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Satisfaction de Amnesty International qui avait, à plusieurs fois, interpelé la CPI sur la question.

Amnesty International a salué la décision annoncée, par la Chambre préliminaire de la Cour Pénale Internationale (CPI) , autorisant le procureur de cette instance à ouvrir une enquête sur les crimes de droit international perpétrés en Côte d’Ivoire, depuis la crise post-électorale qui a débuté à la fin novembre 2010. En particulier, l’organisation se félicite de la décision de demander au procureur de présenter des informations à la Chambre préliminaire, dans un délai d’un mois, pour les faits potentiellement concernés ayant eu lieu entre 2002 et novembre 2010, période pendant laquelle certains des plus graves crimes ont été commis.

Amnesty International a appelé à plusieurs reprises les autorités ivoiriennes et le procureur de la CPI à enquêter sur tous les crimes de droit international commis par toutes les parties. L’organisation a rassemblé des informations faisant état de crimes contre l’humanité, ainsi que de crimes de guerre, y compris des meurtres, des disparitions forcées, des actes de torture et des violences sexuelles perpétrés dans le pays, en particulier entre 2002 et novembre 2010.

La décision de la Chambre préliminaire donne de l’espoir aux milliers de victimes de ces crimes, notamment les femmes et les jeunes filles qui ont subi des viols et d’autres violences sexuelles aux mains de toutes les parties.

L’organisation engage également le procureur de la CPI à présenter les informations demandées par la Chambre préliminaire au sujet de tous les crimes de droit international commis depuis 2002 tant par les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo que par les Forces Nouvelles (le groupe armé qui a pris le contrôle du nord du pays).

Afin de rétablir l’état de droit en Côte d’Ivoire, le procureur de la CPI ne doit pas limiter son enquête, ni en se concentrant uniquement sur les crimes commis par les partisans de l’ancien président, ni en faisant l’impasse sur tous les graves crimes de droit international perpétrés depuis 2002, notamment les violences sexuelles.
Le meilleur moyen de garantir la justice et des réparations complètes pour toutes les victimes de la crise qui dure depuis 9 ans est de prendre en compte l’ensemble de cette période et de traiter tous les graves crimes de droit international, quels que soient leurs auteurs.

Complément d’information
Bien que la Côte d’Ivoire ne soit pas encore partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le 18 avril 2003, le ministre des Affaires étrangères de l’époque a déposé une déclaration auprès du greffe de la CPI , dans laquelle il acceptait l’exercice de la compétence de cette instance pour les crimes de droit international commis sur le territoire ivoirien depuis le 19 septembre 2002. Cette déclaration indiquait expressément qu’elle n’était pas limitée dans le temps et couvrait tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Le 14 décembre 2010, Alassane Ouattara a officiellement confirmé la compétence de la CPI et demandé que son procureur ouvre une enquête sur les crimes relevant de la compétence de la CPI commis depuis 2002. Dans une deuxième lettre, datée du 3 mai 2011, le président Ouattara a de nouveau confirmé la reconnaissance de la compétence de la CPI , mais a suggéré de restreindre le champ de l’enquête aux crimes commis depuis le 28 novembre 2010.

Louis Keumayou

La reconnaissance internationale, reçue à la Bourse de New-York.

Le jury était à la recherche d'éléments prouvant la profondeur et la fréquence des recherches et le nombre de chercheurs qui se consacrent aux études sur les capitaux africains, aussi bien que l'éthique générale de l'institution.

 

Le jury était constitué d'un panel d'éminents juges dont Nicolas Clavel, Directeur des investissements de Scipion Capital, le Dr Alhaji Tukur, Président du NEPAD Business Group et Maged Shawkey, ancien PDG de la Bourse égyptienne.

"En plus des études exhaustives menées par Ecobank sur les principales catégories d'actifs africains, nous avons été particulièrement impressionnés par l'accent mis sur les opportunités d'investissement encore insuffisamment étudiées pour les porter à l'attention des investisseurs globaux", s'est exprimé au nom du jury, Hubert Danso, vice-président et Directeur général de Africa Investo.

