Religion - Africa Nouvelles

7ème voyage pontifical!

Le pape François est arrivé mardi 13 janvier au Sri Lanka pour une visite de deux jours. Un voyage consacré à la promotion de la réconciliation dans ce pays longtemps déchiré par la guerre civile.

altLe pape François est arrivé mardi 13 janvier au Sri Lanka pour une visite de deux jours. Un voyage consacré à la promotion de la réconciliation dans ce pays longtemps déchiré par la guerre civile. Apparu en bonne forme et souriant, le souverain pontife a été accueilli à l'aéroport de Colombo par le nouveau président Maithripala Sirisena.

Au cours de sa visite, il doit célébrer une messe qui devrait rassembler un million de personnes et canoniser le premier saint du pays. A 70% bouddhiste, le Sri Lanka compte 13% d'hindous, 10% de musulmans et 7% de catholiques.

Sur le tarmac, mardi, il a exhorté aux respects des droits de l'homme et à la « recherche de la vérité » dans l'après-guerre. « Le processus de guérison doit aussi s'appuyer sur la recherche de la vérité, non pas pour rouvrir les vieilles blessures, mais pour la nécessaire promotion de la justice, la guérison et l'unité. »

Le conflit entre la guérilla des Tigres de libération de l'Ilam Tamoul (LTTE) et l'armée a duré de 1972 à 2009 et a fait quelque 100 000 morts au total, selon des estimations de l'ONU. En 2011, des experts de l'ONU ont accusé Colombo d'avoir causé des « dizaines de milliers de morts » lors de l'offensive finale de l'armée contre les Tigres, eux aussi visés pour des violations des droits de l'homme.

Il s'agit du 7ème voyage de Jorge Bergoglio hors d'Italie depuis son élection en mars 2013. Jeudi, le souverain pontife se rendra aux Philippines, catholiques à 85%, où 5 jours de congé ont été décrétés pour l'occasion à Manille et où l'on attend des foules immenses sur son passage.

"Voile là"... affaire de niqab!  

Une touriste du Golfe en vacances à Paris avec son mari, a été contrainte à quitter sa place en première file. Le personnel du théâtre a fait appliquer la loi anti-burqa de lecture. «Nul ne peut porter en public une tenue cachant le visage" 

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En France, le voile intégral a été interdit en 2011 et en juillet 2014, la Cour Européenne des Droits de l'Homme n'a rien eu à dire. Jusqu'à présent seulement un millier d'amendes ont été collées à environ 600 femmes et, apparemment, la police passe souvent là-dessus, surtout si les femmes voilées sont d'évidentes touristes en provenance des pays du Moyen-Orient accompagnées de leurs richissimes maris. 

Il n'est donc pas surprenant que, à Paris, à l'Opéra Bastille, une femme avec le niqab ait pu s'asseoir en première file avec son mari, pour assister à la Traviata. Tous les deux, originaires d'un pays du Golfe, étaient en vacances à Paris et avait réservé depuis belle lurette les billets à 231 euros à tete. Mais à la fin du premier acte, le couple a été "expulsé" par les choristes.

"J'ai été alerté durant l'intervalle entre le premier et le second acte; certains chanteurs du choeur m'ont informé qu'ils n'auraient pas chanté si une solution n'était pas trouvée", a déclaré le directeur adjoint de l'Opéra Bastille, Jean-Philippe Thiellay. Un des collaborateurs de ce dernier avait ensuite expliqué au couple la situation, demandant à la femme d'oter son voile ou d'abandonner la salle: les deux s'en sont allés sans protester.

L'affaire a provoqué beaucoup de discussions en France et il est maintenant peu probable que cela se reproduise. Le ministre de la Culture a envoyé une circulaire à l'Opéra Bastille, rappelant qu'il est interdit d'entrer au théâtre avec le burqa ou le niqab, mais aussi qu'il revient à la police, et non au personnel, d'éventuellement faire sortir de la salle les femmes voilées. 

Joyeux Noël!

