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A 56 ans, s'est éteint des suites d'un cancer du pancréas le patron le plus charismatique des 30 dernières années.

"Vous souvenir que vous pouvez mourir est la meilleure façon d'éviter de penser que vous avez quelque chose à perdre", expliquait Steve Jobs en 2005, après avoir échappé à un cancer du pancréas. En 2009, une greffe du foie réalisée à Memphis, à l'issue d'une course folle en hélicoptère, lui donnait une nouvelle chance. Cette fois-ci, la maladie a été la plus forte... Celui qui, après le Macintosh, a changé la donne de la musique (iPod), de la téléphonie (iPhone) et de la télévision (iPad) vient de s'éteindre. Quand il est né, les téléphones avaient des cadrans, les télévisions ressemblaient à des cubes et on écoutait la musique encore sur des 78 tours. Le fondateur d'Apple a passé sa vie à changer la nôtre...

L'histoire commence pourtant par une fin de non-recevoir. Quand ils le mettent au monde en février 1955, l'étudiant en sciences politiques Abdulfattah Jandali, venu de Syrie trois ans plus tôt, et Joanne Schieble, élève en psychologie d'origines allemande et suisse, estiment qu'ils ne pourront subvenir aux besoins du petit Steve. Ils ne sont alors qu'étudiants et décident de l'abandonner.

Une vérité que Jobs découvrira sur le tard. Un coup de massue d'autant plus douloureux que ses parents naturels garderont Mona, sa soeur cadette. Cette dernière, mariée un temps à un scénariste des Simpson, racontera dans The Lost Father l'histoire de leur famille décomposée.

Une terreur à l'école

Le petit Steve atterrit à Palo Alto, à une demi-heure de route au sud de San Francisco. Ses parents adoptifs, Paul, employé d'une entreprise de lasers, et Clara Jobs, comptable, habitent un pavillon doté d'un garage. À l'école primaire, Steve est une terreur.

"On mettait des serpents dans la salle de classe et on faisait exploser des bombes à eau", confesse-t-il à Playboy en 1985. Un jour, il ingurgite du poison pour fourmis et est envoyé illico presto aux urgences... Dilettante? Oui, mais avec une certaine suite dans les idées. À 12 ans, il déniche dans le bottin le numéro de Bill Hewlett, cofondateur de l'entreprise star de la Silicon Valley. Le vétéran répond gentiment à ses questions durant 20 minutes. Et offre à Steve un "job d'été" d'assemblage de composants qu'il effectuera trois ans plus tard.

Quand ils l'ont pris sous leur aile, les Jobs s'étaient engagés à lui faire suivre des études. Ce sera au Reed College, dans l'Oregon. Là aussi, il trouve le temps long.

"Il dormait à même le sol en écoutant en boucle Tambourine Man et Hurricane de Bob Dylan, ses cheveux collés à un énorme transistor", se souvient Daniel Kottke, un des pensionnaires. Les deux se lient alors d'amitié avec Robert Friedland, un fort en gueule de cinq ans leur aîné, qui fera fortune par la suite dans les mines au Venezuela. Mais, surtout, "Toxic Bob", comme Friedland sera surnommé à la suite de l'explosion d'une de ses mines dans le Colorado, possède un verger dans l'Oregon. Apple doit son nom à ces après-midi d'automne "bohèmes", où Jobs, l'étudiant peu assidu, gamberge à l'ombre des pommiers.

Méditation et LSD

Ces divagations lui donnent le goût de l'aventure. Jobs ferait alors n'importe quoi pour se rendre au Kumbh Mehla, plus gros rassemblement religieux du monde qui se tient tous les 4 ans en Inde, sur les bords du Gange. Il rêve d'y rencontrer Maharishi Mahesh Yogi, un adepte de la méditation transcendantale dont les enseignements ont été suivis par les Beatles et Mia Farrow.

Il convainc ses parents de lui offrir un billet en 1974. Il n'a que 19 ans, ne découvre pas de grand maître, mais le LSD, de terribles indigestions, et le goût de l'inconnu. Un jour, alors qu'il parcourt l'Himalaya, Jobs rencontre un moine qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam. Le Californien parle avec lui de l'origine de la vie, et accepte de se faire tondre la tête en signe de "purification".

