Sos racisme - Africa Nouvelles

Aucune "homo...logation"? 

Au Tchad, un nouveau code pénal a été adopté par le conseil de ministres. Les deux principaux changements sont la suppression de la peine de mort et la pénalisation de l'homosexualité.

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Au Tchad, un nouveau code pénal a été adopté par le conseil de ministres. Les deux principaux changements sont la suppression de la peine de mort et la pénalisation de l'homosexualité. L'article 361 bis précise que les peines encourues sont une amende de 50 à 500.000 CFA, voire 15 à 20 ans de prison. Ce code pénal reste encore à promulguer. Florent Geel, directeur Afrique de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme), condamne l'article en question.

L'ancien code n'était pas assez explicite. Cette fois-ci, l'homosexualité est fortement réprimée. Le gouvernement tchadien explique que c'est surtout pour «protéger la famille et se conformer à la société tchadienne» que ces dispositions ont été introduites.

Selon le directeur Afrique de la FIDH, Florent Geel, les associations de défense des droits de l'homme travaillaient depuis des années à la réforme du code pénal tchadien mais les derniers éléments de rédaction se sont faits dans le secret et elles n'étaient donc pas au courant de cet article.

La FIDH salue la suppression de la peine de mort mais dénonce l'article 361 bis ainsi qu'une démarche électoraliste dans cette pénalisation qui était loin d'être réclamée au Tchad.

«Nous considérons, évidemment, que c'est une régression et que c'est un mauvais signal donné alors que la question de l'homosexualité est une question qui aujourd'hui progresse sur le continent africain et qui fait débat. C'est une évidence. L'Ouganda a cherché à pénaliser cette pratique; le Nigeria aussi et certains pays s'interrogent mais condamner à des peines aussi lourdes, c'est se réfugier derrière le caractère conservateur de la société tchadienne; c'est faire fi d'une situation qui, jusqu'à présent, était une forme d'équilibre, ni complètement interdite ni complètement soutenue», a estimé Florent Geel avant d'ajouter que l'homosexualité était «une sorte de tolérance au Tchad et aurait pu le rester» et qu' il n'y avait «aucune pression politique pour pénaliser cette pratique» dans ce projet de code pénal.

«Agir avant la promulgation du code pénal»

Il reste encore à promulguer ce code pénal et selon Florent Geel, les organisations de défense des droits de l'Homme ont donc encore une marge de manœuvre pour faire changer le texte.

«Ce projet de code pénal - qui a été adopté en conseil des ministres - doit être promulgué et on peut encore essayer de faire changer la donne, au niveau de sa promulgation, et faire en sorte que ce code pénal ne soit pas promulgué en l'état, avec cette disposition», a-t-il précisé.

«Je ne suis pas sûr que la société tchadienne soit plus religieuse qu'une autre société africaine. En tout état de cause, si un certain nombre de défenseurs des droits de l'homme tendent à vouloir s'intégrer au sein de la population et relayer certaines visions populaires, pour autant, le rôle d'un défenseur des droits de l'Homme demeure de défendre des principes et de faire avancer la société sur le respect et l'application de ces principes. C'est parfois difficile mais parfois il faut aussi avoir le courage d'énoncer ces principes», a rappelé Florent Geel, directeur Afrique de la FIDH.

Institution de la superstition dans les institutions?  

L'ex ministre de l'Intégration: «Au lieu de courir après les superstitions, le vice-président du Sénat ferait mieux de penser au procès pour racisme".

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L'ex ministre de l'Intégration: «Tout d'abord, le rite en question n'était pas une macumba. Au lieu de courirprès les superstitions, Calderoli ferait mieux de penser au procès pour lequel il est accusé de racisme".

Cécile Kyenge en a marre. D'abord, Calderoni l'a comparée à un orang-outan, et pour cela il subira un procès pour racisme, et ensuite, il soutient être victime d'une malédiction que lui aurait collée le papa de l'ex ministre.

"Je me demande bien quelle religion pratique le sénateur Calderoni. Moi, je suis catholique et donc, ces trucs-là, ça n'existe pas de ces choses», avait relaché l'ex ministre dans une interview, expliquant ensuite que le rite accompli par son père "a été un geste de pardon et d'accueil".

