EXTRABANCA: Le verdict qui met en embarras l"'institut de crédit des immigrés"! - Africa Nouvelles

TOUCHE PAS MON POTE

Une banque pas si "extra" que ça? 

Clients italiens favorisés et employés victimes de discrimination: l'ex vice-président Otto Bitjoka fait condamner Extrabanca.

alt

La première banque italienne, née en 2010 dans le but de faire du crédit à des étrangers, Extrabanca, devra dédommager son ancien vice-président, Otto Bitjoka, pour l'avoir limogé en 2011, de son rôle au sein du Conseil de l'institut. Une décision dictée par des motifs raciaux pour la 2ème Chambre civile de la Cour d'appel du Tribunal de Milan. Le verdict date du 23 Juin et condamne Extrabanca à indemniser Bitjoka de 80.000 euros, tout compris, pour le dommage subi, non seulement sur le plan professionnel.

Bitjoka, entrepreneur italien d'origine camerounaise, actif sur le front social et le promoteur de la création d'Extrabanca, dont il était vice-président, en 2011, fut le seul membre du Conseil d'Administration à dénoncer le comportement discriminatoire contre un salarié d'origine sénégalaise, Cheik Tidiane Gaye.

Le travailleur dénonça le fait que les dirigeants de l'institut voulaient le dissuader de sa candidature aux élections municipales de 2011 avec Pisapia, en raison de la couleur de sa peau et de sa race, le le rapprochant aux gitans. Ensuite l'invitation à ne pas prétendre de faire carrière, de devenir dirigeant, parce que immigré. Ce sont tous des faits établis par une décision de mars 2012 du Tribunal du Travail de Milan, qui a reconnu que Gaye a été victime de "harcèlement racial". Bitjoka fut l'unique membre de la direction à dénoncer le fait et à également pointer du doigt les  différents taux de crédit des clients étrangers par rapport aux italiens, ceux de ces derniers étant plus favorables que ceux des premiers.

Une attitude paradoxale dans une banque, fondée et présidée par Andrea Orlandini, née dans le but de favoriser les prêts hypothécaires et les prêts aux étrangers. Lorsque Bitjoka, lui aussi noir, pose la question, envoyant une lettre d'information aux actionnaires, il se cogne à l'hostilité de l'ensemble du conseil d'administration qui, en quelques séances, vote contre lui une résolution de limogeage de son rôle de vice-président.

Le juge Angelo Sbordone la Cour d'appel du Tribunal civil de Milan a renversé le verdict de première instance et a reconnu les raisons de Bitjoka, disposant "une indemnisation de dommage non patrimonial lié à la lésion de l'intérêt à la non-discrimination, pour des raisons de race ou d'origine ethnique, dont les rcanines morales et culturelles, avant même que juridiques, sont ancrées dans les normes basilaires des articles 2 et 3 de la Constitution Italienne".

Le juge décèle dans le choix de révocation de la position professionnelle, une discrimination raciale. Outre l'indemnisation, Extrabanca, qui a des filiales à Milan, Rome, Brescia et Prato, devra publier une synthèse du verdict sur les principaux quotidiens nationaux, et, en intégral, sur son site Web pendant un an. Pour le même juge, la publication de ce verduict "doit constituer un élément de dissuasion contre dtoute discrimination future".

Satisfait Bitjoka, assisté par l'avocat Fabrio Strazzeri: "Par ce verdict, justice est faite. Après le limogeage, j'ai présenté ma démission du Conseil d'administration parce que je retenais que l'institution trahissait les principes sur lesquels elle avait été fondée. Malgré les chartes et les valeurs éthiques qui étaient propinées, le soutien aux clients étrangers était juste une couverture pour mettre la main sur une une part du marché".

Au cours du procès d'appel, il a été constaté "que le crédit accordé aux Italiens était en moyenne le double de celui accordé aux étrangers." Le taux sur les prêts aux immigrés était avantageux, sur les prêts personnels, il était plus élevé de 2,8% que celui des Italiens. 

Diego Longhin