De retour dans l'Oregon, au bout de 4 mois, Jobs plaque tout. Plus question de passer l'examen final. L'école de la vie s'avère plus difficile que l'école tout court.

"Je ramassais les bouteilles de Coca-Cola pour récupérer la consigne de cinq cents", reconnaîtra-t-il en 2005, lors d'un retour sur sa vie devant les étudiants de Stanford. Chaque dimanche soir, il parcourt à pied les 10 kilomètres qui le séparent du temple Hare Krishna de Portland pour obtenir un repas (végétarien) gratuit. Il sèche les cours donc, à l'exception de l'enseignement de la calligraphie. Il y découvre les empattements. Ces terminaisons des caractères proviennent de la trace laissée par le pinceau lorsque la main s'élève en achevant le geste d'écriture.

"Cette initiation influera la manière d'écrire sur un Mac. Et comme Microsoft s'est borné par la suite à copier notre interface, tous les propriétaires de PC ont pu en bénéficier", expliquera-t-il toujours à Stanford.   Le ton est donné.

1 820 dollars

Car, entre-temps, Jobs a rencontré Steve Wozniak chez Hewlett-Packard. "Enfin, il trouvait quelqu'un qu'il avait envie d'écouter", se souvient Bill Fernandez, un copain de fac, qui a présenté les deux Steve. Tous deux sont passionnés d'électronique, mais Woz, de quatre ans son aîné, est plus bidouilleur. À 11 ans, aidé de son père, il a déjà assemblé une radio ! Au tout début de l'informatique, Woz met au point un ordinateur baptisé Cream Soda Computer, en référence à la quantité de boisson gazeuse qu'il a ingurgitée lors de sa conception. "C'est ce type d'objet qu'il faut vendre !" hurle Jobs à Woz, qui n'y voyait qu'un jouet d'adolescent attardé. Jobs tanne Woz pour qu'il abandonne son poste chez HP et vende jusqu'à sa HP 65, une des premières calculatrices de poche. Jobs, qui vient de commencer un boulot chez Atari (il en est le 40e employé), refourgue de son côté sa camionnette Volkswagen.

En tout, les deux Steve mettent 1 820 dollars de côté. Un petit butin qui leur permet d'acheter des microprocesseurs. Et d'amorcer la production de leur premier ordinateur dans le garage des Jobs : l'Apple I, composé d'un clavier en bois gravé à la main. Les compères en écoulent 150 la première année. Enfin libre !

Jobs ne sera plus obligé d'habiller les répliques miniatures des personnages d'Alice au pays des merveilles à trois dollars de l'heure, comme en 1972 au Westgate Mall, un centre commercial de San Jose... Il faut alors passer aux choses sérieuses. Le look Levis 501 et baskets New Balance en effraie alors plus d'un. "Pourquoi vous m'avez envoyé ce renégat?" s'emporte l'investisseur Donald Valentine, quand il le rencontre en 1972. Beau joueur, cette figure du capital risk recommande tout de même Jobs à Mike Markkula, un ex d'Intel. Il signe le premier chèque (250 000 dollars) qui permet à Apple de se doter de ses propres bureaux à Cupertino.

Contre IBM et Microsoft

Dès sa création, Apple se positionne en réaction à l'establishment. Au départ, l'ennemi à abattre s'appelle IBM, qui veut remplir le monde de ses ordinateurs gros comme des salles à manger. Dans la publicité 1984, réalisée par Ridley Scott, Big Blue a des allures de Big Brother et Apple vient libérer une armée d'esclaves. David n'est pas toujours de très bon goût avec Goliath : à l'instar de ce cliché qui le montre devant une affiche d'IBM, le sourire aux lèvres et le majeur au garde-à-vous. Microsoft, né en même temps qu'Apple, n'est guère mieux traité par le trublion: "Bill Gates aurait pu avoir l'esprit plus large s'il avait pris une fois de l'acide en étant plus jeune".

Pour Jobs, avoir l'esprit large, c'est accorder une grande importance au design. À 20 ans, il est passionné des ouvrages de Stewart Brand (un écrivain qui, avec son "Whole Earth Catalog", invente une nouvelle manière d'écrire, truffée de collages), qu'il dévore dans sa nouvelle maison de Los Gatos. Sur les murs blancs de sa maison, Jobs ne tolère que des tableaux du peintre du début du XXe siècle Maxfield Parrish : la destruction créatrice.