Le pape François a célébré, mercredi 24 décembre, la messe de Noël en appelant les millions de catholiques dans le monde à s'ouvrir encore à Dieu pour combattre "les ténèbres et la corruption".

altJeudi 25 décembre, il célèbre la fête de Noël, en envoyant à 1,2 milliard de catholiques sa bénédiction "urbi et orbi", sur fond de guerres et de fondamentalisme religieux.

Mercredi soir, pour la deuxième fois depuis qu'il a succédé à Benoît XVI en mars 2013, le pape argentin a donc prononcé son sermon de Noël sur la place Saint-Pierre de Rome devant des milliers de fidèles.

Dans son homélie, François a déclaré que "la patiente fidélité (de Dieu) est plus forte que les ténèbres et la corruption. Voici la question que nous pose l'Enfant par sa seule présence: est-ce que je permets à Dieu de m'aimer? Avons-nous le courage d'accueillir avec tendresse les situations difficiles et les problèmes de celui qui est à côté de nous, ou bien préférons-nous les solutions impersonnelles? Comme le monde a besoin de tendresse aujourd'hui!"

François a adressé une longue lettre aux chrétiens d'Orient, les exhortant à la "persévérance".

Cette nouvelle année s'annonce chargée. Il se rendra ainsi, dès janvier, au Sri Lanka et aux Philippines. Des voyages en Afrique, aux Etats-Unis et en Amérique latine sont également au programme.

Qu'on en lise que l'Eglise s'enlise?  

C'est comme un long repas de famille. Les convives de toutes couleurs et de toutes langues sont venus de très loin. Le pape François est à la place d'honneur. Tel un patriarche, il préside ce synode qu'il a convoqué pour parler sans tabou des problèmes que l'Église catholique affronte avec les questions de la famille, du mariage et de la sexualité. 

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Au terme de 5 jours de débats, ils sont 240, sur 253, à avoir pris la parole. Couples de laïques, experts, théologiens, évêques, cardinaux, chacun disposait de 4 minutes pour dire ce qu'il avait sur le cœur sans avoir peur du jugement des autres - et encore moins de celui du pape - comme François l'avait exigé dimanche en ouvrant le bal.

C'est donc la profusion de points de vue, de témoignages, de rappels, de questions, d'émotions. Une foire aux idées qui finit par donner le tournis si un sujet majeur n'émergeait pas de jour en jour, une sorte d'idée fixe, impossible à contenir et plus forte que tout.

«La question critique» des divorcés remariés

Comme si les questions pourtant importantes - et toutes évoquées - de contraception, de polygamie, d'accueil des personnes homosexuelles, de préparation au mariage, de drames familiaux liés à la guerre dans certains pays ou d'éloignement familial pour chercher du travail au loin, et tellement d'autres sujets, n'étaient qu'accessoires par rapport à «la question critique», comme l'a située un témoin: celle des divorcés remariés.

Considérée au début de la semaine comme un souci «occidental», concernant peu les Africains par exemple, elle s'est imposée et se pose pour la dernière semaine de ce synode comme le sujet dominant qui pourrait aboutir à ce que le cardinal Kasper, en première ligne dans ce débat, craignait, à savoir «un divorce sur le mariage».

L'unanimisme porté lors d'une sorte de toast unitaire, en début de session, pour «préserver l'indissolubilité du mariage» face à la question des divorcés remariés, est profondément fissuré.

Car les choses se corsent en réalité. Alors que les pères synodaux ne devaient en parler que lors d'une séance, ils ont occupé une deuxième puis une 3ème séance pour ferrailler sur le sujet, même si tout est fait, à l'extérieur, pour que les bruits d'éventuelle vaisselle cassée ne transparaissent pas car il y va de l'image de l'Église.

Banquet théologique

Par exemple, aucun des cardinaux ou évêques qui sont farouchement contre une évolution de la doctrine de l'Église pour donner la communion aux divorcés remariés (car ils y voient le risque «de voir s'écrouler l'édifice des sacrements», dont le mariage mais aussi l'eucharistie) n'est admis à la salle de presse pour les briefings quotidiens.

