Sos racisme - Africa Nouvelles

Les Roms et les Africains sont les plus discriminés.

 

Rome: 01/06/2011 - Appartenir à une minorité ethnique reconnaissable, comme c’est le cas des Africains et des Roms, est un aimant pour la discrimination multiple. C’est ce que révèle un rapport de l’Agence Européenne pour les Droits Fondamentaux (FRA), rédigé après avoir interviewé environ 23.000 personnes appartenant à des minorités ethniques ou immigrés.

 

Les appartenants aux minorités ethniques reconnaissables sont en effet victimes de discrimination multiple, 5 fois plus souvent que les appartenants aux minorités non identifiables, comme par exemple, les Slaves.

L’age et le genre (homme ou femme) aussi favorisent la discrimination multiple, révèle encore la FRA: par exemple, les jeunes hommes ou les immigrés tendent à signaler des discriminations très poussées.

 

Etre pauvre ça n’aide pas non plus: 46% environ des interviewés ayant subi diverses formes de discriminations se concentrent dans la bande des revenus les plus bas.

 

En ligne générale, les résultats de l’enquête menée par FRA indiquent qu’un interviewé sur quatre s’est senti discriminé pour deux ou plus motifs, au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête.

 

Etre d’une autre ethnie ou immigré se révèle être le terrain le plus significatif de discrimination.

A cela s’ajoutent également le genre,  l’orientation sexuelle, l’age, la  religion et le handicap ainsi que d’autres motifs plus personnels signalés par les interviewés.

 

La plupart des tribunaux européens n’a cependant pas les instruments législatifs et légaux pour prendre en examen des dénonces de discrimination multiple, ce qui empêche les  discriminés d’obtenir justice et des dédommagements adéquats pour les torts subis, dans un unique procès judiciaire.

 

Pour Morten Kjaerum, directeur de la FRA, «l’introduction du concept de ″discrimination multiple″ dans la loi pourrait contribuer à faire en sorte que la loi corresponde mieux aux expériences quotidiennes des appartenants aux minorités ethniques ou autres groupes discriminés».

 

L’enquête sur la discrimination multiple s’insère dans l’initiative UE-Midis de la FRA, ayant pour but d’étudier à fond la situation des groupes minoritaires en Europe.

 

Milton Kwami

 

Les Procures remettent en liberté les clandestins arrêtés.

 

Rome: 01/06/2011 - Dans toute l’Italie, s’adaptant aux normes européennes, les procures remettent en liberté les clandestins interpelés par la police ou invitent les forces de l’ordre à ne pas les arrêter. Elles n’appliquent pas la loi italienne, qui emprisonne qui est pincé sans papier.

 

Une circulaire envoyée à la Questura et aux directions provinciales de la Gendarmerie (Carabinieri) et des Douanes (Guardia di Finanza), le Procureur général de  Firenze, Giuseppe Quattrocchi, par exemple, a bloqué les arrêts des clandestins, obligatoires pour la Loi Bossi-Fini sur l’immigration, décidant ainsi de faire valoir la directive européenne sur les rapatriements (Loi 115/2008).

Il a dit  que les clandestins devaient être dénoncés et ce sont ensuite les juges qui évalueront, cas par cas.

«La circulaire invite à respecter du droit communautaire et déclare illégitimes les arrestations des clandestins, comme prévoit la Loi Bossi-Fini, récemment modifiée avec l’introduction du délit de clandestinité, en contradiction avec la norme communautaire» a commenté Marco Manneschi, conseiller régionale du parti IDV (Italie Des Valeurs).

 

Pour la Lega Nord, la circulaire ètait au contraire un fait honteux parce que qui entre en Italie devrait avoir un permis de séjour.

«On rend de cette manière Firenze moins sûre», a dit le parlementaire léghiste Claudio Moranti.

 

Les juges retiennent donc qu’il faille appliquer une directive de l’Union Européenne (UE) selon laquelle les clandestins doivent d’abord etre invités à quitter l’Italie d’eux-memes, tandis que l’arrestation et l’accompagnement à la frontière sont réservés aux plus récalcitrants.

L’Italie aurait dû adapter sa loi à  ces indications, avant le 24 décembre 2010, mais le Gouvernement a laissé passer l’échéance sans rien faire. Pour plusieurs juges, cela suffit pour appliquer immédiatement la directive européenne.