"Tout ce dont j'avais besoin, c'était une tasse de thé, un briquet, une stéréo. Le design, ce n'est pas seulement l'apparence et la sensation, c'est aussi l'utilité", explique-t-il à l'occasion d'un portrait réalisé par Diana Walker en 1982. En 2003, il déclare au New York Times :   Séduit par la souris qu'Apple rend accessible au grand public, Andy Warhol est un des premiers adeptes du Macintosh, l'ordinateur qui succède à l'Apple II. Jobs commence à prendre confiance en lui.

Génial, mais ingérable

Son bébé, le Macintosh, n'attend pas. Jobs doit à la fois mobiliser une équipe de développeurs de talent et structurer l'entreprise. Il va réaliser alors la plus grosse erreur de sa vie. En 1985, il débauche John Sculley, patron de Pepsi. À cet as du marketing, Jobs lance "Dis-moi, John, tu préfères passer le reste de ta vie à vendre de l'eau sucrée ou bien à changer le monde ?" Tope là ! Au départ, tout va bien. Mais, très vite, l'indépendance de Jobs gêne.

"Ses propos naviguaient entre une nonchalance désarmante et des arguments qui partaient dans tous les sens", déplore alors Sculley. Le nouvel homme fort décide de se séparer de ce génial ingérable. Et voilà Jobs viré de l'entreprise qu'il avait créée dix ans plus tôt !

Jobs vit mal cette mise à pied... "Si Apple devient un endroit où la romance a disparu, et où les gens oublient que les ordinateurs sont l'invention la plus formidable de l'homme, je pense que j'aurai perdu Apple."

Il élabore alors un plan avec son ami Larry Ellison, le richissime patron d'Oracle, pour racheter Apple et revenir à sa tête. Au dernier moment, le plan n'est pas mis à exécution, mais Jobs a pris soin de garder une action de la firme. Ce qui lui permet de scruter, trimestre après trimestre, les résultats de l'entreprise...

Retour triomphal

Cette "traversée du désert" va se révéler salutaire. En 1986, il achète Pixar au producteur George Lucas (La guerre des étoiles) 10 millions de dollars. Il revendra le studio 7,4 milliards à Disney 20 ans plus tard. Entre-temps, il a transformé l'entreprise brinquebalante en boîte à tubes (Le monde de Nemo, Toy Story ou encore Monsters).

Toujours en 1986, Steve l'infatigable crée NeXT (au suivant, en anglais), une compagnie qui, espère-t-il, va inventer l'ordinateur idéal pour les étudiants. Si le système rencontre un succès d'estime (Ross Perot investit dedans et Jobs offre un ordinateur NeXt au roi Juan Carlos), il n'en vend que 50 000 unités. Un échec commercial donc, mais, à ce moment-là, Jobs va réussir son coup de maître : en 1996, l'obstiné persuade Apple de racheter NeXT et sa technologie. L'enfant prodigue est de retour: au départ simple conseiller de Gil Amelio (qui a remplacé Sculley), il deviendra patron en 2000.

À son retour, Jobs change tout: de la cafétéria, où il fait embaucher un spécialiste du tofu, aux salles de réunion, qu'il baptise du nom de peintres de la Renaissance. Il cite alors le hockeyeur star Wayne Gretzky: "Je me dirige où le palet va être, non là où il est allé."

Surtout, il sort Apple de son carcan. Avec l'iPod, Steve Jobs devient le plus grand vendeur de morceaux de musique au monde. Et un Français, Jean-Marie Hullot, l'encourage à se lancer dans la téléphonie. L'iPhone sort en 2007, et l'iPad, une tablette multimédia à tout faire, en 2010. Des lancements qu'il orchestre au cours de shows enseignés dans les écoles de commerce. À l'instar de la "keynote" présentée le 2 mars pour le lancement de l'iPad 2. Alors qu'il est censé être de nouveau en congé maladie depuis trois mois, Jobs apparaît sur scène, le pas plus assuré qu'à l'accoutumée. One more thing ? Jobs poursuit l'ouverture des Apple Store. Il en existe aujourd'hui 357 dans le monde...