Dans une déclaration sur ce prix, Dele Babade, Directeur Exécutif de Ecobank Capital à dit: "Je voudrais féliciter Paul-Harry Aithnard, notre directeur de la Recherche et son équipe de talentueux analystes de l'Afrique et de l'Europe, pour ce remarquable succès. Nous nous réjouissons particulièrement que nos pairs de la communauté des investisseurs panafricains aient reconnu leur savoir et leur expertise. Ecobank maintient son engagement à fournir de la recherche de qualité et pertinente, tirant profit de notre position avantageuse unique dans le Middle Africa".

 

A Propos de Africa Investor (AI)

Africa investor est une agence spécialiste de la communication sur les investissements qui conseille les gouvernements, les organisations internationales et les entreprises sur les stratégies de communication pour les marchés de capitaux et les investissements directs étrangers en Afrique. AI publie Africa Investor, le plus important magazine international destinés aux décideurs africains dans le domaine de l'investissement.

Lancé en 2007, les AI index Series Awards sont les seuls prix internationaux et panafricains qui reconnaissent et récompenses les succès des leaders de la communauté des investisseurs en Afrique.

A Propos de Ecobank

Constitué à Lomé (Togo), Ecobank Transnational Incorporated est la maison mère du groupe Ecobank, le principal groupe bancaire régional indépendant d'Afrique. Le groupe est présent actuellement dans 30 pays africains, avec des filiales au Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Congo (Brazzaville), Congo (République Démocratique), Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Libéria, Malawi, Mali, Niger, Nigéria, Ouganda, République centrafricaine, Rwanda, Sao Tomé e Principe, Sénégal, Sierra Leone, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe.

Le groupe est également représenté par des bureaux à Dubaï, à Johannesburg et à Luanda. Ecobank a également une filiale dénommée EBI S.A à Paris.

ETI est cotée sur les places boursières de Lagos, Accra et à la BRVM à Abidjan (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine – UEMOA). Le groupe emploie plus de 10 000 personnes, ressortissants de 35 pays, dans plus de 750 agences.

Ecobank est une banque universelle offrant les produits et services de la banque de grande clientèle, de détail d'investissement et les services monétiques, aux gouvernements, aux institutions financières, aux sociétés multinationales, aux agences internationales, aux moyennes, petites et micro entreprises, et aux particuliers.

Il était en compétition avec 9 autres écrivains marocains de langue française.

Le Prix littéraire "La Mamounia" 2011 a été décerné, à Marrakech, à titre posthume à l'écrivain marocain, feu Mohamed Leftah, pour son roman "Le dernier combat du captain Ni'mat", paru en 2010 aux Editions de "La Différence".

Le roman primé relate trois moments consécutifs dans une année de la vie d'un ancien aviateur égyptien. Pendant ces 12 mois, le "Captain Ni'mat", qui mène une existence très bourgeoise dans un quartier résidentiel cairote avec son épouse Mervet, connaît le bouleversement le plus radical de son existence.

Dans leurs témoignages, les membres du jury ont été unanimes à mettre en évidence cette grande oeuvre et la stature de son auteur, né en 1946, à Settat, et décédé en juillet 2008 au Caire.

La cérémonie de remise de ce Prix s'est déroulée en présence du ministre de la Culture, Bensalem Himmich, de l'ambassadeur de France au Maroc, Bruno Joubert, de la Consule générale de France à Marrakech, Chantal Chauvin, de l'ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, et d'autres personnalités du monde de la culture, des arts et des médias.

Après la regrettée Wangari Maathaj, un double honneur pour l'Afrique.

Le prix Nobel de la paix 2011 a été décerné conjointement à Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, Leymah Gbowee, militante libérienne responsable de l'organisation du mouvement pacifiste « Women of Liberia Mass Action for Peace » et Tawakkul Karman, activiste yéménite fondatrice en 2005 du groupe « Femmes journalistes sans chaînes ».

Le prix Nobel de la paix 2011 a été conjointement attribué à a présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf (72 ans), une autre Liberienne, Leymah Gbowee, militante pacifiste qui a contribué à mettre fin aux guerres civiles ayant ravagé son pays jusqu’en 2003, ainsi qu’une Yéménite, Tawakkol Karman.

