Musique - Africa Nouvelles

Le sens d'une absence?

Jusqu'aux ultimes instants, l'assistance attendait à ce que l'un d'eux franchisse le portail, gerbe de fleur en main. Mais hélàs!

altOn les attendait fiévreusement débarquer au Palais du peuple pour rendre hommage à leur compère des premières heures, King Kester Émeneya. Le 1er mars à l'arrivée de la dépouille à Kinshasa, Papa Wemba et Koffi Olomide étaient invisibles à l'aéroport international de Ndjili. Mêmement au Palais du peuple où était exposé le corps du défunt. Les deux artistes ont brillé par leur absence.

Le public était écœuré de voir les deux partenaires de King Kester qui ont eu à partager avec lui ses premiers pas dans la musique professionnelle n'assister ni à l'arrivée, ni à la levée de corps. Ahurissant tout de même lorsqu'on connaît la complicité ayant caractérisé les rapports entre les trois artistes. Jusqu'aux ultimes instants, l'assistance attendait à ce que l'un d'eux franchisse le portail, gerbe de fleurs en main. Mais hélas!

Renseignements pris, Koffi Olomide aurait vu son agenda perturbé à la suite d'une production brusque au Zimbabwe. La suite du président Robert Mugabe avait négocié un contrat avec le patron de Quartier Latin dans la foulée du 17e sommet du Comesa en vue de sa prestation au mariage d'une de ses petites-filles. Pris presqu'à pied levé alors qu'il était moralement préparé à assister aux funérailles de celui qu'il appelait affectueusement « Lipasa », Koffi Olomide était obligé d'acquiescer à l'invitation du président zimbabwéen.

Un refus aurait sans doute sonné faux. Depuis Harare, l'intéressé n'a cessé, d'après des sources, à apporter tout son soutien à la famille biologique de King Kester Émeneya. Une excuse qui tient la route pour Koffi Olomide dont on connaît le degré d'implication dans les préparatifs des funérailles.

Quant à Papa Wemba, d'aucuns s'interrogent sur son absence alors qu'il n'avait effectué aucun déplacement à l'étranger. Il était sur place au pays et avait même participé aux réunions préparatoires tenues chez Gaby Shabani à «Congo Web TV» ensemble avec d'autres artistes musiciens. Qu'est-ce qui a dissuadé le patron de Viva-la-Musica à ne pas assister aux obsèques de Kester?, s'interroge-t-on.

D'après des sources proches de l'artiste, des appréhensions étaient perceptibles quant au comportement de la foule difficilement maîtrisable en pareille situation. Le débarquement de Papa Wemba sur les lieux allait peut être conduire à des scènes d'hystérie dans une assistance chauffée à blanc et s'abreuvant à la source des rumeurs les plus viles. L'on met sur le compte des stars précitées, sans trop de conviction, les déboires conjugaux connus par King Kester Émeneya.

En séchant les funérailles de Kester, le «Nkuru», aurait contribué inutilement à exacerber la rumeur alors qu'il avait une chance d'en être dédouané. Qu'à cela ne tienne, ces funérailles auront démontré à quel point Koffi et papa Wemba comptent dans les cœurs des mélomanes kinois.

King of Reggae! 

Vedette incontestée du reggae en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde, Tiken Jah Fakoly s'apprête à lancer début juin dans les bacs son nouvel album intitulé «Dernier appel». En attendant cette échéance importante de sa désormais riche carrière, le chanteur savoure son 4ème disque d'or qu'il vient d'obtenir avec «African Revolution», sa dernière œuvre discographique, après ceux glanés par «Françafrique» en 2002, «Coup de gueule» en 2004 et «L'Africain» en 2007. Et depuis Bamako où il réside, Tiken Jah Fakoly garde avec un œil attentif sur tout ce qui se passe en Côte d'Ivoire. Dans cet entretien, il évoque naturellement son futur opus, et croque, avec le franc-parler qu'on lui connaît, tous les sujets brûlants de l'actualité sociopolitique ivoirienne. Tiken Jah Fakoly à bâtons rompus.

Le Patriote: Votre prochain altalbum qui sortira début juin s'intitule «Dernier appel». Pourquoi?

Tiken Jah Fakoly: C'est le dernier appel pour le vol Africa. C'est encore un appel au peuple africain, au réveil de l'Afrique, parce que personne ne viendra changer notre continent à notre place. C'est encore un appel à la responsabilité du peuple africain par rapport à ce qu'il subit. Il ne faut pas arrêter de parler aux Africains, parce que Dieu nous aidera à aider ce continent que lorsque nous-mêmes, on mettra la main à la pâte. Ça ne veut pas dire que c'est le dernier album. Je pense que quand il y a la prière à la mosquée, il y a un premier appel, un deuxième appel et un dernier appel avant que la prière ne commence. Même à l'église, on fait plusieurs prières avant la prière principale. Il y a une dernière fois que la cloche sonne avant que la prière ne commence. C'est juste un appel au peuple africain.

LP: Combien de titres comportera l'album?

Tiken Jah Fakoly: Pour l'album africain, il y aura 16 titres et pour l'album européen ou occidental, il y aura 12 titres.

LP: Pourquoi justement cette différence?

