Religion - Africa Nouvelles

Journée des 4 Papes! 

Deux figures majeures de l’Eglise catholique du XXe siècle, le pape Jean XXIII et le pape Jean Paul II, viennent d’être canonisés dimanche à Rome, une initiative qui suscite joie mais aussi controverse. 800 000 fidèles présents à la messe.

alt«Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l’Eglise ils soient dévotement honorés parmi les saints», a déclaré solennellement le pape François, aussitôt acclamé par la foule, tandis que les cloches résonnaient dans toute la ville de Rome.

Les enquêteurs missionnés par le Vatican ont jugé que les deux hommes, qui ont régné de 1958 à 1963 pour Jean XXIII et de 1978 à 2005 pour Jean Paul II, ont bel et bien accompli des miracles après leur mort en faveur de malades.

Près de 800 000 pèlerins ont assisté à cette double canonisation, retransmise sur des écrans géants disposés autour de la place Saint Pierre au Vatican. Car une grande partie des catholiques se félicite de la canonisation Jean Paul II, le premier pape non italien élu depuis le XVIe siècle. Après sa mort, son successeur Benoît XVI a cependant dérogé à une règle selon laquelle l’Eglise devait attendre 5 ans pour ouvrir un procès en canonisation. On porte souvent au crédit de jean-Paul II le fait d’avoir remis l’Eglise en mouvement, avec des voyages dans environ 140 pays - dont beaucoup n’avaient jamais reçu une telle visite - ou la création des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse), et son rôle dans la chute du communisme en Europe de l’Est.

En mai 1981, il a survécu à un attentat perpétré par le Turc Mehmet Ali Agca sur la place Saint-Pierre de Rome et, à la fin de sa vie, il a lutté, sous les yeux du monde entier, contre sa santé déclinante.

Le pape émérite Benoît XVI était présent dimanche à la messe de canonisation sur la place Saint-Pierre au cours de laquelle son successeur François élèvera Jean XXIII et Jean Paul II au rang de saints de l’Eglise catholique, a annoncé le Vatican samedi. C’est la deuxième apparition publique de Benoît XVI à une cérémonie liturgique au Vatican depuis sa démission le 28 février 2013. Il avait assisté en février 2014 à une cérémonie de création de cardinaux.

Jean XXIII a bénéficié d’une dérogation, accordée celle-ci par l’actuel souverain pontife, François: un seul miracle a suffi pour faire de lui un saint, contre deux habituellement. L’histoire a essentiellement retenu de lui son rôle dans le concile Vatican II, qui a modernisé l’Eglise en profondeur en introduisant les langues vernaculaires lors des offices et en encourageant le dialogue avec les autres religions.

Quoi qu'il en soit, Dimanche 27 avril 2014 sera rappelé comme la "Journée des 4 Papes": deux canonisés (Jean XXIII et Jean-Paul II) par un Pape (François) en présence d'un Pape émérite (Benoit XVI)

Evangile vigile!

Dimanche 7 avril, le Pape a dit vouloir «faire un geste simple» à tous les fidèles présents place Saint-Pierre pour l'Angélus. Il leur a offert un Evangile de poche.

alt«Il vous sera distribué gratuitement. Prenez-le, emmenez-le avec vous et lisez-le chaque jour, c’est Jésus qui vous parle! Il vous a été donné gratuitement, vous aussi donnez gratuitement!» a conseillé le Saint-Père.

Le Pape a voulu ainsi reprendre une ancienne tradition de l'Eglise, quand l'Evangile était offert aux cathécumènes pendant le Carême pour leur préparation au baptême.

En échange de ce don, François a invité les fidèles à accomplir eux aussi «un geste d’amour gratuit, une prière pour des ennemis, une réconciliation».

Aujourd’hui, a rappelé le Pape, «il est possible de lire l’Evangile avec de nombreux instruments technologiques. On peut emmener avec soi la Bible dans un téléphone ou une tablette. L’important est de lire la parole de Dieu, avec tous les moyens et de l’accueillir à cœur ouvert».

Une recommandation à laquelle répond cet Evangile de poche offert aujourd'hui.

Le refuge ne se refuse pas! 

