ITALIE: La pharmacienne nigériane Thelma Oguezue jugée trop "pauvre" pour devenir une citoyenne italienne - Africa Nouvelles

TOUCHE PAS MON POTE

Thelma Oguezue, 26 ans, originaire de la région nigériane d'Anambra (où le 6 août 2017, un attentat terroriste a tué 12 personnes qui assistaient à la messe), pénalisée par son CUD (déclaration des impôts pour auto emploi), même si elle a obtenu un doctorat.

 

 

Thelma est catholique et elle a émigré en Italie à l'âge de 8 ans. «Mon papa était arrivé en 1993 avec un visa touristique; ma maman, mes frères et moi avons pu le rejoindre en 1999», raconte la jeune pharmacienne qui, depuis lors, a toujours vécu dans la province de Modena où, après avoir fréquenté l'école primaire (elementari), le collège (medie) et le lycée (superiori), elle a décroché son doctorat en Chimie et Technologies Pharmaceutiques (Laurea in Chimica e tecnologie farmaceutiche).

En dernière année, elle s'est mise à bosser dans la pharmacie de Campogalliano, mais continue de ne pas être italienne.

«Je fais partie», dit-elle, «de cette moitié de ma famille encore étrangère, vu que mon père et un de mes frères sont italiens.  Le motif? Problèmes de CUD». 

Oui, car lorsqu'elle présenta la demande, son père venait de perdre le boulot (sa mère au contraire avait un emploi), on exigeait 3 années consécutives de revenus d'une certaine teneur et ceux de Thelma résultaient insuffisants, bien que les Oguezue eussent, des décennies durant, payé les impôts et se fussent toujours comportés de manière impeccable.

«Plus que la déclaration des impôts» réfléchit Thelma, «devrait plutôt compter la formation sur les bancs d'école en Italie, selon le "ius culturae" proposé par la réforme approuvée par le Parlement et en attente au Sénat». 

Entre-temps, le père de Thelma s'est transféré à Glasgow: «Je ne peux pas aller le trouver parce que, pour une citoyenne nigériane, c'est très difficile, avec les visas et les autorisations,  tandis que pour une italienne, il suffirait d'acheter un vol low -cost».