Tiken Jah Fakoly: Cette différence, parce qu'aujourd'hui, il est démontré par les maisons de disques en France qu'il ne sert à rien de mettre plusieurs titres sur un album. Puisque dans un album, très souvent, il y a les gens qui choisissent deux ou trois titres qu'ils aiment. On met beaucoup de titres pour l'album destiné à l'Afrique parce qu'on a beaucoup de choses à dire sur l'Afrique. Il y a des choses que j'ai envie de dire entre nous les Africains. Ce sont les choses que je n'ai pas forcément besoin de mettre sur l'album qui sort en Occident. C'est aussi le choix d'Universal Music. Ensemble, on a décidé de mettre 12 titres, parce que les gens n'écoutent pas toutes les chansons d'un album.

LP: Hormis le «Dernier appel», quels sont les autres thèmes que vous développez dans vos chansons?

Tiken Jah Fakoly: Il y a un message que j'adresse à la diaspora. Quand nos dirigeants ont commencé à réclamer l'indépendance, les idées sont venues après le voyage de Kwame N'Krumah aux Etats-Unis, où il a rencontré la diaspora. Dans les années 60, Martin Luther King et Marcus Garvey ont rencontré des dirigeants africains de l'époque dont Sékou Touré, Kwame N'Krumah, Hailé Sélassié. J'appelle aujourd'hui la diaspora africaine dans le monde à ne pas se focaliser seulement sur l'argent ou l'économie, mais aussi à se concentrer sur le devenir de l'Afrique. Dans ce titre intitulé à juste titre «Diaspora», je fais un featuring avec Alpha Blondy. Il y a aussi d'autres titres qui donnent l'espoir aux Africains dans lesquels je parle de mon optimisme pour l'Afrique. Parce que je pense que l'Afrique est le continent de l'avenir. Dans le morceau «Quand l'Afrique va réveiller», je dis aux Africains de croire en ce continent, comme moi j'y crois. Je pense que si on se met au travail, si on met les enfants à l'école, on peut changer beaucoup de choses d'ici un siècle. Si nous ne sommes plus de ce monde, nos enfants ou nos petits-enfants découvriront une Afrique pleine d'espoir.

LP: Pensez-vous qu'il faut croire encore en cette Afrique où on assiste encore en 2014 à des guerres fratricides comme en Centrafrique où les gens se découpent à la machette?

Tiken Jah Fakoly: Il ne faut pas voir cela comme quelque chose de négatif. L'Afrique est dans un processus normal. Tous les grands pays aujourd'hui dits démocratiques, que ce soit la France, les Etats-Unis, sont des pays qui sont passés par les situations comme celles que vous évoquez. Ce qui se passe aujourd'hui en Centrafrique avec son lot de réfugiés sur les routes, nous rappelle ce qui s'est passé dans les pays que nous citons en exemple, il y a un siècle. Tout ce qu'il faut faire, c'est que chacun apporte sa contribution pour que de telles situations n'arrivent plus. Il ne faut pas être désespéré en voyant ces choses.

LP: Toujours à propos de l'album, y a-t-il un titre sur la Côte d'Ivoire?

Tiken Jah Fakoly: Moi, je fonctionne maintenant en Africain. Je ne fonctionne pas en Ivoirien seulement. Evidemment, il y aura des titres qui vont concerner la Côte d'Ivoire.

LP: Lesquels?

Tiken Jah Fakoly: Je ne peux pas les dévoiler maintenant. Parce que nous sommes à trois ou quatre mois de la sortie de l'album. Je pense qu'on ne doit pas dévoiler tous les titres aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est qu'il est important qu'un artiste engagé reste constant. Je ne veux pas me dérober à cette règle. Je veux continuer à être constant dans mon combat. Tout ce qu'on dira, ce sont des choses qui sont constatées. Des messages que nous faisons passer de sorte qu'ensemble, nous puissions nous donner la main pour que ce pays puisse continuer à avancer.

LP: Récemment en Côte d'Ivoire, il y a eu de fortes rumeurs sur l'état de santé du président de la République. Une certaine opinion ivoirienne a même souhaité sa mort. Qu'en pensez-vous en tant que porte-voix du peuple?

Tiken Jah Fakoly: C'est avec beaucoup de déception que je perçois ces rumeurs. On ne comprend pas ces rumeurs venant de certains Ivoiriens. Parce que je pense que dans toutes les cultures en Côte d'Ivoire ou en Afrique en général, lorsqu'il s'agit de la santé ou de la mort, il y a une certaine solidarité. On se met ensemble, on se retrouve pour souhaiter que la personne malade se rétablisse. Je pense que c'est très nul. Ça, ce n'est pas de la politique. C'est avec beaucoup de désespoir que j'ai vu ces informations sur les réseaux sociaux. C'est choquant. Moi, je fais partie de ceux qui ont la certitude que le président de la République va revenir en bonne santé. Puisque j'ai eu l'honneur d'avoir la Première Dame au téléphone, qui m'a contacté pour son gala. Ce jour-là, elle était avec le Chef de l'Etat et j'ai eu l'honneur de lui parler. Je sais que le président va revenir. Il va revenir pour continuer la révolution économique qu'il a commencée. Vous savez depuis Houphouët-Boigny, les Ivoiriens ont eu rarement l'espoir au niveau du développement. Il faut souhaiter ensemble qu'il puisse revenir, qu'il puisse continuer tout ce qu'il est en train de faire. On ne dit pas que tout est rose. Nous artistes, nous devons continuer à critiquer si nous constatons des choses. Mais je pense qu'aujourd'hui, il faut reconnaître que la Côte d'Ivoire est dans une position qui donne de l'espoir. Je pense que tous les Ivoiriens pourront se retrouver pour que la Côte d'Ivoire puisse avancer.