Les trois lauréates sont récompensées «pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux processus de paix», a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.

Le comité avait l’embarras du choix cette année avec un record de 241 organisations et individus en lice, une liste de candidats dont l’identité est un secret bien gardé.

 

Première femme élue chef d’Etat sur le continent africain en 2005, Ellen Johnson Sirleaf, 72 ans, était «la lauréate la plus probable», selon la chaîne norvégienne TV2, qui a correctement pronostiqué le nom des deux derniers vainqueurs, le président américain Barack Obama en 2009, le dissident chinois Liu Xiaobo en 2010.

Arrivée au pouvoir en 2005, cette Dame de fer a oeuvré pour la reconstruction de son pays ravagé par 14 ans de guerres civiles qui ont fait quelque 250 000 morts. L’attribution du Nobel survient 4 jours avant une élection présidentielle au cours de laquelle elle brigue un second mandat.

 

La Libérienne Leymah Gbowee, s’est illustrée dans des mouvements de non-violence. Quadragénaire de forte corpulence, issue de l’ethnie Kpellé, elle a trouvé un surnom sur la scène internationale: "La guerrière de la paix".
Travailleuse sociale, Leymah Gbowee côtoie quotidiennement pendant la guerre les enfants-soldats et réalise que «la seule manière de changer les choses, du mal vers le bien, était pour nous, femmes et mères de ces enfants, de se lever et d’aller dans la bonne direction», témoigne cette femme, aujourd’hui mère de 6 enfants, établie depuis 2005 au Ghana.

 

Sa compatriote Leymah Gbowee, qui a fondé ou dirige plusieurs organisations de femmes et a siégé dans la Commission Vérité et Réconciliation, est récompensée pour son travail de mobilisation et d'organisation des femmes de toutes ethnies et de toutes religions, pour mettre fin à la guerre civile et garantir la participation des femmes aux élections.

 

De leur côté, la plupart des experts avaient fait des acteurs du Printemps arabe les favoris de cette édition Nobel, citant des cyber-militants comme la Tunisienne Lina Ben Mhenni, l’Egyptienne Esraa Abdel Fattah, inspiratrice du "Mouvement du 6 avril", ou son compatriote encore Waël Ghonim. Mais le président du Comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a semblé vouloir orienter les regards dans une autre direction.

Avec la Yéménite Tawakkul Karman, le comité Nobel distingue une femme qui a oeuvré pour la paix, la démocratie et les droits des femmes avant et pendant le printemps arabe.

Le prix Nobel de la paix 2011 est un lauréat «très rassembleur» mais n’est pas nécessairement à chercher du côté du Printemps arabe, avait affirmé le président du Comité Nobel, qui souhaite que le prix décerné à ces trois femmes puisse «contribuer à mettre fin à la répression dont les femmes sont toujours victimes dans de nombreux pays et à exprimer le grand potentiel que les femmes peuvent représenter pour la paix et la démocratie».




Conclusions contrastées entre pro-Ouattara et pro-Gbagbo.

L'enquête que va ouvrir la Cour Pénale Internationale (CPI) sur les crimes commis durant la crise post-électorale est une arme à double tranchant. Le  nouveau pouvoir ivoirien pourrait être débarrassé de ses rivaux mais aussi voir certains de ses soutiens inquiétés.

"Gbagbo ira en prison chez les Blancs", cinglait 'Le Patriote', quotidien très proche du nouveau président.

Le Premier ministre Guillaume "Soro et Ouattara dans des beaux draps!", assenait 'Le Temps' (pro-Gbagbo).

Au nom de la lutte contre l'impunité, M. Alassane Ouattara avait très tôt demandé que la CPI se saisisse des crimes "les plus graves" perpétrés après le refus de son rival de reconnaître sa défaite au dernier scrutin. La crise de décembre 2010 à avril-mai 2011 a fait quelque 3.000 morts, selon l'ONU.

"Il vaut mieux que Gbagbo soit jugé à l'extérieur, il y aura moins de suspicion d'une +justice des vainqueurs+", explique Christian Bouquet, professeur de géographie à Bordeaux (France) et spécialiste de la crise ivoirienne.

