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Le président gabonais s'est engagé à construire 5000 logemants par an.

«Le quartier Angondjé situé au nord de Libreville sera un prototype de quartier de développement durable avec une mixité des catégories de logements, comprenant toutes les commodités et installations communautaires, éducatives, sanitaires, sécuritaires, sociales, commerciales et de loisirs dans un environnement naturel salubre, paysager et de verdure, entretenu et conservé où il fera meilleur-vivre», a déclaré le chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba.

 

L'occasion était son discours à la nation le 16 août dernier, aux célébrations du 51ème anniversaire de l'accession du Gabon à la Souveraineté internationale.

Le chef de l'Etat a mis en garde les occupants anarchiques des sites répertoriés par le gouvernement afin de rendre concret cette volonté.

«L'Etat ne tolérera aucune aliénation illégale des sites identifiés et retenus pour la réalisation de ce prototype de quartier durable et exercera pleinement ses prérogatives en matière de projets d'utilité publique», a mis en garde Ali Bongo Ondimba.

Pour le développement de cette localité située au nord de la capitale gabonaise, Libreville, les institutions financières telles que les Banques ont été invitées à prendre une part très active dans ce challenge afin d'accélérer le processus de mise en oeuvre de ce projet de grande envergure.

«C'est également le lieu de réitérer, avec l'instauration du Fonds de Garantie pour le logement annoncé lors du Conseil des Ministres du 11 août 2011, les subventions et participations étatiques, l'implication des établissements bancaires et financiers, notre détermination à accélérer, l'accès, à des conditions douces et facilitées, à un toit décent et à la propriété de nos concitoyens. Il ne s'agit ni plus, ni moins que de s'inspirer des systèmes existants de crédit immobilier à moyen et long termes sur des périodes de 10 à 20 ans», a expliqué le numéro un Gabonais.

«Nous nous inscrivons dans une nouvelle optique d'urbanisme qui rompt avec les installations désordonnées et les cités dortoirs pour laisser place à des espaces planifiés, aménagés, organisés et valorisés», a souligné le chef de l'Etat, qui entend respecter son engagement de 2009 de doter le Gabon de 5000 logements par an.

Le ministère de l'Habitat subit actuellement une réforme visant à le rendre plus performant en vue de la réalisation diligente de toutes ces initiatives qui doivent classer le Gabon parmi les pays émergents du monde.

 

Norbert Ngouma

De l'or des Incas aux mirages de la recolonisation.
Pendant que l'Otan ouvre par ses bombardements la voie à ses supplétifs libyens et que la presse nous bombarde d'infos sur les «victoires» et les «avancées rebelles» sur Tripoli, des centaines de migrants continuent d'affluer de Libye vers l'Europe. Il nous faudrait un grand cinéaste pour reconstruire l'image de ces vagues humaines qui passent sous les raids pour rejoindre l'eldorado européen et trouvent moyen de mourir avec une telle surveillance aérienne et maritime au large des côtes libyennes.

Quelques-uns d'entre ces «migrants illégaux» auront peut-être échappé à la mort promise par des «rebelles libyens» aux noirs tout simplement parce qu'ils sont noirs, y compris pour les Libyens d'entre eux. Il faudra également, un jour, se débarrasser de quelques tabous et parler de cette latence raciste, à peine tempérée par l'Islam et par l'image de Bilal, qui nous habite depuis le commerce des esclaves et la tradition de la domesticité noire que la vague d'amour pour le gnaoui ne saurait faire oublier et encore moins effacer.

