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Les systèmes de santé africains pêchent par insuffisance des crédits et gaspillage des ressources allouées.

Les cadres et les politiques africains sont-ils en train de prendre conscience que l'avenir de l'Afrique se fera par les Africains et avec les Africains ? Ce sentiment était très perceptible à la 61ème session du comité régionale de l'OMS-Afrique, pour la première fois en Côte d'Ivoire, à Yamoussoukro, à la Fondation Félix Houphouet Boigny.

«Arrêtez de tendre la main. Ayons une vision, une stratégie, prenons des résolutions combattons la corruption dans nos systèmes  coordonnez vos partenaires dans le sens de votre vision. Ceux qui ne veulent pas, refusez leur argent . Nous ne sommes pas pauvres. Nous sommes riches et exploitons nos richesses», s'est révoltée Dr. Agnès Binagwaho, ministre de la santé du Rwanda, lors du débat sur le financement de la santé en Afrique.

Son intervention a été fortement saluée par la salle et notamment par Dr Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, qui a reconnu: «Le ministre de la santé du Rwanda est plein de dynamisme », a. « C'est le meilleur débat que j'aie jamais eu depuis longtemps. L'Afrique est pour moi, le continent de l'espoir», a-t-elle avoué.

En fait, selon plusieurs experts présents à Yamoussoukro, le Rwanda est cité en exemple avec quelques autres pays africains comme ayant un bon système de santé.

Pour les panélistes, s'il est vrai que les systèmes de santé des pays africains pêchent par une insuffisance des crédits alloués, ils pêchent aussi à cause du grand gaspillage des ressources allouées.

Selon Dr David Evans, directeur du Financement de la Santé à l'OMS, «beaucoup de dépenses inadéquates sont faites. Il faut savoir réduire pour mieux gérer même sans de nouveaux investissements». Et un autre pénaliste d'ajouter: «Il faut être beaucoup plus efficace dans l'utilisation des ressources disponibles».

Pour Dr. Agnès Soucat, Directeur du Développement humain à la BAD (Banque Africaine de Développement), plusieurs facteurs expliquent le retard de l'Afrique en matière de financement de son système de santé. Mais, il y a des facteurs clés:

Premièrement, il y a pas eu des ressources suffisantes pour le développement et le maintien des systèmes de santé.

Deuxièmement, les ressources disponibles ont été utilisées de manière non rationnelle, en partie à cause du manque d'utilisation systématique de processus et d'outils pour fixer les priorités dans l'utilisation des maigres ressources.

Troisièmement, les ressources supplémentaires n'ont pas été déployées de manière efficiente.

«Mais, le seul financement ne suffit pas. Si vous avez un système de santé mal structuré, le financement ne va pas régler vos problèmes. L'aide ne doit pas être la seule source de financement. Il doit y avoir une complémentarité entre l'aide extérieure et les finances internes. Mais, les donateurs internationaux doivent avoir un rôle catalyseur», soutient Dr. Soucat.

En clair, l'Afrique ne doit pas compter sur l'aide pour financer son système de santé. Elle doit compter sur elle-même.

Et selon les experts, des pistes existent rien qu'en regardant les bonnes pratiques des pays comme le Ghana, le Lesotho, le Rwanda. «On n'a pas besoin d'aller chercher les bons exemples ailleurs. Il faut faire fonctionner la coopération sud-sud», estime un expert dans la salle.

Le ministre de l'économie et des finances du Niger a révélé que son budget est financé à 60% par l'aide extérieur. «Ça veut dire que c'est le bailleurs qui fixe ses priorités. C'est dire que vous n'êtes pas libre de l'affectation des ressources», a-t-il expliqué. pour justifier qu'il est difficile d'atteindre la part de 15% du budget national à affecter à la santé selon la déclaration des Chefs d'Etat à Abuja au Nigeria en 2000.

Mais, pour le Rwanda, les 15% sont atteints dans la mesure où le calcul ne prend pas en compte les dépenses faites par d'autres ministères dans les infrastructures routières, dans l'assainissement, l'électrification qui selon elle, sont des dépenses qui profitent à la santé et à rendre le système de santé performant.

Selon Dr Chan, le meilleur moyen pour accéder à l'universalité, c'est de mettre l'accès sur la santé de la mère et de l'enfant.