Ce soupçon a enflé après le placement en détention préventive et l'inculpation (pour atteinte à la sûreté de l'Etat, crimes économiques ou crimes de sang) de Laurent Gbagbo lui-même, son épouse Simone et plusieurs dizaines de personnalités de son bord.

Aucune figure du camp Ouattara n'a encore été poursuivie!

Le pouvoir ne cache pas qu'il est surtout pressé de voir M. Gbagbo emmené à La Haye, et présente même son éventuel transfert comme un moyen de faciliter la "réconciliation".

Mais les juges de la CPI n'ont pas seulement fait état d'une "base raisonnable" pour croire à des attaques "commises par les forces pro-Gbagbo contre la population civile", ils ont aussi indexé le camp Ouattara pour le même genre de faits, notamment dans l'Ouest, qui fut le théâtre de tueries.

Le parti de Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), s'est d'ailleurs "félicité" de la prochaine enquête de la Cour, et a dit sa foi en "un procès équitable, juste et impartial".

Aux heures les plus chaudes de la crise, le président Ouattara avait dit "à plusieurs reprises" à ses combattants des Forces républicaines (FRCI) d'avoir "un comportement exemplaire, il y a eu plusieurs mises en garde", fait-on valoir dans son entourage, jurant que "personne ne sera protégé".

Des ONG internationales ont mis en cause par exemple Chérif Ousmane, pilier de la rébellion nordiste de 2002, qui fut chef des opérations FRCI dans le bastion pro-Gbagbo de Yopougon, à Abidjan. Actuellement numéro 2 de la garde présidentielle, il est un homme de confiance d'Alassane Ouattara.

Pour Christian Bouquet, "ça peut rendre service au pouvoir que ce soit l'extérieur qui gère ce genre d'affaires" qui "l'embarrassent encore plus".

Mais dans l'immédiat, malgré la sérénité affichée par le ministre de la Justice Jeannot Ahoussou Kouadio - "aucune gêne, aucune crainte", disait-il lundi -, l'entrée en scène de la CPI sème le trouble au sein du nouveau régime, affirme un diplomate en poste à Abidjan.

"Chez certains c'est panique à bord", avec la crainte d'une "grosse crise" si des cadres FRCI devaient à terme être livrés à La Haye, assure-t-il.

Alors que la très délicate réunification de l'armée est encore balbutiante, la CPI peut, avance-t-il, "compliquer encore plus la donne".

Décision prise à l'unanimité des 15 membres du Conseil de Sécurité de l'ONU.

En adoptant à l'unanimité de ses 15 membres la résolution 2010 (2011), le Conseil prie l'Union Africaine «de renforcer d'urgence l'effectif de la Mission en le portant à 12.000 agents en tenue, afin de lui donner des moyens accrus de s'acquitter de son mandat».

 

Aux termes de cette résolution, le Conseil de sécurité invite aussi l'ONU à collaborer avec l'Union africaine pour constituer, dans les limites de l'effectif autorisé de l'AMISOM, une «garde de taille appropriée pour assurer la sécurité et la protection du personnel international, notamment les fonctionnaires des Nations Unies».

Le Conseil estime en effet que la présence accrue d'organismes des Nations Unies et de leurs fonctionnaires à Mogadiscio, ainsi que les visites officielles de personnalités internationales, exercent une pression supplémentaire sur l'AMISOM, qui est appelée à fournir des services de sécurité, de garde et de protection. Le Conseil entend revoir et examiner de près l'opportunité de modifier l'effectif prescrit de l'AMISOM lorsque celle-ci aura atteint l'effectif autorisé de 12.000 hommes.

La résolution adoptée demande aussi à l'AMISOM de continuer d'aider le Gouvernement fédéral de transition à mettre en place la Force de police somalienne et la Force de sécurité nationale, en particulier à mettre en oeuvre une chaîne de commandement et de contrôle efficace des Forces de sécurité somaliennes, et de contribuer à l'intégration des unités somaliennes formées par d'autres États Membres ou organisations en Somalie et à l'extérieur.

Dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, ce soutien comprend les fournitures et les services de base essentiels qui sont remboursables aux pays fournissant les contingents, dont les moyens sont limités. M. Ban proposait donc l'inclusion d'éléments supplémentaires suivants dans son dispositif d'appui logistique à l'AMISOM, dans les domaines de la restauration, des communications et de l'informatique, des fournitures générales, du nettoyage et du mobilier, et des loisirs.

Le Conseil demande enfin de nouveau aux États Membres et aux organisations régionales et internationales de contribuer généreusement et rapidement au Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies pour les institutions de sécurité somaliennes et d'offrir une aide aux Forces de sécurité somaliennes, notamment sous forme de formation, d'assistance technique et de matériel, en coordination avec l'AMISOM.

A 56 ans, s'est éteint des suites d'un cancer du pancréas le patron le plus charismatique des 30 dernières années.

"Vous souvenir que vous pouvez mourir est la meilleure façon d'éviter de penser que vous avez quelque chose à perdre", expliquait Steve Jobs en 2005, après avoir échappé à un cancer du pancréas. En 2009, une greffe du foie réalisée à Memphis, à l'issue d'une course folle en hélicoptère, lui donnait une nouvelle chance. Cette fois-ci, la maladie a été la plus forte... Celui qui, après le Macintosh, a changé la donne de la musique (iPod), de la téléphonie (iPhone) et de la télévision (iPad) vient de s'éteindre. Quand il est né, les téléphones avaient des cadrans, les télévisions ressemblaient à des cubes et on écoutait la musique encore sur des 78 tours. Le fondateur d'Apple a passé sa vie à changer la nôtre...

L'histoire commence pourtant par une fin de non-recevoir. Quand ils le mettent au monde en février 1955, l'étudiant en sciences politiques Abdulfattah Jandali, venu de Syrie trois ans plus tôt, et Joanne Schieble, élève en psychologie d'origines allemande et suisse, estiment qu'ils ne pourront subvenir aux besoins du petit Steve. Ils ne sont alors qu'étudiants et décident de l'abandonner.

Une vérité que Jobs découvrira sur le tard. Un coup de massue d'autant plus douloureux que ses parents naturels garderont Mona, sa soeur cadette. Cette dernière, mariée un temps à un scénariste des Simpson, racontera dans The Lost Father l'histoire de leur famille décomposée.

Une terreur à l'école

Le petit Steve atterrit à Palo Alto, à une demi-heure de route au sud de San Francisco. Ses parents adoptifs, Paul, employé d'une entreprise de lasers, et Clara Jobs, comptable, habitent un pavillon doté d'un garage. À l'école primaire, Steve est une terreur.

"On mettait des serpents dans la salle de classe et on faisait exploser des bombes à eau", confesse-t-il à Playboy en 1985. Un jour, il ingurgite du poison pour fourmis et est envoyé illico presto aux urgences... Dilettante? Oui, mais avec une certaine suite dans les idées. À 12 ans, il déniche dans le bottin le numéro de Bill Hewlett, cofondateur de l'entreprise star de la Silicon Valley. Le vétéran répond gentiment à ses questions durant 20 minutes. Et offre à Steve un "job d'été" d'assemblage de composants qu'il effectuera trois ans plus tard.

Quand ils l'ont pris sous leur aile, les Jobs s'étaient engagés à lui faire suivre des études. Ce sera au Reed College, dans l'Oregon. Là aussi, il trouve le temps long.

"Il dormait à même le sol en écoutant en boucle Tambourine Man et Hurricane de Bob Dylan, ses cheveux collés à un énorme transistor", se souvient Daniel Kottke, un des pensionnaires. Les deux se lient alors d'amitié avec Robert Friedland, un fort en gueule de cinq ans leur aîné, qui fera fortune par la suite dans les mines au Venezuela. Mais, surtout, "Toxic Bob", comme Friedland sera surnommé à la suite de l'explosion d'une de ses mines dans le Colorado, possède un verger dans l'Oregon. Apple doit son nom à ces après-midi d'automne "bohèmes", où Jobs, l'étudiant peu assidu, gamberge à l'ombre des pommiers.