Le paradoxe ne tient pas simplement au tropisme européen alors même que cette Europe moralement solidaire et unanime dans l'action bombarde des populations africaines et y tue délibérément les populations et les terrorise aux fins de provoquer un soulèvement contre Kadhafi. Il tient aux sombres présages de la crise, à cette succession de restrictions sur le niveau de vie des Européens que leurs gouvernants ont déjà approuvées ou s'apprêtent à approuver. Qu'est-ce qui se passe dans la tête de ces migrants pour que le risque de la mort ne tienne pas la balance devant la force du rêve si évidemment proche de l'illusion ? La disproportion entre risque et avantages est tellement grande que nous pouvons nous demander s'il ne faut pas inverser la question pour les comprendre mais surtout pour comprendre un mécanisme clé du fonctionnement de l'aliénation ? Et si, justement, la vie, pour ces migrants, se réalise à être du côté de l'Europe, du côté de la représentation d'une table toujours servie ?Pourtant, depuis deux ans les nuages s'accumulent sur cette Europe. Les subprimes américaines ont réalisé le premier boulot : le dégonflage de tous ces montages de junkies de la finance, du poker en ligne des traders et des nouveaux alchimistes qui veulent générer du profit à partir de l'argent lui-même en lieu et place du travail.

On peut se demander qu'ils ne rêvent pas parfois d'inventer un billet vert qui accouche tout seul d'autres billets verts. S'ils ne rêvent pas d'un monde fantastique habité par le seul rire d'Oncle Picsou nageant dans ses dollars. Bref, s'ils ne rêvent pas de vivre dans une bulle comme ils vivent des bulles financières, technologiques, etc. Les gogos peuvent toujours croire un jour entrer dans cette bulle. Tout est organisé pour que le sort, le destin, la fortune apparaissent comme des coups de dés et que le travail n'a rien à voir là dedans. Un monde à la mesure de «la roue de la fortune». Vous tournez la roue et vous gagnez beaucoup d'argent. Et cela dure depuis des années cette éducation à cette «martingale» du joueur de poker, à cette loi des séries pour imaginer comment gagner le gros lot. Attention ! Les jeux télévisés sont essentiellement différents des vieux modèles du jeu qu'étaient mais ne sont plus le PMU ou la Loterie nationale. Le phénomène est invasif, quotidien, prégnant et inclusif. Vous gagnez ou vous perdez avec la femme ou l'homme qui tourne la roue sur le plateau télé. Vous imaginez bien sûr que perdre à la roue de la fortune normalise les échecs au quotidien. Le petit boulot qui saute, la mauvaise passe, la guigne du chômage ou de la maladie, c'est le mauvais arrêt de la roue.

Les malheurs qui vous frappent, c'est une question de malchance. Vous vous imaginez aussi pour qui ils vont voter les mordus de la roue de la fortune ? Vous pouvez parier qu'ils ne voteront jamais pour les courants politiques qui leur parlent de travail et de lutte. Et vous pouvez parier aussi qu'ils voteront pour celui qui les culpabilisera : si vous voulez gagner de l'argent, travailler, sortez de la roue de la fortune, cessez de rêver, etc. L'énormité d'une France qui vote pour le slogan abscons de travailler plus pour gagner plus vient en droite ligne de culpabilité liée à un autre travail de fond réalisé en entreprise par le management qui a entraîné les travailleurs à chercher individuellement de meilleurs salaires par la réalisation de meilleures performances. Ce management qui fait déserter les syndicats et leur a fait croire dans le quotidien du boulot qu'ils pouvaient gagner plus en travaillant plus.Pendant cette guerre de reconquête coloniale faite à la Libye avant que Sarkozy ou son successeur socialiste s'occupe de nous grâce au CNT algérien qui attend dans sa naphtaline et grâce aussi au Djebel Nefoussa que Ferhat Mehenni rêve de reproduire à l'Est d'Alger, la roue de la fortune tourne du mauvais côté pour les maîtres des médias français qui sont les maîtres du CAC 40. Elle tourne dans le mauvais sens et s'arrête sur les mauvais chiffres pour tous les CAC 40 du monde. Pire, elle ouvre dans la bulle des junkies de la spéculation financière les vents tourbillonnants de la réalité.

