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D'un pro Gbagbo à un pro Ouattara.
L'Ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, nommé gouverneur de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest) au mois de mai, lors de session extraordinaire de la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine), succède à son compatriote Henri-Philippe Dacoury-Tabley, un proche de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, contraint à la démission au plus fort de la crise post-électorale ivoirienne.


Tiémoko Meyliet Koné a été directeur de cabinet du Premier ministre Guillaume Soro et ministre de la Construction et de l'Urbanisme, dans le dernier gouvernement avant l'élection présidentielle de 2010.

Ancien adjoint au directeur national de la BCEAO pour la Côte d'Ivoire, le nouveau gouverneur était, depuis décembre 2010, le conseiller spécial du président ivoirien Alassane Ouattara chargé des affaires économiques et monétaires.

Fondée en janvier 1994 à Dakar, la BCEAO est la banque d'émission des 8 membres de l'UEMOA que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

La Côte d'ivoire est l'Etat membre le plus prospère de l'UEMOA. Son produit intérieur brut (PIB) est de 10.925 milliards CFA sur les 32.637 milliards accrédités à l'ensemble de l'union, soit environ un tiers.


Alimata Sidibé 

A nouveau dans la spirale infernale de la sécheresse et de la famine aggravée par les conflits locaux et régionaux.

Les instances internationales qui avancent d'ores et déjà le chiffre de 12 millions de personnes menacées de famine en Erythrée, en Ethiopie, en Somalie, à Djibouti, dans le nord du Kenya et jusqu'en Ouganda tentent de mobiliser les bailleurs de fonds, pourtant avertis, depuis au moins 6 mois, de la catastrophe annoncée.

 

Déjà victime au début des années 1970 de famines similaires qui avaient notamment provoqué la chute de l'empereur éthiopien Hailé Sélassié, puis en 1984/1985 les marches de la faim et la mort au bord des routes, la région n'a jamais réussi à mettre sur pied des programmes de prévention et des réserves d'eau susceptibles de contrer les effets récurrents de la sécheresse.

Mis en cause, les conflits latents ou avoués : ainsi l'Ethiopie et l'Erythrée frappées de plein fouet dans les années 1980 se sont affrontées tout d'abord dans une guerre ouverte qui s'est soldée par l'indépendance érythréenne. Celle-ci a privé Addis-Abeba de tout débouché sur la mer forçant la grande puissance de la Corne de l'Afrique à se tourner vers Djibouti qui a souvent profité des malheurs de ses voisins. Ce pays abrite aujourd'hui aussi bien des forces françaises qu'américaines qui cherchent à la fois à combattre le terrorisme international et à protéger les puissances pétrolières du Golfe.

L'Ethiopie, qui s'est battue contre la Somalie et a gagné la guerre de l'Ogaden (sud-est éthiopien) bénéficie du soutien américain et estime avoir un droit de regard sur les pays de la région.

L'Erythrée, qui a elle aussi perdu les batailles contre l'Ethiopie, joue les mouches du coche afin d'affaiblir le régime d'Addis-Abeba, qui connaît toujours des conflits entre les principales ethnies qui la peuplent.

Autre facteur déstabilisant, la mainmise sur des terres éthiopiennes comme soudanaises, par aussi bien des Arabes du Golfe, des Asiatiques et des compagnies étrangères y compris occidentales pour y cultiver des denrées alimentaires ou des biocarburants (voir encadré).

 

Les chiffres des victimes de la famine concernant l'Ethiopie et l'Erythrée sont encore imprécis en raison de l'absence de nombreuses ONG qui ont été empêchées d'agir librement. Il semble toutefois que la Somalie est cette fois-ci la plus touchée.

Victime depuis plus de 20 ans de violences et de conflits, elle comptait en 2010 plus de 1,4 million de déplacés de l'intérieur et plus de 600 000 réfugiés dans des pays voisins, Kenya en tête, suivi du Yémen, chiffres en pleine expansion.

Des dizaines de milliers d'entre eux ont risqué leur vie en effectuant la dangereuse traversée du golfe d'Aden depuis le nord de la Somalie vers ce pays du sud de la Péninsule arabique, qui lui-même connaît des troubles.

Cette région est aussi sillonnée par les pirates qui aggravent l'insécurité. "Il y a une sorte de réseau d'activités criminelles entre les pirates et les trafiquants", estime le HCNUR (Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés).

