Sos racisme - Africa Nouvelles

"Con...trolleur de balles"! Il aurait tout inventé, Davide Feltri, le fameux contrôleur de train qui, mercredi 19 juillet, avait dénoncé d'avoir été poignardé à la main par «un homme de couleur» sur le train régional Trenord de 7h, de Piacenza à Milano Greco Pirelli. Les forces de l'ordre avaient également parlé de "suspects", sans toutefois qu'ils ne fussent ensuite vraiment liés à l'agression. 

Une banque pas si "extra" que ça? 

Clients italiens favorisés et employés victimes de discrimination: l'ex vice-président Otto Bitjoka fait condamner Extrabanca.

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La première banque italienne, née en 2010 dans le but de faire du crédit à des étrangers, Extrabanca, devra dédommager son ancien vice-président, Otto Bitjoka, pour l'avoir limogé en 2011, de son rôle au sein du Conseil de l'institut. Une décision dictée par des motifs raciaux pour la 2ème Chambre civile de la Cour d'appel du Tribunal de Milan. Le verdict date du 23 Juin et condamne Extrabanca à indemniser Bitjoka de 80.000 euros, tout compris, pour le dommage subi, non seulement sur le plan professionnel.

Bitjoka, entrepreneur italien d'origine camerounaise, actif sur le front social et le promoteur de la création d'Extrabanca, dont il était vice-président, en 2011, fut le seul membre du Conseil d'Administration à dénoncer le comportement discriminatoire contre un salarié d'origine sénégalaise, Cheik Tidiane Gaye.

Le travailleur dénonça le fait que les dirigeants de l'institut voulaient le dissuader de sa candidature aux élections municipales de 2011 avec Pisapia, en raison de la couleur de sa peau et de sa race, le le rapprochant aux gitans. Ensuite l'invitation à ne pas prétendre de faire carrière, de devenir dirigeant, parce que immigré. Ce sont tous des faits établis par une décision de mars 2012 du Tribunal du Travail de Milan, qui a reconnu que Gaye a été victime de "harcèlement racial". Bitjoka fut l'unique membre de la direction à dénoncer le fait et à également pointer du doigt les  différents taux de crédit des clients étrangers par rapport aux italiens, ceux de ces derniers étant plus favorables que ceux des premiers.

Une attitude paradoxale dans une banque, fondée et présidée par Andrea Orlandini, née dans le but de favoriser les prêts hypothécaires et les prêts aux étrangers. Lorsque Bitjoka, lui aussi noir, pose la question, envoyant une lettre d'information aux actionnaires, il se cogne à l'hostilité de l'ensemble du conseil d'administration qui, en quelques séances, vote contre lui une résolution de limogeage de son rôle de vice-président.

Le juge Angelo Sbordone la Cour d'appel du Tribunal civil de Milan a renversé le verdict de première instance et a reconnu les raisons de Bitjoka, disposant "une indemnisation de dommage non patrimonial lié à la lésion de l'intérêt à la non-discrimination, pour des raisons de race ou d'origine ethnique, dont les rcanines morales et culturelles, avant même que juridiques, sont ancrées dans les normes basilaires des articles 2 et 3 de la Constitution Italienne".

Le juge décèle dans le choix de révocation de la position professionnelle, une discrimination raciale. Outre l'indemnisation, Extrabanca, qui a des filiales à Milan, Rome, Brescia et Prato, devra publier une synthèse du verdict sur les principaux quotidiens nationaux, et, en intégral, sur son site Web pendant un an. Pour le même juge, la publication de ce verduict "doit constituer un élément de dissuasion contre dtoute discrimination future".

Satisfait Bitjoka, assisté par l'avocat Fabrio Strazzeri: "Par ce verdict, justice est faite. Après le limogeage, j'ai présenté ma démission du Conseil d'administration parce que je retenais que l'institution trahissait les principes sur lesquels elle avait été fondée. Malgré les chartes et les valeurs éthiques qui étaient propinées, le soutien aux clients étrangers était juste une couverture pour mettre la main sur une une part du marché".

Au cours du procès d'appel, il a été constaté "que le crédit accordé aux Italiens était en moyenne le double de celui accordé aux étrangers." Le taux sur les prêts aux immigrés était avantageux, sur les prêts personnels, il était plus élevé de 2,8% que celui des Italiens. 

Diego Longhin

A "poster...iori"? ! 

Solidarité au parlementaire PD (Parti Démocrate), Khalid Chaouki, de la part du parti du premier ministre Matteo Renzi et de la Présidente de la Chambre des Députés, Laura Boldrini, après les affissions de posters anti-immigrés de Forza Nuova avec son effigie sur les murs de divers sièges du PD. 

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"Pleine solidarité à Khalid et à tous les militants démocrates pour les laches attaques. C'est vraiment déconcertant de devoir assister à l'énième campagne xénophobe de l'extre,e droite italienne, dans ce cas Forza Nuova, contre le collègue Khalid Chaouki, dont l'effigie a été collée sur un poster manipulant honteusement la loi de la nationalité. Et non contents des autres milliers de posters, toujours signés Forza Nuova, ils ont sali des centaines de sièges territoriaux du PD, dans toute l'Italie", a affirmé la responsable nationale des Organismes Locaux du Parti Démocrate, Valentina Paris. 

"Solidarité' contre l'inacceptable attaque raciste de Forza Nuova" a également exprimé via Twitter la Présidente de la Chambre des Députés, Laura Boldrini. 

Get off the ghetto! 

Le leader della Lega Nord, en campagne pré-électorale, n'avait pas réussi à entrer dans l’Hotel House, l'immeuble résidentiel le plus pluriethnique d'Italie.

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Accueil des moins chaleureux à l’Hôtel House de Porto Recanati, pour Matteo Salvini, en campagne dans les Marches, pour les élections régionales de fin mai.

Matteo Salvini avait jugé bon faire étape à l'énorme immeuble,  devenu célèbre parce que 90% des 2.000 résidents sont des étrangers, venant de 40 pays différents, et parce que souvent discuté pour des controverses liées à des questions de dégradation.

Sur Facebook, Salvini l'avait présenté ainsi: «Un gratte-ciel résidentiel pluriethnique peuplé et occupé par 2.000 personnes, envahie par les dealers et les criminels, où a récemment été  arrêté un terroriste présumé d'Al-Qaïda ...».

Mais quand, l'après-midi, il s'est présenté devant le bâtiment, il n'a pas réussi à y rentrer. Devant l'Hôtel House, le secrétaire de la Ligue du Nord a trouvé une centaine de résidents.

C'étaient la plupart des immigrés qui ont bloqué les accès et l'ont accueilli en le sifflant et lui criant: «Dégage!» et «T'as pas honte?».

Il y avait aussi une manifestation anti-Ligue du Nord convoquée par le centre-gauche.

Il y a eu des moments tendus,  mais la police a empêché le contact entre les manifestants et Salvini, qui a préféré rebrousser chemin et aller à un autre rendez-vous à Macerata.

«Les manifestants du PD (Parti Démocratique) et du syndicat CGIL ont, ensemble avec les locateurs au noir et les centres sociaux, bloqué l'entrée du bâtiment», a soutenu Salvini sur Facebook, ajoutant: «ça leur va la pagaille et le trafic de drogue? Et penser que ce sont les africains honnêtes eux-mêmes qui ont sollicité l'aide de la Ligue  du Nord! La solution pour certaines gens? Bulldozer!»