Religion - Africa Nouvelles

Le Pape des Hommes!

Le magazine américain «Time» a élu le pape François «Personnalité de l'année 2013». Le Saint-Père succède au président américain Obama et devient le troisième Pape à recevoir cette distinction.

altLe pape François est, depuis mercredi 11 décembre, la personnalité la plus marquante de l'année 2013. Neuf mois après son élection sur le trône papal de l'apôtre Pierre, l'ancien archevêque de Buenos Aires (Argentine) et cardinal est plébiscité «Personne de l'année» 2013 par le magazine américain «Time» qui lui consacrera la couverture de son dernier numéro de fin d'année .

Le pape François est élu devant l'ancien consultant de l'agence de sécurité nationale américaine (NSA) Edward Snowden, à l'origine des révélations fracassantes sur les pratiques de surveillance des télécommunications par les Etats-Unis.

Le Saint-Père succède ainsi au président américain Barack Obama, lequel avait salué en octobre dernier l'humilité, l'ouverture et le sens de l'empathie pour les petits, les pauvres, du successeur du pape émérite, Benoît 16. «C'est quelqu'un qui pense d'abord à se rapprocher des gens plutôt qu'à les repousser, à trouver ce qui est bon chez eux», avait apprécié le président américain.

Le pape François élu pour avoir changé «le ton, la perception et l'approche» de l'Église catholique.

Avec cette distinction, c'est l'engagement du Saint-Père en faveur d'un monde de paix et de justice, entamé dès son élection à la tête de l'Eglise Catholique Romaine qui est ainsi récompensé comme le note par ailleurs Nancy Gibbs, la rédactrice en chef du magazine américain «Time».

Il est rare qu'un nouvel acteur de la scène mondiale suscite autant d'attention si rapidement, que ce soit parmi les jeunes ou les plus âgés, parmi les croyants ou les sceptiques, que le pape François.

Selon elle, c'est pour avoir tiré la papauté hors du palais papal de Rome afin de l'emmener dans la rue, pour avoir poussé la plus grande Eglise au monde à faire face à ses besoins les plus profonds, et pour avoir fait le juste équilibre entre jugement et compassion que le pape François est la personne de l'année 2013 du Time.

Poursuivant son témoignage, elle ajoute: «en 9 mois, il a su se placer au centre des discussions essentielles de notre époque: la richesse et la pauvreté, l'équité et la justice, la transparence, la modernité, la mondialisation, le rôle de la femme, la nature du mariage, les tentations du pouvoir».

En effet, dès son élection, le pape François n'a de cesse d'enchainer des faits et gestes visant à rapprocher l'Eglise qu'il veut «pauvre pour les pauvres», de ses 1,2 milliard de fidèles dans sa première exhortation apostolique: "Evangelii Gaudium", rendue publique le mois de novembre dernier.

Mais aussi de l'invite qu'il avait fait dans sa première interview accordée à la revue jésuite "Civilta Cattolica" ou il recommandait la «miséricorde» pour les homosexuels, les divorcés et les femmes ayant avorté en septembre.

Le Vatican s'est réjouit de cette nomination. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi a estimé dans une déclaration que «c'est un signe positif que l'une des récompenses les plus prestigieuses des médias internationaux revienne à une personne qui prêche des valeurs spirituelles, religieuses et morales dans le monde et prône véritablement la paix et la justice. Si cela peut donner de l'espoir aux hommes et aux femmes, alors le pape est heureux», a-t-il assuré.

Le pape François est la troisième personnalité de l'Eglise catholique romaine à être distingué personnalité de l'année par le Time. Le pape Jean XXIII est le premier souverain pontife nommé par Time, en 1962. Toujours sur cette liste des souverains pontifes qui ont devancé l'ancien archevêque de Buenos Aires, le bienheureux pape Jean-Paul II figure à la deuxième position après Jean XXIII en 1994.

Le Pape des Hommes!

Le magazine américain «Time» a élu le pape François «Personnalité de l'année 2013». Le Saint-Père succède au président américain Obama et devient le troisième Pape à recevoir cette distinction.

altLe pape François est, depuis mercredi 11 décembre, la personnalité la plus marquante de l'année 2013. Neuf mois après son élection sur le trône papal de l'apôtre Pierre, l'ancien archevêque de Buenos Aires (Argentine) et cardinal est plébiscité «Personne de l'année» 2013 par le magazine américain «Time» qui lui consacrera la couverture de son dernier numéro de fin d'année .