La Somalie a souffert des affrontements entre clans et chefs de guerre, souvent attisés par ses voisins. Le pays avait fini par être dominé par les shebabs, membres des tribunaux islamiques se réclamant d'al-Qaïda.

Mogadiscio, la capitale, a cependant été reprise en janvier 2007 par une alliance entre forces éthiopiennes - soutenues par les Etats-Unis - et le gouvernement fédéral de transition. Depuis, la situation de guerre civile perdure, les shebabs occupant des régions entières et décidant si oui ou non des ONG ou même le CICR peuvent s'occuper des populations affamées.

 

L'ONG Survival International relève le paradoxe de la mainmise sur des terres éthiopiennes comme soudanaises, par aussi bien des Arabes du Golfe, des Asiatiques et des compagnies étrangères y compris occidentales pour y cultiver des denrées alimentaires ou des biocarburants. Des tribus indigènes sont spoliées de leurs terres agricoles les plus productives qui sont allouées à des compagnies étrangères qui pratiquent une agriculture intensive d'exportation alors que des milliers de personnes souffrent de la famine en cette grave période de sécheresse qui affecte le sud de l'Ethiopie.

 

La Banque mondiale estime que 3,9 millions d'hectares ont été cédés au Soudan et 1,2 million en Ethiopie entre 2004 et 2009. Cette ruée touche de nombreux pays africains, y compris le Ghana, le Mozambique, la Namibie, le Cameroun, la RD-Congo ou le Congo-Brazzaville.

Les populations locales, qui n'ont jamais été consultées, ont été réduites au silence avec l'interdiction toute opposition à la spoliation de leurs terres.

 

T. D.

Barack Obama a reçu les présidents ivoirien, béninois, guinéen et nigérien.

Après le président gabonais Ali Bongo, quatre autres chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest (l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Béninois Boni Yayi, le Guinéen Alpha Condé et le Nigérien Mahamadou Issoufou) ont eu une rencontre avecle président américain, lors d'une rencontre qui a été, pour le président américain, l'occasion de souligner le soutien de l'administration américaine pour les démocraties en développement, dans l'intention manifeste de Washington d'"encourager les transitions en cours dans trois de ces quatre pays".

 

C'est un peu la fin d'un long silence de Barack Obama vis-à-vis de l'Afrique de l'Ouest francophone. Certes Washington s'est impliqué dans la résolution des crises en Côte d'Ivoire et en Guinée, notamment. Mais le président américain n'a pas encore noué les mêmes liens privilégiés qu'il entretient avec le Nigérian Goodluck Jonathan, que Barack Obama consulte régulièrement au téléphone, ou le Ghanéen John Atta Mills, chez qui il s'est rendu en 2009.

 

Mais la multiplication des crises politiques en Afrique de l'Ouest ces dernières années, ainsi que la montée en puissance d'al-Qaïda dans le Sahel ont fait prendre conscience à Washington de la nécessité d'épauler les pays en transition.

Deux des quatre présidents reçus à la Maison Blanche reviennent de loin. L'Ivoirien Alassane Ouattara, le Guinéen Alpha Condé ont vu leur pays frôler la guerre civile. Le troisième, Mahamadou Issoufou est en première ligne du combat contre le terrorisme.

 

Dans une Afrique de l'Ouest où la stabilité politique est à consolider, c'est aussi un signal d'encouragement qu'enverra le numéro un américain à ces dirigeants nouvellement élus ou réélus.

Reste à savoir si Barack Obama offrira à ces dirigeants une prime à la démocratie. Car si les Etats-Unis ont prévu de consacrer cette année 7,5 milliards USD à l'Afrique, la grande partie de cette somme est répartie entre les pays anglophones.

 

B. H.

 

Nafissatou Diallo rompt le silence devant les médias américains.

Enfin le timbre de sa voix et son visage, que l'on présumait joli, au regard des commentaires de ceux qui l'ont côtoyée! Pour la première fois, depuis l'éclatement de la présumée affaire d'agression sexuelle dont elle aurait été victime de la part de Dominique Strauss-Kahn le 14 mai 2011, Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel Hôtel, livre elle-même sa version des faits, jusque-là narrée par ses avocats.

Dans l'entretien, qui intervient une semaine avant le retour de l'ex-patron du FMI devant la justice américaine, la Guinéenne de 32 ans maintient ses accusations contre DSK, qu'elle entend voir payer pour son acte.

