déférés leurs ressortissants et les États-Unis, qui coopèrent avec la Cpi, n'ont pas ratifié le Statut de Rome l'instituant. Et ce pays reste formel sur le fait qu'il n'acceptera, ni ne tolérera qu'un de ses nationaux soit déféré devant la CPI, alors même qu'il ne s'abstient pas d'être aux côtés de cette institution lorsqu'il s'agit de citoyens d'autres pays.

Il vient en effet de jouer "un rôle crucial en procédant au transfèrement rapide et efficace du rwandais Bosco Ntaganda, après sa reddition à l'Ambassade américaine", comme l'écrit Human Rights Watch, le 18 mars 2013.

Dans la 1ère Partie intitulée "Le contexte: la vérité électorale qu'ils veulent cacher", l'ouvrage expose les rapports d'observateurs électoraux internationaux qui stigmatisent les exactions et les fraudes massives orchestrées par les partisans d'Alassane Ouattara et qui ont entaché la crédibilité des résultats dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire, zones sous occupation des rebelles pro-Ouattara.

Ce sont les rapports d'Observateurs ignorés avec mépris par les occidentaux et la Communauté internationale au profit de M. Ouattara. Ces rapports sont de: COMISCA (Coordination de la Mission Internationale des Observateurs de la Société Civile), CEEA (Comité des Experts Electoraux Africains) et UA (Union Africaine).

Les contributeurs démontrent ensuite, dans leurs articles, preuves à l'appui, que c'est Laurent Gbagbo qui a gagné les élections présidentielles ivoiriennes de novembre 2010, en dépit des incantations des médias occidentaux, de la position de la communauté internationale et de la force militaire utilisée pour le renverser. Ils montrent également comment Young-jin Choi, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU, a violé son mandat en certifiant, en connaissance de cause, de faux résultats favorables à Alassane Ouattara.

Les articles de Dr. Ahoua Don Mello (Ma part de vérité) et du Pr. Hubert Oulaye (Violation du mandat de certification) donnent la preuve des fraudes massives dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire et de l'imposture, avec Ouattara dans le fauteuil présidentiel, alors que son titulaire est déporté à la CPI, à La Haye.

Dans la 2ème Partie intitulée "Le Président Laurent Gbagbo, Un combattant de la démocratie à la Cour pénale internationale", Dr. Bertin Kadet (Laurent Gbagbo, un modèle de combattant pour les libertés démocratiques), et Joseph Marat (Laurent Gbagbo un brillant intellectuel dans la politique) déclinent l'identité de Laurent Gbagbo, identité qui lui vaut la haine viscérale de l'impérialisme international et sa qualité de souverainiste et de combattant des libertés démocratiques. Il fallait l'abattre par tous les moyens au profit de M. Ouattara, un homme-lige, docile et assuré de garantir les intérêts des grandes puissances.

Viennent ensuite, les contributions de Dr. Kouakou Edmond (L'histoire cocasse d'une inculpation arbitraire) et (Quand le Président Gbagbo porte sa croix) ou encore, de Me Ciré Clédor Ly (Le transfèrement du Président Gbagbo) qui décrivent le transfèrement arbitraire de ce Grand Homme d'État.

Dans la 3ème partie intitulée "Contrevérités et collusion du Procureur Luis-Moreno Ocampo avec le régime Ouattara", le document de charges contre le Président Laurent Gbagbo est passé au peigne fin. Ce document rabaisse, dans une extrême désinvolture, au rang de "dictateur africain" et de "vulgaire criminel sans foi, ni loi", un grand Africain, un humaniste, un Homme qui a consacré toute sa vie au combat pour la liberté et l'instauration de la démocratie dans son pays.

Les auteurs montrent que les faits à la charge du Président Gbagbo ne sont pas avérés et que nombre de ces faits sont de purs montages destinés à l'accabler. Tout en relevant le parti-pris du Procureur de la CPI en faveur d'Alassane Ouattara, ces analystes montrent qu'aucun crime contre l'humanité n'est imputable au Président Laurent Gbagbo.