Le Vatican ne nie pas l'existence de deux écoles théologiques opposées sur cette question (l'autre étant celle du Pape et du cardinal Kasper, qui entendent trouver une voie pour mieux accueillir les divorcés remariés), mais on minimise certaines interventions très tranchées contre cette perspective. Un peu comme si, dans une réunion de famille, on tournait la tête quand le vieil oncle, conservateur, reprenait sa rengaine!

Ce banquet théologique entame donc seulement son plat de résistance. Toute la semaine prochaine, les pères synodaux travaillent par groupes linguistiques. Un second synode, dans un an, abordera les conclusions pratiques. Mais il est clair que l'unanimisme porté lors d'une sorte de toast unitaire, en début de session, pour «préserver l'indissolubilité du mariage» face à la question des divorcés remariés, est profondément fissuré quant aux chemins pour y parvenir.

3.000 personnes à Pessina Cremonese pour l'inauguration, au milieu de danses et pétales de rose.

Le maire: ”Les Sikhs sont de grands travailleurs, aucun problème avec la population. Nous n'avons fait qu'appliquer la Constitution". 

Quel grand jour de fête fut-il pour les Sikhs de toute l'Italie! Il y avait plus de 3.000 personnes à l'inauguration du plus grand temple sikh d'Europe, construit à Pessina Cremonese, dans la Padanie(!) 

Tout a été organisée selon la tradition, avec le livre saint porté en procession jusqu'à l'intérieur du temple, dévancé par des jeunes qui agitaient des rubans colorés et des hélicoptères qui ont largué des pétales d'une fleur sur la foule en liesse, vêtus avec les classiques habits colorés du Punjab. 

A l'inauguration du centre de prières était présent le maire de Pessina Cremonese, Dalida Malaggi, qui a expliqué l'importance du temple sikh: «Dans notre ville, il y a une très nombreuse communauté indienne; beaucoup travaillent dans le secteur de l'élevage et jouent un rôle important. ça fait des années que nous cherchions une structure à l'utiliser comme lieu de prières". 

Dans le temple, sont également organisées des initiatives culturelles et d'échanges pour faire connaitre la communauté sikhe. 

Le maire a assuré que, de la part des citadins de Pessina, "il n'y a eu aucune polémique" concernant l'ouverture du plus grand temple d'Europe. "Il y a eu quelque controverse politique au Conseil provincial. Nous avons simplement appliqué la Constitution" sur le droit à la liberté de religion. 

Dans la zone, la communauté sikh est en effet consistente: il y a environ 800 personnes qui travaillent entre Cremona et Mantova. 

Le temple a la structure classique indienne, mais les 5 coupoles dorées, mancantes le jour de l'inauguration, devaient "arriver à peine les fonds trouvés" avaient fait savoir les organisateurs du temple. 

M. I.


M. I.

Vive le dialogue interreligieux! 

Au début de sa visite de 3 jours en Turquie, vendredi 28 novembre, le pape François a fait valoir la «grande responsabilité» d’Ankara pour mettre fin aux violences à ses frontières, qui entraînent l’afflux de réfugiés. «Avec l’aide de Dieu, nous pouvons et nous devons toujours renouveler le courage de la paix!» Il a appelé à la «solidarité de tous les croyants» contre le fanatisme, associant Chrétiens et Musulmans. 

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La guerre qui sévit aux frontières de la Turquie s’est imposée comme la préoccupation majeure du pape François, au premier jour de sa visite en Turquie. Reçu dans le fastueux palais présidentiel flambant neuf de Recep Tayyip Erdogan, après son arrivée à Ankara, vendredi 28 novembre en milieu de journée, le pape a placé le pays devant ses «choix». La Turquie «a une grande responsabilité», a-t-il affirmé au terme de son discours aux autorités du pays, après avoir décrit les ravages des «violences terroristes» en allusion à celles commises actuellement par Daech en Syrie et en Irak. «Les choix que fait la Turquie et son exemple sont très significatifs et peuvent être d’un secours considérable, pour identifier des chemins viables de paix», a-t-il souligné.