Méditation et LSD

Ces divagations lui donnent le goût de l'aventure. Jobs ferait alors n'importe quoi pour se rendre au Kumbh Mehla, plus gros rassemblement religieux du monde qui se tient tous les 4 ans en Inde, sur les bords du Gange. Il rêve d'y rencontrer Maharishi Mahesh Yogi, un adepte de la méditation transcendantale dont les enseignements ont été suivis par les Beatles et Mia Farrow.

Il convainc ses parents de lui offrir un billet en 1974. Il n'a que 19 ans, ne découvre pas de grand maître, mais le LSD, de terribles indigestions, et le goût de l'inconnu. Un jour, alors qu'il parcourt l'Himalaya, Jobs rencontre un moine qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam. Le Californien parle avec lui de l'origine de la vie, et accepte de se faire tondre la tête en signe de "purification".

De retour dans l'Oregon, au bout de 4 mois, Jobs plaque tout. Plus question de passer l'examen final. L'école de la vie s'avère plus difficile que l'école tout court.

"Je ramassais les bouteilles de Coca-Cola pour récupérer la consigne de cinq cents", reconnaîtra-t-il en 2005, lors d'un retour sur sa vie devant les étudiants de Stanford. Chaque dimanche soir, il parcourt à pied les 10 kilomètres qui le séparent du temple Hare Krishna de Portland pour obtenir un repas (végétarien) gratuit. Il sèche les cours donc, à l'exception de l'enseignement de la calligraphie. Il y découvre les empattements. Ces terminaisons des caractères proviennent de la trace laissée par le pinceau lorsque la main s'élève en achevant le geste d'écriture.

"Cette initiation influera la manière d'écrire sur un Mac. Et comme Microsoft s'est borné par la suite à copier notre interface, tous les propriétaires de PC ont pu en bénéficier", expliquera-t-il toujours à Stanford.   Le ton est donné.

1 820 dollars

Car, entre-temps, Jobs a rencontré Steve Wozniak chez Hewlett-Packard. "Enfin, il trouvait quelqu'un qu'il avait envie d'écouter", se souvient Bill Fernandez, un copain de fac, qui a présenté les deux Steve. Tous deux sont passionnés d'électronique, mais Woz, de quatre ans son aîné, est plus bidouilleur. À 11 ans, aidé de son père, il a déjà assemblé une radio ! Au tout début de l'informatique, Woz met au point un ordinateur baptisé Cream Soda Computer, en référence à la quantité de boisson gazeuse qu'il a ingurgitée lors de sa conception. "C'est ce type d'objet qu'il faut vendre !" hurle Jobs à Woz, qui n'y voyait qu'un jouet d'adolescent attardé. Jobs tanne Woz pour qu'il abandonne son poste chez HP et vende jusqu'à sa HP 65, une des premières calculatrices de poche. Jobs, qui vient de commencer un boulot chez Atari (il en est le 40e employé), refourgue de son côté sa camionnette Volkswagen.

En tout, les deux Steve mettent 1 820 dollars de côté. Un petit butin qui leur permet d'acheter des microprocesseurs. Et d'amorcer la production de leur premier ordinateur dans le garage des Jobs : l'Apple I, composé d'un clavier en bois gravé à la main. Les compères en écoulent 150 la première année. Enfin libre !

Jobs ne sera plus obligé d'habiller les répliques miniatures des personnages d'Alice au pays des merveilles à trois dollars de l'heure, comme en 1972 au Westgate Mall, un centre commercial de San Jose... Il faut alors passer aux choses sérieuses. Le look Levis 501 et baskets New Balance en effraie alors plus d'un. "Pourquoi vous m'avez envoyé ce renégat?" s'emporte l'investisseur Donald Valentine, quand il le rencontre en 1972. Beau joueur, cette figure du capital risk recommande tout de même Jobs à Mike Markkula, un ex d'Intel. Il signe le premier chèque (250 000 dollars) qui permet à Apple de se doter de ses propres bureaux à Cupertino.