Même Saint-Joseph, célébré le 19 mars, jour de la Fête des Pères, a lui aussi été un réfugié, avec Jésus-Christ et la Sainte Vierge Marie, et le fait de fuir de sa propre terre a été un geste de protection envers son Fils.

altC'est l'ultérieure pensée qui a résonné au cours du catéchisme de Pape François, à Place Saint-Pierre, prise d'assaut par plus de 80.000 fidèles. Parlant de Saint-Joseph, le Pape a rappelé que: ''il n'était pas le père de Jésus, le père de Jésus était Dieu; mais Joseph avait le role de père de Jésus pour l'élever. Et il l'a fait grandir dans la sagesse et la grâce. Joseph, ensemble avec Marie, s'est avant tout occupé de Jésus, sous cet aspect, c'est-à-dire qu'il l'a élevé tout en se souciant de lui offrir tout ce qu'il faut pour une saine croissance. N'oublions pas que la prise en charge de l'Enfant Jésus a également entrainé à la fuite en Égypte, la dure expérience de la vie de réfugiés (eh oui! Joseph a été un réfugié, avec Marie et Jésus), pour échapper à la menace d'Hérode''.

Et Pape François d'ajouter que "Joseph a été, pour Jésus, l'exemple et l'enseignement de ce savoir, qui se nourrit de la Parole de Dieu. Nous pouvons penser à la manière dont Joseph a éduqué le petit Jésus à écouter les Saintes Écritures, notamment en l'accompagnant le samedi à la synagogue de Nazareth. Et Joseph l'accompagnait afin que Jésus écoute la parole de Dieu dans la synagogue". 

Pape François a défini Joseph comme "un travailleur fort, courageux et humble'' qui, pour une période de sa vie, comme racontent les Evangiles, a veillé sur la "grâce" de Jésus lui-même.

"Mais ce serait une grave erreur de penser qu'un père et une mère ne peuvent rien faire pour éduquer leurs enfants à grandir dans la grâce de Dieu. Grandir du point de vue de l'age, grandir dans la sagesse et grandir dans la grâce: c'est ce qu'a fait Joseph avec Jésus pour l'élever dans ces trois dimensions et l'aider à grandir», a conclu Pape François.

Mosquée démasquée?

Coupole et minaret, mais aussi des zones de culture et de socialisation dans le bâtiment qui sera réalisé dans la zone du Palasharp. L'imam: "C'est notre droit, parce que nous sommes citadins de Milan".

altIl y a la grande coupole et le minaret, comme de tradition, mais résolument réinterprétés avec un goût décisément moderne. À côté des endroits de prière, il y aussi des zones de socialisation et de culture comme l'hammam, la bibliothèque, les salles conférences, l'auditorium ou le restaurant.

Voici le projet de la mosquée qui la Coordination des Associations Islamistes de Milan et Monza veut réaliser à Milan, une initiative soutenue par la campagne "Mosquée Milan? Oui, merci", lancée ces dernières semaines. Vendredi 11 avril, la planimetrie et le rendering du bâtiment ont été montrés à 3.000 fidèles, réunis au Palasharp.

Le projet se réalisera seulement si le dialogue avec la Commune de Milan sera positif. Car il est vrai que le CAIM promet de construire l'édifice avec les sous des fidèles (estime de 10 millions euros), mais c'est à l'administration de choisir et assigner le site à destiner au lieu de culte. En pole position, il y a la zone du Palasharp, à  Lampugnano, où la communauté se réunit déjà pour la prière.

Vendredi, le sermon a été tenu par l'Imam Abdel Hamid Zeriate (31 ans), medecin italien d'origine marocaine.

"C'est notre droit d'avoir la mosquée parce que nous sommes citadins de Milan et pas seulement parce que les hommes politiques veulent donner une image de 'ville ouverte. Ce n'est pas un lieu d'image ou de tourisme, mais un lieu sacré. Elle doit être construite pour rester, non seulement pour l'Expo 2015. Nous ne demandons pas la mosquée pour faire un affront à qui ne croit pas en notre religion, mais pour un problème de dignité de nous, les  musulmans".

Yes We (Vati)Can?