LP: Il y a aussi la question de la libération des pro-Gbagbo. Ce qui fâche un peu les victimes de la crise postélectorale. Est-ce que vous comprenez un peu cette démarche politique des autorités?

Tiken Jah Fakoly: Je comprends la position des victimes. Je la respecte. Je serai à leur place, je ferais la même chose. Mais, je comprends aussi la position du gouvernement, qui aujourd'hui est en train d'écouter la communauté internationale, les leaders d'opinion. Nous, après la caravane de la réconciliation, avons écrit un livre blanc dans lequel nous avons passé un message important. Nous pensons que le président de la République et le gouvernement, nous ont écoutés. On a vu qu'il y a eu plusieurs vagues de libération (des pro-Gbagbo). Maintenant, on ne comprend pas qu'il n'y ait pas de l'apaisement. Que ceux qui sont libérés ne continuent pas à apaiser les cœurs. Parce que c'est en le faisant qu'ils peuvent encourager et qu'ils peuvent avoir d'autres libérations pour qu'au bout, nous puissions nous retrouver. Je pense que les victimes ont raison de prendre position, de faire savoir qu'elles ne sont pas contentes. C'est leur droit. Même ceux qui sont morts dans cette crise, qu'ils soient de tous les côtés, de toutes les régions de la Côte d'Ivoire, la meilleure manière d'honorer leurs mémoires, c'est d'apaiser les cœurs, d'aller vers l'apaisement, de développer ce pays. Sinon, on va dire qu'ils sont tous morts pour rien. Tout en comprenant et en respectant la position des victimes, j'encourage le gouvernement à aller plus loin, parce que la paix n'a pas de prix, la stabilité n'a pas de prix. S'il n'y a pas de stabilité, il n'y aura pas de développement, s'il n'y a pas de développement, il n'y aura pas de création d'emplois. S'il n'y a pas de créations d'emplois pour les jeunes Ivoiriens, ça va être difficile pour nous d'être tranquilles chacun dans sa maison.

LP: Les victimes attendent au moins que leurs bourreaux demandent pardon...

Tiken Jah Fakoly: C'est la raison pour laquelle j'ai dit que je comprenais les victimes. Ce que je ne comprends pas, c'est effectivement ceux qui sont libérés, le langage qu'ils ont. C'est dommage. Parce que je pense que ça ne coûte rien de demander pardon dans ce pays. Tout le monde a demandé pardon. Nous avons vu le président de l'Assemblée nationale, courageusement demander pardon. Le président de la République a demandé pardon. Tout le monde l'a fait. Ça ne coûte rien. Parce que nous avons un héritage à nous tous qui est la Côte d'Ivoire. Nous devons tout faire pour que la situation s'apaise en Côte d'Ivoire. Je pense que les victimes ont raison de se révolter. Je souhaite que les bourreaux demandent pardon. Que le pardon vienne de partout. Que tout le monde demande pardon pour que nous puissions soulager les victimes, pour qu'on pense tous à la Côte d'Ivoire.

LP: Mais, malgré ces efforts de libération, on constate qu'il y a encore des attaques comme récemment à Grabo. Est-ce à dire que la Côte d'Ivoire est condamnée à rester dans la violence?

Tiken Jah Fakoly: Non, je pense que ceux qui font ces attaques, ceux qui souhaitent aujourd'hui que les troubles reviennent en Côte d'Ivoire, sont en train de montrer leur manière d'aimer la Côte d'Ivoire, qui n'est pas la bonne manière d'aimer le pays. C'est dommage qu'aujourd'hui où les investisseurs commencent à arriver, que les gens commencent à faire confiance à la Côte d'Ivoire, qu'il y ait encore des situations comme ça. Je pense que ce sont des gens qui sont en train de montrer leur vrai visage. J'espère que le gouvernement et ceux qui gèrent la sécurité en Côte d'Ivoire prendront toutes les dispositions pour éviter qu'on trouble la quiétude des Ivoiriens, pour éviter que la Côte d'Ivoire ne retombe dans cette situation dans laquelle elle était en 2011.

LP: Vos détracteurs disent que depuis que le président Ouattara est au pouvoir, Tiken Jah a perdu la voix...