Cela va mal pour les profits mais, ô paradoxe, les dirigeants préparés, formés, et financés par les junkies vont mettre de l'argent dans leurs poches. Ils vont mettre beaucoup d'argent des citoyens américains et des citoyens d'Europe dans les poches des banquiers en contrepartie d'une vague menace d'un futur contrôle de leurs tripatouillages. Un actionnaire anglais a aussitôt assimilé en 2008 à une tentation communiste. Nous sommes encore en 2008, en pleine tempête et dans un moment difficile pour les Brown et les Sarkozy voulant faire croire à leurs concitoyens qu'il n'y aura plus de tolérance pour les jeux de la banque. Les chiffres sont fabuleux. Près de trois mille milliards de dollars immédiatement trouvés et immédiatement inscrits aux créances des enfants et des petits-enfants de ces mêmes citoyens. Sur l'instant, il n'est apparu clairement que les Euro-Américains endettaient leurs arrières petits-enfants pour le bon plaisir de la grande finance. Par contre, il est bien apparu que le monde entier payait pour quelques-uns, que plus on privatisait les profits, plus on collectivisait les pertes.C'est la toute récente crise de l'endettement de l'Etat américain qui a rendu très claire une image et une réalité soigneusement cachées : les Américains vivent bien mais vivent à crédit. Les Européens aussi. Et d'une façon ou d'une autre, quelqu'un doit payer cette dette. Ce sera nous le tiers monde. Les migrants qui croient à l'eldorado européen ne le savent pas peut-être. Peut-être le savent-ils parfaitement.

Beaucoup de diplômés traversent dans ces esquifs de la mort. Et beaucoup sont compétents dans leurs domaines. Car c'est cela aussi la migration clandestine, une migration des gens instruits à qui la crise économique et les changements dans la division internationale du travail ont fermé les voies de la migration légale.Si nous n'avons pas d'argent pour un film, une bande dessinée sera suffisante ? C'est bien une question d'image. Si nous pouvions payer la dette des Euro-Américains, nous ne fournirions pas autant de migrants. La Libye en donne encore la mesure. Il n'existe pas de migrants économiques libyens, malgré les longues années d'embargo et d'isolement de ce pays. Bien au contraire, la Libye absorbait beaucoup de main-d'uvre des pays voisins et aujourd'hui la Tunisie ressent le contrecoup de l'arrêt des mandats de ses travailleurs en Libye. C'est bien pour cette raison, pour cette prospérité due au pétrole que la France de Sarkozy a fomenté avec ses alliés une révolte libyenne et préparé depuis longtemps avec les forces spéciales anglaises, hollandaises, américaines et avec les groupes de Bandar Ben Soltane «l'insurrection libyenne».Déjà et en dépit du gel des avoirs libyens, les puissances occidentales se servent sans vergogne. Les USA viennent de décider le «dégel» d'un milliard et demi de dollars que leurs propres organismes vont dépenser au nom du CNT.


Mais au final, les avoirs libyens représentent une goutte au regard des besoins. Trois cent milliards de dollars ne sont presque rien face aux dettes souveraines des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, de l'Espagne, etc. A Lampedusa, les migrants africains débarqueront sur les terres d'un continent endetté jusqu'au cou et sur plusieurs générations. Ils auront le bonheur de travailler pour la dette européenne et de voir de près comment cette même Europe du Grand Capital va faire payer à ses citoyens les frasques de sa finance et les coûts sociaux de la baisse tendancielle du taux de profit. La promesse est faite par tous, de Cameron à Berlusconi : pas d'hôpitaux, pas d'école, pas de culture à crédit. Personne ne vivra au-dessus de ses moyens et les limites intolérables de l'endettement sont un avertissement suffisant. Le reste de la paix sociale, les dirigeant, ils iront le chercher ailleurs. Dans la guerre aux concurrents qui émergent, dans la guerre de rapine et de reconquête coloniale et dans la guerre à leurs propres peuples. La gauche européenne s'y prépare activement. Le PS français a appelé Sarkozy au débat au nom de l'intérêt national français. Tiens, ça existe l'intérêt national français ? En Angleterre, la gauche travailliste critique l'analyse de Cameron sur les causes des violences mais appelle à la défense intelligente de l'Ordre existant. L'aristocratie ouvrière - si le terme a encore un sens en Europe - et ses organisations politiques et syndicales dites de gauche ne veulent surtout pas perdre le confort et le niveau de vie qu'ils se sont assurés par le pillage néocolonial et qu'ils entendent s'assurer aujourd'hui par le pillage colonial tout court au nom de l'impérialisme humanitaire.