Et voilà Jobs, rejeté un temps par l'entreprise qu'il a cocréée, de nouveau porté aux nues. "C'est le patron capable des meilleurs come-back", explique Richard Branson, numéro un de Virgin. Même Bill Gates, l'ennemi des débuts, expliquera en 2008, plus de trente ans après la création d'Apple et de Microsoft, que "Steve Jobs est celui qui a le plus contribué à l'industrie informatique"... Jobs est de nouveau le boss. Quelqu'un se trompe dans la taille des caractères d'une présentation et il rentre dans une colère noire. "Il aurait fait un parfait roi de France", plaisantait dans Time dès 1982 Jef Raskin, un des principaux développeurs du Mac.

Google, le nouvel ennemi

Le pouvoir isole. Car, à ce moment-là, Apple, ex-symbole de la contre-culture, devient dominant. Les opérateurs téléphoniques en ont gros sur la patate de voir ce nouveau venu créer un modèle fermé qui lui permet de facturer directement des mini-programmes (applications) aux clients. Et Google, l'ami de toujours, devient un ennemi en 2009. "Je suis désolé, mais je ne me suis jamais lancé dans les moteurs de recherche", moque Jobs.

Ces dernières années, Jobs semblait avoir réussi à faire la paix avec lui-même. En 1990, il a rencontré Laurene Powell, à l'occasion d'une conférence donnée à Stanford. Un an plus tard, le moine bouddhiste Kobun Chino Otogawa les a mariés au coeur du Yosemite Park. L'ex-banquière chez Merrill Lynch, reconvertie dans la vente de produits bio au sein de l'entreprise Terravera, lui a donné trois enfants, Reed, Erin et Eve, tout comme une certaine quiétude. Pour cette nouvelle progéniture, comme pour sa première fille Lisa, il avait des tonnes de projets. Ne venait-il pas de démolir la Jackling House, une gigantesque demeure du village de Woodside, pour en faire un paradis familial ? Bien décidé à ne pas reproduire l'erreur de New York où il avait retapé un triplex avant de le revendre en 2003 quinze millions de dollars au chanteur Bono sans l'avoir jamais occupé.

Le livre de Jobs se referme. Que retiendra-t-on de celui que le mensuel Forbes a nommé patron de la décennie ? Chris-Ann Brennan, la première femme qui a partagé sa vie, se souvient de ces nuits où il se réveillait un poing tendu vers le haut en hurlant "je veux conquérir le monde !" Pour mieux croquer le personnage, elle sort un stylo. Et griffonne sur un coin de table un dessin resté jusqu'ici secret. En haut se trouvent un moine zen, en bas Henry Ford, à gauche François d'Assise et à droite... Hitler ! Steve Jobs, pour elle, se situait à la croisée de ces quatre personnalités. Avec sa part de lumière et d'ombre, mais avec une rage et une force qui ont galvanisé cet autodidacte jusqu'au dernier souffle. Jusqu'à en faire un des hommes qui a révolutionné notre quotidien.

En plus le financement d'une centrale à charbon d'une capacité de 50 Mw.

La Corée du Sud vient d'attribuer au Sénégal une enveloppe de 24 milliards de Fcfa pour la construction de deux bateaux devant aider à désenclaver le Sud du Sénégal et favoriser ainsi son décollage économique. Le projet, paraphé entre Karim Wade et l'ambassadeur de la République de Corée, prévoit aussi la mise en place d'infrastructures portuaires des deux côtés du fleuve Gambie.

 

Le Sénégal et la Corée du Sud viennent de signer une convention de financement d'un projet d'infrastructures et d'équipements maritimes (MIEP) d'un coût global de près de 30 milliards CFA, dont 24 milliards du Fonds Coréen de Coopération pour le Développement Economique (FCDE), une branche d'Eximbank.

Le projet vise à contribuer au désenclavement de la Casamance, par conséquent, il favorise le développement de cette partie du pays, tout en renforçant l'intégration sous-régionale, particulièrement avec la Gambie et la Guinée Bissau.

Ainsi, pour renforcer la desserte maritime Dakar-Ziguinchor, deux bateaux capables de transporter chacun 200 personnes et 13 camions seront mis en circulation. Il est également prévu la construction d'une gare et d'autres infrastructures maritimes telles que des terminaux, une unité de stockage à froid d'une capacité de 100 tonnes au port de Ziguinchor, etc.

Pour sa part, le ministre de l'économie maritime, Khouraïchi Thiam, estime que le développement économique du Sénégal (notamment des régions enclavées) est largement tributaire de la performance des services de transport maritime et fluvial.