Les participants ont abondamment présenté l'assurance maladie comme l'une des solutions à encourager pour arriver à un accès universel. Le Ghana, le Rwanda ont très souvent été cités en exemple pour ce cas de figure.

A. T.

Le géant pharmaceutique avait testé un antibiotique sur des enfants de l'Etat de Kano.
Le laboratoire Pfizer a commencé à indemniser les familles des enfants nigérians victimes de ses essais de médicaments au Nigeria. Les parents de 4 enfants décédés ont reçu des chèques de 175 000 dollars. Ce sont les premières indemnisations au terme d'une longue bataille judiciaire. Et les quelque 200 familles qui avaient porté plainte au départ attendent la suite de la procédure.

Voilà deux ans que le géant américain a signé un accord avec l'Etat de Kano, où s'étaient déroulés les essais cliniques. Pfizer salue aujourd'hui ces quatre premiers chèques comme une «étape historique». En 1996, en pleine épidémie de méningite au Nigeria, le géant pharmaceutique avait testé un de ses antibiotiques sur des enfants de l'Etat de Kano, dans le nord du pays. Le médicament en question, le Trovan est accusé d'avoir provoqué la mort de 11 enfants et d'en avoir handicapé des dizaines d'autres.

Pour mettre fin à une longue bataille judiciaire, le groupe pharmaceutique promettait 75 millions USD au total:

■ 10 pour payer les frais de justice de l'Etat nigérian;

■ 30 pour financer des installations médicales;

■ 35 pour indemniser les victimes.

Pour mémoire, Pfizer est accusé d'avoir provoqué la mort de 11 enfants et des dommages physiologiques sur quelque 200 autres en testant sur eux un antibiotique en 1996. Or, les familles de ces enfants, elles, jugent les procédures d'indemnisation beaucoup trop lentes.

C'est que depuis 2009, le laboratoire a exigé des tests ADN sur les plaignants pour s'assurer que les fonds soient bien versés aux seules victimes. Car, selon le comité créé par Pfizer et l'Etat de Kano, pour le paiement des indemnités, les plaignants seraient beaucoup plus nombreux qu'au départ, près de 600 désormais.

Après avoir subi des tests ADN confirmant leurs liens avec les enfants décédés, 4 familles ont donc reçu 175 000 dollars chacune.

Mais des centaines d'autres attendent les résultats de leurs tests. Et, les enfants encore en vie devront se soumettre à des examens pour déterminer leur degré d'invalidité et le montant de leur compensation.

 

Okpara G.

L'IDE et les envois de fonds des migrants sont les plus importants financements du développement en Afrique.

Ce ne sont pas que les pays en développement qui en font les frais (-24%) mais ils subissent plus durement la baisse de 36,7% des flux mondiaux d'DE (Investissement Direct Etranger) qui ont tout de même atteint le montant de 1122 milliards USD, en 2009. C'est dans le Rapport économique 2011 sur l'Afrique, présenté à Dakar.

 

L'IDE et les envois de fonds des migrants représentent les flux de capitaux privés les plus importants pour le financement du développement en Afrique, compte tenu des contraintes budgétaires et du faible niveau de l'épargne nationale auxquels se heurtent la plupart des gouvernements africains. Mais la crise mondiale est passée par là et son impact notamment sur les flux mondiaux d'IED a été tel que ces derniers ont baissé de 36,7%.

La préoccupation qui ressort du rapport se situe cependant au niveau de la répartition des avantages entre l'économie d'origine et celle d'accueil. La suggestion faite par les auteurs du rapport est que «les pays africains devraient par conséquent adopter une approche sélective lorsqu'ils acceptent l'IED afin d'assurer la cohérence entre l'augmentation de l'IED et la poursuite de la stratégie de développement national».

D'avantage d'efforts doivent être déployés en Afrique pour attirer davantage d'investissements ayant un lien avec le reste de l'économie, permettant de créer des emplois et entrainant un transfert de connaissances et le renforcement des capacités locales.

Le Rapport économique sur l'Afrique 2011 dont le thème porte sur: «Gérer le développement: Le rôle de l'État dans la transformation économique», est une publication conjointe de la Commission Economique pour l'Afrique (CEA) et de l'Union Africaine (UA). Il a été établi sous la supervision générale du Secrétaire exécutif de la CEA et du Président de la Commission de l'Union Africaine (CUA).