«Je veux qu'il aille en prison. Je veux qu'il sache qu'il existe des endroits où vous ne pouvez pas vous servir de votre fric, de votre pouvoir quand vous faites un truc pareil», a-t-elle déclaré, qualifiant au passage son "agresseur" «d'homme fou, nu et à la chevelure grise», les larmes pleins les yeux.

 

Les détracteurs parlent d'une opération de com, dans le but de jouer sur la sensibilité des jurés qui viendront à trancher l'affaire, et d'une campagne médiatique visant à renforcer l'accusation, «dégonflée» par les récentes révélations du procureur de New York, qui ont sérieusement entamé la crédibilité de la jeune femme ou de stratégie pour reconquérir l'honneur d'une femme qu'«on est arrivé à traiter de prostituée»?

En tous les cas, l'interview aura-t-elle une incidence sur l'issue du procès? Qui vivra verra!

 

C. E.

Obama a reçu les présidents béninois, guinéen, nigérien et ivoirien.

Allocution prononcée par le président Barack Obama après sa rencontre, à la Maison Blanche, avec les présidents ouest-africains Boni Yayi (Bénin), Alpha Condé (Guinée), Mahmadou Issoufou (Niger) et Alassane Ouattara (Côte-d'Ivoire).

 

Bien, je voulais juste accueillir publiquement quatre dirigeants très distingués, à la Maison Blanche: le président Yayi du Bénin, Alpha Condé, président de la Guinée, Mahmadou Issoufou, président du Niger et Alassane Ouattara, président de la Côte d'Ivoire.

 

Bien évidemment, nous avons beaucoup de choses qui se passent ici à Washington aujourd'hui, il était important pour nous, je pense, de maintenir ce rendez-vous avec quatre leaders des nations représentant le progrès démocratique en Afrique, ce qui est vital pour une afrique stable et prospère, mais aussi vital pour la stabilité et la prospérité du monde.

 

Tous ces dirigeants ont été élus par des élections libres et justes. Ils ont montré une remarquable persévérance à vouloir promouvoir la démocratie dans leur pays, en dépit des risques importants pour leur sécurité personnelle et, en dépit d'énormes défis, dans certains cas - le plus récemment en Côte-d'Ivoire - l'application des résultats de ces élections.

 

Mais à cause de leur courage et la détermination de leur peuple à vivre démocratiquement et librement, ils ont été en mesure d'obtenir une position de pouvoir qui est soutenu par le désir légitime de leurs peuples, et qui, en tant que telle, peut servir comme un modèle efficace pour le continent.

 

Tous ces pays insistent sur ce que j'ai souligné, lors de ma visite au Ghana, où j'ai fait un discours sur l'Afrique comme un tout - c'est un moment de grande chance et d'importants progrès en Afrique. Politiquement, la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne ont maintenant embrassé la démocratie. Economiquement, l'Afrique est l'une des régions les plus florissantes au monde.

Et nous avons juste eu une discussion très productive dans laquelle nous avons discuté comment nous pouvons bâtir sur les progrès politiques, le progrès économique et relever les défis de sécurité qui peuventt continuer à traiter avec l'Afrique. Et je souligne que les Etats-Unis ont été et continueront d'être leur partenaire, dans ce processus de démocratisation et de développement.

 

Malgré l'impressionnant travail de tous ces messieurs, je l'ai dit avant et je pense que nous convenons tous, l'Afrique a besoin d'hommes forts, l'Afrique a besoin d'institutions fortes. Donc, nous travaillons avec eux en tant que partenaires pour construire un système judiciaire efficace, où la société civile est forte et les législateurs sont efficaces et inclusifs, tout en s'assurant que les droits de l'homme soient protégés.

 

En ce qui concerne le développement économique, nous convenons tous que nous ne pouvons pas continuer à reproduire une approche qui crée la dépendance, mais nous devons adopter une approche qui crée la durabilité et la capacité, au sein de chacun de ces pays par le commerce et l'investissement et le développement du capital humain et l'éducation des jeunes dans ces pays.

 

Nous en avons discuté, nous non seulement de promouvoir le commerce entre les États-Unis et chacun de ces pays respectifs, mais nous voulons promouvoir le commerce inter-africain et les autorités régionales, ce qui nécessite des investissements dans les infrastructures dans ces zones.

