Africulture - Africa Nouvelles

Hommage à un mythe panafricaniste!

La Fondation Rosa Luxemburg lance, à Dakar, le livre "Redécouvrir Sankara, Martyr de la liberté", en présence de Fidèle Toé, ami d'enfance de Thomas Sankara, qui sera dans la capitale sénégalaise, dans le cadre de la semaine de promotion (14-19 janvier) de ce livre dont la rédaction a été coordonnée par Ndongo Samba Sylla.

alt"Le programme révolutionnaire de Sankara, son idée sur la démocratie comme pouvoir du peuple au service du peuple, son engagement anti-impérialiste, son adhésion au panafricanisme, son audace, son statut de défenseur des opprimés, de visionnaire sont repris ici grâce à des documents inédits de l'époque", lit-on dans le communiqué.

Dans le livre, souligne la même source, "Samir Amin, Kum'a Ndumbe III, Aziz Fall témoignent et d'autres comme Fidèle Toé, Kientega, Me Sankara, Sawadogo, Nacanabo, Kaboré, Smockey, Samsklejah, revisitent l'action courageuse et téméraire de ce Président du pays des hommes intègres".

La Fondation Rosa Luxemburg, en association avec des militants de la Fondation AfricAvenir International, met à la disposition du public un outil précieux de travail, de souvenir et de modèle à évoquer, ajoute le communiqué.

Ecrivains, cinéastes et musiciens!

Le premier Festival International du Livre et du Film devant regrouper de nombreux écrivains, cinéastes et musiciens d'Afrique et du monde entier, aura lieu à Brazzaville, capitale de la République du Congo du 14 au 18 février 2013.

altAprès Port-au-Prince, Bamako, Missoula au Dublin, c'est pour la première fois à Brazzaville, l'une des capitales des lettres africaines, que le Festival «Etonnant voyageurs» fera escale.

Cet événement connaîtra la participation du romancier, poète et professeur de littérature francophone à Los Angeles, l'écrivain d'origine congolaise, Alain Mabanckou, auteur en 2012 du «Sanglot de l'homme noir» et de son premier polar «Tais-toi et meurs». Lauréat du prix Renaudot pour «Mémoires de porc-épic» en 2006, ce dernier publiera en janvier 2013 «Lumières de Pointe-Noire», aux Editions le Seuil.

«Etonnants voyageurs» se déroulerait en alternance à Bamako, au Mali, pays aujourd'hui en crise, et à Port-au-Prince, en Haïti, à l'exception de 2010 où le séisme meurtrier du 12 janvier avait empêché sa tenue. En quelques années, cette manifestation s'est imposée en Afrique «comme le lieu d'affirmation d'une nouvelle génération d'auteurs africains décidée à prendre toute sa place dans le vaste ensemble que constituent les littératures de langue française», soulignent certains organisateurs que sont Michel Le Bris et Alain Mabanckou.

Initié au printemps 1990, notamment par Le Bris, le Festival «Etonnant voyageurs» explorant les littératures du monde, se déroule chaque année à Saint-Malo. Il a rejoint en février 2012 la Word Alliance, rassemblement des plus importants festivals de littérature de Toronto à Pékin en passant par New York, Jaipur, Edimbourg, Berlin et Melbourne.

Livre d'histoire ou d'histoires?

L'Institut français d'Abidjan Plateau a servi de cadre à la dédicace du roman «Le rebelle et le camarade Président» de Venance Konan. L'oeuvre de 282 pages, répartie en 28 chapitres, a été présentée par le professeur Germain Kouassi de l'université de Bouaké.

altL'auteur, dans son roman, campe l'histoire de 10 années d'antagonisme entre des rebelles du nord dirigés par un certain Lasso et le camarade Président qui est au sud, dans une République sans nom.