 

T. H.

 

 

 



Le président gabonais s'est engagé à construire 5000 logemants par an.

«Le quartier Angondjé situé au nord de Libreville sera un prototype de quartier de développement durable avec une mixité des catégories de logements, comprenant toutes les commodités et installations communautaires, éducatives, sanitaires, sécuritaires, sociales, commerciales et de loisirs dans un environnement naturel salubre, paysager et de verdure, entretenu et conservé où il fera meilleur-vivre», a déclaré le chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba.

 

L'occasion était son discours à la nation le 16 août dernier, aux célébrations du 51ème anniversaire de l'accession du Gabon à la Souveraineté internationale.

Le chef de l'Etat a mis en garde les occupants anarchiques des sites répertoriés par le gouvernement afin de rendre concret cette volonté.

«L'Etat ne tolérera aucune aliénation illégale des sites identifiés et retenus pour la réalisation de ce prototype de quartier durable et exercera pleinement ses prérogatives en matière de projets d'utilité publique», a mis en garde Ali Bongo Ondimba.

Pour le développement de cette localité située au nord de la capitale gabonaise, Libreville, les institutions financières telles que les Banques ont été invitées à prendre une part très active dans ce challenge afin d'accélérer le processus de mise en oeuvre de ce projet de grande envergure.

«C'est également le lieu de réitérer, avec l'instauration du Fonds de Garantie pour le logement annoncé lors du Conseil des Ministres du 11 août 2011, les subventions et participations étatiques, l'implication des établissements bancaires et financiers, notre détermination à accélérer, l'accès, à des conditions douces et facilitées, à un toit décent et à la propriété de nos concitoyens. Il ne s'agit ni plus, ni moins que de s'inspirer des systèmes existants de crédit immobilier à moyen et long termes sur des périodes de 10 à 20 ans», a expliqué le numéro un Gabonais.

«Nous nous inscrivons dans une nouvelle optique d'urbanisme qui rompt avec les installations désordonnées et les cités dortoirs pour laisser place à des espaces planifiés, aménagés, organisés et valorisés», a souligné le chef de l'Etat, qui entend respecter son engagement de 2009 de doter le Gabon de 5000 logements par an.

Le ministère de l'Habitat subit actuellement une réforme visant à le rendre plus performant en vue de la réalisation diligente de toutes ces initiatives qui doivent classer le Gabon parmi les pays émergents du monde.

 

Norbert Ngouma

Aux titres des Républiques de Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Niger et Togo.

C'est devant la Cour de justice de l'UEMOA que les quatre nouveaux commissaires de l'Union ont prêté serment, hier jeudi 1er septembre 2011 au siège de la Commission à Ouagadougou.


Les 4 nouveaux commissaires sont: Augustin Tompieu-Zouo (Côte d'Ivoire) qui remplace Ibrahim Tampone au poste de Commissaire chargé du Département de l'Aménagement du territoire communautaire, des Transports et du tourisme; Ibrahima Dieme (Guinée-Bissau) qui prend la place d'Ismaïl Kpandja Binguitcha-Fare au poste de Commissaire chargé du Département du Développement rural, des Ressources naturelles et de l'environnement ; Abdallah Boureima (Niger) qui occupe le poste de Commissaire chargé du Département du Développement social et culturel en lieu et place de Jérôme Bro-Grebe et Essowè Barcola (Togo), Commissaire chargé du Département des Services administratifs et financiers en remplacement de Rui Duarte Barros.

Notons que El hadj Abdou Sakho, Christophe Joseph Marie Dabiré et Guy-Amédée Ajanohoun (Commissaires chargés respectivement du Département des Politiques économiques et de la fiscalité intérieure, du Département du marché régional, du commerce, de la concurrence et de la coopération, et du Département du Développement de l'entreprise, des télécommunications et de l'énergie) conservent leurs attributions actuelles.

 

Par la voix de leur représentant, Ibrahim Tampone, les commissaires sortants, en rappelant aux entrants les acquis engrangés, les ont exhortés à avoir une vision prospective en vue de relever les challenges qui les attendent. Faire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine un outil de développement au profit des populations des 8 Etats-membres.