Tiken Jah Fakoly: Je pense que depuis que le président est au pouvoir, je n'ai pas encore sorti d'album. Donc, ils ne peuvent pas me juger pour le moment. Je l'ai dit tout à l'heure, nous avons le devoir devant l'histoire de garder notre crédibilité. Mais, cela ne veut pas dire que quand on est content, quand on pense que le pays est sur la bonne voie, qu'on ne doit pas le dire. Vous savez, même Dieu qui nous a créés, il y en a qui vont continuer à le détester. Il y en a qui disent qu'ils ne le reconnaissent pas. Même Jésus qui a été mis sur la croix n'est pas apprécié par tout le monde. Moi, je ne pense pas comme eux. Ce que les autres demandent, c'est que je me transforme en griot. Je n'ai pas à être ce griot. Ils n'ont qu'à me regarder. Dans mes interviews, à chaque fois, j'ai pris position quand il fallait prendre position. Vous savez, on ne peut pas empêcher les gens de penser ce qu'ils pensent, de dire ce qu'ils veulent dire, ce qu'ils ont envie de dire. Moi, je continue mon chemin. Je continue à écrire mon histoire. Ma crédibilité n'a pas de prix.

LP: Le FPI demande la libération de Gbagbo comme préalable pour aller à la paix et à la réconciliation. Comprenez-vous cette exigence-là?

Tiken Jah Fakoly: D'abord, Gbagbo n'est pas entre les mains de la justice ivoirienne. Il est à la disposition de la justice internationale. C'est cette justice internationale qui avait prévenu Gbagbo lorsqu'il a confisqué le pouvoir. Tout le monde se souvient qu'à l'époque, la justice internationale lui avait demandé de laisser tomber le pouvoir. Ce n'est pas une affaire ivoiro-ivoirienne. C'est une affaire internationale. Ils ont le droit de réclamer la libération de Gbagbo. C'est leur plein droit. On ne peut pas les empêcher de le faire. Ce que je peux leur donner comme conseils, c'est que plus la Côte d'Ivoire sera apaisée, plus les Ivoiriens seront tranquillisés, plus la Côte d'Ivoire ira dans une situation positive, plus cela aura des retombées sur la situation de Gbagbo. Si Hamed Bakayoko, Guillaume Soro et autres avaient refusé d'entrer au gouvernement, prétextant que Ouattara n'est pas candidat, ils ne se seraient pas rapprochés de Gbagbo à l'époque. Ils n'auraient pas discuté avec lui. La stratégie du FPI n'est pas la bonne. Ils pensent peut-être qu'ils sont dans le vrai, nous sommes en démocratie, nous sommes dans un pays libre, chacun a sa manière de mener son combat. Moi, je ne crois pas forcément à leur stratégie. Je la respecte, c'est une manière de mener un combat. Gandhi a mené son combat d'une manière, Nelson Mandela a mené le sien d'une autre façon. Chacun a sa manière de mener son combat. S'ils pensent que c'est la meilleure manière pour eux, je ne peux que respecter leur démarche. Même si je ne crois pas en cela. En politique, il faut être stratège. A l'époque, j'avais souhaité qu'ils aillent aux élections législatives. Ils ne l'ont pas fait, ils ne sont pas non plus allés aux Municipales.

LP: Vous leur conseillez donc de rentrer au gouvernement?

Tiken Jah Fakoly: Si ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir ont accepté de rentrer dans le gouvernement de Gbagbo, de discuter avec lui, je ne vois pas aujourd'hui pourquoi le FPI ne ferait pas la même démarche. Peut-être que cette stratégie sera payante. Je trouve dommage de rester dans son coin, de faire la politique de la chaise vide. Cela n'a jamais payé. Il n'y a qu'eux qui peuvent analyser leur situation et mener leur combat à leur manière. Moi, je ne crois pas à la politique de la chaise vide. S'éloigner de ceux qui prennent les décisions n'est pas payant. On a eu des exemples en Côte d'Ivoire. Il faut aller ensemble, montrer son amour pour la Côte d'Ivoire, discuter avec les décideurs, jouer la carte de l'apaisement. Je pense que c'est comme cela qu'on peut avoir gain de cause.

LP: Que répondez-vous à ceux qui disent que sans Gbagbo, il n'y a pas de réconciliation?

Tiken Jah Fakoly: Il y a un pays qui s'appelle la Côte d'Ivoire qui va exister sans Gbagbo, Ouattara ou Bédié. Nous sommes dans la dernière phase. En 2030, on ne parlera plus de Gbagbo ni de Bédié encore moins de Ouattara. La Côte d'Ivoire continuera ans eux. Dire que sans telle ou telle personne, il n'y a pas de réconciliation ou pas de Côte d'Ivoire, moi, je n'y crois pas. D'autres personnes peuvent y croire. Je respecterai leur position. Dire que sans une personne, le pays n'avancera pas, c'est une erreur. Je pense que certains hommes politiques en ont fait l'expérience en Côte d'Ivoire, donc cela devrait servir d'exemples à d'autres personnes. C'est comme ça qu'on avance. Tout ce que je souhaite, c'est la paix pour mon pays, la stabilité pour mon pays. Le pays ne peut pas être aujourd'hui bloqué pour Ouattara ou pour Bédié ou encore pour Gbagbo ou pour Soro. La Côte d'Ivoire est au-dessus de tous ceux-là. Maintenant, s'il y a des gens qui pensent que la Côte d'Ivoire doit être accrochée à une personne, c'est une stratégie à laquelle je ne crois pas.

LP: Tiken Jah Fakoly revient de l'Afrique du Sud, le pays de Nelson Mandela. Que retient-il de l'homme?

