Sos racisme - Africa Nouvelles

Entrée gratuite aux italiens et citoyens UE. Prix entier au contraire aux immigrés!

Dans tous les musées et monuments publics italiens, est en vigueur le même règlement des Biens culturels. Une modification de  2006, prévoit l’entrée gratuite pour «les citoyens UE âgés de moins de 18 ans». El les mineurs extracommunautaires? Ils paient le billet plein.

Il s’agit d’une sélection à l’entrée, basée sur la nationalité, qui ne pénalise pas seulement les petits touristes étrangers venus de loin mais aussi tant de fils d’immigrés qui ont grandi en Italie, comme ces trois élèves de la Scuola media Calderari de Vicenza, en excursion à Firenze.

A la billetterie des "Uffizi", à Firenze, ils ont l’amère surprise de ne pas être comme leurs compagnons de classe. Ils ont grandi à Vicenza,  mais sont serbes, parce que leurs parents sont serbes et la loi sur la nationalité s’aperçoit des secondes générations seulement  quand ils atteignent 18 ans.

C’est ainsi que le vendeur de billets a fait entrer gratis les seuls italiens tandis qu’il a demandé 6,5 euro à tête aux serbes. Prix entier s'il vous plaît! ("Neanche uno  sconticino!")
Il en est suivi un petit brouhaha médiatique et le maire de Firenze a invité les élèves à Palazzo Vecchio et il s’est excusé pour cette «folle bureaucratie des "Uffizi"» sur laquelle il ne peut cependant pas  intervenir.
«Cette règle a été décidée par le Ministre de la culture de l'époque, Rocco Buttiglione. En tant que musée public, les "Uffizi" ne peuvent que s’aligner aux dispositions», a-t-il dit.

Interpellé, l’ex Ministre UDC (Union du Centre) Rocco Buttiglione, dérangé, a diffusé un communiqué qui récite:
«Le décret ministériel du 20 avril 2006 ne doit absolument pas être interprété dans le sens d’une discrimination. Selon la situation qui existait à l’époque, il s’est agi d’une exemption mettant sur le même pied d’égalité les citoyens de l’Union Européenne (UE) et les citoyens italiens, comme demandé d’ailleurs par les directives européennes».

Et oui, l’Europe justement. Au-delà des directives, il conviendrait d’en suivre l’exemple.
Au Musée du Louvre en France, au Prado en Espagne et au Van Gogh Museum en Hollande, les enfants entrent gratis. Et ce, indépendamment de leur nationalité et de leur passeport.

Elvio Pasca

 Test d’italien pour pouvoir ouvrir un magasin.


Une nouvelle offensive de la Lega sur l’immigration, insérée dans le "Decreto incentivi" (Encouragements à la consommation), demande que les extracommunautaires voulant ouvrir un magasin en Italie, doivent passer d'abord un test d'italien. Au ban donc les enseignes multietniques et espace au contraire aux écriteaux en dialecte local.

Le Peuple de la Liberté (PDL) a montré d’apprécier cette proposition de la Lega Nord, la définissant comme «sage»: elle montre de l’«intelligence», a commenté le vice-président des députés PDL,  Osvaldo Napoli.

Pour le Parti Démocratique (PD), il ne s’agissait que d’un jeu politique pour «se faire voir» au lendemain des accrochages entre Silvio Berlusconi e Gianfranco Fini, dans le parfait style léghiste, c’est-à-dire «recourant à leur thème préféré: le racisme contre les extracommunautaires», explique la Présidente des Sénateurs PD, Anna Finocchiaro.

La Lega Nord considère les extracommunautaires «seulement comme des gens à exploiter», observe l’europarlementaire de IDV (Italie des Valeurs).
Ce sont toutes «des polémiques manipulées», réplique Silvana Camaroli, la députée de la Lega et première signataire de plusieurs des ammendements objets des débats.
La thèse avancée est qu’il y a la santé des citoyens en jeu du moment qu’il est «fondamental que les propriétaires des magasins puissent comprendre et donc appliquer les règles sur la tutelle des consommateurs».

Les ammendements léghistes sont tous orientés vers la défense de l’italianité et, en particulier, des traditions locales, poussant jusqu’à imaginer des embauches limitées aux citoyens UE et la possibilité de fermer ces activités qui mettent en péril la tipicité culturelle et historique.

«C’est un fait singulier que ce soient maintenant les léghistes, les principaux sponsors de la langue Italienne» observe le sénateur PD, Roberto Di Giovan Paolo, Secrétaire de la Commissione Affaires Européenne.
Et d’ironiser: «A entendre les léghistes à la télé, maires en premier lieu, un cours d’italien avec examen serait utile justement pour plusieurs parmi eux. Vu que la Lega utilise le décret ‘incentivi’ pour faire passer cette mesure, les ‘incentivi’ devraient aller à ces associations qui enseignent gratuitamente l’italien aux étrangers et qui, il y a quelques décennies, ensegnaient aux émigrants italiens la langue du pays où ils allaient travailler».

Relevant qu’il est bizzarre que la Lega sécessioniste s’accroche à l’italien, Anna Finocchiaro avertit: «Rien d’original, un autre y pensa avant eux, pendant les 20 ans du fascisme».