Le pape François est élu devant l'ancien consultant de l'agence de sécurité nationale américaine (NSA) Edward Snowden, à l'origine des révélations fracassantes sur les pratiques de surveillance des télécommunications par les Etats-Unis.

Le Saint-Père succède ainsi au président américain Barack Obama, lequel avait salué en octobre dernier l'humilité, l'ouverture et le sens de l'empathie pour les petits, les pauvres, du successeur du pape émérite, Benoît 16. «C'est quelqu'un qui pense d'abord à se rapprocher des gens plutôt qu'à les repousser, à trouver ce qui est bon chez eux», avait apprécié le président américain.

Le pape François élu pour avoir changé «le ton, la perception et l'approche» de l'Église catholique.

Avec cette distinction, c'est l'engagement du Saint-Père en faveur d'un monde de paix et de justice, entamé dès son élection à la tête de l'Eglise Catholique Romaine qui est ainsi récompensé comme le note par ailleurs Nancy Gibbs, la rédactrice en chef du magazine américain «Time».

Il est rare qu'un nouvel acteur de la scène mondiale suscite autant d'attention si rapidement, que ce soit parmi les jeunes ou les plus âgés, parmi les croyants ou les sceptiques, que le pape François.

Selon elle, c'est pour avoir tiré la papauté hors du palais papal de Rome afin de l'emmener dans la rue, pour avoir poussé la plus grande Eglise au monde à faire face à ses besoins les plus profonds, et pour avoir fait le juste équilibre entre jugement et compassion que le pape François est la personne de l'année 2013 du Time.

Poursuivant son témoignage, elle ajoute: «en 9 mois, il a su se placer au centre des discussions essentielles de notre époque : la richesse et la pauvreté, l'équité et la justice, la transparence, la modernité, la mondialisation, le rôle de la femme, la nature du mariage, les tentations du pouvoir».

En effet, dès son élection, le pape François n'a de cesse d'enchainer des faits et gestes visant à rapprocher l'Eglise qu'il veut «pauvre pour les pauvres», de ses 1,2 milliard de fidèles dans sa première exhortation apostolique: "Evangelii Gaudium", rendue publique le mois de novembre dernier.

Mais aussi de l'invite qu'il avait fait dans sa première interview accordée à la revue jésuite "Civilta Cattolica" ou il recommandait la «miséricorde» pour les homosexuels, les divorcés et les femmes ayant avorté en septembre.

Le Vatican s'est réjouit de cette nomination. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi a estimé dans une déclaration que «c'est un signe positif que l'une des récompenses les plus prestigieuses des médias internationaux revienne à une personne qui prêche des valeurs spirituelles, religieuses et morales dans le monde et prône véritablement la paix et la justice. Si cela peut donner de l'espoir aux hommes et aux femmes, alors le pape est heureux», a-t-il assuré.

Le pape François est la troisième personnalité de l'Eglise catholique romaine à être distingué personnalité de l'année par le Time. Le pape Jean XXIII est le premier souverain pontife nommé par Time, en 1962. Toujours sur cette liste des souverains pontifes qui ont devancé l'ancien archevêque de Buenos Aires, le bienheureux pape Jean-Paul II figure à la deuxième position après Jean XXIII en 1994.

Non à la pédophilie! 

La commission des cardinaux chargée de conseiller le pape sur les réformes dans l'Église catholique, vient de lui faire prendre sa première décision concrète.

altPendant 3 jours, le pape François a rassemblé au Vatican autour de lui, les 8 cardinaux membres de son conseil pour poursuivre l'examen des réformes urgentes au sein de l'Église catholique. Lorsqu'ils se sont retrouvés pour la première fois, du 1er au 3 octobre dernier, les cardinaux avaient commencé à examiner la situation des congrégations et conseils pontificaux de la Curie, les ministères du Vatican.

À la congrégation pour le clergé, la première à passer sous leur loupe, il avait été préconisé un dégraissage nécessaire, le pape ayant affirmé que l'Église avait besoin de moins de prêtres dans les bureaux au Vatican que des clercs engagés dans la pastorale dans les paroisses du monde. L'Église catholique, on le sait, manque de prêtres. Mais la tendance normale est aussi que beaucoup d'entre eux voient comme un signe de distinction extraordinaire d'avoir à travailler au Vatican, à côté du Souverain pontife. On se bouscule donc pour être parmi les rares fonctionnaires élus.