Après avoir voté le bombardement de la Libye, cette gauche s'apprête à affronter son peuple.Le grand hic pour le film - pour la bande dessinée - reste que les Euro-Américains ne trouveront pas de tiers monde prospère à piller. Ils ne trouveront pas l'or des Incas ni les trésors de l'Afrique accumulées pendant des siècles de travail, ni les joyaux de l'Inde ni les richesses de la Chine. Tous ce qui était disponible a déjà été pillé. Les Euro-Américains ont déjà appauvri nos pays par toutes sortes d'astuces et de médications du FMI. Les ressources sont inestimables certes mais il faut d'abord y mettre la main.

 

Mohamed Bouhamidi

61ème session du CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées d'Extinction).
Un fonds a été créé pour mettre en oeuvre le Plan d'action pour l'éléphant africain. L'Allemagne, les Pays-Bas et la France ont d'ores et déjà contribué à ce fonds et d'autres pays ont promis de suivre.

«Nous nous espérons que les bailleurs seront sensibles aux besoins urgents de l'Afrique et qu'ils soutiendront le Plan d'action pour l'éléphant africain. L'objectif est de collecter 100 millions de dollars sur les trois années à venir afin de soutenir les capacités pour mettre en oeuvre la loi et assurer la survie à long terme de l'éléphant africain», a déclaré John Scanlon,. le Secrétaire général de la CITES dont le Comité a examiné la question du braconnage d'éléphants d'Afrique et d'Asie et celle du commerce illégal de l'ivoire.

Sur l'abattage illégal d'éléphants, les niveaux de braconnage et de commerce illégal ont en 2010 atteint des records jamais vus depuis 2002, l'Afrique centrale étant la plus durement frappée. Les causes seraient la pauvreté et le manque d'application des lois en vigueur combinés à une demande accrue, principalement chinoise.

Le Comité a demandé à la Thaïlande de présenter un bilan montrant les progrès réalisés dans la régularisation du commerce intérieur de l'ivoire et du commerce illégal. Le Gabon et la Somalie restent suspendus du commerce international.

Il a reconnu que le braconnage de rhinocéros et le commerce illégal de leurs défenses représentent un défi majeur qui demande une approche nouvelle.

Un groupe d'experts va suivre de près les progrès réalisés à la fois par les pays qui abritent des rhinocéros ainsi que par ceux qui importent des produits issus des rhinocéros.

Selon un rapport élaboré par le gouvernement d'Afrique du sud, 174 rhinocéros ont été abattus durant les premiers six mois de l'année dans ce pays. Cela montre une nette augmentation du braconnage. Depuis janvier, 122 braconniers suspectés ont été arrêtés en Afrique du sud, 60 d'entre eux dans le parc naturel de Kruger, qui devrait pourtant être un sanctuaire pour les animaux.

Les rhinocéros sont menacés par le braconnage dans tous les pays où ils vivent, et particulièrement en République démocratique du Congo, en Inde, au Mozambique, au Népal, en Afrique du sud et au Zimbabwe. Le Comité a également examiné les progrès réalisés par le Pérou sur la certification d'origine du bois d'acajou provenant du bassin amazonien. Le Comité a reconnu les efforts fournis pour établir un système de contrôle conçu pour assurer une exploitation durable et un commerce légal. La Bolivie a de son côté annoncé qu'elle avait décidée un moratoire volontaire sur les exportations d'acajou pour la deuxième moitié de 2011.