Tiken Jah Fakoly: Je retiens que l'Afrique du Sud est un grand pays. C'est un grand pays, parce que les gens se sont pardonnés. J'ai vu des Blancs à qui j'ai dit que j'étais Africain d'origine ivoirienne. Ils m'ont répondu qu'eux aussi étaient Africains. J'ai vu un grand pays qui avance avec de grandes routes. J'ai vu un pays qui m'a donné l'espoir pour l'Afrique. Je souhaite que l'on se pardonne en Côte d'Ivoire, que l'on se donne la main en Côte d'Ivoire, qu'on avance pour faire de notre pays un grand pays. J'ai vu aussi comment l'Afrique a reconnu le combat mené par Nelson Mandela. J'ai visité la toute première maison achetée par Nelson Mandela. Une petite et modeste maison à Soweto. J'ai été au Musée de l'Apartheid qui est visité par des Noirs, des Blancs, des Chinois, des Indiens, etc. Tout le monde fait le voyage pour visiter ce musée. J'ai vu un pays qui est en train d'avancer avec beaucoup de forces. Les Noirs et les Blancs ne se sont pas mélangés, mais ils se parlent, ils travaillent ensemble. Ils avancent ensemble, tout en espérant que d'ici à 50 ans ou dans un siècle ils se mélangeront pour continuer la construction de leur pays. C'est un voyage qui m'a beaucoup appris.

LP: Il semble que vous y avez été invité par un artiste célèbre...

Tiken Jah Fakoly: Effectivement. J'ai été invité par l'artiste Bono du groupe U2 qui a rassemblé certains artistes africains pour faire un titre sur l'agriculture. Parce qu'aujourd'hui, ils veulent pousser les chefs d'Etat africains à investir plus dans l'agriculture. J'ai été invité parce que moi-même je suis agriculteur. J'ai fait 15 hectares de riz. Je viens de finir la récolte à Gbéléban. J'étais avec des artistes zimbabwéens, nigérians, kenyans, malawites et d'Afrique du Sud. Nous avons enregistré ce morceau et tourné le clip. Bientôt, les Ivoiriens le verront à la télévision. J'y représentais l'Afrique de l'Ouest. Je suis revenu au Mali avec beaucoup d'espoir. Parce que je me dis avec tout ce que l'Afrique du Sud a connu, si les populations se sont pardonnées, il n'y a pas de raison que nous n'ayons pas d'espoir pour notre pays et pour toute l'Afrique.

LP: Vous aviez dit que vous ne quitteriez pas le Mali tant que ce pays sera en guerre. La paix y est revenue aujourd'hui. A quand alors votre retour en Côte d'Ivoire?

Tiken Jah Fakoly: Je l'ai dit tantôt. Je fonctionne maintenant en Africain d'origine ivoirienne. Je travaille pour l'Afrique. Je suis au service de toute l'Afrique. Le Mali est un pays africain où j'ai été reçu dans les meilleures conditions, où on m'apprécie toujours. Tout se passe très bien. Mon retour en Côte d'Ivoire ne fait pas partie de mes premiers soucis aujourd'hui. J'ai eu l'honneur d'être invité par la Première Dame au gala de Children of Africa le 14 mars prochain. Je serai là. Je vais souvent au pays mais je reste toujours au champ. Je ne médiatise pas mes allers et retours en Côte d'Ivoire. Mais j'y suis très souvent. Etre installé en Côte d'Ivoire, au Mali, au Burkina ou au Nigéria, pour moi, c'est la même chose.

LP: Revenons à la musique. En plus d'Alpha Blondy, quels sont les autres artistes invités sur ton nouvel album?

Tiken Jah Fakoly: J'ai également fait un featuring avec Patrice, un métis sierra-léonais/allemand qui est très connu en Europe, puis un titre avec une jeune fille qui monte très fort en ce moment en Allemagne. C'est une métisse nigériane/allemande. Elle se nomme Nneka. Ce sont ces trois personnes qui sont en featuring sur l'album.

L.P: Où avez-vous enregistré l'œuvre?

Tiken Jah Fakoly: Nous avons commencé l'enregistrement à Paris dans un studio qui s'appelle Studio Cerbère et nous avons terminé dans mon nouveau studio à Bamako qui s'appelle le Studio Patrice Lumumba. Le mixage a été fait à Londres. Nous venons de finir le mixage. L'album est prêt. Nous attendons le 02 juin pour la sortie.

L.P: En attendant, des jeunes vendeurs de CD piratés écoulent en ce moment à Abidjan un nouveau produit de Tiken Jah intitulé «Etats-Unis d'Afrique». Le savez-vous?

Tiken Jah Fakoly: Je voudrais dire à tous mes fans que je ne suis pas au courant de la sortie de cet album. Les pirates ont envie de se faire un peu d'argent sur mon dos. Vous savez, quand vous êtes connus, vous faîtes manger des millions de personnes dans le monde. C'est vrai que les Etats-Unis d'Afrique, c'est mon rêve, mais ce n'est pas un CD que j'ai sorti. A mes fans, je dis que mon album sortira le 2 juin et la version africaine comportera 16 titres.

L.P: Un vœu pour finir, surtout que nous sommes dans une nouvelle année?