«La directive européenne nous permet d’annuler une norme  nationale qui sanctionnait très durement qui ne respecte pas l’ordre d’expulsion de la Questura. Etant contraire, en contradiction et incompatible avec les paramètres européens, cette norme italienne est désormais inapplicable», a par exemple expliqué le Procureur de Brescia, Nicola Paci.

 

Le Gouvernement a tenté de recoller les pots cassés.

«Nous devons corriger les aspects négatifs de la directive car certaines procures l’interprètent comme un "tout le monde dehors!"; c’est comme si on ne pouvait plus arrêter ni expulser de clandestins. On met ainsi en discussion la Loi Bossi-Fini et nous ferons un décret pour sauvegarder les principes de cette loi», a annoncé le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni.

 

Le texte définitif dira si le Gouvernement s’adaptera aux indications européennes ou trouvera  un moyen de continuer à arrêter les clandestins.

 

Elvio Pasca

Choeurs racistes et crachats contre Abiola Wabara, basketteuse d’origine nigériane de l’équipe italienne.

 

Il suffit de 15 idiots pour catapulter le basket féminin dans le restreint club du racisme au stade. Une quinzaine, pas plus, mais siffisante pour salir un sport qui vit déjà sur des équilibres très fragiles.

 

Au Palacasnate (près de Como), chez la Pool Comense; au match 2 des quarts-de-finale des play-offs contre Bracco Geas de Sesto San Giovanni: le derby lombard, match classique par excellence, avec sur le parquet, 23 titres, 3 Coupes Champions, 6 Coupes italiennes et Super coupes italiennes.

Avec le maillot rouge-noir de Geas, joue une demoiselle, née à Parma, il y a 29 ans: baccalauréat scientifique puis doctorat au Texas, au College de Baylor, où elle décrochera le titre NCAA, le championnat universitaire USA.

Passionnée de peinture (ses tableaux sont exposés dans de prestigieuses galeries) a traîné sa bosse en Europa, en Israël et en Espagne, avant de revenir dans son pays natal, devenant un des points de force du Geas et de l’équipe nationale italienne.

Petite particularité: la demoiselle, à l’accent «emiliano», s’appelle Abiola Wabara et ses parents sont originaires du Nigeria. Oui en somme, c’est une noire! Et ça,  15 idiots ne le digèrent pas, suivant la dingue théorie du virage selon  laquelle «les nègres italiens ça n’existe pas».

 

Ainsi donc quand le match tourne au vinaigre pour l’équipe locale, les idiots s’en prennent à Abiola. Ce ne seraient pas des supporters habituels de la Comense mais plutôt des hooligans qui, en absence de match de foot, ont choisi un stade de basket pour exhiber leurs bêtises, à travers des choeurs racistes: «guenon!» ou le classique «nègre!», doublé de toutes sortes d’épithètes. Ils auront été 15 mais personne n’a rien fait pour les bloquer.

Sur le parquet, Abiola Wabara joue avec une détermination hors du commun, marque 15 points et, au coup de sifflet final, elle arrache pratiquement  la balle des mains de sa playmaker et, sur la sirène, te flanque un tir de 3 qui fixe le score sur 65-75. Puis elle fonce vers le secteurs des auteurs des slogans sans nom. Retenue par ses co-équipières qui l’accompagnent dans les vestiaires, sous un orage de crachats et d’injures racistes.

La suite est plutôt embarrassante. A la fin du match, les arbitres assurent au coach de Geas, Valter Montini, que tout sera écrit mais, dans les décisions du juge, aucune trace. Aucune sanction.

 

Jouant au pompier, le président de Geas, Mario Mazzoleni a, non sans raison, déclaré: «le comportement d’un groupuscule ne peut pas discréditer tout un public, celui de Como, extrêmement correct».

Silence absolu de la part de la Pool Co-mense, dont le président Antonio Pennestrì est, par hasard, aussi le président de la Ligue du Basket féminin.

 

En défense d’Abiola, c’est le n° 1 de la Fédération de Basket, Dino Meneghin en personne qui a pris le téléphone: «Ne te démoralise pas, tiens bon. Notre sport s’est toujours caractérisé par la pluriracialité, grâce à laquelle il a progressé et s’est affirmé».

Dépassant la chose, Abiola a même paradoxalement fait, elle, ses excuses: «Désolé pour avoir tenté de réagir mais il y a une limite à tout: c’est vraiment triste de voir des adultes cibler et insulter une femme, finissant dans le racisme sinistre».

 

Sous l’initiative «Vorrei la pelle nera» de la Fédération, le week-end d’après,  dans les stades, les joueurs et les supporters se sont peints la peau en noir.