Et Kyenge de rappeller à Calderoli un rencart. "Le 30 septembre, il y a le processus et on se retrouve là-bas. Je ne voudrais pas d'autres choses soient ajoutées. Il me semble que quelqu'un, qui a un rôle institutionnel, continue de n'avoir aucun respect, ni de son propre rôle, ni des autres personnes"

Et d'insister: "Le 30, le sénateur déclaration sera certainement jugé pour déclaration aggravée par la haine raciale. Il me semble que la persécution continue. Et dans toute cette situation, c'est au contraire moi qui suis la personne persécutée"!

A bas le racisme au stade! 

Le frère de Supermario, Enock Baruwah, a été insulté lors d'un match, en catégorie excellence. «ça arrive souvent, mieux vaut faire semblant de ne pas entendre", dit-il. 

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Le frère de Supermario, Enock Baruwah, a été insulté lors d'un match, en catégorie excellence. «ça arrive souvent, mieux vaut faire semblant de ne pas entendre", dit-il.  Il n'aura peut-être pas hérité du talent de son plus célèbre grand frère, mais les injures, alors ça oui! Enock Baruwah (alias Balotelli jr) est lui aussi victime de racisme quand il descend sur la pelouse.

La dernière fois, c'était tandis qu'avec ses coéquipiers de Vallecamonica, équipe de Brescia qui joue dans la catégorie Excellence, il disputait le derby contre Darfo Boario. Les supporters adversaires l'ont ciblé durant toutes les 75 minutes qu'il est resté sur le terrain. 

«Ils m'ont crié: "sale nègre", ont imité le cri du singe et ont même apostrophé le nom de mon frère Mario", a déclaré le jeune de 24 ans. «Honnêtement, je ne comprends pas toute cette hargne. Au début du match, j'étais nerveux parce que les choeurs racistes m'embetaient, mais après j'ai fait semblant de ne pas les entendre. Mais je risquais de perdre ma tête. C'est comme ça, très souvent le dimanche, sur les terrains, même si ça faisait un bon bout de temps qu'on ne m'insultait pas comme ça s'est passé contre Darfo Boario. «Entre autres, les memes gars qui m'ont insulté, ce sont les mêmes qui, à la sortie du stade me saluaient et demandaient des nouvelles de mon frangin. C'est fou quoi... "

 

Envoyer le racisme se faire "foot...re"!

Après le fameux spray révélé lors de la Coupe du Monde, le Brésil est toujours à la pointe de l’innovation. La preuve, mercredi 3 septembre, avec une décision de justice unique au monde. En effet, le Tribunal supérieur de la justice sportive a exclu le Grêmio Porto Alegre de la Coupe du Brésil, à cause d’actes racistes de la part d’un groupe de supporters dans son stade.

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Après le fameux spray révélé lors de la Coupe du Monde, le Brésil est toujours à la pointe de l’innovation. La preuve, mercredi 3 septembre, avec une décision de justice unique au monde. En effet, le Tribunal supérieur de la justice sportive a exclu le Grêmio Porto Alegre de la Coupe du Brésil, à cause d’actes racistes de la part d’un groupe de supporters dans son stade. Lors du 8eme de finale aller de la Coupe du Brésil face à Santos, le 28 août dernier, des supporters avaient proféré des insultes racistes et de cris de singe à l’attention du gardien de but de Santos, Aranha. Une supportrice du Grêmio a même été filmée pendant qu’elle hurlait « Macaco » (Macaque) à son égard. Des images qui sont passées en boucle sur toutes les télévisions et réseaux sociaux du pays. Licenciée par son employeur, la jeune femme risque d’être poursuivie par la justice brésilienne.

« C'est en train de devenir une plaie »

Le club entraîné par un certain Luiz Felipe Scolari avait pourtant tenté de désamorcer la bombe avec notamment une banderole déployée par ses joueurs, lors de la dernière journée de championnat: « Nous sommes bleus, noirs et blancs. Dis non au racisme. » Un acte qui n’a pas empêché le premier club de Ronaldinho d’être sanctionné d’une amende de 50 000 réais (environ 16 000 euros).

« Le racisme dans les stades est une chose de plus en plus courante, a confirmé Marcos Guterman, auteur du livre "Le football explique le Brésil". Ce n'est pas aussi grave qu'en Europe mais c'est en train de devenir une plaie».

Le Grêmio a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision qui pourrait créer une jurisprudence et peut-être pousser les instances européennes (judiciaires et/ou sportives) à enfin prendre leurs responsabilités par rapport à ce genre d'actes.

Exode... biblique? 

Les autorités israéliennes ont contraint illégalement près de 7 000 Érythréens et Soudanais à retourner dans leurs pays d'origine malgré le risque qu'ils y subissent de graves abus, a indiqué Human Rights Watch.