Une manière délicate de mettre le doigt sur l’ambiguïté d’Ankara dans ses rapports avec l’organisation terroriste semant la terreur dans son voisinage. Le pays n’a pas rejoint la coalition internationale constituée pour l’éliminer. Le président Erdogan a condamné devant le pape le "terrorisme d’État" en Syrie, s’en prenant «au tyran» en référence à Bachar Al Assad. Il a également vitupéré contre le terrorisme du PKK. Il regrette «l’identification entre Islam et terrorisme» et «une perception négative contre les Musulmans».

«Licite d'arreter l'agresseur injuste» 

Le pape François est le premier chef d’État à être accueilli dans le nouveau palais présidentiel, "Maison-Blanche" à la construction coûteuse et controversée sur les hauteurs d’Ankara. Même les gardes alignés pour son arrivée, sous un ciel frais mais lumineux, étrennaient leur uniforme bleu clair impeccable.

Évoquant à deux reprises le "courage" que requiert la recherche de la paix, le pape a réaffirmé les conditions du soutien implicite du Saint-Siège aux frappes contre Daech. Répétant qu’il est «licite, tout en respectant le droit international, d’arrêter l’agresseur injuste», il a souligné que la solution au conflit ne pouvait pas être que «par une réponse militaire». Une position diplomatique du Saint-Siège déjà affirmée à l’occasion du consistoire sur le Moyen-Orient le mois dernier.

Mettre fin aux violences commises au nom de la religion exige aussi, selon le pape François, que chrétiens et musulmans fassent cause commune contre elles. «Le fanatisme et le fondamentalisme doivent être contrés par la solidarité de tous les croyants. Les peuples et les États du Moyen-Orient sont dans un urgent besoin de cette solidarité afin qu’ils puissent inverser la tendance», a-t-il déclaré.

Dans l’immédiat, le pape François s’est préoccupé du sort des réfugiés fuyant l’Irak et la Syrie, qu’il a évoqués brièvement devant la presse à bord du vol aller. Au palais présidentiel, il a remercié la Turquie de les héberger. Le pays en accueille plus de deux millions aujourd’hui sur son sol. «La communauté internationale a l’obligation morale d’assister la Turquie pour prendre soin des réfugiés», a-t-il demandé.

Liberté religieuse pour tous 

Les affaires intérieures turques n’étaient pas non plus absentes du discours. Le pape a exprimé les attentes de l’Église catholique à l’égard de la liberté religieuse dans le pays. Son voyage survient à un moment où le pouvoir du président Erdogan est soupçonné d’islamisme rampant dans une République attachée depuis sa création par Atatürk à une laïcité très affirmée. Entre ces deux tendances, la petite minorité chrétienne cherche toujours à faire respecter sa place dans la société turque. Preuve de son petit nombre, il n’y avait aucune foule amassée pour saluer le passage du pape, dont le voyage se fait sans papamobile.

Le christianisme y est toutefois d’implantation très ancienne. Le pape François a commencé son discours devant le président Erdogan en énumérant les grands noms chrétiens associés à la Turquie, depuis saint Paul aux conciles tenus sur ces terres. «Il est essentiel que tous citoyens, musulman, juif, chrétien (..) bénéficient des mêmes droits et respectent les mêmes devoirs», a-t-il souligné, reprenant des appels déjà formulés par ses prédécesseurs dont il a rappelé les visites passées en Turquie.

Des demandes que le pape François devait reprendre devant le président des affaires religieuses dans l’après-midi du vendredi 28 novembre. L’occasion d’insister sur ce que chrétiens et musulmans partagent en commun. Y compris dans leur secours aux réfugiés, auprès de qui le pape pourrait se rendre.

Virage du Vatican? 

Pour la première fois de son histoire, l'Église catholique s'apprête à donner son feu vert à l'accueil, dans certains cas, de divorcés remariés à la communion eucharistique et à une attitude très ouverte vis-à-vis des personnes homosexuelles.