 

C'est là le leitmotiv des nouveaux commissaires si l'on en croit leur porte-parole, Essowè Barcola, qui a souligné qu'il oeuvreront au renforcement de l'intégration sous-régionale, voie incontournable pour le développement des pays membres. Chose entrant en droite ligne de la volonté du président de la Commission de l'UEMOA, Soumaïla Cissé, qui, à quelques semaines de la fin de son mandat, n'a pas manqué d'inviter leurs collaborateurs à poursuivre les chantiers en cours.

La sympathique cérémonie divisée en deux actes (la cérémonie de prestation de serment et celle d'au revoir et d'accueil) a pris fin par un cocktail.

 

Béma Traoré

 

L'ONUCI a reçu des allégations d'exploitation et d'abus sexuels impliquant ses éléments.

La mission a «immédiatement saisi les services compétents au siège de l'ONU à New York pour que les pays contributeurs de troupes concernées en soient informés, étant donné que toute investigation se rapportant aux membres de leurs contingents relève avant tout de leur responsabilité», a fait savoir l'ONUCI.

 

L'ONUCI ajoute que «si ces allégations s'avéraient fondées, il reviendrait aux pays dont sont originaires les casques bleus de prendre les actions appropriées à l'encontre des personnes impliquées».

De son côté, l'ONUCI a informé les autorités ivoiriennes et a également déployé des fonctionnaires dans la région concernée, afin d'évaluer la situation, de préciser les allégations et effectuer une inspection des camps, l'objectif étant «d'empêcher des membres de la mission de s'impliquer dans des actes inappropriés».

 

Cette mission a été appuyée par l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance)) et l'organisation non gouvernementale "Save the Children". Des actions de prévention ont été recommandées par la mission et une campagne de sensibilisation renforcée est en train d'être mise en place.

«En attendant, l'ONUCI tient à exprimer ses regrets les plus profonds aux victimes potentielles et tient également à réaffirmer sa volonté de poursuivre l'application de la politique des Nations Unies, de tolérance zéro concernant l'exploitation et les abus sexuels», a conclu la mission.

A. K.

 

De l'or des Incas aux mirages de la recolonisation.
Pendant que l'Otan ouvre par ses bombardements la voie à ses supplétifs libyens et que la presse nous bombarde d'infos sur les «victoires» et les «avancées rebelles» sur Tripoli, des centaines de migrants continuent d'affluer de Libye vers l'Europe. Il nous faudrait un grand cinéaste pour reconstruire l'image de ces vagues humaines qui passent sous les raids pour rejoindre l'eldorado européen et trouvent moyen de mourir avec une telle surveillance aérienne et maritime au large des côtes libyennes.

Quelques-uns d'entre ces «migrants illégaux» auront peut-être échappé à la mort promise par des «rebelles libyens» aux noirs tout simplement parce qu'ils sont noirs, y compris pour les Libyens d'entre eux. Il faudra également, un jour, se débarrasser de quelques tabous et parler de cette latence raciste, à peine tempérée par l'Islam et par l'image de Bilal, qui nous habite depuis le commerce des esclaves et la tradition de la domesticité noire que la vague d'amour pour le gnaoui ne saurait faire oublier et encore moins effacer.

Le paradoxe ne tient pas simplement au tropisme européen alors même que cette Europe moralement solidaire et unanime dans l'action bombarde des populations africaines et y tue délibérément les populations et les terrorise aux fins de provoquer un soulèvement contre Kadhafi. Il tient aux sombres présages de la crise, à cette succession de restrictions sur le niveau de vie des Européens que leurs gouvernants ont déjà approuvées ou s'apprêtent à approuver. Qu'est-ce qui se passe dans la tête de ces migrants pour que le risque de la mort ne tienne pas la balance devant la force du rêve si évidemment proche de l'illusion ? La disproportion entre risque et avantages est tellement grande que nous pouvons nous demander s'il ne faut pas inverser la question pour les comprendre mais surtout pour comprendre un mécanisme clé du fonctionnement de l'aliénation ? Et si, justement, la vie, pour ces migrants, se réalise à être du côté de l'Europe, du côté de la représentation d'une table toujours servie ?Pourtant, depuis deux ans les nuages s'accumulent sur cette Europe. Les subprimes américaines ont réalisé le premier boulot : le dégonflage de tous ces montages de junkies de la finance, du poker en ligne des traders et des nouveaux alchimistes qui veulent générer du profit à partir de l'argent lui-même en lieu et place du travail.