La Corée du Sud va financer la construction d'une centrale à charbon d'une capacité de 50 Mw. L'annonce a été faite, hier, par Karim Wade, ministre d'Etat, ministre de la Coopération internationale, des transports aériens, des infrastructures et de l'énergie, en marge de la cérémonie de signature d'une convention de financement d'un projet d'infrastructures et d'équipements maritimes.

Selon lui, ce projet de construction de centrale devrait permettre au Sénégal d'accélérer son programme de centrales à charbon, dont le retard lui coûte environ 100 milliards XFA annuellement. Il rappelle que l'objectif de cette centrale n'est pas seulement d'assurer l'approvisionnement du Sénégal en électricité, mais aussi celui de toute la sous-région.

A terme, le Sénégal devrait produire 200 Mw pour les autres pays de la sous-région.

«Le programme charbon va non seulement nous permettre de sécuriser l'approvisionnement en électricité mais aussi de réduire sensiblement le prix de l'électricité de 50%», ajoute-t-il.

Concernant la situation actuelle, il annonce le retour dans le réseau, aujourd'hui, de 50 Mw supplémentaires. Il reste, cependant, «quelques problèmes de distribution».

Accusé par le CNT de fraude à la Fédération Libyenne de Football et violentes répressions civiles.

A la demande des nouvelles autorités libyennes, l'organisation policière internationale Interpol a émis une « notice rouge » pour demander l'arrestation de Saadi Kadhafi, l'un des fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi qui a trouvé refuge au Niger depuis le 11 septembre 2011. Le gouvernement nigérien maintient son refus de l'extrader.


Saadi Kadhafi est recherché par les nouvelles autorités libyennes du Conseil national de transition (CNT) qui l'accusent, selon Interpol, de «s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football». En tant que commandant d'unités militaires qui auraient été impliquées dans la répression de manifestations de civils durant la révolte libyenne, Saadi Kadhafi est également soumis à des sanctions ordonnées par le Conseil de sécurité de l'ONU.

C'est la première fois que le CNT fait une telle demande, entraînant l'émission d'une «notice rouge» par Interpol à destination des 188 pays membres de l'organisation. Le Niger est membre d'Interpol mais il ne se trouve pas pour autant dans l'obligation d'arrêter le fils de Kadhafi.

La «notice rouge» n'est pas, en effet, contraignante. Interpol ne peut pas envoyer de policiers au Niger pour arrêter Saadi Kadhafi, ni obliger Niamey à le faire. Cela reste tout de même un moyen de pression sur les autorités nigériennes. Pour l'heure, celles-ci réitèrent nénamoins leur refus d'extrader le fils de Kadhafi.

Saadi Kadhafi faisait partie d'un convoi d'une dizaine de personnalités proches de Kadhafi parmi lesquelles figuraient trois généraux. Ils fuyaient la Libye lorsque le convoi a été intercepté, par une patrouille de l'armée nigérienne, le 11 septembre 2011, au nord d'Agadez, région frontalière avec la Libye. Le Niger les a accueillis «pour des raisons humanitaires» avait affirmé le porte-parole du gouvernement nigérien Marou Amadou.

Le Niger, qui a officiellement reconnu le CNT, avait alors précisé, au sujet de Saadi Kadhafi, qu'il ne serait pas renvoyé en Libye et que «si ce monsieur ou une autre personne sont poursuivis par un tribunal indépendant (...) qui a une compétence universelle de connaître des crimes quelconques pour lequels il sont poursuivis, alors le Niger fera son devoir».

Le Niger, qui reconnait avoir accueilli 32 proches du colonel Kadhafi - dont trois généraux et l'ancien chef des brigades sécuritaires du régime - avait ainsi promis de respecter ses engagements auprès de la justice internationale concernant des pro-Kadhafi recherchés et réfugiés sur son territoire.

Avant d'être saisie par le CNT, Interpol avait déjà été interpellée par la Cour pénale internationale pour lancer une «notice rouge» demandant, cette fois-ci, l'arrestation de Mouammar Kadhafi, de son fils Seif Al-Islam et de son beau-frère, Abdallah Al-Senoussi, ancien chef des services de renseignement.