Cette situation pourrait changer désormais: une trentaine de prêtres des 4 continents ont déjà été priés de faire leurs valises et de rentrer dans leurs pays. L'examen des dicastères s'est poursuivi au cours de cette deuxième session de travail, ouverte mardi 3 décembre. Les 8 cardinaux, parmi lesquels le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, ont poursuivi leur travail, apparemment sans état d'âme. Ils se savent investis de la mission d'assainir et de manier ciseau et scalpel.

C'est pourquoi leurs suggestions ont abouti, jeudi 5 décembre, à une première décision spectaculaire de la part du pape: la création d'une commission d'experts contre la pédophilie. Elle se composera d'une douzaine de membres, a laissé entendre le cardinal américain Sean O'Malley, connu pour son engagement à sévir dans son diocèse de Boston (USA) contre les prêtres convaincus d'abus sexuels sur les enfants.

«Cette commission devra formuler des suggestions pour de nouvelles initiatives, en collaboration avec les évêques et les conférences épiscopales», a-t-il déclaré.

Et le cardinal américain d'estimer que le travail des experts va conduire l'Église à opérer une formation de qualité de ses futurs prêtres par un écrémage plus sévère.

«Jusqu'ici, l'accent a été mis sur les procédures juridiques et moins sur la réponse pastorale», a-t-il ajouté.

Le travail à venir consistera à créer les modalités pour assurer la sécurité de l'environnement des jeunes dans l'Église ; des codes de conduite professionnelle, la mise au point d'attestations d'aptitude au sacerdoce, des évaluations psychiatriques, la connaissance des lois civiles du pays où le prêtre est appelé à travailler. L'Église catholique s'engage aussi à soutenir les victimes et leurs familles.

La Commission des 8 cardinaux, désormais connue sous l'appellation du «G-8 de l'Église» entend prendre à bras le corps une des questions qui «a maculé de boue», pour reprendre l'expression de l'ancien pape Benoît XVI, l'activité de l'Église de ces dernières décennies dans des pays comme l'Irlande, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Autriche. Ce ne sont là que quelques-uns des pays où le plus gros des cas de pédophilie ont été signalés, commis par des prêtres dans des instituts catholiques. Le problème y a eu une plus grande ampleur, la plupart des cas ayant été tus, pas connus ou résolus dans la discrétion et la sagesse des évêques locaux.

Pour une université sans adversité!

L'Evêque de Ziguinchor, Mgr Paul Abel Mamba, a assuré que le projet de construction de l'Université catholique à Koubalan (Bignona) sera réalisé, expliquant le retard des travaux par un manque de moyens.

alt"Beaucoup de doutes ont prévalu suite à la lenteur pour la mise en œuvre de ce projet. Aujourd'hui, nous sommes venus les rassurer que le projet aura bel et bien lieu", a assuré Mgr Mamba, chancelier de l'Université catholique de Koubalan, qui s'exprimait à l'occasion d'une visite des évêques du Sénégal, de la Mauritanie, des Iles du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau, à Koubalan, localité située à 20 km de Ziguinchor, où un site affecté pour l'implantation de l'Université catholique.

Cette visite entre dans le cadre de la première session de la Conférence épiscopale interterritoriale dont les travaux ont démarré lundi à Ziguinchor.

L'Archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr, préside, dimanche 8 décembre, une messe solennelle en la Cathédrale Saint Antoine Padoue. Lundi, les évêques de la sous-région rencontrent la presse pour livrer les recommandations de la conférence épiscopale.

L'Evêque du diocèse de Ziguinchor a mesuré "les grands sacrifices" consentis par les familles de Koubalan pour avoir céder leurs terres. Selon lui, elles l'ont fait pour le bien commun, notamment l'éducation et la formation des enfants.

"Le projet de création d'une université est une entreprise de longue haleine. Depuis une dizaine d'années, ce projet suit son cours à petits pas, parce que nous n'avions pas tous les moyens pour le faire d'un premier coup", a insisté Mgr Mamba.

Poursuivant ses explications, il a ajouté: "L'un des facteurs qui a fait que ce projet a pris du retard, c'est la question de l'insécurité".

Ainsi, l'évêque a demandé aux populations de Koubalan et environs et de la zone des Kalounayes de "s'impliquer dans le projet pour que ceux qui viendraient travailler ici le fassent dans la quiétude et la tranquillité".

"C'est un jour important pour la communauté rurale de Koubalan, pout toutes les populations des Kalounayes, du département de Bignona et de la Casamance. C'est un projet que nous avons attendu pendant très longtemps. Nous sommes heureux de savoir que le jour est enfin arrivé", a dit Moustapha Sané, un conseiller rural.

L'élu a soutenu que le projet d'implantation de l'Université catholique se réalisera dans l'intérêt de tout le monde, en relevant qu'il entre dans le cadre de la recherche de la paix en Casamance.

Cheikh Sonko, membre de la société civile, se dit lui convaincu que l'Université catholique de Koubalan "va changer les pratiques pédagogiques pour une impulsion vers le développement durable".

L'Université catholique, d'une superficie de 80 ha, va abriter un bloc administratif, des facultés, des villages d'hébergement et un complexe sportif.

Les habitants avaient, lors d'une manifestation organisée dans la localité, donné un ultimatum aux responsables de l'Université Catholique de l'Afrique de l'Ouest (UCAO) de démarrer les travaux de construction cette année.

Faute de quoi, ils avaient menacé de reprendre les terres agricoles cédées pour les besoins de cette université catholique.

Denis béni?

Le  président congolais Denis Sassou Nguesso a rencontré au Vatican les nouveaux visages marquants de la hiérarchie de l'Église catholique.

altElle était annoncée depuis quelques jours, ça s'est fait lundi 9 décembre, à 10h40 comme programmé: la première rencontre entre le président Denis Sassou-N'Guesso et le pape François a eu lieu lundi au Vatican. Comme le veut le protocole, le chef de l'État a été accueilli dans la bibliothèque privée du pape par celui-ci en personne. Poignée de main chaleureuse, sourires sans feinte. Puis les deux personnalités ont eu leur colloque privé au bout duquel le président a présenté les membres de sa délégation au Saint-Père, son épouse et une parente âgée de celle-ci recevant les marques particulières d'attention du souverain pontife. La cérémonie s'est poursuivie avec deux autres étapes importantes.

D'abord il y a eu l'échange rituel de cadeaux. Le pape a offert à tous les membres présents de la délégation venue du Congo un petit coffret contenant un chapelet. Et le chef de l'État a offert deux cadeaux fortement chargés de symboles et soulignant l'un des centres d'intérêts de cette visite ancrée sur la paix, le développement et la sécurité en Afrique au moment où vient de s'achever le sommet franco-africain de Paris consacré à ces thèmes. Et au moment où l'Afrique s'apprête à porter en terre l'icône mondiale que fut l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela.

D'ailleurs, la visite du président au Vatican a subi les effets imposés par cet événement exceptionnel de la vie de l'Afrique. En même temps, le Vatican annonçait la nomination d'un cardinal africain, le Ghanéen Peter Kodwo Apiah Turkson, comme envoyé spécial du pape aux funérailles de Mandela, mardi à Johannesburg. Le président de la République, quant à lui, bouleversait son propre programme pour aller rendre les derniers hommages à Madiba, un homme dont une partie du destin s'est dénoué à Brazzaville, sous Denis Sassou-N'Guesso justement.

Faut-il rappeler, digression à part, que le protocole d'accord de paix sur l'Afrique australe qui devait entraîner une cascade d'événements vertueux dans cette partie du continent, fut signé à Brazzaville le 13 décembre 1988? C'est parce que le président Denis Sassou-N'Guesso favorisa le dialogue entre des réalités jusque-là antagonistes et figées que la fin de la guerre en Angola, l'indépendance de la Namibie et, donc, la fin de l'apartheid en Afrique avec la libération de Nelson Mandela furent rendues possibles...

Mais revenant à la rencontre du président avec le pape, il est à noter que cette visite s'est prolongée comme le veut le protocole là aussi, par la visite à la secrétairerie d'État. Là aussi, le président a été reçu par une personnalité nouvelle dans les allées du Vatican, Mgr Pietro Parolin, le nouveau Secrétaire d'État (Premier ministre) du Vatican. Les deux hommes ont eu un colloque prolongé, faisant le tour des questions pendantes du moment. Le communiqué officiel publié à l'issue de cette rencontre souligne que les «entretiens cordiaux ont permis d'évoquer l'importante contribution que l'Église catholique offre à la société congolaise, tout particulièrement en matière d'assistance et d'éducation, mais aussi de se féliciter des bonnes relations entre le Congo et le Saint-Siège. Abordant des sujets d'intérêt commun, les parties ont exprimé leur volonté d'un renforcement de leur collaboration. Il a ensuite été question de la situation en Afrique centrale, de ses aspects humanitaires, du problème des réfugiés et de l'aide à leur apporter, de la sécurité régionale, notamment là où s'aggravent des tensions à caractère fondamentaliste». 

On devine sans effort que la crise centrafricaine et les efforts que le président déploie pour l'éteindre ont fait partie des conversations qu'il a tenues aussi bien avec le pape qu'avec Mgr Parolin.

Lucien Mpama

Paix à son ame!

Décédé le 25 novembre 2013 en Espagne, Monseigneur Zéphirin Toé, évêque émérite du diocèse de Dédougou, repose désormais à la cathédrale Sainte Anne de ladite ville.

altDe nombreux évêques, prêtres, parents, amis et connaissances, venus des quatre coins du Burkina, de la sous-région et de Rome, l'ont conduit, le 3 décembre dernier, à sa dernière demeure après une messe solennelle. C'était en présence de quatre membres du gouvernement Tiao.

A la cathédrale Sainte Anne de Dédougou, l'émotion était grande en cette matinée du 3 décembre 2013. Hommes, femmes, enfants et personnes âgées sont venus dire leurs adieux à Monseigneur Zéphirin Toé, évêque émérite du diocèse de Dédougou.

Ce dernier, qui a mené le bon combat comme l'apôtre Paul, a achevé sa course dans son 85e anniversaire en Espagne, le 25 novembre 2013. Au regard des vertus prônées par cet homme d'église et de ses qualités, les fidèles chrétiens, le clergé et les conférences épiscopales du Mali et du Burkina-Niger se devaient de lui rendre un hommage bien mérité.

Ce qu'ils n'ont pas manqué de faire à travers chants, danses, prières et témoignages. De ces témoignages, on retient que Mgr Zéphirin Toé a totalisé 55 ans de sacerdoce dont 40 ans d'épiscopat.

Pure coïncidence, il est décédé le jour de son 40e anniversaire de vie épiscopale. Second évêque du diocèse de Nouna-Dédougou et premier évêque du diocèse de Dédougou, ce serviteur de Dieu avait un esprit missionnaire, selon Mgr Jean-Baptiste Tiama, évêque de Bamako.

Mgr Jean Baptiste Somé, évêque émérite de Diébougou et promotionnaire du défunt, retient que ce dernier avait une santé fragile. Malgré tout, a-t-il dit, Zéphirin Toé s'est toujours révélé comme un père plein de tendresse et d'amour et a répondu présent à tous les grands rendez-vous de l'église famille et universelle.

Toujours selon Mgr Jean-Baptiste Somé, c'est au moment où l'on avait le plus besoin des sages conseils du « vieux », entendez par là Mgr Zéphirin Toé, que la maladie et l'âge l'ont emporté.

Qu'à cela ne tienne, l'évêque mérite de Diébougou pense que Mgr Zéphirin Toé restera une bibliothèque vivante et un parchemin ouvert à jamais. C'est pourquoi il a invité les évêques et les prêtres à monter sur les épaules du défunt pour non seulement continuer l'œuvre, mais aussi être témoins du Christ ressuscité.

Il a également indiqué que le plus beau cadeau qu'un homme puisse recevoir de Dieu, c'est bien la mort. Mgr Jude Bicaba, évêque de Dédougou et successeur, a laissé entendre qu'il est désormais orphelin.

Des témoignages aussi émouvants les uns que les autres ont également été faits à l'assistance. Une chanson composée par l'abbé Bernard Sama, en l'honneur du père évêque et qui devrait être dédicacée à l'occasion de la célébration du centenaire de la paroisse de Toma en sa présence, lui a été dédiée séance tenante.

La liturgie de l'absoute de l'évêque émérite de Dédougou a été retardée par la disparition des dalles destinées à refermer la tombe. Les Mossé, parents à plaisanterie des Samos, ont été identifiés comme étant les « voleurs » et ont été priés de les restituer.

Des conditions, les Mossé en ont posé : un mouton blanc sans tache, des espèces sonnantes et trébuchantes et les derniers propos prononcés par Mgr Zéphirin Toé avant de quitter le monde des vivants. Des doléances qui ont été satisfaites après moult négociations.

Mgr Séraphin Rouamba, évêque de Koupéla, lui même moaga a dû intervenir auprès de ses frères et sœurs pour obtenir gain de cause. Cette ambiance à l'ultime minute de l'inhumation a, sans doute, quelque peu détendu et apaisé les cœurs attristés. C'est finalement aux environs de 12 h 45 mn que Mgr Zéphirin Toé a été inhumé à l'intérieur de la cathédrale Sainte Anne de Dédougou.

Il faut noter qu'il est la première personnalité de l'Eglise à y être ensevelie. Tonton Monseigneur pour certains, « vieux » pour d'autres, Zéphirin Toé a effectué son dernier voyage sans retour et y a rejoint Di Alfred Diban, le tout premier chrétien du Burkina.

Son vœu de vouloir participer à la commémoration du centenaire de la paroisse de Toma, sa paroisse d'origine, n'a pas été exaucé. Dieu, le tout-puissant, en a décidé autrement.

Quatre ministres à savoir Arsène Bongnessan Yé, Julie Prudence Nigna/Somda, Toussaint Abel Coulibaly et Baba Diémé sont venus témoigner la compassion du gouvernement à l'Eglise catholique et à la famille du disparu.

L'Evangile vigile!

Le pape François a publié, mardi 26 novembre sa première exhortation apostolique: Evangelii Gaudium ou «La joie de l'Evangile». Dans ce document de près de 165 pages, le souverain pontife dévoile sa conception de l'évangélisation, ainsi que les lignes directrices de son pontificat.

alt«Une Eglise pauvre pour les pauvres», c'est ainsi que l'on peut résumer le sens de cette première exhortation apostolique: «Evangelii Gaudium», signé des mains du Pape François.

Dans ce document de près 165 pages, rendu public par le Vatican hier, mardi 26 novembre 2013, le Pape François propose une longue synthèse de la manière dont il envisage le rôle des croyants et «la mission évangélisatrice» de l'Eglise catholique dans le monde actuel.

Réaffirmant son désir d'une Eglise pauvre pour les pauvres, le pape a plaidé une nouvelle étape évangélisatrice marquée par la joie d'évangéliser. Et une Eglise plus ouverte qu'autocentrée, plus collégiale que centralisée, plus axée sur la miséricorde que sur la condamnation, plus audacieuse, créative, fervente, cordiale et joyeuse.

«Comme je voudrais trouver les paroles pour encourager une période évangélisatrice plus fervente, joyeuse, généreuse, audacieuse, pleine d'amour profonde, et de vie contagieuse!», écrit le pape François dans cette lettre, tout en rappelant aussi que «tout baptisé est un missionnaire évangélisateur. Nous ne pouvons pas prétendre que tous les peuples de tous les continents, en exprimant la foi chrétienne, imitent les modalités adoptées par les peuples européens à un moment précis de leur histoire», c'est par cette phrase que le pape a tenu à recadrer le débat sur le sujet de l'inculturation souvent reproché à certaines Églises en Afrique ou encore en Amérique du Sud.

Estimant que, «le christianisme n'a pas un seul modèle culturel» et que le visage de l'Eglise est «multiforme», le souverain pontife a invité les fidèles à viser la finalité évangélisatrice de l’Église et à ne pas se contenter d'une «théologie de bureau». Déclinant sa vision sur la dimension sociale de l'évangélisation, le pape François, indique que la «foi authentique implique toujours un désir profond de changer le monde».

Selon lui, l'église doit à travers la nouvelle évangélisation ressentir comme sienne la mission de collaborer pour résoudre les causes instrumentales de la pauvreté et pour promouvoir le développement intégral des pauvres en accomplissant des gestes simples et quotidiens de solidarité face à la misère concrète qui est chaque jour devant ses yeux.

Le Pape a aussi plaidé la protection des plus faibles, les sans-abris, les toxicomanes, les réfugiés, les populations indigènes, les personnes âgées toujours plus seules et abandonnées et les migrants en encourageant les nations à une généreuse ouverture.

Le souverain pontife a également insisté, toujours dans cette exhortation, sur l'importance d'une relation pacifique entre les différentes religions et notamment entre le monde chrétien et celui islamique. «La relation avec les croyants de l'Islam acquiert à notre époque une grande importance». Il a ainsi plaidé la liberté religieuse pour les chrétiens établis dans les pays de tradition musulmane.