Suivent alors les ministres Alain Dogou et Émile Guiriéoulou (La vacuité des accusations de la CPI contre le Président Laurent Gbagbo), le Pr. Hubert Oulaye (Partialité et dérives du Procureur Ocampo), Alain Bouikalo (Moreno Ocampo, Procureur ou mercenaire en cravate?), Dr. Kouakou Edmond, dans trois contributions (Quand Ocampo méconnaît l'autonomie constitutionnelle des États) ou (Enquête de la Cour pénale internationale: à qui profite le crime?) ou encore (De la nécessité d'une expertise contradictoire);

Théophile Kouamouo (Le document d'Ocampo qui enfonce son ami Ouattara), Philippe Brou (La manipulation de la CPI mise à nu); Coulibaly Zié Oumar (Manipulation d'une campagne sanitaire contre Gbagbo), et enfin, Germain Séhoué (Charges contre Gbagbo - Un scandale de légèreté et de malhonnêteté).

Dans la 4ème Partie intitulée "La CPI: quelle crédibilité?", les contributeurs s'interrogent sur la crédibilité de la CPI. Maître Josette Kadji (Faut-il mettre en doute l'impartialité de la Cour Pénale Internationale?);

Dr. Kouakou Edmond (Cour Pénale Internationale : suspicion légitime); Calixthe Beyala (Le Procès de Laurent Gbagbo ou la chronique d'une mascarade annoncée); Arsène Touho (Qui peut sauver Gbagbo ?);

Julius Blawa Gueye (Cour pénale internationale: Épreuve de vérité); Mathias Gboziagnon (La CPI: Tribunal pour Africains seulement?) et Alain Cappeau (La justice internationale doit être disqualifiée) .

Dans la 5ème partie, intitulée Interpellations de la CPI, les auteurs interpellent cette institution internationale.

Le Collectif de Juristes pour la Vérité en Côte d'Ivoire (Lettre ouverte à Ocampo); Alain Cappeau (Lettre ouverte à Madame la juge Présidente de la Cpi); Dr. Claude Koudou (Motion à la CPI).

Dans la 6ème et dernière Partie, "Justice et liberté pour le Président Laurent Gbagbo", les auteurs expriment une conviction forte selon laquelle, Justice et liberté ne peuvent que s'imposer pour le Président Laurent Gbagbo, et ce, au nom principalement de la vérité.

Les articles de Dr. Ahoua Don Mello (Les ponts d'une réconciliation durable), Alain Cappeau (Le spectre de l'erreur judiciaire dans l'affaire le Procureur vs Gbagbo. Alea jacta es), Damana Adia Pickass (La libération de Laurent Gbagbo, 90% du trajet de la réconciliation) et Pr. Koudou Kessié Raymond (Pourquoi le Président Gbagbo doit être libéré) bouclent le tout, avec une note d'espoir: les Magistrats de la CPI en charge de l'affaire sauront tourner le dos à toute la machine infernale contre le Président Laurent Gbagbo et redorer le blason écorné de cette institution judiciaire internationale.

Ouf! Ouf! Diouf!

L'exercice aurait été plus aisé si le contenu du livre était parcouru de tous; ce qui n'était pas le cas de la majorité des journalistes présents, à cette cérémonie qui était supposée être une présentation du bouquin de l'ancien président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf. Car, parler d'un livre dont on n'a pas vu les pages est un exercice aussi difficile que la rédaction même de l'œuvre. Et c'est l'exercice auquel se sont soumis les journalistes sénégalais lors d'une rencontre organisée par l'Association Nationale de la Presse Sportive (ANPS).

altHeureusement qu'avant son arrivée dans les librairies sénégalaises, vendredi dernier, «C'est bien plus qu'un jeu» avait déjà marqué les esprits par la polémique qu'a suscité le chapitre consacré au passage du Pape à l'Olympique de Marseille de 2005 à 2009. Un passage qui, tel que présenté dans le livre, semble fâcher plus qu'il ne séduit. Mais, on peut l'aimer ou le détester, une chose reste certaine, ce livre de Pape Diouf n'a presque laissé personne indifférent. Une grosse surprise déclare l'auteur.

