Musique - Africa Nouvelles

Gloutons du zouglou!

Zouglou Days 2014 a démarré sur des chapeaux de roue, dans la soirée de samedi 11 janvier, au Temple Live Discothèque, à Cocody-Mahou, avec en live "Les Patrons" qui ont passé en revue l'essentiel de leurs titres, au cours de cette soirée Vip de démarrage.

altPromoteur de l'évènement, Angelo Kabila qui avait à ses côtés Koné Seyfoulaye, manageur sponsoring d'Orange, partenaire, ont annoncé des innovations. Zouglou Days se tiennent cette année en janvier (du 11 janvier au 1er février) au lieu de mai précédemment.

Autre innovation, le nombre d'artistes s'est vu doublé à l'intérieur où les spectacles seront payants et sera élu la meilleure commune zouglouphile, avec en compétiotion, San Pedro et Yamoussoukro.

Après le Temple Live Discothèque à Abidjan, San Pedro a reçu les Zouglou Days, samedi 18. Au programme, Yodé et Siro, et Espoir 2000, JC Pluriel, Revolution et Yabongo Lova.

Le samedi 25 janvier, ce sera au tour de Yamoussoukro de recevoir Fitini et Les Garagistes, Les Marabouts d'Afrik, Ella Mèlèkè et Les Mercenaires.

Un concert géant de clôture aura lieu à Abidjan, le samedi 1er février, au Parc des sports d'Abidjan-Treichville. Les Patrons, Yodé et Siro, Les Mercenaires, Lago Paulin et Molière sont les invités.

La vidéo a visé haut?

Les jeunes rappeurs mauritaniens ont encore frappé. Après un célèbre clip vidéo à l'automne dernier qui a conduit à l'audition de ses auteurs par la police, une nouvelle vidéo va encore plus loin. "Les yeux dans les yeux", vidéo publiée le 2 janvier, porte un nouveau coup aux franges les plus conservatrices de la société mauritanienne.

altSelon Mauriweb, "La sortie de cette nouvelle vidéo, à la suite de 'It started from Nouakchott' est vue comme une réponse des jeunes branchés de Nouakchott à la condamnation, par le système juridique, de la publication de telles vidéos. La jeune Leyla Moulaye, qui est apparue dans la précédente vidéo, avait été fortement critiquée, car ses cheveux n'étaient pas couverts".

Cette fois-ci, les producteurs non identifiés de cette vidéo sont allés plus loin avec ce nouvel opus, représentant deux jeunes amoureux adoptant des positions dangereusement érotiques.

"Le changement d'attitude parmi les jeunes est un phénomène inéluctable de l'ère moderne, dû à la mondialisation centrée sur l'immense pouvoir des nouvelles technologies d'information et de communication", a déclaré le sociologue Bouna Ould Moktar.

"La société mauritanienne est divisée par un débat d'une portée considérable sur la morale et les valeurs.Les jeunes, qui se retrouvent marginalisés, se servent des canaux les plus utilisés de nos jours pour exprimer leur frustration", a noté Ali Diarra, étudiant à l'université de Nouakchott.

Marième Fall, une autre étudiante, a déclaré qu'elle pensait que la nouvelle vidéo ne contenait "rien de choquant. En fait, c'est une vidéo assez artistique. Malheureusement, dans ce pays, non seulement l'on n'aide pas les jeunes à s'accomplir, mais on les limite délibérément".

Étudiante elle aussi, Mariem Mint Sid'Ahmed a réagi de manière complètement différente au clip: "Cette vidéo est une insulte à toute la société mauritanienne. "Nous sommes les descendants des Mourabitounes, et nous ne devons pas laisser notre terre sacrée être souillée par des jeunes exclus et dépravés".

"La société mauritanienne est farouchement conservatrice, mais elle ne peut pas échapper aux changements qui commencent à émerger. Et ce sont ces groupes de rap qui semblent avoir le plus d'effet. Prenez par exemple un groupe comme Diam Min Teky ('les porteurs de la vérité'), venant d'un quartier ouvrier de Nouakchott. Leur message consiste à défier et à rendre les gens conscients, en attaquant les excès de la société mauritanienne", a déclaré le sociologue Ba Bokar.