Contre IBM et Microsoft

Dès sa création, Apple se positionne en réaction à l'establishment. Au départ, l'ennemi à abattre s'appelle IBM, qui veut remplir le monde de ses ordinateurs gros comme des salles à manger. Dans la publicité 1984, réalisée par Ridley Scott, Big Blue a des allures de Big Brother et Apple vient libérer une armée d'esclaves. David n'est pas toujours de très bon goût avec Goliath : à l'instar de ce cliché qui le montre devant une affiche d'IBM, le sourire aux lèvres et le majeur au garde-à-vous. Microsoft, né en même temps qu'Apple, n'est guère mieux traité par le trublion: "Bill Gates aurait pu avoir l'esprit plus large s'il avait pris une fois de l'acide en étant plus jeune".

Pour Jobs, avoir l'esprit large, c'est accorder une grande importance au design. À 20 ans, il est passionné des ouvrages de Stewart Brand (un écrivain qui, avec son "Whole Earth Catalog", invente une nouvelle manière d'écrire, truffée de collages), qu'il dévore dans sa nouvelle maison de Los Gatos. Sur les murs blancs de sa maison, Jobs ne tolère que des tableaux du peintre du début du XXe siècle Maxfield Parrish : la destruction créatrice.

"Tout ce dont j'avais besoin, c'était une tasse de thé, un briquet, une stéréo. Le design, ce n'est pas seulement l'apparence et la sensation, c'est aussi l'utilité", explique-t-il à l'occasion d'un portrait réalisé par Diana Walker en 1982. En 2003, il déclare au New York Times :   Séduit par la souris qu'Apple rend accessible au grand public, Andy Warhol est un des premiers adeptes du Macintosh, l'ordinateur qui succède à l'Apple II. Jobs commence à prendre confiance en lui.

Génial, mais ingérable

Son bébé, le Macintosh, n'attend pas. Jobs doit à la fois mobiliser une équipe de développeurs de talent et structurer l'entreprise. Il va réaliser alors la plus grosse erreur de sa vie. En 1985, il débauche John Sculley, patron de Pepsi. À cet as du marketing, Jobs lance "Dis-moi, John, tu préfères passer le reste de ta vie à vendre de l'eau sucrée ou bien à changer le monde ?" Tope là ! Au départ, tout va bien. Mais, très vite, l'indépendance de Jobs gêne.

"Ses propos naviguaient entre une nonchalance désarmante et des arguments qui partaient dans tous les sens", déplore alors Sculley. Le nouvel homme fort décide de se séparer de ce génial ingérable. Et voilà Jobs viré de l'entreprise qu'il avait créée dix ans plus tôt !

Jobs vit mal cette mise à pied... "Si Apple devient un endroit où la romance a disparu, et où les gens oublient que les ordinateurs sont l'invention la plus formidable de l'homme, je pense que j'aurai perdu Apple."

Il élabore alors un plan avec son ami Larry Ellison, le richissime patron d'Oracle, pour racheter Apple et revenir à sa tête. Au dernier moment, le plan n'est pas mis à exécution, mais Jobs a pris soin de garder une action de la firme. Ce qui lui permet de scruter, trimestre après trimestre, les résultats de l'entreprise...

Retour triomphal

Cette "traversée du désert" va se révéler salutaire. En 1986, il achète Pixar au producteur George Lucas (La guerre des étoiles) 10 millions de dollars. Il revendra le studio 7,4 milliards à Disney 20 ans plus tard. Entre-temps, il a transformé l'entreprise brinquebalante en boîte à tubes (Le monde de Nemo, Toy Story ou encore Monsters).

Toujours en 1986, Steve l'infatigable crée NeXT (au suivant, en anglais), une compagnie qui, espère-t-il, va inventer l'ordinateur idéal pour les étudiants. Si le système rencontre un succès d'estime (Ross Perot investit dedans et Jobs offre un ordinateur NeXt au roi Juan Carlos), il n'en vend que 50 000 unités. Un échec commercial donc, mais, à ce moment-là, Jobs va réussir son coup de maître : en 1996, l'obstiné persuade Apple de racheter NeXT et sa technologie. L'enfant prodigue est de retour: au départ simple conseiller de Gil Amelio (qui a remplacé Sculley), il deviendra patron en 2000.