Au total 300 personnes du monde entier issues de partis politiques, d'organisations internationales, du secteur privé et d'organisations non gouvernementales spécialisées dans la conservation de la faune et le commerce international ont participé à la session du Comité permanent de la CITES.

Zone touristique protégée dans les bassins du Zambèze et de l'Okavango.
L'Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe ont signé un traité traité de création d'une vaste zone protégée dans les bassins du Zambèze et de l'Okavango, destinée à devenir le paradis de l'écotourisme.

 

D'une superficie de 278 000 kilomètres carrés, elle représente «la plus grande zone protégée à vocation touristique du monde» et doit permettre de relier entre eux 14 parcs nationaux et réserves naturelles et notamment les chutes Victoria, parmi les plus spectaculaires du monde, et le delta de l'Okavango, un des plus grands du monde après celui du Niger. Ces zones accueillent déjà des milliers de touristes qui viennent faire des safaris, tous les ans.

Le projet est très ambitieux. Il vise la conservation de la biodiversité, le développement durable des communautés locales, l'essor de l'écotourisme et le partage des ressources de la région. Ce vaste espace est particulièrement riche en espèces rares, notamment des guépards, des lycaons, des rhinocéros et des antilopes des sables. Et quelque 250 000 éléphants y vivent.

La ministre angolaise de l'Environnement, Maria de Fátima Jardim a rappelé l'importance de l'éducation environnementale auprès des communautés, afin qu'elles sachent combien il est nécessaire de préserver la faune et la flore angolaises.

Eusébio de Brito Teixeira, Gouverneur de Kuando Kubango, une province du sud de l'Angola, a abordé la question de la dissémination de mines et autres engins explosifs dans tout le pays. Selon lui, on retrouve encore aujourd'hui des traces mortelles de la guerre qui a ravagé le pays pendant près de 30 ans. Il ajoute que la province de Kuando Kubango est l'une les plus minées mais que le gouvernement déploie des efforts pour le désamorçage des mines et engins explosifs qui existent dans la région.

B. Simao

Album réalisé au profit de l'ONG internationale OXFAM.

Le leader du groupe britannique culte Blur et tête pensante de Gorillaz a séjourné en R.D. Congo, où il a composé et enregistré, en compagnie d'autres musiciens. Une manière pour ce musicien anglais non seulement de mettre en avant ce pays souvent oublié des médias, rongé depuis des années par un conflit intérieur mais aussi de récolter des fonds, puisque les recettes de la vente de l'album seront reversées à l'ONG OXFAM.


Le trépidant chanteur et compositeur britannique est arrivé en RDC accompagné d'une groupe de musiciens et producteurs dont Totally Enormous Extinct Dinosaurs (T-E-E-D), Actress, Marc Antoire, Jo Gunton, Kwes, Dan the Automator, Jneiro Jarel. Les artistes eux-mêmes ont raconté et photographié ces sept jours d'enregistrement sur le blog DRC Music.

Passionné par l'Afrique, Albarn nourit de nombreux projets qui touchent au continent. Producteur du duo malien Amadou et Mariam, en 2002, avec OXFAM il a enregistré un album au Mali, en découvreur assumé, intitulé Mali Music.

Le leader de Blur est également à l'origine du projet Africa Express, collaborations musicales entre Afrique et Occident, et qui ont donné lieu à de nombreux événements itinérants à Paris, Lagos, Kinshasa ou encore Liverpool. Parmi les invités, Ebony Bones, Rachid Taha, Vieux Farka Touré, The Kooks, Oumou Sangaré.

«C'est d'abord un incroyable environnement pour faire de la musique, pour apprendre et pour voir les choses différemment», a fait observer Richard Russell, du label XL Recordings (Radiohead, The Prodigy) sur Twitter. «Se battre avec des moustiques et enregistrer un shaman et plein d'autres trucs. Journée dingue en RDC», a tweeté T-E-E-D le 25 juillet 2011.