En fait, arrivé au pouvoir dans des conditions particulièrement troubles, le camarade Président va se caractériser par trois gangrènes: tribale, patrimoniale et la recherche de la revanche clanique et partisane. Au point de se mettre à la disposition exclusive des siens. En les mettant à tous les postes du palais présidentiel. Les camarades Président s'est également illustré par le populisme et surtout son goût effréné pour les femmes qu'il collectionnait à travers son pays.

L'égocentrisme et le tribalisme qu'il cultivait ne seront pas sans conséquence. Une rébellion se crée dans le nord de la République innommée, avec un certain Lasso comme chef. Ce dernier dont la force réside dans les armes est promu au grade de commandant dans la deuxième ville du pays qu'occupent les insurgés. Il sera nommé, par la suite, chef de zone ainsi que d'autres rebelles qui couvriront toute la zone occupée. Cette nouvelle donne sera la porte ouverte aux exactions et atrocités sur les populations civiles. Tortures, viols, pillages, tout y passe. A la suite d'un accord de paix obtenu entre les deux antagonistes, Lasso est nommé ministre d'Etat, chargé de la Communication et de la Propagande dans le gouvernement d'union, avant d'être promu chef de l'ex-rébellion.

altBien que les faits relatés dans son oeuvre aient des similitudes avec l'histoire récente de la Côte d'Ivoire, l'auteur soutient que «toutes correspondances et ressemblances ne sont que pure coïncidence». Pour le Pr Germain Kouassi, même si Venance Konan soutient ne pas parler de la crise ivoirienne, les personnages mis en scène, l'environnement et les circonstances particulières qui sont présentés ne peuvent que faire penser à ces tristes moments qu'a connus le pays. Au-delà, il estime «que ce récit se présente, de toute évidence et à maints égards, comme une source documentaire indiscutable pour les générations futures et pour tous ceux qui, sans nul doute, voudront comprendre certains aspects particuliers de ces événements historiques riches en questionnements».

Journaliste et écrivain, Venance Konan explique que par pure déformation professionnelle, il reste attaché au réel. Ce qui peut expliquer des ressemblances entre les faits qu'il campe dans son roman et les situations vécues en Côte d'Ivoire. Evoquant le style d'écriture de l'auteur, le professeur Kouassi se laisse séduire par sa simplicité.

«Le style est peu chargé et surchargé. Au contraire, la syntaxe est fluide, sans complexification et le vocabulaire est de toute transparence. S'il faut donc trouver une parenté à ce style, c'est plutôt chez les romanciers français de la première moitié du XVIIIe siècle qu'il faut la trouver». 

Au total, «Le rebelle et le camarade Président» est, pour le présentateur du roman, «une leçon d'histoire et un enseignement multidimensionnel à valoir auprès des jeunesses africaines, en particulier auprès des générations présentes en mal de repères dans cette Afrique post-moderne». Cet ouvrage, est une réédition de fratmat éditions.

Marc Yévou

Ndoye joyeuse!

Mariama Ndoye Mbengue, écrivain, est la directrice du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture du Sénégal.

altLa directrice du livre, Mariama Ndoye Mbengue, est lauréate du prix Ivoire 2012. C'est avec son livre «L'arbre s'est penché» qu'elle succède à l'Ivoirien Frédéric Grah Mel comme Prix Ivoire pour la littérature africaine d'expression francophone 2012.

Elle arrache la 1ère place devant Muriel Diallo (Côte d'Ivoire), Souleymane Abdelkérim Chérif (Tchad), Ben Diogoye Bèye (Sénégal), Youssouf Amine Elalamy et Souad Mekkaoui (Maroc).

Les objectifs du Prix Ivoire consistent à encourager la création et l'expression littéraire en Afrique, de primer et mettre en exergue les meilleures oeuvres du continent. C'est également un cadre de rencontres et d'échanges entre des sommités de la culture qui communiquent leur passion à la jeunesse.

Mariama Ndoye Mbengue, écrivain est la directrice du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture.

Il se livre au livre!