Tiken Jah Fakoly: Je souhaite qu'il y ait une solidarité autour du président de la République, il faudrait qu'il nous revienne en forme, pour continuer la révolution économique qu'il a commencée. La Côte d'Ivoire a besoin de lui, et tout le monde le sait. Même si on n'aime pas le lièvre, il faut reconnaître qu'il court vite. La Côte d'Ivoire est en train de bouger. Il faut que nous accompagnions cette dynamique. En 2015, ceux qui veulent être candidats, le seront. Et les Ivoiriens choisiront.

Et la Diva arriva?

Partie de la Côte d'Ivoire sur la pointe des pieds en avril 2011 pour sauver sa tête face à la menace des extrémistes du régime Ouattara aussitôt installé en Côte d'Ivoire, Aicha Koné estime qu'il est temps aujourd'hui pour elle de venir voir à quoi ressemble aujourd'hui son pays.

altDepuis quelques jours, la diva de la musique ivoirienne, la cousine maternelle du président Laurent Gbagbo, déporté à La Haye depuis la nuit du 29 au 30 novembre 2011, le fait savoir sur sa page Facebook : "J'annonce mon arrivée en Côte d'Ivoire dans quelques semaines et je remercie tousj ceux qui, empreints d'un esprit de paix et d'amour, comme je l'ai toujours chanté dans mes mélodies, abondent dans ce sens. Nul ne faisant l'unanimité, je souhaite la paix du cœur à mes détracteurs et remercie de nouveau tous ceux qui se reconnaitront entre ces lignes", déclare la chanteuse exilée en Guinée-Conakry aux 35 ans de sa carrière

Dans une interview accordée en janvier 2014 au "Nouveau Courrier" n° 983 du samedi 25 au dimanche 26 janvier 2014 ayant rencontrée l'artiste lors de son passage de l'artiste à Paris, Aïcha Koné ne rassurait pas sur son retour dans l'immédiat au pays.

"Parce qu'il m'arrive parfois d'être habitée par ces tristes souvenirs que j'ai vécus. Mais, un jour ou l'autre je vais retourner au pays. Pour le moment, je préférerais faire des navettes entre Conakry et Abidjan", expliquait-elle. Et lorsque le confrère lui demandait si le régime Ouattara avait négocié son retour définitif en Côte d'Ivoire, en voici sa réponse : " On en a murmuré, c'est tout. Mais je vous le dis, même si des démarches officielles avaient été menées pour mon retour, je ne serai pas prête à rentrer. Vu ce que j'ai vu et vécu. C'était trop triste. Je ne suis pas prête. Je ne sais comment vous le dire, mais je ne suis pas prête."

Pourtant on l'annonce à Abidjan pour le mois de mars. "Oui c'est possible que je vienne. Je suis invitée... ", réplique Aîcha Koné. Sans en dire plus mais non sans se priver de convoquer le pouvoir Ouattara à une réconciliation sincère.

"Il faut poser des actes concrets. Libérer les prisonniers politiques. Mais je crois que le problème fondamental, c'est la libération de Gbagbo. Parce que c'est lui l'élément clé à la réconciliation en Côte d'Ivoire. Quand les Ivoiriens le verront en dehors de la prison, quelque part, il y aura un soulagement et les choses se décanteront d'elles-mêmes. Il ne faut pas qu'on se voile la face sur ce sujet ". Exigence d'une Diva que les Ivoiriens vont, sans doute, retrouver bientôt Abidjan, sur les bords de la lagune Ebrié.

Seulement, on ignore encore pour combien de temps et à l'invitation de qui va s'opérer ce retour de la chanteuse au pays natal.

Paix à son ame!

Le chanteur King Kester Emeneya, de son vrai nom Jean Emeneya Mubiala Kwamambu, est décédé jeudi 13 février 2014 à 5h30 à l'hôpital Marie Lannelongue en région parisienne à l'âge de 57 ans.

altLe patron du groupe musical Victoria Eleison était admis, depuis novembre dernier, à l'hôpital Marie Lannelongue pour des problèmes de cœur.

Kester Emeneya avait été secoué par la nouvelle de la disparition de Tabu Ley, le chanteur romantique par excellence de la RDC qui était aussi son modèle.

"King Kester a été retenu à l'hôpital par le staff médical depuis la disparition de Tabu Ley [le 30 novembre 2013]. King Kester n'allait pas bien, il avait reçu un choc en apprenant cette nouvelle qui l'avait perturbé. Nous étions ensuite nourris d'espoir de le voir récupérer sa santé mais il y a cette dégradation et aujourd'hui c'est confirmé. Kester n'est plus", témoigne Rouf Mbutanganga.

(Vidéo: Concert à l'Olympia - http://www.youtube.com/watch?v=TQAqemubJ9E )

Question d'héritage...!

Après l'échec de ses deux premières unions (avec Francine et Liliane), Kester a passé des pires moments de cafard.Très sérieusement, il avait juré de ne plus se marier. Comprenez sa honte en apprenant qu'il a été cocufié par des proches.

altMais, quelques mois après sa rupture avec Liliane, sa deuxième compagne, il a rencontré une femme pas comme les autres. Devant ses yeux incrédules, est apparue une sirène incendiaire. Un modèle pour les magazines. King, qui sait apprécier la beauté et l'exalte comme son aïeul Salomon, est tombé ko. D'habitude, on fait la queue pour faire la bise à ce genre de femmes.