 

Ndèye Fatou Seck

Entrée gratuite aux italiens et citoyens UE. Prix entier au contraire aux immigrés!

Dans tous les musées et monuments publics italiens, est en vigueur le même règlement des Biens culturels. Une modification de  2006, prévoit l’entrée gratuite pour «les citoyens UE âgés de moins de 18 ans». El les mineurs extracommunautaires? Ils paient le billet plein.

Il s’agit d’une sélection à l’entrée, basée sur la nationalité, qui ne pénalise pas seulement les petits touristes étrangers venus de loin mais aussi tant de fils d’immigrés qui ont grandi en Italie, comme ces trois élèves de la Scuola media Calderari de Vicenza, en excursion à Firenze.

A la billetterie des "Uffizi", à Firenze, ils ont l’amère surprise de ne pas être comme leurs compagnons de classe. Ils ont grandi à Vicenza,  mais sont serbes, parce que leurs parents sont serbes et la loi sur la nationalité s’aperçoit des secondes générations seulement  quand ils atteignent 18 ans.

C’est ainsi que le vendeur de billets a fait entrer gratis les seuls italiens tandis qu’il a demandé 6,5 euro à tête aux serbes. Prix entier s'il vous plaît! ("Neanche uno  sconticino!")
Il en est suivi un petit brouhaha médiatique et le maire de Firenze a invité les élèves à Palazzo Vecchio et il s’est excusé pour cette «folle bureaucratie des "Uffizi"» sur laquelle il ne peut cependant pas  intervenir.
«Cette règle a été décidée par le Ministre de la culture de l'époque, Rocco Buttiglione. En tant que musée public, les "Uffizi" ne peuvent que s’aligner aux dispositions», a-t-il dit.

Interpellé, l’ex Ministre UDC (Union du Centre) Rocco Buttiglione, dérangé, a diffusé un communiqué qui récite:
«Le décret ministériel du 20 avril 2006 ne doit absolument pas être interprété dans le sens d’une discrimination. Selon la situation qui existait à l’époque, il s’est agi d’une exemption mettant sur le même pied d’égalité les citoyens de l’Union Européenne (UE) et les citoyens italiens, comme demandé d’ailleurs par les directives européennes».

Et oui, l’Europe justement. Au-delà des directives, il conviendrait d’en suivre l’exemple.
Au Musée du Louvre en France, au Prado en Espagne et au Van Gogh Museum en Hollande, les enfants entrent gratis. Et ce, indépendamment de leur nationalité et de leur passeport.

Elvio Pasca

Le handicap du salaire des étrangers s'est élargi autant pour les travailleurs à temps plein que part-time.


Rome, 24/05/2011 - Selon une révélation de l'ISTAT (Institut National des Statistiques), à parité de travail, le salaire mensuel net des immigrés a été inférieur de 24% par rapport à celui des Italiens: respectivement 973 et 1.286 euro.


Selon le dossier, la différence monte jusqu'à 30% en moins pour les travailleuses: 788 euro contre 1.131.

Par rapport à 2009, «le désavantage a augmenté autant pour les travailleurs à temps plein que pour les travailleurs part-time". En outre, par effet de la différente structure productive, "les inégalités de salaire tendent à se difdérencier au niveau territorial, passant de 22% environ à un peu moins de 34% dans le Midi de l'Italie».

Dans cette zone, du fait de la présence plus élevée des étrangères employées dans l'agriculture et le tertiaire, la différence grimpe jusqu'à 35%: précisment 680 euro les étrangères contre 1.048 euro les italiennes. En général, le taux d'emploi des étrangers a baissé de 64,5% en 2009 à 63,1% en 2010, «plus du double par rapport aux italiens», réfèrent les experts ISTAT.


En 2010, révèle encore l'ISTAT, «880.000 étrangers ayant un niveau d'instruction et un profi culturel plus élevé par rapport à celui qui est requis pour le travail exercé: il s'agit des 42,3% des employés, un quota plus que double par rapport aux italiens avec les mêmes carctéristiquesLe handicap du salaire des étrangers s'est élargi autant pour les travailleurs à temps plein que part-time».

Elvio Pasca

Arrestation des 15 dirigeants de la société Tecnova, dénoncés par des extracommunautaires.

 

Rome - 20 avril 2011 - Les 15 dirigeants de la Tecnova, société italo-espagnole d'installations fotovoltaiques de Lecce, ont été arretés pour réduction en esclavage, exactions, exploitation d'immigrés clandestins.

