Religion - Africa Nouvelles

Religion et terrorisme? 

Après l'arrestation de l'imam Ibrahima Sèye de Kolda et placé sous mandat de dépôt pour apologie du terrorisme, c'est au tour de l'imam Alioune Badara Ndao de Kaolack d'être interpellé par des éléments de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane. Il aurait été sous surveillance depuis longtemps, soupçonné d'avoir des relations avec des organistes terroristes et pour ses prêches. 

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Et c'est vers les coups de 3 heures du matin que les limiers ont débarqué à son domicile pour le cueillir et le mettre dans leur panier à salade. Les gendarmes ont saisi aussi son ordinateur. Ses collègues qui réclament sa relaxe rejettent la thèse d'un soupçon de leur camarade avec des organisations terroristes. «S'il avait des rapports avec des organisations terroristes, nous serions les premiers à le savoir parce que nous partageons tout, mais nous ignorons toute relation entre lui et ces organisations. S'ils l'accusent de quelque chose qu'ils nous le disent et qu'ils présentent les preuves qui corroborent ses accusations. Mais s'ils n'ont pas de preuves, ils n'ont aucun droit de le détenir. Nous exigeons fermement qu'on le libère», clame Arona Niang.

Selon des sources policières, l'imam Ndao est «perdu par ses sermons favorables à l'instauration d'un État Islamique. Depuis un certain temps, il fait l'objet d'une surveillance (écoute téléphonique, filature et autres méthodes d'investigations policières) de la part des hommes en bleu». L'autre découverte faite par les enquêteurs, c'est au sujet de ce que les gendarmes appellent ses «liaisons dangereuses» avec des personnes et organisations basées hors du Sénégal. Ces déclarations, paroles et gestes de ces derniers jours sont de nature à friser le soutien et la proximité à des organisations d'essence terroristes. Toutes ces choses font que les enquêteurs l'accusent d'infractions liées au terrorisme, on lui reproche de faire dans «l'apologie de l'Etat Islamique». Alors se pose la question de savoir si les gendarmes disposent d'un mandat de Justice...

Pour l'heure, il est placé en garde à vue en attendant la décision du procureur de la République de la région de Kaolack, du reste, informé de l'arrestation. Dans l'enquête préliminaire, l'imam est sous le coup de la loi n°2009-16 du 02 mars 2009 relative à la lutte contre le terrorisme. Venue soutenir un des leurs, en mailles à partir avec la Justice, la Ligue des imams de Kaolack promet de réagir fortement pour qu'il soit libéré.

Cette arrestation survient quelques semaines après celle de l'imam de Kolda. Ces derniers temps, la Justice sénégalaise s'illustre par de nombreuses arrestations de personnes accusées de terrorisme. C'est le cas notamment pour Cheikh Alassane Sène, Aboubacar Dianko, Ibrahima Ly, El Hadki Malick Mbengue, les dix personnes arrêtées à Dagana puis libérées... La plupart de ces présumés terroristes non encore jugés, croupissent dans les prisons de Rebeuss et du Cap Manuel.

Un message aux jihadistes? 

La réhabilitation du patrimoine culturel de Tombouctou est crucial pour le peuple du Mali , pour les résidents de la ville et pour le monde. 

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La directrice générale de l'UNESCO (Organisme des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture), Irina Bokova, a achevé samedi 18 juillet une visite au Mali. Elle s'est notamment rendue à Tombouctou dans le nord pour la réception de 8 mausolées reconstruits, grâce au concours de son institution. Ces mausolées avaient été détruits par les islamistes lorsqu'ils occupaient la ville. Selon des témoins, c'est très émue que la directrice de l'UNESCO a visité à Tombouctou les mausolées reconstruits, notamment grâce au concours de son institution. Madame Irina Bokova, a expliqué l'importance de la restauration de ces bijoux du patrimoine culturel malien. 

«C'est un fort message de paix, de réconciliation, de respect pour la culture et la patrimoine, pour cet héritage millénaire, profond, richissime du peuple malien, qui représente aussi une richesse, pas seulement pour la Mali mais pour toute l'humanité. C'est par la reconstruction des mausolées de Tombouctou que nous pouvons aussi accompagner les accords de paix et restaurer l'identité de la ville, connue à travers le monde», a insité la directrice de l'institution. 