À son retour, Jobs change tout: de la cafétéria, où il fait embaucher un spécialiste du tofu, aux salles de réunion, qu'il baptise du nom de peintres de la Renaissance. Il cite alors le hockeyeur star Wayne Gretzky: "Je me dirige où le palet va être, non là où il est allé."

Surtout, il sort Apple de son carcan. Avec l'iPod, Steve Jobs devient le plus grand vendeur de morceaux de musique au monde. Et un Français, Jean-Marie Hullot, l'encourage à se lancer dans la téléphonie. L'iPhone sort en 2007, et l'iPad, une tablette multimédia à tout faire, en 2010. Des lancements qu'il orchestre au cours de shows enseignés dans les écoles de commerce. À l'instar de la "keynote" présentée le 2 mars pour le lancement de l'iPad 2. Alors qu'il est censé être de nouveau en congé maladie depuis trois mois, Jobs apparaît sur scène, le pas plus assuré qu'à l'accoutumée. One more thing ? Jobs poursuit l'ouverture des Apple Store. Il en existe aujourd'hui 357 dans le monde...

Et voilà Jobs, rejeté un temps par l'entreprise qu'il a cocréée, de nouveau porté aux nues. "C'est le patron capable des meilleurs come-back", explique Richard Branson, numéro un de Virgin. Même Bill Gates, l'ennemi des débuts, expliquera en 2008, plus de trente ans après la création d'Apple et de Microsoft, que "Steve Jobs est celui qui a le plus contribué à l'industrie informatique"... Jobs est de nouveau le boss. Quelqu'un se trompe dans la taille des caractères d'une présentation et il rentre dans une colère noire. "Il aurait fait un parfait roi de France", plaisantait dans Time dès 1982 Jef Raskin, un des principaux développeurs du Mac.

Google, le nouvel ennemi

Le pouvoir isole. Car, à ce moment-là, Apple, ex-symbole de la contre-culture, devient dominant. Les opérateurs téléphoniques en ont gros sur la patate de voir ce nouveau venu créer un modèle fermé qui lui permet de facturer directement des mini-programmes (applications) aux clients. Et Google, l'ami de toujours, devient un ennemi en 2009. "Je suis désolé, mais je ne me suis jamais lancé dans les moteurs de recherche", moque Jobs.

Ces dernières années, Jobs semblait avoir réussi à faire la paix avec lui-même. En 1990, il a rencontré Laurene Powell, à l'occasion d'une conférence donnée à Stanford. Un an plus tard, le moine bouddhiste Kobun Chino Otogawa les a mariés au coeur du Yosemite Park. L'ex-banquière chez Merrill Lynch, reconvertie dans la vente de produits bio au sein de l'entreprise Terravera, lui a donné trois enfants, Reed, Erin et Eve, tout comme une certaine quiétude. Pour cette nouvelle progéniture, comme pour sa première fille Lisa, il avait des tonnes de projets. Ne venait-il pas de démolir la Jackling House, une gigantesque demeure du village de Woodside, pour en faire un paradis familial ? Bien décidé à ne pas reproduire l'erreur de New York où il avait retapé un triplex avant de le revendre en 2003 quinze millions de dollars au chanteur Bono sans l'avoir jamais occupé.

Le livre de Jobs se referme. Que retiendra-t-on de celui que le mensuel Forbes a nommé patron de la décennie ? Chris-Ann Brennan, la première femme qui a partagé sa vie, se souvient de ces nuits où il se réveillait un poing tendu vers le haut en hurlant "je veux conquérir le monde !" Pour mieux croquer le personnage, elle sort un stylo. Et griffonne sur un coin de table un dessin resté jusqu'ici secret. En haut se trouvent un moine zen, en bas Henry Ford, à gauche François d'Assise et à droite... Hitler ! Steve Jobs, pour elle, se situait à la croisée de ces quatre personnalités. Avec sa part de lumière et d'ombre, mais avec une rage et une force qui ont galvanisé cet autodidacte jusqu'au dernier souffle. Jusqu'à en faire un des hommes qui a révolutionné notre quotidien.