On peut se demander qu'ils ne rêvent pas parfois d'inventer un billet vert qui accouche tout seul d'autres billets verts. S'ils ne rêvent pas d'un monde fantastique habité par le seul rire d'Oncle Picsou nageant dans ses dollars. Bref, s'ils ne rêvent pas de vivre dans une bulle comme ils vivent des bulles financières, technologiques, etc. Les gogos peuvent toujours croire un jour entrer dans cette bulle. Tout est organisé pour que le sort, le destin, la fortune apparaissent comme des coups de dés et que le travail n'a rien à voir là dedans. Un monde à la mesure de «la roue de la fortune». Vous tournez la roue et vous gagnez beaucoup d'argent. Et cela dure depuis des années cette éducation à cette «martingale» du joueur de poker, à cette loi des séries pour imaginer comment gagner le gros lot. Attention ! Les jeux télévisés sont essentiellement différents des vieux modèles du jeu qu'étaient mais ne sont plus le PMU ou la Loterie nationale. Le phénomène est invasif, quotidien, prégnant et inclusif. Vous gagnez ou vous perdez avec la femme ou l'homme qui tourne la roue sur le plateau télé. Vous imaginez bien sûr que perdre à la roue de la fortune normalise les échecs au quotidien. Le petit boulot qui saute, la mauvaise passe, la guigne du chômage ou de la maladie, c'est le mauvais arrêt de la roue.

Les malheurs qui vous frappent, c'est une question de malchance. Vous vous imaginez aussi pour qui ils vont voter les mordus de la roue de la fortune ? Vous pouvez parier qu'ils ne voteront jamais pour les courants politiques qui leur parlent de travail et de lutte. Et vous pouvez parier aussi qu'ils voteront pour celui qui les culpabilisera : si vous voulez gagner de l'argent, travailler, sortez de la roue de la fortune, cessez de rêver, etc. L'énormité d'une France qui vote pour le slogan abscons de travailler plus pour gagner plus vient en droite ligne de culpabilité liée à un autre travail de fond réalisé en entreprise par le management qui a entraîné les travailleurs à chercher individuellement de meilleurs salaires par la réalisation de meilleures performances. Ce management qui fait déserter les syndicats et leur a fait croire dans le quotidien du boulot qu'ils pouvaient gagner plus en travaillant plus.Pendant cette guerre de reconquête coloniale faite à la Libye avant que Sarkozy ou son successeur socialiste s'occupe de nous grâce au CNT algérien qui attend dans sa naphtaline et grâce aussi au Djebel Nefoussa que Ferhat Mehenni rêve de reproduire à l'Est d'Alger, la roue de la fortune tourne du mauvais côté pour les maîtres des médias français qui sont les maîtres du CAC 40. Elle tourne dans le mauvais sens et s'arrête sur les mauvais chiffres pour tous les CAC 40 du monde. Pire, elle ouvre dans la bulle des junkies de la spéculation financière les vents tourbillonnants de la réalité.

Cela va mal pour les profits mais, ô paradoxe, les dirigeants préparés, formés, et financés par les junkies vont mettre de l'argent dans leurs poches. Ils vont mettre beaucoup d'argent des citoyens américains et des citoyens d'Europe dans les poches des banquiers en contrepartie d'une vague menace d'un futur contrôle de leurs tripatouillages. Un actionnaire anglais a aussitôt assimilé en 2008 à une tentation communiste. Nous sommes encore en 2008, en pleine tempête et dans un moment difficile pour les Brown et les Sarkozy voulant faire croire à leurs concitoyens qu'il n'y aura plus de tolérance pour les jeux de la banque. Les chiffres sont fabuleux. Près de trois mille milliards de dollars immédiatement trouvés et immédiatement inscrits aux créances des enfants et des petits-enfants de ces mêmes citoyens. Sur l'instant, il n'est apparu clairement que les Euro-Américains endettaient leurs arrières petits-enfants pour le bon plaisir de la grande finance. Par contre, il est bien apparu que le monde entier payait pour quelques-uns, que plus on privatisait les profits, plus on collectivisait les pertes.C'est la toute récente crise de l'endettement de l'Etat américain qui a rendu très claire une image et une réalité soigneusement cachées : les Américains vivent bien mais vivent à crédit. Les Européens aussi. Et d'une façon ou d'une autre, quelqu'un doit payer cette dette. Ce sera nous le tiers monde. Les migrants qui croient à l'eldorado européen ne le savent pas peut-être. Peut-être le savent-ils parfaitement.