«J'ai été très surpris de susciter autant d'intérêt en France. Je ne le pensais pas vraiment... Je peux bien avoir droit à être un peu naïf. J'ai eu un peu de naïveté en pensant qu'en écrivant ce livre, je n'allais pas provoquer un tel engouement, surtout une telle polémique», révèle l'ancien patron du club phocéen.

Comme on pouvait s'y attendre, les échanges concernant le livre ne pouvaient sortir du cadre de cette polémique qui a passionné les débats dans la presse sportive française et suscité l'indignation de certains dirigeants ou anciens dirigeants de l'Olympique de Marseille.

Une controverse «surprenante» aux yeux de l'ancien agent de joueur, mais des mots qu'il assume entièrement. «J'ai simplement essayé d'écrire les choses telles qu'elles me paraissaient, telles qu'elles étaient. Le problème pour ceux que ce livre a dérangés, c'était que quelques uns parmi eux avaient déjà écrit ou réécrit l'histoire. Or, en venant avec mon livre, je ne faisais que restituer la vérité, dire les choses comme elles étaient et non pas comme certains avaient souhaité qu'elles soient», pense Pape Diouf.

Pour l'ex-président du club marseillais, ce livre «n'est pas un pamphlet» comme certains le pensent. Et si les faits qui ont marqué son passage à la présidence de l'Om ont suscité autant de bruit, il se demande comment pouvait-il écrire un livre en occultant son passage dans ce club qui restera, peut-être, la partie la plus importante de son histoire. Car, «C'est bien plus qu'un jeu» va au-delà de ce chapitre qui déchaîne les foules. 

C'est avant tout une autobiographie qui retrace le film de la vie de l'auteur. Son enfance, son adolescence, ses parents, les différents métiers qu'il a eu à exercer dans une vie qui ressemble à un véritable conte de fée. A 61 ans, Pape Diouf reste sans nul doute l'un des personnages les plus importants du football français. Mais, pour l'heure, il reste un mystère pour ceux qui n'ont pas lu son autobiographie.

Et c'est l'impression qui s'est dégagée, après sa rencontre avec la presse. Car, presque tout le monde est rentré sans vraiment entrer au cœur du mystère du «JE» de Pape Diouf.

Desseins de dessins!

Le dessinateur burkinabè s'est imposé comme une référence en matière de dessin de presse. Depuis plus de 20 ans, Damien Glez anime avec talent la rédaction du "Journal du Jeudi", l'hebdomadaire satirique burkinabè qui reste indémodable.

altQuel Africain n'a pas souri un jour à la vue d'un dessin de Damien Glez? Ses caricatures font le tour du continent depuis plus de 20 ans. Ses dessins apparaissent chaque semaine à la Une du "Journal du Jeudi", l'hebdomadaire satirique du Burkina Faso, bien sûr. Mais ils ont aussi droit de cité dans Courrier international, Le Monde, Jeune Afrique ou Mediapart.

Plus célèbre dessinateur d'Afrique francophone, Damien Glez, 45 ans, est souvent présenté comme le Plantu du continent. Pourtant, il n'est pas seulement un caricaturiste de grand talent. Il est aussi le maître d'œuvre du succès du Journal du Jeudi, qu'il a créé avec Boubakar Diallo, il y a plus de 20 ans.

Chaque semaine, Damien Glez est à la manœuvre. Il dessine, écrit, édite, met en page ce titre satirique vendu à plus de 10 000 exemplaires. Un très beau tirage pour l'Afrique francophone. Il s'agit d'un des rares titres rentables du continent. Son lectorat lui est d'autant plus fidèle que Le Journal du Jeudi ne cherche pas à imiter les grands modèles occidentaux, tels que Le Canard Enchaîné.

Cette adaptation au contexte local est d'autant plus remarquable que Damien Glez vient de loin. De France, diplômé d'une école de commerce, Sup de co Bordeaux rien ne le prédisposait à devenir dessinateur de presse à Ouagadougou. Débarqué au Burkina Faso comme coopérant enseignant, il profite du vent de liberté qui souffle en Afrique après la chute du mur de Berlin en 1989 et le discours de la Baule pour ouvrir un hebdomadaire.