Saadi Kadhafi est âgé de 38 ans et a consacré une partie de sa vie au football. A 20 ans, il s'est entraîné avec la Juventus de Turin et la Lazio Rome mais n'a pas réussi à faire une carrière professionnelle dans le football italien. Il s'était fait recruter comme milieu de terrain à Perugia avant d'être rapidement été suspendu pour dopage.

Il est resté tout de même actionnaire de la Juventus, mythique club italien, dont la banque centrale libyenne possède 7,5 % des parts. Ces avoirs sont aujourd'hui gelés. Après son échec comme footballeur, Saadi Kadhafi est rentré en Libye où il s'est reconverti dans l'armée, dirigeant une unité d'élite.

Mesures de protection insuffisantes pour ceux qui fuient la Libye.

"On parle d'afflux massif, même si seulement 2% de ceux qui ont fui la Libye sont arrivés en Europe. L'entente entre Rome et les rebelles n'est pas différente de celle signée avec Kadhafi".

C'est la dénonce d'Amnesty International, dans le rapport "La bataille pour la Libye:. Assassinats, les disparitions et tortures", basé essentiellement sur des recherches effectuées par l'organisation humanitaire en Libye, entre le 26 février 26 et le 28 mai 2011, et qui ont impliqué, entre autres, les villes d'Al-Bayda, Ajdabiya, Brega, Benghazi, Misurata et Ras Lanouf.

Quant à l'Italie et l'Union Européenne, Amnesty International souligne que, depuis le début de la révolte en Libye, beaucoup de gens ont dû affronter des traversées dangereuses, parfois mortelles, à travers la Méditerranée vers les côtes de l'Europe.

Bien qu'ayant reçu à peine 2% des demandeurs d'asile, réfugiés et immigrés ayant fui la Libye, les Etats de l'UE n'ont pas hésité à parler d'un «afflux massif», causé par l'instabilité en Afrique du Nord et ont  continué à appliquer des politiques de contrôle des frontières, au détriment des droits humains.

Selon l'organisation humanitaire, les Etats de l'UE et l'OTAN n'ont pas adopté toutes les mesures nécessaires à garantir aux civils en fuite de la Libye, bien que la protection des civils eut été la raison déclarée de l'intervention de l'OTAN en Libye.

Depuis Mars 2011, on estime qu'au moins 1500 personnes sont mortes en mer.


Elvio Pasca

Appui à la croissance du secteur public et projets d'eau et assainissement.

La Banque Africaine de Développement (BAD) a approuvé près de 258 millions de prêts et de dons, au Burkina (80 millions), au Mozambique (96 millions) et au Niger (34 millions). 

 

Le Conseil a octroyé un don de 80,5 millions de dollars EU (50 millions d'unités de compte) au Burkina Faso, pour financer le Programme d'appui à la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) et au climat des affaires.

Les fonds du don seront décaissés en deux tranches égales, en octobre 2011 et juin 2012. Le programme devrait être achevé pour mai 2013.

 

Le Conseil a accordé au Mozambique un prêt de 96 millions de dollars EU (60 millions d'unités de compte), pour financer le Programme de croissance et d'efficacité du secteur public (GPSE), dans l'objectif d'étendre les impacts sociaux de la solide croissance économique du pays à la création d'emplois et de revenus ainsi qu'à la réduction de la pauvreté.

 

Le Conseil a consenti au Niger un don de 33,84 millions de dollars EU (21,02 millions d'unités de compte) sur le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire, et un prêt FAD de 15 millions de dollars EU (9,34 millions d'unités de compte) pour financer le Programme de mobilisation de l'eau en vue de l'amélioration de la sécurité alimentaire dans les régions de Maradi, Tahoua et Zinder, à travers le renforcement des capacités en gestion de l'eau et du sol.

Il permettra non seulement d'augmenter les superficies irriguées au Niger, mais également de réduire les pertes après récoltes, d'accroître les rendements agricoles et d'améliorer ainsi les conditions de vie de plus de 200 000 personnes.

 

Le Président sortant estime que le Cameroun est jaloux de son indépendance.

 

Pendant ce temps, au Cameroun, le président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Paul Biya, dans le collimateur du bloc occidental, n'est pas resté indifférent aux menaces supposées ou réelles de la communauté internationale sur son pays.