Beaucoup de diplômés traversent dans ces esquifs de la mort. Et beaucoup sont compétents dans leurs domaines. Car c'est cela aussi la migration clandestine, une migration des gens instruits à qui la crise économique et les changements dans la division internationale du travail ont fermé les voies de la migration légale.Si nous n'avons pas d'argent pour un film, une bande dessinée sera suffisante ? C'est bien une question d'image. Si nous pouvions payer la dette des Euro-Américains, nous ne fournirions pas autant de migrants. La Libye en donne encore la mesure. Il n'existe pas de migrants économiques libyens, malgré les longues années d'embargo et d'isolement de ce pays. Bien au contraire, la Libye absorbait beaucoup de main-d'uvre des pays voisins et aujourd'hui la Tunisie ressent le contrecoup de l'arrêt des mandats de ses travailleurs en Libye. C'est bien pour cette raison, pour cette prospérité due au pétrole que la France de Sarkozy a fomenté avec ses alliés une révolte libyenne et préparé depuis longtemps avec les forces spéciales anglaises, hollandaises, américaines et avec les groupes de Bandar Ben Soltane «l'insurrection libyenne».Déjà et en dépit du gel des avoirs libyens, les puissances occidentales se servent sans vergogne. Les USA viennent de décider le «dégel» d'un milliard et demi de dollars que leurs propres organismes vont dépenser au nom du CNT.


Mais au final, les avoirs libyens représentent une goutte au regard des besoins. Trois cent milliards de dollars ne sont presque rien face aux dettes souveraines des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, de l'Espagne, etc. A Lampedusa, les migrants africains débarqueront sur les terres d'un continent endetté jusqu'au cou et sur plusieurs générations. Ils auront le bonheur de travailler pour la dette européenne et de voir de près comment cette même Europe du Grand Capital va faire payer à ses citoyens les frasques de sa finance et les coûts sociaux de la baisse tendancielle du taux de profit. La promesse est faite par tous, de Cameron à Berlusconi : pas d'hôpitaux, pas d'école, pas de culture à crédit. Personne ne vivra au-dessus de ses moyens et les limites intolérables de l'endettement sont un avertissement suffisant. Le reste de la paix sociale, les dirigeant, ils iront le chercher ailleurs. Dans la guerre aux concurrents qui émergent, dans la guerre de rapine et de reconquête coloniale et dans la guerre à leurs propres peuples. La gauche européenne s'y prépare activement. Le PS français a appelé Sarkozy au débat au nom de l'intérêt national français. Tiens, ça existe l'intérêt national français ? En Angleterre, la gauche travailliste critique l'analyse de Cameron sur les causes des violences mais appelle à la défense intelligente de l'Ordre existant. L'aristocratie ouvrière - si le terme a encore un sens en Europe - et ses organisations politiques et syndicales dites de gauche ne veulent surtout pas perdre le confort et le niveau de vie qu'ils se sont assurés par le pillage néocolonial et qu'ils entendent s'assurer aujourd'hui par le pillage colonial tout court au nom de l'impérialisme humanitaire.

Après avoir voté le bombardement de la Libye, cette gauche s'apprête à affronter son peuple.Le grand hic pour le film - pour la bande dessinée - reste que les Euro-Américains ne trouveront pas de tiers monde prospère à piller. Ils ne trouveront pas l'or des Incas ni les trésors de l'Afrique accumulées pendant des siècles de travail, ni les joyaux de l'Inde ni les richesses de la Chine. Tous ce qui était disponible a déjà été pillé. Les Euro-Américains ont déjà appauvri nos pays par toutes sortes d'astuces et de médications du FMI. Les ressources sont inestimables certes mais il faut d'abord y mettre la main.

 

Mohamed Bouhamidi