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Les autorités israéliennes ont contraint illégalement près de 7 000 Érythréens et Soudanais à retourner dans leurs pays d'origine malgré le risque qu'ils y subissent de graves abus, a indiqué Human Rights Watch. Certains des Soudanais renvoyés vers le Soudan y ont été détenus arbitrairement, torturés et accusés de trahison pour être entrés en Israël ; de même, les Érythréens sont également exposés à de graves risques d'abus en cas de retour forcé dans leur pays.

Le rapport de 83 pages, intitulé «Make Their Lives Miserable : Israel's Coercion of Eritrean and Sudanese Asylum Seekers to Leave Israel» («Pourrissez-leur la vie : Mesures coercitives prises par les autorités israéliennes envers les demandeurs d'asile érythréens et soudanais»), décrit de quelle manière la complexité de la loi israélienne entrave les tentatives des demandeurs d'asile érythréens et soudanais pour obtenir une protection en vertu du droit israélien et international. Les autorités israéliennes considèrent les Érythréens et les Soudanais comme une «menace», et les qualifient d'«infiltrés» («infiltrators»), les empêchant ainsi d'accéder à des procédures de demande d'asile équitables et efficaces. Les autorités utilisent en outre ce statut légal précaire comme prétexte pour placer illégalement ces demandeurs d'asile en détention ou les menacer de détention pour une durée indéterminée, contraignant ainsi des milliers d'entre eux à quitter le territoire. 

«Anéantir les espoirs de protection de demandeurs d'asile en les acculant au pied du mur, puis prétendre qu'ils quittent volontairement Israël, c'est évidemment abusif. Les Érythréens et les Soudanais présents en Israël n'ont pour seul choix que de vivre dans la peur de passer le restant de leur vie dans des centres de détention dans le désert, ou d'être détenus et soumis à des abus en cas de retour dans leur pays», a indiqué Gerry Simpson, chercheur senior à la division Droits des réfugiés de Human Rights Watch et auteur du rapport. 

C'est en 2006 que les Érythréens et les Soudanais ont commencé à arriver en nombre en Israël, en passant par l'Égypte et la péninsule du Sinaï, pour fuir les violations massives des droits humains dans leur pays. Quand Israël a quasiment fermé sa frontière avec l'Égypte, en décembre 2012, près de 37 000 Érythréens et 14 000 Soudanais se trouvaient déjà sur son territoire.

Au cours des 8 dernières années, les autorités israéliennes ont appliqué un certain nombre de mesures coercitives pour «leur pourrir la vie» et «encourager les personnes en situation illégale à quitter le territoire», selon les termes employés respectivement par Eli Yishai, ex-ministre de l'Intérieur israélien, et Gideon Sa'ar, son successeur actuellement en fonction. Ces mesures incluent la détention illimitée, les obstacles imposés à l'accès au droit d'asile israélien, le refus de 99,9 % des demandes d'asile déposées par les Érythréens et les Soudanais, les politiques ambiguës d'autorisation de travail, et l'accès sévèrement restreint aux soins médicaux.

Depuis juin 2012, les autorités israéliennes détiennent sans limitation de durée des milliers d'Érythréens et de Soudanais entrés en Israël de manière irrégulière, c'est-à-dire sans passer par les passages frontaliers officiels. Lorsque la Cour suprême israélienne a jugé en septembre 2013 que ce processus de détention était illégal, les autorités israéliennes ont réagi en rebaptisant leur politique de détention et en exigeant que les Érythréens et Soudanais vivent dans le Centre résidentiel de Holot situé dans le désert du Néguev, dans des conditions comparables à celles de la détention, en dépit du changement de dénomination.

En janvier 2014, Human Rights Watch s'est entretenu avec l'une des toutes premières personnes détenues dans les installations de Holot, un Érythréen âgé de 21 ans qui a déclaré: «La vie ici à Holot est identique à ce que j'ai connu à Saharonim [centre de détention israélien], où j'ai été détenu pendant 14 mois. Beaucoup de personnes ici ont des problèmes mentaux parce qu'elles ont été détenues pendant très longtemps. J'ai également peur de rencontrer ce genre de problèmes. Je suis en prison depuis si longtemps». 

À la fin du mois d'août 2014, presque 2 000 Érythréens et Soudanais (dont plus de 1 000 demandeurs d'asile) étaient détenus dans les installations de Holot, et presque 1 000 Érythréens et Soudanais se trouvaient dans le centre de détention de Saharonim. Les 41 000 autres Érythréens et Soudanais qui se trouvent en Israël résident dans diverses villes et vivent dans la peur d'être obligés de se présenter à Holot. 