Et contre les jihadistes qui ont détruit les mausolées, l'UNESCO a saisi la CPI (Cour Pénale Internationale). «Nous avons saisi la CPI. Quand on détruit délibérément le patrimoine culturel, c'est considéré comme un crime de guerre», a estimé Irina Bokova. 

Avant de quitter le Mali, où elle a été reçue par le président IBK, madame Bokova a pris un engagement: outre les mausolées, l'UNESCO aidera à restaurer les célèbres manuscrits et les mosquées de la ville mythique de Tombouctou.

Burqa? Non, merci!  

Après la double attaque terroriste qui a visé la capitale tchadienne lundi, le Tchad a pris une série de mesures. Parmi les plus récentes, l'interdiction de porter dans le pays, le voile intégral encore appelé burqa. 

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Le Premier Ministre tchadien, Kalzeube Pahimi Deubet a annoncé cette mesure mercredi. Il a invoqué des raisons de sécurité. Tout contrevenant sera interpellé et ordre a été donné au forces de l'ordre de ramasser et brûler les burqas disponibles dans les marchés. Les leaders religieux sont priés de relayer ce message dans leurs prêches. La double attaque de Ndjamena avait fait 34 morts

La décision coincide avec le début du mois de jeûne dans ce pays où la population est en majorité musulmane. Mais Emmanuel Nadingar secrétaire général du parti au pouvoir, le MPS prévient: La mesure ne vise aucune religion particulière. En prenant une telle mesure, le pouvoir espère empêcher des attentats perpétrés par des kamikazes qui dissimulent des explosifs sous leurs vêtements. De pareils cas ont été enregistrés au Nigeria voisin.

La double attaque de lundi n'a toujours pas été revendiquée mais le pouvoir tchadien croit qu'elle est l'oeuvre du groupe armé Boko Haram. Une thèse qui ne convainc pas certains observateur.

Non au terrorisme religieux! 

L'attaque terroriste meurtrière contre un hôtel de luxe, mardi 27 janvier, dans le centre de Tripoli a coûté la vie à 13 personnes, en plus des militants, a indiqué le Libya Herald. Selon les premiers rapports, 3 gardes de sécurité libyens ont été tuées, lors de l'attaque contre cet hôtel, et au moins 4 ressortissants étrangers ont été abattus par la suite. Au moins l'une de ces victimes était un Américain, un autre un Français: 6 personnes au moins ont été blessées. 

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Dans un communiqué sur Twitter, la branche de Tripoli du groupe jihadiste de l'Etat islamique (EIIL) a revendiqué cet acte de violence, expliquant que cette attaque avait été organisée pour venger Abu Anas al-Libi, l'un des membres opérationnels d'al-Qaida mort en prison en début de mois.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné cette attaque "haineuse", et la responsable de la politique étrangère de l'UE Federica Mogherini a parlé d'un "nouvel acte de terrorisme condamnable qui porte un coup aux efforts visant à restaurer la paix et la stabilité en Libye".

Cette attaque terroriste a commencé par l'explosion d'une voiture truffée d'explosifs devant l'hôtel. Des hommes armés portant des gilets pare-balles ont ensuite investi le bâtiment, ouvrant le feu au hasard contre les employés et les clients dans le hall de réception au rez-de-chaussée. Les autorités ont publié des photos prises par les caméras de l'hôtel montrant les deux terroristes responsables de cet attentat alors qu'ils se déplaçaient dans l'établissement.

La branche de Tripoli de Daesh a également publié des photos des deux attaquants, un jeune Tunisien et un jeune Soudanais. Le groupe a qualifié ce jeune Tunisien, Abu Ibrahim al-Tounsi, de premier "martyr" à être entré dans l'hôtel. Pour sa part, le fils d'Abu Anas al-Libi, dont le père était décédé dans un hôpital américain des suites d'un cancer du foie, a désavoué cette opération.

"Daesh se présente sous son vrai visage avec cette opération soigneusement préparée. L'armée nationale libyenne lutte contre Daesh à Benghazi depuis le début de l'Opération Dignité. Cette opération contre cet hôtel ne sera pas la dernière si nous ne les chassons pas", a déclaré le porte-parole de l'état-major de l'armée, Ahmed al-Mesmari.