L'album ne sortira que dans quelques mois. Mais impatients de partager leur expérience, Damon Albarn et ses acolytes ont déjà posté un extrait d'une cinquantaine de secondes sur le Net.

"Hallo", réalisé avec les Congolais "Tout Puissant Mukalo", allie percussions africaines et rythmes électroniques. Ce nouvel album congolais est une rencontre entre la fine fleur de la musique anglo-saxonne et les musiciens de Kinshasa.

Eu égard à tout ce qui précède, plus d'une personne ont accueilli avec satisfaction le projet annoncé par le musicien britannique, Damon Albarn, lequel projet est de nature à soutenir des populations vulnérables en RDC. Par ailleurs, cette opinion invite des musiciens congolais à suivre ce bel exemple pour développer le pays.

 

B. T.

La journée du souvenir célébrée à Gorée par des manifestations culturelles.
Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, une insurrection historique des esclaves s'empare de l'île de Saint-Domingue, devenue Haïti, première république noire. Cette date proclamée depuis 1998, journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition a été célébrée, hier, à travers une série de manifestations culturelles au centre Boubacar Joseph Ndiaye de Gorée.

Le combat pour la liberté et la dignité humaine a été exalté à Gorée, lors de la cérémonie de commémoration de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.

Une exposition des oeuvres du peintre-sculpteur Lamine Barro, ainsi que la prestation musicale d'Angélique Dione et une fresque de la Troupe Espoirs de la Banlieue sur le thème, ont rappelé, combien le combat pour la liberté et la dignité humaine est encore d'actualité.

La date du 23 août, a remarqué Kalidou Diallo, ministre de l'Enseignement élémentaire, du Moyen et Secondaire qui présidait la cérémonie, est historique parce qu'elle «signe l'acte de naissance de la prise de conscience et l'émancipation des peuples noirs qui, après plus de trois siècles de traitement esclavagiste, ont réussi à arracher avec bravoure et dignité les valeurs et les principes fondateurs de leur liberté».

Selon Kalidou Diallo, par ailleurs président de la Commission nationale pour l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture), en proclamant le 23 août, Journée internationale du Souvenir de la traite négrière et de son abolition, la communauté internationale ne célèbre pas seulement la liberté humaine.

«Elle rend aussi hommage au noble et grand combat des noirs pour la liberté et la dignité et encourage davantage la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'intolérance» a estimé le ministre, pour qui cette journée de souvenir «amène l'humanité, et plus spécifiquement les peuples noirs, à se préserver de l'oubli pour avoir une mainmise sur leur histoire. Dans la lutte pour l'affirmation des identités, l'oubli est, en effet, la pire tragédie qui peut arriver à une communauté humaine. Non seulement il tue les ambitions mais il égare les consciences et disperse les forces créatrices et innovatrices».


Selon Kalidou Diallo, le continent africain a été victime durant des siècles d'un système esclavagiste déshumanisant et la commémoration des événements historiques et leur enseignement permettent à l'Afrique d'être davantage maîtresse de son propre destin et à l'humanité de mieux se réconcilier avec elle-même.

L'objectif d'une telle approche est de bâtir, à partir du labeur des générations qui se sont succédées, une synergie de forces pour la création d'un monde libre et épanoui.

En rappelant les combats de Rosa Parks et du Pasteur Martin Luther King aux Etats-Unis d'Amérique, ainsi que celui mené par Nelson Mandela durant l'apartheid en Afrique du Sud, Kalidou Diallo a fait remarquer que l'abolition de la Traite négrière n'a jamais institué la fin de la discrimination, du racisme, de la xénophobie, de l'intolérance et de l'inégalité. D'où, insiste, le ministre, le caractère pédagogique de la célébration de cette journée internationale du souvenir.