L'artiste ivoirien Kajeem vient d'ajouter une autre corde à son arc. En plus de la musique, il vient de publier une oeuvre autobiographique intitulée «Le petit gamin qui peinait à parler». Il a pris part à des séances de dédicace de son recueil de nouvelles au Salon International du Livre d'Abidjan (SILA) 2012, qui s'est tenu du 28 novembre au 1er décembre dernier à l'espace Crrae-Umoa d'Abidjan-Plateau. Il dévoile ici ses nouveaux projets et parle des perspectives de sa carrière.

altOn connaît Kajeem chanteur. Maintenant, Kajeem s'essaie à l'écriture avec son oeuvre à sortir bientôt chez Frat-Mat Editions: «Le petit gamin qui peinait à parler». Comment s'est opérée cette transition?

Kajeem:  Moi, je dirais plutôt que c'est un retour aux sources parce que j'ai toujours écrit. J'ai commencé à chanter pour mettre mes textes en musique et les faire connaître. Je veux dire que l'écriture a toujours été une de mes activités favorites. La musique, c'est le véhicule que j'emprunte pour transporter mes textes. Entre l'écriture musicale et l'écriture d'une oeuvre littéraire, il y a un temps de maturation qu'il faut. Moi, je suis vraiment comme un premier gaou avec ce recueil de nouvelles. Il m'a fallu du temps pour franchir le pas. Je suis heureux, avec cet essai, de flirter entre la littérature et la musique aujourd'hui.

Mon recueil de nouvelles s'intitule «Le petit gamin qui peinait à parler». C'est un recueil de 10 nouvelles dont 2 ou 3 sont à relent plutôt autobiographique. Mais le reste, ce sont des tranches de vie que j'essaie de retranscrire, vu qu'il y a des choses qu'on ne peut pas développer en 3 ou 4 minutes dans une chanson. La nouvelle, elle, permet de le faire aisément. alt

D'où vous est venue l'envie de véritablement écrire?

Kajeem:  L'envie d'écrire a toujours été là. Il faut savoir que j'ai fait des études littéraires. J'ai d'abord toujours été un grand consommateur d'oeuvres littéraires. Les écrivains latino-américains dont de nombreux sont des prix Nobel ont été pour beaucoup ma source d'inspiration. Comme j'ai l'habitude de dire, on commence par consommer, puis, après avoir digéré tout ça, on s'essaie à la chose. Toutefois je veux dire que c'est avec beaucoup de modestie et d'humilité que je publie ce premier recueil de nouvelles. Parce que c'est un monde qui est vraiment nouveau pour moi. J'ai beaucoup de respect pour tous ceux qui ont jusque-là publié des romans avant moi.

Côté musique, quelle est en ce moment votre actualité ?

Kajeem:  Mon actualité musique, c'est la tenue du très prochain Festival 24h du reggae que nous organisons avec un groupe d'amis. C'est le festival de Noël parce qu'il se tient les 24 et 25 décembre prochains à Abidjan-Riviera, sur le terrain de football des Tours de la Riviera. C'est un festival qui réunira toute la scène abidjanaise. Mais il n'y a pas que l'aspect musical, parce que, si le 24 décembre, il y a toute une journée consacrée au reggae, en plus du village gastronomique et les différentes animations, le 25 décembre, il y a un arbre de Noël au profit des enfants des quartiers démunis de Cocody. Parce qu'il ne faut pas oublier que Cocody, malgré son standing de commune huppée, est celle qui a le plus de bidonvilles en Côte d'Ivoire. Une action dans ce sens est menée pour essayer d'apporter un peu de joie et de réconfort aux enfants de ces quartiers précaires, parce que Noël, c'est la fête des enfants, mais aussi parce que le reggae ne peut pas se contenter de seulement critiquer. Il faut qu'il mette la main à la patte. Donc tous les artistes qui viendront sur ce festival-là participeront à cette grande oeuvre caritative et sociale.

A quand la sortie du prochain album de Kajeem et à quand aussi celle de l'oeuvre qui va suivre le recueil de nouvelles que vous avez publié et qui a été bien accueilli par le public au Sila 2012?