Pour sa part, le parlement libyen a publié une déclaration condamnant cette attaque, affirmant qu'il ne faisait désormais plus aucun doute que Daesh avait commencé à opérer officiellement à Tripoli, et demandant aux Libyens de rester unis contre le terrorisme qui menace le pays.

Pour Najla al-Aqeeb, journaliste de 36 ans, "certains trompent encore le peuple en affirmant que les auteurs sont des fidèles de l'ancien régime. L'Etat islamique est arrivé en Libye, et un groupe de Derna lui a déjà prêté allégeance. Il contrôlerait Syrte, le sud de la ville et d'autres régions. S'y ajoute la guerre qu'il mène à Benghazi. La raison pour laquelle l'Etat islamique est entré [en Libye] tient aux facilités dont il a pu bénéficier dans ce pays pendant un temps, face à la faiblesse du Congrès national libyen et aux pressions et à la collusion des milices. Le résultat est là : la Libye est aujourd'hui un bastion du terrorisme", conclut-elle.

Dévoile le voile!

Identifier toute personne entièrement couverte d'un voile, c'est la décision gouvernementale prise, à Libreville. Le communiqué diffusé en plein journal sur la télévision de l'État, n'a pas donné les raisons de cette mesure de sécurité. 

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«Le ministre de l'intérieur, de la sécurité publique, de l'immigration et de la décentralisation informe les populations sur l'ensemble du territoire national de ce que, pour des raisons de sécurité, les forces de police nationales ont été instruites à l'effet de procéder à tout moment, à l'identification de toute personne portant un voile intégral sur la voie, les services et espaces publics ainsi que dans les transports en commun» disait le communiqué, signé Guy Bertrand Mapangou.

Cette annonce intervient au moment où la montée du terrorisme en Afrique inquiète davantage. 15 morts ont été enregistrés samedi dernier à N'Djamena au Tchad. Le kamikaze portait un voile intégral.

Les autorités gabonaises n'ont pas encore signalé la présence de terroristes sur le sol gabonais mais cette décision sécuritaire pourrait faire l'objet de nombreux commentaires.

Honteuse Afrique! 

Il y a quelques jours, la ville de Michika est tombée à son tour dans l'escarcelle de Boko Haram comme si plus rien ne pouvait satisfaire l'appétit expansionniste de la pieuvre salafiste. Dimanche, la secte islamiste a lancé une nouvelle offensive contre Maïduguri, la capitale de l'Etat de Borno au nord-est du pays, autant dire une grande ville. Peuplée de près de 2 millions d'habitants, cette citée proche du Cameroun et du Tchad constitue le berceau de Boko Haram. 

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Ce serait la plus grosse prise opérée jusque-là si elle était conquise. Et ce serait grave dans l'évolution de la crise et dans la lutte contre Abubakar Shekau et sa bande, car tant qu'ils mènent des enlèvements et font des attentats, on peut comprendre que les forces nigérianes soient impuissantes face à cette guerre asymétrique. Mais on a du mal à comprendre qu'un grand Etat comme le Nigeria ne puisse pas tenir la dragée haute devant une escouade d'enguenillés, soient-ils suréquipés comme certains le pensent. Jusqu'au moment où nous tracions ces lignes, les troupes de Boko Haram, qui étaient à 3 km de Maïguguri dans la matinée du dimanche, avaient été repoussées selon des sources militaires nigérianes. Difficile d'avoir l'information juste dans cette guerre qui est aussi celle de la communication. 

Si d'aventure, les combattants islamistes venaient à vaincre l'armée régulière puis à prendre cette ville stratégique, ce serait un symbole gravissime. 

On a l'impression que plus ça chauffe autour de la pieuvre, plus elle devient une bête immonde. La mobilisation internationale semble doper les terroristes qui sont entrés dans une phase d'offensive généralisée contre l'Etat nigérian et ses voisins. Le récent sommet régional de Niamey, l'envoi des troupes tchadiennes et la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA qui sonnait comme un conseil de guerre contre le terrorisme n'ont pas entamé la détermination de Boko Haram. Si la réaction des forces coalisées ne vient pas à bout de la secte, le cancer va se métastaser dans tout le Nigeria et gangrener certains pays voisins qui constituent un terreau pour l'islamisme radical. 

Qui donc viendra à bout de l'hydre? La situation est d'autant plus préoccupante que les autorités fédérales semblent s'occuper plus de l'élection présidentielle prévue mi-février que de la sécurité intérieure. 

Or, on ne peut pas organiser de scrutin dans un climat d'insécurité sous peine d'exclure une partie des électeurs. Reste maintenant la création de la force africaine de 7 500 hommes décidée au récent sommet de l'UA à Addis Abeba (Ethiopie) pour traquer les terroristes de Boko Haram. 

Mais au-delà des moyens logistiques et financiers pour la mise en œuvre de cette force africaine, l'autre grand problème reste ce nationalisme sourcilleux dont le «Géant aux pieds d'argile» a toujours fait montre dans la guerre contre la secte islamiste. Pour lui, passe encore que le Tchad voisin vienne prêter main forte à un pays frère. Mais accepter volontiers la présence d'une force multinationale sur son sol reviendrait à sonner comme une mise sous tutelle militaire internationale de la première puissance économique africaine. Et qui connaît le souverainisme frileux d'Abuja imagine aisément que la potion de la mutualisation des moyens de lutte sera difficile à avaler. 

Chaos sans... "aLibye"?  

L'attaque contre un hôtel cinq étoiles de la capitale libyenne a fait 9 morts, dont 5 étrangers, mardi. Un Français et un Américain figurent notamment parmi les victimes. L'opération a été revendiquée par la branche libyenne de l'organisation Etat Islamique. 

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L'hôtel Corinthia, ancienne propriété de la famille Kadhafi, en plein cœur du quartier des affaires de Tripoli, était un des rares endroits à encore accueillir diplomates, hommes politiques et étrangers. Pourtant sa sécurité avait déjà été mise à mal en octobre 2013, lorsque le Premier ministre de l'époque, Ali Zeidan, avait été enlevé de sa chambre d'hôtel. Au moment de l'attaque, le 5 étoiles était presque vide. La plupart des délégations étrangères ont quitté Tripoli, cet été, suite à la détérioration des conditions de sécurité.

Deux très jeunes jihadistes, un Tunisien et un Soudanais, ont ouvert le feu tuant 9 personnes avant de se faire exploser. Les Etats-Unis et la France ont chacun confirmé la mort d'un de leurs citoyens. L'Américain tué dans l'attaque travaillait pour une compagnie de sécurité. Son profil sur un réseau social professionnel indique qu'il avait été dans les Marines, pendant plus de 10 ans. Selon un de ses amis, l'homme aurait été tué d'une balle dans la tête. Les assaillants sont montés au 24e étage de la tour où se trouvait son bureau. Un Français a aussi trouvé la mort dans l'attaque. Selon plusieurs sources, il s'agirait d'un pilote qui travaillait pour la compagnie aérienne libyenne Buraq. Deux de ses collègues seraient aussi morts dans l'attaque.

Trois attentats en un mois à Tripoli 

A peine lancé en novembre dernier, dans son fief de Derna en Cyrénaïque, la branche libyenne du groupe EI revendique, presque chaque semaine, un attentat dans le pays, et ne cesse d'étendre son influence, malgré les dénégations des milices de Tripoli. En à peine un mois, il s'agit du 3ème attentat revendiqué par l'organisation Etat islamique en plein cœur de la capitale libyenne. Fin décembre, des voitures avaient déjà explosé à Tripoli devant les ambassades désaffectées des Emirats arabes unis et d'Egypte. La semaine dernière, même scénario devant l'ambassade d'Algérie, toujours sans faire de victime. L'attaque d'hier contre l'hôtel de luxe Corinthia a été beaucoup plus sanglante.

Lancée officiellement par l'émir irakien Abou Bakr al-Baghdadi en novembre, cette branche libyenne du groupe Etat islamique est de plus en plus active: d'abord au combat à Benghazi contre les forces du général Haftar, parfois à coups d'attentats-suicide de combattants étrangers. Mais également par des actions revendiquées dans la ville de Syrte, avec l'enlèvement de 21 coptes égyptiens en janvier ou encore la revendication de l'assassinat de deux journalistes tunisiens non confirmé par Tunis.

Les milices islamistes Fajr Libya, maîtresses de Tripoli, depuis août préfèrent nier l'existence de l'organisation EI en Libye. Pourtant le groupe est bien présent et entend, depuis sa base de Derna dans l'est, étendre son influence en dehors de son bastion irako-syrien au Maghreb et au reste de l'Afrique.