«L'enseignement de l'histoire générale des peuples noirs et de l'Afrique nourrit les prises de conscience et ensemence le patriotisme et les engagements panafricanistes. Il permet de mieux faire apprécier les brassages, les rencontres et convergences qui ont forgé et jalonné la marche des peuples noirs» a soutenu Kalidou Diallo.

Représentant la directrice du Bureau régional de l'Unesco à Dakar, Julien Daboué, a rappelé le devoir de mémoire.
«La journée que nous commémorons ce 23 août, permet de rappeler qu'un système d'exploitation de l'homme par l'homme impliquant le déracinement, la déportation et l'asservissement de millions d'êtres humains a existé. Il ne faut surtout pas oublier ni effacer de la mémoire collective ce qui s'est passé. Il faut rester vigilant pour que cela ne se reproduise plus» a-t-il lancé devant la nombreuse et cosmopolite assistance venue, hier à Gorée, célébrer cette journée internationale du souvenir de la Traite négrière et de son abolition.

 

 

La première visite depuis le génocide de 1994 au Rwanda, qui fit 800.000 morts.

Le président Kagame fera une visite officielle en France les 12 et 13 septembre 2011 à l'invitation du président Nicolas Sarkozy. Les relations entre les deux capitales ont souvent été tendues depuis le génocide. les autorités rwandaises accusant la France d'avoir soutenu les auteurs des massacres- avant de progressivement se normaliser. Ce rapport rwandais de 2008, qui accuse la France de participation au génocide, vise nommément Alain Juppé et d'autres personnalités politiques et militaires françaises.

 

Ce sera la première visite d'un président rwandais en France depuis le génocide de 1994, qui a fait quelque 800.000 morts, selon les Nations unies.

Depuis cette date, les relations entre Paris et Kigali ont souvent été tendues, le régime rwandais accusant la France d'avoir soutenu les auteurs des massacres. Elles ont même été rompues en 2006, l'année précédant l'élection de Nicolas Sarkozy puis se sont progressivement normalisées avant d'être rétablies en 2009.

Le chef de l'Etat français s'est même rendu au Rwanda l'année dernière, en février 2010. Cette visite avait alors marqué un grand pas en avant dans les relations diplomatiques avec la France, renouées fin 2009, après une rupture de trois ans.

Nicolas Sarkozy avait alors reconnu «une forme d'aveuglement» de Paris, pour n'avoir pas «vu la dimension génocidaire» du régime de Juvénal Habyarimana.

 

L'actuel chef de la diplomatie française est hostile à ce rapprochement entre Paris et Kigali. Lors de sa prise de fonction au Quai d'Orsay en mars dernier, Alain Juppé, qui était au même poste à l'époque du génocide rwandais, a dit n'avoir aucune intention «ni de serrer la main» de Paul Kagame ni de se rendre au Rwanda tant qu'y circulerait un rapport accusant la France de complicité avec les génocidaires.

En juillet, Paris avait proposé au président Kagame d'effectuer début septembre une visite officielle à Paris, un déplacement à haute dimension symbolique mais délicat en raison d'un très vif contentieux entre le chef de l'Etat rwandais et le chef de la diplomatie française Alain Juppé. La date du lundi 12 septembre avait été avancée mais elle n'était pas définitive et restait toujours en attente d'une réponse officielle des Rwandais.

Le 19 juillet, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, s'était rendue à Paris pour la préparer. Elle s'était entretenue avec le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, mais pas avec Alain Juppé, le Quai d'Orsay ayant prétexté un agenda chargé du ministre pour expliquer cette non-rencontre, sans confirmer un refus de voir son homologue.

La visite du président rwandais en France constitue "une étape importante dans des relations plus étroites entre nos deux pays", a souligné la ministre rwandaise des Affaires étrangères.

Les deux pays pourront mettre cette visite à contribution afin de surmonter toutes les divergences de manière à relancer la coopération bilatérale sur de nouvelles bases.

S. Mabiala