Le célèbre blogueur mauritanien Chezvlane s'est également prononcé, déclarant: "Nous devons lutter contre ceux qui veulent briser l'esprit des jeunes, même s'ils ont un peu déraillé. La vie s'occupera d'eux. Nous devons défendre les jeunes, dont les tendances naturelles naturelles sont à l'ouverture", a écrit Chezvlane.

Selon le chanteur Hamet Sarr, les rappeurs sont souvent mal compris et représentés comme des "délinquants".

"C'est une grave erreur, car ce sont de vrais artistes qui créent de belles choses et aident à stimuler la société. Lorsque vous les écoutez et que vous vous intéressez de près à eux, vous pouvez voir que ce sont des jeunes qui comprennent réellement les problèmes sociétaux et qui méritent le respect".

(Vidéo: https://www.facebook.com/photo.php?v=726327584044447&set=vb.384718318205377&type=2&theater)

Taire le militaire... indigne!

Dans son dernier titre intitulé "Le militaire", Serge Acoustic, jeune artiste vivant à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, rend hommage aux bons militaires. "Toutes les communautés ont des mauvaises graines", explique-t-il dans cette interview.

alt- Pourquoi rendre hommage aux hommes armés alors que certains sont très mal vus par les populations?

- Vous savez, toutes les communautés ont des mauvaises graines. Si aujourd'hui certains militaires sont accusés d'exactions contre la population civile, je suppose que ce ne sont pas tous qui font cela. Voilà pourquoi il faut rendre hommage à ceux qui se comportent mieux, surtout dans les conditions déplorables dans lesquelles ils vivent.

- Vous faites une chanson pour les militaires, mais les connaissez-vous vraiment?

- Au début je ne les connaissais pas. Vous savez, dans la société congolaise, avoir des liens avec les militaires vous rend suspect dans votre milieu. Mais cette distance entre nous civils et militaires crée des illusions. C'est quand j'ai pris l'initiative de chanter pour les militaires que je les ai connus, car il me fallait prendre connaissance avec certains d'entre eux, pour m'enquérir réellement des réalités qu'ils vivent. Socialement parlant, ils sont bons envers les civils, mais aussi entre eux. Il y a une bonne organisation, car c'est l'ordre qui les régit.

- Dédiez-vous cette chanson uniquement aux militaires congolais ou rend-t-elle hommage aux militaires du monde entier?

- Mon idée était de faire une chanson pour les militaires congolais dans laquelle je devais citer nommément les FARDC (Forces armées de la RDC). Mais à l'écoute de la mélodie et du fond de la chanson, le directeur artistique du studio où j'enregistrais la chanson m'a demandé de supprimer le nom de FARDC, et de chanter sur les militaires en général. Donc c'est une chanson qui est dédiée aux hommes en armes du monde entier.

- Vous dites être un artiste et un activiste, donc un "artiviste", pourquoi?

- J'ai toujours été un artiste engagé. Les textes de mes chansons parlent rarement d'amour comme c'est le cas dans la musique actuellement. Avant de rédiger le texte d'une chanson, je m'informe d'abord de la situation qui prévaut dans le milieu, de ses acteurs, des causes et des conséquences. C'est alors que je me mets à dénoncer à travers mes chansons. Voilà pourquoi je me dis être un artiste et en même temps un activiste, ce qu'on appelle souvent un "artiviste".

- Avez-vous déjà reçu des menaces à causes de vos chansons? Si oui, lesquelles?

- Bien sûr que oui. J'ai reçu plusieurs menaces, verbales, par téléphone... Mais celle qui m'a touché le plus, c'est quand j'étais encore dans le groupe Race Sociale de l'artiste Mista Poa. Nous avions sorti l'album "Haki ya Mwalimu" ["Le droit de l'enseignant", NDLR], avec une chanson fétiche portant le même nom. Nous avons reçu des menaces anonymes. C'est seulement après que nous avons compris qu'elles émanaient de ceux à qui le message de notre chanson s'adressait, c'est-à-dire ceux qui étaient responsables de l'éducation.

- Votre message?

- Aujourd'hui je me dis avoir contribué à la lutte de l'armée congolaise à travers mon art, car depuis la victoire des FARDC contre le M23 dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru, nombreux sont maintenant convaincus de l'efficacité de cette armée. J'appelle les autorités à encadrer l'armée pour que les militaires n'aient plus un œil envieux sur les biens de populations civiles, mais qu'ils se donnent plutôt comme mission principale de protéger l'intégrité du pays et la population.