Le thème de l'immigration a été au menu du colloque entre le Pape Bergoglio et Barack Obama qui a déclaré: "Il vient de l'Amérique Latine et il sait quelles sont les difficultés des immigrés".

altAu cours de la rencontre au Vatican, le Pape Bergoglio et Barack Obama ont également parlé de l'immigration. 

a a été une discussion de longue haleine. Nous avons parlé, la plupart du temps, des pauvres, des marginalisés et de ceux qui n'ont pas de possibilités et de l'inégalité en hausse. Nous, les politiciens, avons le devoir de trouver une politique contre ces problèmes. Mais Sa Sainteté a la capacité d'ouvrir les yeux aux gens", a déclaré le président des Etats-Unis, ajoutant qu'il avait également parlé au pontife de "réforme de l'immigration. Il vient d'Amérique Latine et il sait quelles sont les difficultés des immigrés. J'ai promis de poursuivre le dialogue avec les évêques et les cardinaux américains afin qu'il y ait un équilibre pour bénéficier de la couverture sanitaire des immigrés 'aux Etats-Unis".

leur volonté commune d'éradiquer la traite humaine dans le monde". Ces thèmes sont tous des «questions d'une importance particulière pour l'Eglise".

Mosquée démasquée?

La communauté islamique d'Italie souhaite que l'exposition universelle soit aussi une occasion pour donner de la visibilité aux croyants.

altLa grande manifestation de l'exposition universelle de Milan s'annonce comme l'occasion de passer en revue tous les aspects de la vie sociale d'aujourd'hui et d'y réfléchir. Sur le thème ambitieux de «Nourrir la planète, énergie pour la vie», l'Expo-2015 va s'intéresser aux conditions du mieux-être de 8 milliards de terriens. Si elle entend se focaliser sur les défis de la sécurité alimentaire et des énergies, fossiles ou renouvelables, c'est dans une optique qui ne laisse rien de côté tant les divers aspects du climat, de l'environnement, de l'agriculture sont en corrélation pour nourrir la planète.

On parlera d'économie à Milan. On y discutera de pratiques culturales, d'urbanisme, d'architecture, de cuisine, d'engrais, de pollution, de ressources pétrolières et hydrauliques, d'émission de gaz à effets de serre... Dans une manifestation vue par l'Italie aussi comme un enjeu économique fort, avec la possibilité de créer de nouveaux emplois, dans un carrefour que le Vatican, État participant, soutient comme étant une opportunité pour les jeunes de nouer de nombreux contrats de coopération avec l'étranger, une seule dimension faisait défaut jusqu'ici : la religion.

Les musulmans d'Italie l'ont compris, qui veulent combler la lacune à leur manière. La communauté islamique de Milan vient en effet de lancer une campagne médiatique originale pour que l'Ex-2015 s'ouvre aussi avec une nouvelle mosquée géante dans la capitale de Lombardie. Jouant avec le mot «prier», la Coordination des Associations Islamiques de Milan (CAI) a lancé la campagne «Une Mosquée à Milan? Oui, je vous prie», pour que l'administration communale se jette enfin à l'eau. Car celle-ci hésite depuis des années à braver les réticences ouvertes ou tacites.

La Lombardie, et même le nord de l'Italie en général, sont les terres de prédilection du mouvement xénophobe de la Ligue du Nord. Il n'y a pas longtemps encore celle-ci s'illustrait par le jet de tête de porc sur de futurs lieux de culte musulmans. Le président de la région lombarde, Roberto Maroni, est un des fondateurs de la Ligue du Nord, dont il assume le secrétariat général. On devine assez facilement que l'idée d'implanter une grande mosquée dans la capitale économique de l'Italie, pays majoritairement catholique, ne soit pas accueillie avec chaleur pour le moins.

La CAI croit bon de préciser qu'elle est disponible à assumer seule le projet, «à le financer totalement. Nous n'attendons que la décision de la communauté urbaine». Il n'est pas dit qu'un détail de ce genre soit de nature à accélérer les choses, au contraire! Il s'est trouvé des personnes qui, refusant que la collectivité milanaise finance une telle infrastructure, se voient pousser encore plus d'urticaire à l'idée qu'une quelconque monarchie musulmane vienne déverser des millions ici et fasse de ce lieu de prière une vitrine d'une générosité suspecte, soutiennent les détracteurs.

Mais la CAI n'en démord pas: c'est maintenant ou jamais. L'Expo-2015 représente l'occasion rêvée pour une Italie tolérante où les religions jouent leur partition propre pour le développement du pays. Davide Piccardo est coordonnateur de la CAIM, il fait part de son impatience.

«Nous avons longtemps attendu. Ceux qui ont espéré sont aujourd'hui des pères et même des grands-pères. Leurs fils et petits-fils poursuivent le même rêve d'un lieu de culte, de culture et de socialisation pour la communauté islamique et toute la communauté urbaine de Milan», soutient-il.