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Pour la première fois de son histoire, l'Église catholique s'apprête à donner son feu vert à l'accueil, dans certains cas, de divorcés remariés à la communion eucharistique et à une attitude très ouverte vis-à-vis des personnes homosexuelles. Ces grandes décisions ne sont pas encore officielles mais elles sont contenues dans le document intermédiaire du synode en cours à Rome sur la famille, publié lundi. Il fixe - comme jamais - noir sur blanc, ces objectifs par ailleurs fortement voulus par le pape. Ces orientations seront, pour la forme, discutées, cette semaine au synode qui s'achève dimanche 19 octobre par la béatification de Paul VI. Puis, dans un an, à l'occasion d'une nouvelle session du synode. 

Elles ne seront donc pas techniquement et canoniquement adoptées avant 2016. Mais l'économie générale du texte coupe nettement la route aux cardinaux qui s'opposent au pape sur cette évolution, en disqualifiant leurs arguments et en imposant une direction d'ouverture qui s'éloigne du statu quo voulu par les conservateurs.

Ainsi le document note-t-il: «Il ne s'agit pas de décisions prises, ni de perspectives faciles. Cependant, le chemin collégial des évêques et la participation du peuple de Dieu tout entier, sous l'action du Saint-Esprit, pourront nous guider vers des voies de vérité et de miséricorde pour tous

Le texte publié sous la responsabilité du cardinal Peter Erdö, archevêque de Budapest, rapporteur général du synode prévient d'ailleurs qu'une «conversion missionnaire est requise» pour l'Eglise catholique car «il ne faut pas se limiter à une annonce purement théorique et détachée des problèmes des personnes».

Reconnaissance des «unions de fait»

À côté de deux nouveautés concernant la perspective de communion pour les divorcés remariés et l'accueil des homosexuels, le document appelle à la nécessité d'aboutir à la simplification des procédures d'annulation de mariage et à la reconnaissance des «unions de faits» que vivent l'immense majorité des jeunes couples qui se présentent pour le mariage religieux.

Sur la question de la communion des divorcés remariés donc, le texte donne cette ligne déjà connue dans l'Église: «Les situations des personnes divorcées remariées exigent aussi un discernement attentif et un accompagnement empreint de respect, évitant tout langage ou attitude qui les feraient sentir discriminées».

Puis il donne l'état du débat synodal: «Quant à la possibilité d'accéder aux sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie, certains ont argumenté en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement théologique, d'autres se sont exprimés en faveur d'une plus grande ouverture à des conditions bien précises, quand il s'agit de situations qui ne peuvent pas être dissoutes sans entraîner de nouvelles injustices et souffrances

Mais il n'avance qu'une seule piste de travail: «Pour certains, il faudrait que l'éventuel accès aux sacrements soit précédé d'un chemin pénitentiel - sous la responsabilité de l'évêque diocésain -, et avec un engagement évident en faveur des enfants. Il s'agirait d'une situation non généralisée, fruit d'un discernement réalisé au cas pas cas, suivant une règle de gradualité, qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes

Et ajoute cet autre argument: «Suggérer de se limiter uniquement à la “communion spirituelle” [ce que pratique actuellement des divorcés remariés qui participent à la messe sans communier, ndrl.] pour un nombre non négligeable de Pères synodaux pose des questions: si la communion spirituelle est possible, pourquoi ne pas pouvoir accéder à celle sacramentelle?» Un «approfondissement théologique a été donc sollicité», corrige le texte, mais la direction de la réflexion est clairement lancée.

Les personnes homosexuelles ont des dons

et des qualités à offrir à la communauté chrétienne

En ce qui concerne l'accueil des personnes homosexuelles, le document dit non au mariage homosexuel: «L'Église affirme que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme». Mais il entend renouveler l'attitude de l'Eglise en posant ces deux questions: «Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d'accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l'être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?»

Et le document exprime, comme jamais dans l'Eglise, une quasi reconnaissance de fait de ces unions: «Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu'il existe des cas où le soutien réciproque jusqu'au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires.» Et insiste sur l'attention à porter aux enfants des couples homosexuels: «l'Église prête une attention spéciales aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang».