Sos racisme - Africa Nouvelles

A "poster...iori"? ! 

Solidarité au parlementaire PD (Parti Démocrate), Khalid Chaouki, de la part du parti du premier ministre Matteo Renzi et de la Présidente de la Chambre des Députés, Laura Boldrini, après les affissions de posters anti-immigrés de Forza Nuova avec son effigie sur les murs de divers sièges du PD. 

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"Pleine solidarité à Khalid et à tous les militants démocrates pour les laches attaques. C'est vraiment déconcertant de devoir assister à l'énième campagne xénophobe de l'extre,e droite italienne, dans ce cas Forza Nuova, contre le collègue Khalid Chaouki, dont l'effigie a été collée sur un poster manipulant honteusement la loi de la nationalité. Et non contents des autres milliers de posters, toujours signés Forza Nuova, ils ont sali des centaines de sièges territoriaux du PD, dans toute l'Italie", a affirmé la responsable nationale des Organismes Locaux du Parti Démocrate, Valentina Paris. 

"Solidarité' contre l'inacceptable attaque raciste de Forza Nuova" a également exprimé via Twitter la Présidente de la Chambre des Députés, Laura Boldrini. 

Get off the ghetto! 

Le leader della Lega Nord, en campagne pré-électorale, n'avait pas réussi à entrer dans l’Hotel House, l'immeuble résidentiel le plus pluriethnique d'Italie.

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Accueil des moins chaleureux à l’Hôtel House de Porto Recanati, pour Matteo Salvini, en campagne dans les Marches, pour les élections régionales de fin mai.

Matteo Salvini avait jugé bon faire étape à l'énorme immeuble,  devenu célèbre parce que 90% des 2.000 résidents sont des étrangers, venant de 40 pays différents, et parce que souvent discuté pour des controverses liées à des questions de dégradation.

Sur Facebook, Salvini l'avait présenté ainsi: «Un gratte-ciel résidentiel pluriethnique peuplé et occupé par 2.000 personnes, envahie par les dealers et les criminels, où a récemment été  arrêté un terroriste présumé d'Al-Qaïda ...».

Mais quand, l'après-midi, il s'est présenté devant le bâtiment, il n'a pas réussi à y rentrer. Devant l'Hôtel House, le secrétaire de la Ligue du Nord a trouvé une centaine de résidents.

C'étaient la plupart des immigrés qui ont bloqué les accès et l'ont accueilli en le sifflant et lui criant: «Dégage!» et «T'as pas honte?».

Il y avait aussi une manifestation anti-Ligue du Nord convoquée par le centre-gauche.

Il y a eu des moments tendus,  mais la police a empêché le contact entre les manifestants et Salvini, qui a préféré rebrousser chemin et aller à un autre rendez-vous à Macerata.

«Les manifestants du PD (Parti Démocratique) et du syndicat CGIL ont, ensemble avec les locateurs au noir et les centres sociaux, bloqué l'entrée du bâtiment», a soutenu Salvini sur Facebook, ajoutant: «ça leur va la pagaille et le trafic de drogue? Et penser que ce sont les africains honnêtes eux-mêmes qui ont sollicité l'aide de la Ligue  du Nord! La solution pour certaines gens? Bulldozer!» 

 

 

 

 

Destitue la statue! 

Cette oeuvre représentant Cecil John Rhodes, colonisateur britannique, magnat des mines et fondateur de l'ancienne Rhodésie, a fait l'objet de polémiques depuis un mois. Les étudiants dénonçaient ce qu'il considère comme un symbole de l'oppression blanche. 

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Après des semaines de débat houleux, de manifestations, la statue de Cecil John Rhodes est finalement tombée. Le conseil d'administration de l'université du Cap a voté le retrait de cette statue à l'entrée du campus. Devant des centaines d'étudiants, celle-ci a donc été déboulonnée.

Pour Max Price, vice-chancelier de l'université du Cap, elle ne sera pas détruite, mais simplement déplacée dans un lieu plus approprié: «Cette statue va continuer d'exister, mais dans un environnement différent où les gens pourront apprendre qui est Rhodes, mais aussi toutes les choses négatives qu'il représentait: son attitude raciste, son comportement envers les natifs de la région qui à ses yeux n'avaient aucun droit. De plus, cette polémique a attiré l'attention des gens qui ne faisait pas très attention à cette statue, sur le sentiment qu'elle provoquait notamment chez les étudiants noirs».

Cecil Rhodes, souvent décrit comme philanthrope, était également éminemment raciste. Pour les étudiants du Cap, c'est une victoire. D'ailleurs, le mouvement «Rhodes doit tomber» a fait tache d'huile. Des étudiants de l'université Rhodes de Grahamstown dans le sud du pays ont exigé que leur établissement soit débaptisé. Et à l'université du KwaZulu-Natal à Durban des étudiants s'en sont pris à la statue du roi d'Angleterre George V.

Une banque pas si "extra" que ça? 

Clients italiens favorisés et employés victimes de discrimination: l'ex vice-président Otto Bitjoka fait condamner Extrabanca.

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La première banque italienne, née en 2010 dans le but de faire du crédit à des étrangers, Extrabanca, devra dédommager son ancien vice-président, Otto Bitjoka, pour l'avoir limogé en 2011, de son rôle au sein du Conseil de l'institut. Une décision dictée par des motifs raciaux pour la 2ème Chambre civile de la Cour d'appel du Tribunal de Milan. Le verdict date du 23 Juin et condamne Extrabanca à indemniser Bitjoka de 80.000 euros, tout compris, pour le dommage subi, non seulement sur le plan professionnel.

Bitjoka, entrepreneur italien d'origine camerounaise, actif sur le front social et le promoteur de la création d'Extrabanca, dont il était vice-président, en 2011, fut le seul membre du Conseil d'Administration à dénoncer le comportement discriminatoire contre un salarié d'origine sénégalaise, Cheik Tidiane Gaye.

Le travailleur dénonça le fait que les dirigeants de l'institut voulaient le dissuader de sa candidature aux élections municipales de 2011 avec Pisapia, en raison de la couleur de sa peau et de sa race, le le rapprochant aux gitans. Ensuite l'invitation à ne pas prétendre de faire carrière, de devenir dirigeant, parce que immigré. Ce sont tous des faits établis par une décision de mars 2012 du Tribunal du Travail de Milan, qui a reconnu que Gaye a été victime de "harcèlement racial". Bitjoka fut l'unique membre de la direction à dénoncer le fait et à également pointer du doigt les  différents taux de crédit des clients étrangers par rapport aux italiens, ceux de ces derniers étant plus favorables que ceux des premiers.

Une attitude paradoxale dans une banque, fondée et présidée par Andrea Orlandini, née dans le but de favoriser les prêts hypothécaires et les prêts aux étrangers. Lorsque Bitjoka, lui aussi noir, pose la question, envoyant une lettre d'information aux actionnaires, il se cogne à l'hostilité de l'ensemble du conseil d'administration qui, en quelques séances, vote contre lui une résolution de limogeage de son rôle de vice-président.

Le juge Angelo Sbordone la Cour d'appel du Tribunal civil de Milan a renversé le verdict de première instance et a reconnu les raisons de Bitjoka, disposant "une indemnisation de dommage non patrimonial lié à la lésion de l'intérêt à la non-discrimination, pour des raisons de race ou d'origine ethnique, dont les rcanines morales et culturelles, avant même que juridiques, sont ancrées dans les normes basilaires des articles 2 et 3 de la Constitution Italienne".

Le juge décèle dans le choix de révocation de la position professionnelle, une discrimination raciale. Outre l'indemnisation, Extrabanca, qui a des filiales à Milan, Rome, Brescia et Prato, devra publier une synthèse du verdict sur les principaux quotidiens nationaux, et, en intégral, sur son site Web pendant un an. Pour le même juge, la publication de ce verduict "doit constituer un élément de dissuasion contre dtoute discrimination future".

Satisfait Bitjoka, assisté par l'avocat Fabrio Strazzeri: "Par ce verdict, justice est faite. Après le limogeage, j'ai présenté ma démission du Conseil d'administration parce que je retenais que l'institution trahissait les principes sur lesquels elle avait été fondée. Malgré les chartes et les valeurs éthiques qui étaient propinées, le soutien aux clients étrangers était juste une couverture pour mettre la main sur une une part du marché".

Au cours du procès d'appel, il a été constaté "que le crédit accordé aux Italiens était en moyenne le double de celui accordé aux étrangers." Le taux sur les prêts aux immigrés était avantageux, sur les prêts personnels, il était plus élevé de 2,8% que celui des Italiens. 

Diego Longhin

Au-delà de Mandela? 

En Afrique du Sud, des milliers de personnes ont manifesté, jeudi 16 avril, contre la xénophobie, à Durban. Depuis une quinzaine de jours, l'Afrique du Sud est confrontée à une série de violences xénophobes, principalement la ville de Durban où des étrangers ont été sauvagement attaqués. Les immigrés sont accusés de la montée du chômage et de la hausse de la criminalité. Au moins 6 personnes ont été tuées. 

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Le convoi de la manifestation s'est mis en route à la mi-journée en direction l'Hôtel de ville. Dans la foule environ 5 à 6 000 personnes, principalement des jeunes, venus dire «Non à la violence contre les étrangers!». Il y a également des Blancs et des Indiens. «Après tout ce qu'a vécu le pays, en arriver là, c'est vraiment dommage, j'ai honte», s'indignait Lyse, une femme blanche d'environ 50 ans. 

«Je comprends la frustration des gens dans les townships et la jalousie envers les commerçants étrangers mais la violence n'est pas une solution. Nelson Mandela se retournerait dans sa tombe s'il nous voyait», disait une autre jeune femme d'environ 30 ans. Pour tous, il s'agit de rejeter ces attaques dont font l'objet les étrangers de Durban depuis près de 3 semaines. 

En revanche, on voit pas ou peu d'étrangers dans la foule. Certains dénoncent la récupération politique de cette manifestation organisée par le parti au pouvoir mais selon un leader de la communauté éthiopienne, les étrangers ont surtout peur de possibles débordements.

Premier directeur sportif africain en Italie!

L'ancien sélectionneur italien, Arrigo Sacchi, pointe du doigt le "trop-plein" de Noirs dans les équipes de jeunes. Et Malu Mpasinkatu, premier directeur sportif d'origine africaine diplômé en Italie, lui réplique: "Il est temps d'arrêter". 

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Une telle phrase, venant de quelqu'un comme Arrigo Sacchi, on ne s'y attendait pas du tout. Malu Mpasinkatu a grandi à Mondovi, mais son nom et sa peau noire trahissent ses racines congolaises. En Italie, c'est un expert apprécié du football africain sur la chaine Sky et il est le premier africain à avoir la licence de directeur sportif.

«Je veux être clair, une fois pour toutes, y en a marre avec cette histoire de couleur». Ainsi commence l'interview de Malu sur Lettera43.it, commentant les paroles de l'ancien sélectionneur italien Arrigo Sacchi, qui a dénoncé la présence excessive de Noirs dans les clubs de jeunes de l'Italie. "Dans le football, joue qui mérite, qu'il soit noir, aux yeux bridés ou slave". 

Ce qu'a sorti Sacchi ne voua pas plu en fait... 

Non, pas du tout. J'ai trouvé cela désagréable. ça me fâche encore plus provenant de quelqu'un comme lui. Bien qu'il soit Sacchi, un grand du foot, cette fois il faut qu'il sache qu'il a sortie une connerie. 

Il faut dire que Sacks a précisé ultérieurement qu'il n'est pas raciste. Il a rappelé qu'il a fait jouer Gullit et Rijkaard.

ça ne m'intéresse pas qu'il soit raciste ou pas. Je ne veux pas me plonger dans cette discussion. J'espère pour lui qu'il ne le soit pas. Le point est que cette phrase, prononcée par quelqu'un de sa position, est déplacée et il doit comprendre ça.

Pourquoi?

Parce que ça alimente des disputes inutiles sur une question sensible.

Pourtant, Sacchi n'est pas le premier à faire cette objection...  

Oui, mais s'il avait dit qu'il ya trop d'étrangers dans les équipes de jeunes, je l'aurais accepté. On pouvait en parler, on aurait ouvert un débat. Mais il a dit «noirs».

Et il y a de plus en plus de noirs italiens ...

Exactement. Balotelli, Okaka, Ogbonna, et même Gomis, qui est l'un des gardiens de but les plus forts de la Série B pourrait jouer pour l'équipe nationale parce qu'il a un passeport italien. El Shaarawy est d'origine africaine, lui aussi.

Le foot et le pays sont en pleine mutation?

Certainement. Mais Sacchi appartient à une autre époque. Aujourd'hui, les équipes sont comme ça, elles sont multiethniques et multinationales. Personne ne fait ces discours à l'étranger.

Peut-être parce qu'à l'étranger, elle n'est pas aussi forte la crise du secteur des jeunes... 

Mais c'est un discours générationnel. Avouons-le: en Italie, on a de bons jeunes, pas des phénomènes faisant envie en Europe. Et puis, pour être honnête, au Tournoi de Viareggio (la plus importante compétition Juniors df'Italie ndlr), la différence c'est Bonazzoli qui l'a faite et il est italien.

Et le taux élevé d'étrangers n'influe pas?

Ce n'est pas parce que qu'il y a plus d'étrangers, que le vrai italien n'émerge pas. La vérité est que si l'on regarde le calepin d'un directeur sportif européen, on trouve 5 moins de 17 ans Français, 5 Allemands, 5 Belges. Les Italiens? Maximum 1 ou 2. Ce n'est pas la génération des Del Piero, Inzaghi, Vieri, Nesta et Totti.

Rien que ça?

Ecoutez, je suis bien d'accord de mettre des limitations: un nombre minimum d'Italiens dans les équipes de jeunes, un nombre maximum d'étrangers. Il suffit qu'on parle d'étrangers, pas de «Noirs».

Et qu'en penseront les clubs? 

Voilà c'est là l'affaire. Si je suis le directeur sportif d'un club, je fais les intérêts d'un club et, si je trouve un jeune Macédonien qui, dans quelques années, je pourrai vendre à l'étranger, réalisant un gros gain, je le prends. Nous voulons toujours faire ressortir le produit italien, et c'est  juste. Mais le produit doit être bon.