Kajeem:  Là, je viens de sortir le recueil de nouvelles. Mais je suis en train de terminer le prochain album qui, je pense, sera finalisé cette fin d'année. Donc je suis convaincu que, courant 2013, nous aurons sur le marché le nouvel album de Kajeem. Quand je l'aurais fini et que le public aura suffisamment consommé le recueil de nouvelles, je vais songer à sortir une nouvelle oeuvre littéraire.

Où vit véritablement Kajeem? Est-il basé en Suisse ou en Côte d'Ivoire? Où est-il à cheval entre ces deux pays?

Kajeem:  Je dirais que je suis en Côte d'Ivoire avec une base suisse. Parce qu'aujourd'hui, il est difficile de tourner en Europe en partant d'Afrique. Il y a les problèmes du visa pour les musiciens, mais aussi le coût du transport. En général, on se base dans une capitale européenne, et partir de là, on rayonne. C'est ce qui explique cette façon de fonctionner.

Pour une littérature... sans rature!

De célèbres écrivains, critiques et artistes africains participeront aux 3èmes "Rencontres Littéraires" Internationales de Mauritanie, qui ont débuté, ce dimanche 9 décembre à Nouakchott.

altLes Sénégalais Ken Bugul et Felwine Sarr, le Togolais Sami Tchak, le Tchadien Noël Ndjékéry et d'autres personnalités littéraires de renom participeront à cette manifestation de 10 jours, organisée par l'Association "Traversées Mauritanides".

Ces célèbres auteurs se rendront également dans des écoles de la ville pour y rencontrer des élèves. Ces journées prévoient un concours de poésie, des tables rondes et des spectacles de théâtre.

Kaédi, située dans la région méridionale de Gorgol, accueillera les deux dernières journées de ce festival littéraire.

Des livres s'y délivrent!

Le président du CEPS, Alioune Badara Coulibaly, a remercié les partenaires français de la manifestation, notamment les membres de l'association "Colère du présent" du Nord-Pas-de-Calais qui accompagnent depuis le départ l'association saint-louisienne.

altLa 3ème édition de la fête du livre s'est ouverte à l'Institut culturel français en présence d'un public nombreux, invité par le Cercle des poètes et écrivains de Saint-Louis (CEPS), qui en est l'initiateur.

Le président du CEPS, Alioune Badara Coulibaly, a remercié les partenaires français de la manifestation, notamment les membres de l'association "Colère du présent" du Nord-Pas-de-Calais qui accompagnent depuis le départ l'association saint-louisienne.

Cette édition est une fête pour les élèves, a dit M. Coulibaly, appelant les potaches à s'approprier l'événement en participant massivement aux expositions, séances de lecture et autres déclamations programmées dans les écoles.

Un hommage sera rendu à Amady Aly Dieng, économiste et brillant intellectuel pour toute son oeuvre, a ajouté le président du CEPS, insistant sur la dimension militante du parrain qui a été président de la Fédération des étudiants africains en France.

Cette manifestation est aussi une occasion de décerner le prix du CEPS qui est allé à Madické Wade, un éminent saint-louisien, à la plume alerte et à l'origine de la création du Kurel des deux Rakkas et aujourd'hui de l'Association des musulmans de Saint-Louis.

Le secrétaire exécutif de l'Association des écrivains du Sénégal (AES), Seydi Sow, a noté l'importance de cette manifestation intellectuelle, qui célèbre la littérature sous toutes ses formes. Il a aussi rendu un vibrant hommage au parrain Amady Aly Dieng à qui la journée de jeudi a été consacrée, en rappelant sa brillante contribution au rayonnement de la culture sénégalaise.

Il a félicité le CEPS qui avait à ses cotés ses hôtes du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Mali.

Cette rencontre, organisée tous les 2 ans alternativement avec le Festival international de poésie, sera décentralisée à Podor et Dagana, et prendra fin le 8 décembre prochain.