Paix à son ame!

Le musicien tchadien d'inspiration traditionnelle Moustapha Ngaradé alias Diego est décédé, dimanche 29 décembre 2013, apparemment des suites d'un arrêt cardiaque. Ancien membre du groupe Tibesti, il a par la suite entrepris une brillante carrière solo.

altIl venait de sortir un double album de 27 titres dont il s'apprêtait à lancer la promo en début 2014, mais la mort en a décidé autrement.

Dans RM Show l'année dernière, il n'avait pas hésité de dire à quel point il voulait voir la justice s'accomplir dans tous les pays Africains. Diego Mustapha Ngarade était né d'une mère pleureuse et cantatrice, il est bercé par le chant dès son plus jeune âge.

Diego, on l'appelait «Le Maestro», car durant plusieurs années il a consacré ses recherches aux rythmes traditionnels utilisés dans diverses pratiques rituelles et cérémoniales qu'il recompose dans une vision tradi-moderne.

Ainsi, il mêle les instruments traditionnels tchadiens tels que le balafon, le chékéré, la corne ou les couteaux de jeu à la guitare folk et électrique.

Diego a toujours exprimé ainsi l'intention de faire redécouvrir la musique tchadienne à travers son expression la plus riche et ouverte aux sonorités actuelles.

Cette figure emblématique de la musique tchadienne avec une carrière musicale de plus de vingt ans a été invitée à chanter aux côtés de nombreux artistes internationaux. Il laisse une femme et 4 enfants.

Moctar, guitar star!

Omara Bombino Moctar, surnommé le "Jimi Hendrix du Niger", est né à Tidene, dans les environs d’Agadez le 1er janvier 1980, dans un campement Touareg.

altA l’âge de 10 ans, à la suite du déclenchement de la rébellion touarègue, Omar Bombino Moctar doit fuir sa région avec son père et de sa grand-mère. Ils se réfugient en Algérie. En 1997, Bombino peut revenir à à Agadez et commencer une carrière de musicien professionnel.

On l’avait découvert grâce à "Agamgam 2004", son premier album officiel sorti par le défricheur label français Reaktion. En 2007, il se fait connaître grâce au réalisateur Hisham Mayet qui enregistre Bombino et son groupe durant une cérémonie de mariage. S’en suit la sortie d’un album, "Group Bombino – Guitars from Agadez, vol. 2".

La tension est alors toujours vive au Niger où l’on assiste à une nouvelle rébellion des peuples touaregs. Le gouvernement interdit la guitare pour les Touaregs, l’instrument étant alors considéré comme symbole de la résistance. Deux musiciens du groupe de Bombino sont exécutés.

Le musicien doit s’exiler une deuxième fois, en janvier 2010, cette fois au Burkina Faso.
Le réalisateur Ron Wyman, ayant entendu des enregistrements audios de sa musique fait tout pour le retrouver. Et il lui propose de le produire. Bombino accepte et ils  sortent ensemble un album à Agadez.

Omara Bombino Moctar, le touareg est un drôle de personnage. Il aime les défis. Lui, l’homme des défis, par passion musicale se retrouve à Nashville dans les studios de la star américaine du rock indé, Dan Auerbach des Blacks Keys. Un parcours incroyable !

«Je viens du désert du Niger, et je suis parti jusqu’à Nashville pour enregistrer… Le mot ‘nomade’, ça correspond à mon histoire. Pour moi, être nomade, ce n’est pas vivre dans le désert, c’est aimer la liberté, être ouvert. Bien sûr qu’il y a une magie. Tous les musiciens, pas seulement touaregs, devraient aller jouer dans le désert la nuit, il en sort toujours quelque chose de bon. Ces chansons, c’était mon premier enregistrement, et la racine de tout ce que j’ai fait après. J’ai rejoué certaines de ces chansons sur les disques qui ont suivi.

Il parle sans fin de sa passion pour la musique et de l’aventure: «Je suis parti seul, sans rien dire à mes parents, sinon ils ne m’auraient pas autorisé. Le désert peut être dangereux, tu peux voyager plusieurs jours sans trouver d’eau, il faut être fort. Mais j’avais ma guitare avec moi, pendant ce voyage elle est devenue comme un ami, c’est avec elle que je parlais».

Derrière sa musique, il y aussi un message culturel très fort:  »même en studio au Tennessee, je voulais toujours parler de notre culture et dire au monde que nous sommes des éleveurs et non des terroristes ! On n’a rien à voir avec les djihadistes. Chanter, ça ne veut pas dire qu’on cherche les problèmes mais plutôt qu’on cherche à les résoudre!»

Discographie

- 2009 – Group Bombino – Guitars from Agadez, vol. 2 (Sublime Frequencies)
- 2011 – Agadez
- 2013 – Nomad (Nonesuch Records)

Reggaeman...nequin?

Une savante alchimie mise au diapason par des arrangements experts d'Evariste Yacé, avec lequel, celle qui s'appelait alors Queen Nadège avait déjà travaillé pour ses trois titres inclus dans la compilation «Révélation» des Mogohs du Temple, orchestre-maison du showroom d'Alpha Blondy, sortie en 2011.

altAprès quelques années de mise en veilleuse, l'écurie de la star met en lumière une chanteuse de reggae au talent certain.

Elle se nomme, à l'état civil, Nadège Adjoba Kablan. Pour la cause artistique, c'est Queen Adjoba. Filleule artistique de la méga star de reggae, Alpha Blondy, elle vient de mettre sur le marché un album de 10 titres 100% reggae intitulé.

Mais là où la voix de Queen Adjoba donne toute sa pleine mesure, c'est sur les 7 titres chantés en abron, écrits et mis en musique par elle-même. «J'ai choisi cette langue, bien que n'étant pas abron moi-même, pour sa musicalité : elle se marie parfaitement aux rythmes reggae», explique l'artiste aux 28 printemps épanouis.

Une savante alchimie mise au diapason par des arrangements experts d'Evariste Yacé, avec lequel, celle qui s'appelait alors Queen Nadège avait déjà travaillé pour ses trois titres inclus dans la compilation «Révélation» des Mogohs du Temple, orchestre-maison du showroom d'Alpha Blondy, sortie en 2011.

Des oreilles averties l'avaient alors repérée, notamment pour ses interprétations de haut vol. Dont Alpha lui-même qui, au détour d'une soirée, le 24 décembre 2008, dans un pub abidjanais, l'avait finalement débauchée pour l'embaucher. Une sorte de coup de foudre musical.

Après donc plus de trois années d'une maturation en studio et qui a vu Alpha Blondy lui-même, Evariste Yacé et Kajeem mettre la main à la pâte pour encadrer la jeune chanteuse, la sortie du premier disque de Queen Adjoba est officielle depuis le 31 décembre.

Au fil des chansons, il n'est pas surfait de confier que cet album a toutes les chances d'adoucir les mœurs des mélomanes, d'ici et d'ailleurs. Sur les 10 titres chantés en français, anglais, abron... Queen Adjoba en a écrit 7. Les 3 autres étant des reprises, dont "N'importe quoi" de Florent Pagny.

Selon Alpha Blondy, Queen Adjoba est le premier jet d'une longue série d'artistes qu'Alpha Blondy Production va sortir. Pendant que cette dernière arrive sous les feux de la rampe, Ras Goudy Brown est dans les starting-blocks. Il attend la sortie, dans quelques semaines, de son single dans la même écurie.

Ô cher Rochereau! Rocher... de la rumba!

L'inhumation du corps de l'artiste musicien Pascal Tabu Rocherau, dit Seigneur Ley, décédé en Belgique le 30 novembre dernier, a eu lieu, lundi 9 décembre à Kinshasa.

altPascal Tabu Ley, dit «Seigneur Tabu Ley Rochereau», est décédé samedi 30 novembre à Bruxelles en Belgique à l'âge de 73 ans. Le célèbre chanteur congolais était dans le coma depuis plusieurs jours. Selon son fils Charles Tabu, Tabu Ley est mort de suite de diabète après avoir été terrassé par un accident vasculaire cérébral (AVC), il y a plus de deux ans.

Le palais du peuple a été spécialement aménagé pour la circonstance. Des portraits géants de l'artiste imprimés en différentes couleurs ont été affichés à l'entrée principale du siège du parlement congolais mais aussi à l'intérieur de l'édifice. Une chapelle ardente aux couleurs blanche et violet est placée au milieu du hall.

Le président Joseph Kabila et plusieurs personnalités ont rendu un dernier hommage à ce grand artiste congolais devant des centaines de personnes amassées au Palais du Peuple à Kinshasa.

Le chef de l'Etat a fait son entrée dans le hall du Palais du Peuple, peu avant 8 heures. Joseph Kabila a rendu hommage à celui qu'il a qualifié d'«innovateur et ambassadeur de la musique moderne». Juste après a débuté le dépôt des gerbes des fleurs. D'abord avec les deux présidents du Parlement, le Premier ministre ainsi que le Procureur général de la République.

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, et le maire de Brazzaville, Hugues Ngolondélé ont aussi déposé leurs gerbes des fleurs. André Kimbuta a annoncé que l'avenue Tombalbaye est rebaptisée «Avenue Tabu Ley».

L'oraison funèbre a débuté avec le mot de famille, lu par Yvette Tabu. Elle a souligné que Tabu Ley était un bon père:

«Tu me parlais de l'importance des études, celle de l'excellence, du courage, de persévérance et de l'ambition. Tu me disais qu'il ne fallait pas suivre tes pas dans la chanson, [parce que] le milieu était rempli des requins. Papa, tu étais si plein de vie que rien ne semblait t'arrêter... »

Les mérites de Rocherau ont aussi été présentés par le ministre de la Culture et Arts, Banza Mukalayi. Il a loué les œuvres laissées par Tabu Ley, qui sont remarquable tant en qualité qu'en quantité.

Sur place, on diffusait de la musique, des témoignages ainsi que des interviews en rapport avec le musicien décédé.

A l'extérieur, des podiums ont été installés pour les artistes qui se sont produit tout au long des obsèques.

Les pagnes à l'effigie de l'artiste ont été imprimés pour la circonstance. Le musicien Shungu Wembadio alias «Papa Wemba» a publié sur les réseaux sociaux une photo de lui, vêtu de ce pagne.

S'exprimant au nom des musiciens de la RDC, Koffi Olomide a demandé que la date de la mort de Tabu Ley soit instituée «Journée de la Rumba congolaise»

Pascal Tabu Ley a entamé sa carrière musicale en tant que compositeur dans les années 1950. En 1956, il chante avec Grand Kalle, un chanteur et chef de groupe, considéré comme le père de la musique congolaise moderne. C'est alors le début d'un succès fulgurant pour celui qui prend le nom de scène de Seigneur Tabu Ley Rochereau.

Comme son mentor, Rochereau va apporter avec son orchestre l'African fiesta National, beaucoup d'innovations dans la rumba congolaise. On lui attribue notamment l'adoption de la batterie.

En 46 ans de carrière, Tabu Ley a composé plus de 3 000 chansons et vendu plusieurs milliers de disques.

L'un des anciens collaborateurs de Tabu Ley, le guitariste et auteur compositeur Guvano Mwana Vangu a avoué qu'il a été fan de la star congolaise depuis qu'il était encore sur le banc de l'école, avant de devenir plus tard l'un de ses proches collaborateurs: «J'étudiais à l'école Sainte Anne. Et à midi, on nous laissait aller manger à la maison pour revenir à 14 heures. Mais souvent quand j'arrivais au niveau de l'avenue Tshuapa, je le voyais causer avec certaines personnes. A ce moment-là, j'oubliais que j'allais manger à la maison . Je restais là à le contempler. Et quand je rentrais à l'école c'était trop tard. Et on me collait une punition. Il ne savait pas que parfois j'allais à l'école en retard à cause de lui. Le concours de circonstance a fait qu'il y a eu séparation avec Nico. Alors il a pensé à me prendre dans son groupe».

Avant que le cortège ne se dirige au cimetière Nécropole de la N'sele, une messe d'action de grâce avait été dite en la mémoire de Pascal Tabu Ley. Dans son homélie, l'Abbé Jean-Paul Luanga a souligné le caractère immortel de cet artiste congolais.

«Vous serez présent dans nos esprits, car votre musique, vos chansons et vos textes nous permettront de gouter à la mort dont vous êtes maintenant comblé», a déclaré l'Abbé Jean-Paul Luanga.

C'est après cette étape qu'est intervenue la levée du corps pour l'inhumation.

Un long cortège funèbre est parti du Palais du peuple pour le cimetière de Nécropole entre ciel et terre où reposera désormais Pascal Tabu Ley.