Absolument canon, elle s'appelle Florence Bangu, mais La Reine FloR lui irait nettement mieux. Corps de rêve, des yeux magnifiques, charme fou. Une vraie œuvre d'art. Le gros lot pour un cœur en charpie. Bye bye les infidèles.

Journaliste et reine de beauté

Née en 1981, La Reine Florence savoure la gloire en 2000 lorsqu'elle est élue Miss RDC! Sous l'ère du M'Zee. Belle - bien sûr - et intelligente, elle entame aussitôt une fracassante carrière de journaliste à TKM et RAGA.

Séduite par le Descendant d'Abraham et enlevée illico de la circulation. Carrière stoppée net. C'est elle qui a fait abréger les souffrances de King et lui a rendu la vie plus belle. La Reine FloR était tout à fait la femme qu'il voulait. Et pour prouver que cette fois-ci il était réellement amoureux, il lui a dédiée la chanson «La reine des fleurs».

King et La Reine FloR se sont mariés officiellement en 2001 à la Mairie de Noisy le Grand (Banlieue parisienne). Union bénie en quatorze ans par trois adorables enfants : Gregory (13 ans), Brandon (8 ans) et Franklin (6 ans). Sans oublier de multiples projets. «Un quatrième enfant est en route», nous a susurré sa sœur Mama Marie Bernadette.

La Reine FloR a tout changé dans la vie de King. Elle était son lever de soleil et son émeraude. Pour La Reine Flor, King est devenu casanier : il ne sortait pas trop. C'est bien connu au demeurant que le King n'avait pas un penchant à papillonner.

La Reine FloR et King Kester étaient papa et maman pyjamas. Ils restaient tranquillos dans leur nid de Noisy le Grand avec leurs enfants. Vous allez dire que ça ne sert à rien de cacher une femme aussi belle que La Reine Flor ? Soyons francs : pourquoi pas ?

Pendant dix ans, La Reine héritière s'est révélée responsable, fidèle et un tantinet otage de son mari qui refusait de la montrer à ses fans. Florence comprenait cette jalousie et s'inclinait. Reconnaissant envers cette femme, King avait revu son testament. Et pour cause ! Depuis trois ans, il savait que son cœur pouvait le lâcher à tout moment. Les médecins ne lui avaient pas caché la vérité.

«Tous mes biens reviennent à mon épouse et à mes enfants», clamait-il. Vous avez bien entendu. Ses comptes et toutes ses maisons y compris la fameuse Maison Blanche reviennent à ses enfants et à l'épouse légitime reconnue par la législation française : Madame FLORENCE Emeneya ! Communauté des biens oblige.

Les autorités Congolaises ne peuvent que respecter la volonté de l'illustre disparu.

Sachant qu'elles n'auront rien, les anciennes compagnes du King perdent l'humilité et commencent à s'agiter. Elles n'hésitent pas, au cours de ces jours de deuil, de propager des ragots sur la veuve officielle. La famille Mubiala, jusque là exemplaire, craque à son tour. Elle ne semble pas apprécier que les responsables politiques de Kinshasa s'adressent directement à FLORENCE.

La répétition des incidents a obligé la veuve à regagner son domicile.

Scandale à la morgue !

Le scandale vécu le mardi 25 février 2014 au Funérarium de l'hôpital Marie Lannlongue est pathétique. Bas les masques. Liliane était la bienvenue. Florence, prévenue in extremis, n'a eu que quelques minutes de recueillement dans une atmosphère hostile.

Pour la première fois depuis la disparition de son mari, LA REINE Florence s'exprime : «Je suis dans l'émotion et je souffre. Je suis abattue. Choc, émotion et souffrance psychologique étaient mon lot quotidien. J'ai passé 14 ans avec mon mari. Le testament qu'il a laissé est à la base du combat que j'endure. Ma belle famille se dresse curieusement contre moi. Je ne comprends pas cette haine. Kester a librement fait son testament. C'était un intellectuel et une tête pensante. Il a eu trois ans de répit pour prendre ses décisions. Liliane ose m'injurier en oubliant pourquoi Jean l'a répudiée. Kester n'avait pas le droit de voir son fils Kevin à l'hôpital. Elle a monté tous ses enfants contre leur papa. Elle veut quoi maintenant? Qu'elle se taise car je ne suis pas sa rivale ».

Et Florence de conclure: «Dieu seul sait combien j'ai aimé mon mari; je l'ai aidé de toute ma force. J'ai passé deux mois à l'hôpital avec lui. Je ne l'ai pas quitté un seul instant. Sa famille sait comment j'ai souffert. J'ai perdu huit kilos. Aujourd'hui, j'ai passé une journée difficile. On m'a abreuvé d'injures. Je viens de revoir le corps de mon mari dans des conditions abracadabrantes. Tout a été fait pour m'empêcher d'assister à cette cérémonie cruciale».

Pas grave. Quelque chose nous dit que la chérie d'EMENEYA gagnera cette bataille.

Musi... siens!