Il revient avec chaleur sur l'époque de ses premiers pas dans le métier en août 1991: «Le Journal du Jeudi est à la fois le résultat d'une rencontre entre deux sensibilités éditoriales et d'un tournant dans l'histoire du Burkina. La rencontre, c'est celle que moi, passionné amateur de dessin de presse, j'ai faite avec Boubakar Diallo, auteur fasciné par l'humour aussi bien européen qu'africain, qui avait un projet de journal depuis les années 80. Le tournant historique, c'est le retour de la République au Burkina Faso, après quelques années d'Etat d'exception où il n'était pas possible de lancer une publication indépendante. C'était le début du printemps de la presse et le public, déjà imprégné d'humour, était demandeur de cette forme d'irrévérence qui pointe du doigt les puissants: la satire. Et la caricature était un art encore embryonnaire et donc excitant. Il a semblé judicieux de lancer un " hebdomadaire" satirique burkinabè».

Bien d'autres expériences satiriques ont vu le jour à la même époque sur le continent, notamment "Le Cafard Libéré" à Dakar, "Le Kpakpa désenchanté" au Togo et "Le Canardeau" au Niger, mais Le Journal du Jeudi est le seul à s'être inscrit dans la durée. Une grande partie de ce succès est due aux dessins et bandes dessinées signés Damien Glez qui sont d'ailleurs exposés dans le monde entier. Ils voyagent beaucoup plus facilement que leur auteur.

L'humoriste le reconnaît bien volontiers, il n'aime rien tant que rester à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Même s'il est originaire de Nancy, c'est au «Pays des hommes intègres» que ce dessinateur casanier se sent chez lui. Il a acquis la nationalité burkinabè. Sa couleur de peau gêne davantage les Européens que les Africains.

Il s'en amuse: «La même année, un pays européen et un pays africain m'ont spontanément accordé chacun un prix. Le pays européen a été gêné aux entournures en constatant finalement qu'il avait primé un Blanc. Face au même constat, le pays africain m'a dit "Pour nous, vous êtes africain". C'était le prix de meilleur dessinateur africain de l'année. Tout était dit. »

Avec son épouse Aminata Diallo-Glez, réalisatrice et actrice burkinabè, il forme l'un des couples les plus célèbres du Burkina Faso. Aminata Diallo-Glez est connue dans toute l'Afrique de l'ouest depuis qu'elle a joué le rôle principal dans la sitcom burkinabè, "Kadi Jolie".

Les mondanités intéressent-elles pour autant Glez? Pas du tout. Il reconnaît bien volontiers que ce qu'il préfère c'est rester dans sa bulle.

Le directeur de la rédaction du Journal du Jeudi est accro au dessin et à l'actualité. Glez reste à la rédaction 12 heures par jour et 6 jours sur 7. Seul le dimanche est chômé: ce jour est consacré à ses enfants. Dans la vie de tous les jours, Glez est très sérieux, pince sans rire. Mine de rien, ce Burkinabè affecte un flegme britannique. L'humour, c'est aux colonnes du Journal du Jeudi qu'il le réserve.

Sa vie de tous les jours est rythmée par le travail ininterrompu. A la question de savoir quel est son produit dopant, cet infatigable travailleur répond tout de go: «Le traitement de l'actu est une drogue qui fait qu'on ne se pose guère de questions, qu'on est réactif en permanence et qu'on ne compte pas son temps. Alors je ne sais pas si on "court", mais on est sous tension quasiment en permanence. C'est ce qui est passionnant, surtout quand on peut se permettre de maltraiter l'actualité sous l'angle satirique».

Cet ami de Plantu, adepte du dessin quotidien, ajoute avec un sourire dans la voix: «Et je ne suis pas schizophrène, car je considère toujours le dessin comme le cœur de tout ce que je fais. Le reste n'est que de la prolongation».