Pour le président de Confcommercio de Rome et Lazio, Cesare Pambianchi, «c’est une provocation ridicule. Ce qui sert c’est la  formazione pour ceux, extracommunautaires ou européens, désirent ouvrir des entreprises en Italie».
Selon lui, «il ne suffit pas de troquer le besoin de formation pour exercer une activité d’entreprise ou de commerce, come Confcommercio demande depuis longtemps, avec une idée restreinte et limitée aux extracommunautaires et à la langue italienne. Pour cela, je dis que c’est provocatoire outre que ridicule. A combien d’étrangers, extracommunautaires ou pas (“les polonais peuvent-ils ne pas savoir l’italien?, se demande-t-il), désireux d’ouvrir une entreprise, doit-on enseigner nos règles hygiéniques et sanitaires, d’éducation et civilisation occidentales qui souvent sont très différentes de celles de leurs pays de provenance, au lieu de se limiter à leur faire mettre des enseignes en dialecte bergamasque».

Et Pambianchi de conclure réaffirmant la convinction que «pour garantir l’intégration, il faut former et non pas discriminer».

Milton Kwami

Café plus cher pour le client noir!

Le café coûte 10 cents de plus (1 euro au lieu de 0,90 euros) pour les clients africains: ça s’est passé à Spilimbergo (Province de Pordenone) dans un bar géré par des chinois.

Le client, après avoir protesté, s’était adressé aux carabiniers et enfin à la presse.
«Je suis désolé mais je n’ai fait que ce que mes clients italiens me demandent de faire: augmenter le prix pour décourager les indésirables. Sans les italiens, mon bar boucle», explique la titulaire du Bar Commercio, Xia Peipei (20 ans, en Italie depuis 5 ans) pour démontrer, outre l’embarras, sa bonne foi.
Le maire Renzo Francesconi, a défini l’épisode une honte pour une ville de 12.000 habitants comptant 1500 étrangers de 58 nationalités (dont 10 chinois et 277 burkinabés).
«Chinois racistes? Pas plus que d’autres peuples. Le racisme peut exister partout et donc je ne me sens pas de l’exclure» a synthétisé Marco Wong, représentant de la Communauté chinoise en Italie.
En tout cas, s’il arrive à un noir qui passe par Spilimbergo d’entrer au Bar Commercio, en demandant un café noir "corretto", attention au café chinoir "corretto", oui mais dans le prix!

Milton Kwami

LINGUISTIC C’EST CHIC!

Enseignement des dialectes aux immigrés!
Est-ce la nouvelle frontière de l’intégration?

 
A Belluno comme à Sanremo, on enseignera le dialecte et l’histoire locale aux immigrés.  Et Belluno emploiera, à telles fins, 35% des fonds pour l’intégration des immigrés.

Pour enseigner le dialecte et l’histoire locale aux immigrés, la commune de Belluno dépensera en 2010, plus de 11.000 euros, soit 35%  du budget total financé par la Région Veneto pour la formation contre la marginalisation des étrangers réguliers, 13.000 au total.
A Sanremo, les cours de base du "giargun sanremasco" (dialecte local) seront dispensés, dans les "scuole medie" (secondaire 1° cycle), par les acteurs Anna Blangetti et Gianni Modena, en collaboration avec le chercheur dialectique Aldo Bottini.
Ont adhéré à l’initiative 48 élèves (dont quelques extracommunautaires) des trois complexes scolaires Pascoli.
Le projet rentre dans le cadre de la récupération, la tutelle et la diffusion du dialecte de San Remo.
Il a été lancé par l’Assesseur à la Culture, Pino Di Meco et la Compagnia Stabile de Sanremo, en collaboration avec la Bibliothèque Civique, siège des  cours
Les 12 leçons, programmées du 5 février à mai, se sont tenues tous les vendredis, de 15h00 à 17h00, dans la "Sala Ragazzi" de la Bibliothèque Civique.
Chaque leçon a vu la participation d’un personnage de San Remo, lié au thème traité.
Les élèves ont reçu des notions de base du dialecte local: de la grammaire à la phonétique, à la syntaxe jusqu’à une authentique reconstruction historique de l’évolution du vernaculaire.
Il y a eu aussi un large espace destiné à la musique, avec la récupération et à l’exécution des plus connus refrains dialectaux.
La programmation des cours prévoyait également une représentation finale.
«Ce sont nos grands-parents qui nous ont transmis le dialecte jusqu’aujourd’hui. Déjà les parents de ma génération ont cessé de l’utiliser pour adopter seulement l’italien; les nouvelles générations ne le parlent pas et malheureusement ce patrimoine extraordinaire risque de se perdre. Parler le dialecte est une culture qui doit être soutenue», a dit l’Assesseur Pino Di Meco tandis que Marco Lupi a ajouté:
«Les racines du territoire ne doivent pas être oubliées. L’adhésion des extracommunautaires est également importante (5-6 élèves: 10% du total), ça signifie qu’ils sont intéressés à connaître notre culture. C’est ça la vraie intégration. Il est fondamental de relancer le dialecte et il semble que les jeunes le savent, vu la forte réponse qu’a eue le cours»
Et de poursuivre: «Un peuple sans racine est un peuple sans futur. La Lega a toujours soutenu des initiatives de ce genre, qui sont importantes, malgré les voix contraires. Je remercie Di Meco pour avoir promu l’initiative».
L’Assesseur à l’Instruction Publique, Claudia Lolli a, de son coté, souligné: «Nous sommes satisfaits du bon accueil que ce projet a eu auprès des écoles citadines qui ont répondu nombreuses, démontrant un grand intérêt pour le dialecte. Je remercie la Compagnia Stabile pour toute l’activité qu’elle accomplit au cours de l’année, pour la récupération de nos traditions citadines, à travers la représentation théâtrale en dialecte».
Milton Kwami