Autrefois, pratiquer la musique, en Côte d'Ivoire paraissait dévalorisant. Il était difficile voire quasi impossible qu'un père, même musicien, laisse un membre de sa famille, encore moins son fils, s'adonner à cette activité. Car, pour les uns et pour tous, la musique était réservée à ceux qui ont échoué dans leur cursus scolaire ou tout simplement aux désœuvrés.

Mais, en dépit de ces considérations, des familles ont pu briser ce tabou. Elles ont, non seulement, pu faire leur trou pour faire de leur patronyme un label, mais également elles ont rehaussé l'image de la Côte d'Ivoire. Découvrons quelques unes.

altLa dynastie des Séka

Akoi Athanase a semé la graine. Faisant partie des têtes de pont de la musique ivoirienne moderne, Okoi Séka Athanase a fait ses armes dans des orchestres tels que l'OFI de Bouaké, "les Grands colombias" du peuple, le TP Audiorama, pour ne citer qu'eux. Tout comme lui, son jeune frère Marcellin Okoi Séka, qui réside aujourd'hui en France, portant sûrement les gènes de la musique, a tenté de défendre fièrement les couleurs de famille et celles de la musique akyé.

Après le rappel à Dieu de l'aîné, il y a plus de 17 ans de cela, Marcellin a vu émerger sa nièce Monique Séka, la fille de Okoi Séka Athanase. Le talent aidant, Monique Séka, aujourd'hui diva de l'afro-zouk, est devenue le porte-étendard, non seulement de la musique ivoirienne, mais également de la musique africaine à travers le monde. Avec Athanase, Marcellin et Monique, il faut citer Joëlle Yaba Séka, feue Joëlle C, qui a tout de même des liens de parenté avec la famille.

Outre la dynastie des Séka, la Côte d'Ivoire est aussi marquée par les Doumbia.

altLes Doumbia, porte-flambeaux du mandingue moderne

Le père, Mamadou Doumbia, jusqu'à sa disparition, était l'une des figures de proue de la musique mandingue moderne en Côte d'Ivoire. Ayant fait les beaux jours de cette musique, il a très tôt mis dans le moule sa fille Kady Doumbia qui intègre le groupe Zagazougou créé à Soubré (Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire). Ce groupe devient l'un des orchestres tradi-modernes populaires de la sous-région jusqu'à ce qu'il soit sous l'éteignoir ces dernières années.

altWompi a semé la graine

L'autre dynastie qu'il ne faut pas, non plus, oublier, c'est celle des "Houon". Le père de cette dynastie n'est autre que Houon Pierre. Ou si vous le préférez feu Wompi. Lui n'a pas longtemps tutoyé le micro en tant que chanteur. Arrangeur émérite, il a vite fait d'installer un studio d'enregistrement. Sa compagne, en son temps, Tina Glamour, elle, par son style sulfureux, fait son chemin dans le show-biz avant de se mettre en arrière-plan.

Surtout que ses enfants, Ange Didier Houon, alias Dj Arafat et son grand-frère TV3 sont aujourd'hui des stars du mouvement coupé décalé. Arafat, adulé de par le monde- il était récemment aux Etats-Unis- a même l'avantage d'assurer certaines partitions de ses arrangements, quand on sait qu'il manie la batterie, la guitare et le clavier.

De même, il faut compter avec Antoinette Allany et son fils. Kédjévara, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est sur les traces de maman, même s'il n'évolue pas dans le même registre qu'elle. Lui, adepte du Coupé-décalé, la mère faisant son chemin dans la variété.

altLes Gnahoré en gestation

Celle qui va faire parler d'elle, certainement, pendant les prochaines années, est "la dynastie des Gnahoré". Boni, le père a fait la pluie et le beau temps au Kiyi M'Bock de la prêtresse Wêrê-Wêrê Liking. Embrassant une carrière solo, au début des années 2000, Boni Gnahoré a créé et baptisé sa formation musicale "Choeur Attoungblan".

A la tête de ce groupe, l'auteur de "Kumbélé kumbélé", son dernier opus, défend les couleurs de la Côte d'Ivoire- depuis Strasbourg en France où il réside- à travers le monde.

Dans son sillage, scintille depuis peu sa fille Dobet. Née en 1982, Valérie Dobet Gnahoré se présente aujourd'hui comme l'une des valeurs sûres de la musique mondiale d'inspiration africaine. De festivals en festivals, celle qui a grandi sous les aisselles du père au Village Kiyi, parcourt le monde, portant haut le drapeau ivoirien.

A côté de ces dynasties au sein desquelles plusieurs membres de la famille portent le virus de la musique, la Côte d'Ivoire a connu des "des clans" ou des "duos". L'on cite, pêle-mêle, Alpha Blondy et son fils Ismaël Agana qui fait son chemin en France.

Avec eux, l'on se remémore Les soeurs Comoé, Madiara et N'Goran Mariam, révélées aux mélomanes, selon des sources, par le ministre Mathieu Ekra, à l'époque ministre de l'Information avec leur chanson "Abidjan Pont N'zo" avant de s'éclipser de la scène musicale.

A noter, si des artistes évoluant en solo ont fait et font la fierté de la musique ivoirienne, il est aussi de notoriété que des familles entières portant le virus de la musique ont, via leur art, permis de graver leur patronyme dans les annales de leur pays, mais également dans le livre d'or de la musique mondiale.