«La célébration des cinquantenaires de l'indépendance et de la réunification de notre pays nous a donné l'occasion de repenser notre présent et notre avenir à la lumière de notre passé. Nous avons retenu de cette réflexion que le peuple camerounais est un peuple jaloux de son indépendance, et c'est en toute indépendance que le Cameroun nourrit ses relations avec les autres pays du monde», a déclaré Paul Biya, qui, d'après diverses sources, est dans le collimateur du bloc occidental.

Et de poursuivre: «Nous avons retenu aussi l'attachement des Camerounais aux valeurs de paix, d'équité et de solidarité qui constituent le socle de notre action diplomatique. Nous les portons du mieux que nous pouvons dans un monde en proie à des bouleversements inédits qui ébranlent les équilibres et instaurent l'instabilité».

Une riposte évidente à la «communauté internationale», qui régente aujourd'hui les relations internationales. Paul Biya est allé bien plus loin dans le but de mettre en garde tous ceux qui seraient tentés de troubler l'ordre public au Cameroun:

«La paix, l'unité et la solidarité sont des valeurs avec lesquelles on ne transige pas. Nous serons toujours implacables, inflexibles et irréductibles dans le refus de la violence et de la force, préconisées par certains comme moyen d'expression ou de revendication politique dans notre pays. Je le répète, le Cameroun dispose d'un cadre légal d'expression des libertés fondamentales : liberté politique, liberté syndicale, liberté de culte, liberté d'opinion, liberté de circulation, liberté de la presse et bien d'autres encore».

Le gouvernement canadien investit 9,8 milliards pour la recherche en Afrique.
Le Centre de recherches pour le développement international, basé à Dakar, soutient le projet de création de l'Institut pan-africain des sciences mathématiques (AIMS) afin de former les élites scientifiques du continent.

Ouvert à la rentrée 2011, l'AIMS accueille cette année 36 étudiants originaires de toute l'Afrique. L'Institut, dédié à l'enseignement et à la recherche, ambitionne de former les élites scientifiques de la région. es élèvesL, choisis parmi les meilleurs du continent, bénéficieront d'une bourse qui assurera leur prise en charge complète.

"Des professeurs du monde entier, notamment des Médailles Fields, l'équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques, donneront des cours à l'Aims de Dakar", s'enthousiasme lIsabelle Bourgeault-Tassé, conseillère en communication au Centre de recherches pour le développement international (CRDI) de Dakar.


Le CRDI a décidé d'investir dans l'Institut, car "c'est un projet ambitieux, qui correspond totalement à notre mission d'aide en faveur des pays en voie de développement", poursuit la jeune femme.

Crée par le Parlement du Canada en 1970, le CRDI croit en l'utilisation par les pays en développement des sciences et de la technologie, pour trouver des solutions face aux problèmes sociaux, économiques ou encore environnementaux.

Basé à Ottawa, au Canada, le CRDI dispose de 6 bureaux régionaux, dont trois en Afrique: Nairobi, Le Caire et Dakar. Le Centre cherche en particulier "à renforcer la recherche locale, souligne la représentante. A l'Aims, les étudiants seront formés pour travailler dans leur propre pays. Nous ne voulons pas les former pour qu'ils partent ailleurs. Ce sont des jeunes qui ont une vision pour l'Afrique".


Financée par des fonds publics et privés, l'AIMS compte parmi ses principaux donateurs le CRDI canadien, mais aussi l'Angleterre, la France, qui a fait don du terrain sur les installations de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), la compagnie américaine Google, et la compagnie allemande Q-cells.

A l'origine de l'AIMS, un homme : Neil Turok. Le chercheur est né à Johannesburg, en Afrique du Sud, en 1958. Rapidement, il suit les pas de ses parents, Mary et Ben Turok, activistes anti-apartheid du futur Congrès national africain (ANC).

Etudiant, il part au Canada, où il devient un brillant chercheur. De retour au pays, il se rend dans les townships où il est frappé par la situation des Noirs. L'envie d'aider les Noirs de l'Afrique du Sud, post-apartheid, le pousse à donner des cours dans sa spécialité, les mathématiques.

Ainsi, sur les conseils de son père, Neil Turok ouvre le premier Institut pan-africain pour les sciences mathématiques en Afrique du Sud, dans les locaux de la maison familiale, en 2003.

Son but: aider les Africains brillants qui n'ont pas de moyens suffisants. Cette première initiative est couronnée de succès. Une autre suit, au Nigeria puis, cette année, à Dakar.