 

Nous sommes des partenaires pour résoudre pacifiquement les conflits et nous avons travaillé  efficacement avec la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de lò'Afrique de l'Ouest) et l'Union Africaine (UA) pour résoudre les crises dans la sous-région. Et nous apprécions l'aide que nous avons reçus sur la lutte contre le terrorisme, qui est en train d'essayer de prendre pied en Afrique.

 

Et enfin, nous avons discuté comment nous pouvons travailler ensemble pour éviter la crise humanitaire en Afrique de l'Est. Je n'ai pas beaucoup l'attention, ici aux USA comme il le mérite. Mais nous commençons à voir le développement sur la famine dans la Corne de l'Afrique, en Somalie en particulier. Et cela va nécessiter une intervention internationale, et l'Afrique sera un partenaire pour faire en sorte que des dizaines de milliers de personnes puissent éviter la famine.

 

Alors laissez-moi simplement conclure en disant que beaucoup de pays ici sont - ou ont célébré - sur le point de célébrer leur 50 ème anniversaire de l'indépendance. Tout comme le président Issoufou l'a souligné, je suis moi aussi sur le point de célérer mon existence, depuis 50 ans. (Rires)

 

Et quand on pense aux extraordinaires progrès qui ont été faits, je pense que beaucoup a été fait, nous pouvons être fiers. Mais bien sûr, quand on pense aux 50 dernières années, nous devons aussi reconnaître qu'il y a eu beaucoup d'occasions manquées.

Et donc, je pense que ces dirigeants sont absolument déterminés à assurer 50 autres annéss à partir de maintenant. Nous pouvons dire qu'ils ont contribué à inverser la tendance dans leur pays, à établir de solides pratiques démocratiques, à aider à créer la prospérité économique et la sécurité.

 

Et nous voulons juste vous faire savoir les Etats-Unis seront avec vous, à chaque étape du chemin.

Merci beaucoup, tout le monde. (Applaudissements).

Afri-Nous

L’ancien président sud-africain a confirmé sa participation aux cérémonies du 100ème anniversaire de l’ANC, l’an prochain. 
Créé en 1912, l’ANC (African National Congress), est le parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994. C’est aussi le parti où sont passées d’éminentes personnalités sud-africaines comme Oliver Tambo (qui fut le chef en exil), Nelson Mandela, Govan Mbeki (père de Thabo), Winnie Mandela, Walter Sisulu ou encore Jacob Zuma.

Thabo Mbeki avait jusqu’ici été largement absent des événements de son parti depuis qu’il avait été évincé de la présidence en 2008. Mais dans une interview accordée au Sunday Times cette semaine, il a affirmé qu’il s’impliquerait pour faire des cérémonies un succès, étant donné que le centenaire est important non seulement pour l’Afrique du Sud, mais également pour le continent africain tout entier.

Selon lui, l’ANC ne devrait pas seulement réfléchir sur les luttes passées, mais également sur le présent et le rôle futur qu’il doit jouer dans la lutte pour la libération.
Mbeki a déclaré espérer que l’ANC utiliserait l’occasion pour avoir des discussions au sujet des défis qui attendent l’Afrique, et comment, en tant que plus vieux mouvement de libération du continent, il pourrait renforcer son rôle en Afrique.

Norbert Ngouma

Des pirates prennent le contrôle d'un navire italien transportant du gasoil; 23 hommes d'équipage dont 2 italiens.

Un navire italien a été attaqué par des pirates au large du Bénin. L'armateur du bateau est basé à Naples et le dossier est géré depuis Rome.

La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Margherita Boniver, se déclare optimiste sur le sort des 23 hommes de l'équipage qui compte 20 Philippins, deux Italiens et le commandant de nationalité roumaine. Selon ses propos, les pirates qui ont réussi à grimper à bord du navire "Anema e Core", propriété d'un groupe d'armateurs napolitains, au large du Bénin, dans le golfe de Guinée, ont uniquement pour but de s'emparer du gasoil transporté par le navire.

Il n'y a aucune motivation politique derrière cette attaque et l'affaire devrait se résoudre rapidement, a assuré Margherita Boniver en charge du dossier.

Cette affaire relance la question sur la présence d'hommes armés, militaires ou gardes privés, à bord des bateaux commerciaux pour les protéger des attaques des pirates. Depuis 10 jours, le gouvernement mené par Silvio Berlusconi a d'ailleurs autorisé le ministère de la Défense à stipuler avec des armateurs privés des conventions de protection des navires battant pavillon italien.

I. A.