 

Selon l'enquête, coordonnée par la DDA de Lecce et  la Procure de Brindisi, la société Tecnova aurait embauché les travailleurs au noir et les aurait exploités sur ses chantiers.

Parmi les dirigeants de la société italo-espagnole arretés, il y a 5 espagnols, 2 colombiens, un cubain, un ghanéen et un marocain.

Les enquêtes se sont déclenchées au mois d’octobre dernier, suite à des exposés présentés par dix travailleurs extracommunautaires des chantiers Tecnova, qui ont dénoncés d'avoir travaillé dans des conditions d'exploitation et sans respect des règles prévues par le contrat de travail des ouvriers mécaniques.

 

Marco Inaro

 Test d’italien pour pouvoir ouvrir un magasin.


Une nouvelle offensive de la Lega sur l’immigration, insérée dans le "Decreto incentivi" (Encouragements à la consommation), demande que les extracommunautaires voulant ouvrir un magasin en Italie, doivent passer d'abord un test d'italien. Au ban donc les enseignes multietniques et espace au contraire aux écriteaux en dialecte local.

Le Peuple de la Liberté (PDL) a montré d’apprécier cette proposition de la Lega Nord, la définissant comme «sage»: elle montre de l’«intelligence», a commenté le vice-président des députés PDL,  Osvaldo Napoli.

Pour le Parti Démocratique (PD), il ne s’agissait que d’un jeu politique pour «se faire voir» au lendemain des accrochages entre Silvio Berlusconi e Gianfranco Fini, dans le parfait style léghiste, c’est-à-dire «recourant à leur thème préféré: le racisme contre les extracommunautaires», explique la Présidente des Sénateurs PD, Anna Finocchiaro.

La Lega Nord considère les extracommunautaires «seulement comme des gens à exploiter», observe l’europarlementaire de IDV (Italie des Valeurs).
Ce sont toutes «des polémiques manipulées», réplique Silvana Camaroli, la députée de la Lega et première signataire de plusieurs des ammendements objets des débats.
La thèse avancée est qu’il y a la santé des citoyens en jeu du moment qu’il est «fondamental que les propriétaires des magasins puissent comprendre et donc appliquer les règles sur la tutelle des consommateurs».

Les ammendements léghistes sont tous orientés vers la défense de l’italianité et, en particulier, des traditions locales, poussant jusqu’à imaginer des embauches limitées aux citoyens UE et la possibilité de fermer ces activités qui mettent en péril la tipicité culturelle et historique.

«C’est un fait singulier que ce soient maintenant les léghistes, les principaux sponsors de la langue Italienne» observe le sénateur PD, Roberto Di Giovan Paolo, Secrétaire de la Commissione Affaires Européenne.
Et d’ironiser: «A entendre les léghistes à la télé, maires en premier lieu, un cours d’italien avec examen serait utile justement pour plusieurs parmi eux. Vu que la Lega utilise le décret ‘incentivi’ pour faire passer cette mesure, les ‘incentivi’ devraient aller à ces associations qui enseignent gratuitamente l’italien aux étrangers et qui, il y a quelques décennies, ensegnaient aux émigrants italiens la langue du pays où ils allaient travailler».

Relevant qu’il est bizzarre que la Lega sécessioniste s’accroche à l’italien, Anna Finocchiaro avertit: «Rien d’original, un autre y pensa avant eux, pendant les 20 ans du fascisme».

Pour le président de Confcommercio de Rome et Lazio, Cesare Pambianchi, «c’est une provocation ridicule. Ce qui sert c’est la  formazione pour ceux, extracommunautaires ou européens, désirent ouvrir des entreprises en Italie».
Selon lui, «il ne suffit pas de troquer le besoin de formation pour exercer une activité d’entreprise ou de commerce, come Confcommercio demande depuis longtemps, avec une idée restreinte et limitée aux extracommunautaires et à la langue italienne. Pour cela, je dis que c’est provocatoire outre que ridicule. A combien d’étrangers, extracommunautaires ou pas (“les polonais peuvent-ils ne pas savoir l’italien?, se demande-t-il), désireux d’ouvrir une entreprise, doit-on enseigner nos règles hygiéniques et sanitaires, d’éducation et civilisation occidentales qui souvent sont très différentes de celles de leurs pays de provenance, au lieu de se limiter à leur faire mettre des enseignes en dialecte bergamasque».

Et Pambianchi de conclure réaffirmant la convinction que «pour garantir l’intégration, il faut former et non pas discriminer».

Milton Kwami