La détention à Holot viole l'interdiction de la détention arbitraire prévue par les lois internationales, car ces personnes sont confinées dans un site spécifique où elles ne peuvent en aucun cas mener leurs activités professionnelles et sociales. Les détenus sont retenus à cet endroit sans objet légal et sans limitation de durée en vertu d'une politique globale de détention liée à l'immigration. Les autorités israéliennes ne sont pas en mesure de justifier individuellement les décisions de détention, et il n'existe aucune démarche efficace permettant de les contester. 

La seule voie légale permettant aux détenus d'obtenir leur libération est la reconnaissance de leur statut de réfugié. Or les autorités israéliennes ont systématiquement refusé aux Érythréens et Soudanais un accès équitable et efficace aux procédures de demande d'asile. Jusqu'à la fin de l'année 2012, les autorités refusaient totalement d'enregistrer leurs demandes d'asile, indiquant que ces personnes n'avaient pas besoin du statut de réfugié puisque puisqu'Israël tolérait leur présence dans le cadre d'une politique de protection de groupe étendue à certaines nationalités. 

En février 2013, Israël a autorisé les Érythréens et les Soudanais à déposer des demandes d'asile en nombres significatifs. Toutefois, en mars 2014, les autorités n'avaient examiné que 450 demandes de détenus, alors que les avocats israéliens des réfugiés indiquaient n'avoir aucune preuve que les autorités aient examiné le moindre dossier déposé par les demandeurs d'asile érythréens et soudanais installés dans les villes et les cités israéliennes. Le taux de refus était quasiment de 100%.

L'impact cumulé de ces politiques a pour conséquence que les Érythréens et les Soudanais n'ont aucun autre choix que de subir une détention a perpétuité en Israël ou de revenir dans leur pays où ils encourent le risque de persécution ou d'autres préjudices graves. 

Sept Soudanais revenus dans leur pays ont indiqué à Human Rights Watch qu'ils avaient quitté Israël par crainte d'une détention à durée illimitée et ont déclaré qu'ils avaient été détenus et interrogés à Khartoum, capitale du Soudan. Trois d'entre eux ont été détenus pendant de longues périodes au cours desquelles l'un a été torturé, un deuxième a été placé en isolement cellulaire, et un troisième a été accusé de trahison.

Selon la loi soudanaise, toute personne s'étant rendu en Israël est passible de 10 années de prison au Soudan. Les Soudanais d'origine, présents en Israël, s'appuient sur une demande de réfugié dit sur place, selon laquelle la crainte fondée d'être persécuté résulte d'événements survenus ou d'activités dans lesquels les demandeurs d'asile se sont engagés après avoir quitté leur pays d'origine.

Le sort des Érythréens revenant d'Israël est indéterminé, bien qu'Human Rights Watch ait connaissance de la manière dont les autorités érythréennes exercent des abus sur certains Érythréens revenant de pays étrangers. 

Du fait de la crainte de persécutions vraisemblables relatives aux punitions subies par ceux ayant cherché à se soustraire à un service militaire illimité en Érythrée et d'autres abus contre les droits humains, 83% des demandeurs d'asile érythréens dans le monde ont bénéficié en 2013 d'une certaine forme de protection, selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), en contraste saisissant avec les 0,1% ayant bénéficié d'un tel statut en Israël.

Les citoyens érythréens et soudanais qui n'accepter de quitter Israël et de retourner dans leur propre pays, qu'en raison de la menace d'une détention illimitée devraient être considérés comme des victimes de refoulement, a indiqué Human Rights Watch. Le refoulement, selon le droit international, consiste en un retour forcé « par tous les moyens » de réfugiés ou de demandeurs d'asile, vers leurs pays où ils encourent le risque de persécutions, de tortures, ou de traitements inhumains et dégradants probables.

«Les autorités israéliennes disent souhaiter réduire la vie des "infiltrés" à une telle misère qu'ils quittent Israël, et prétendent ensuite que ces personnes retournent chez elle de leur propre volonté.  Les lois internationales sont très claires sur le fait que lorsqu'Israël menace les Érythréens et les Soudanais d'une détention à vie, ils ne sont pas libres de décider de quitter Israël et risquent des persécutions en cas de retour», a indiqué Gerry Simpson». 

Depuis 2008, les autorités israéliennes ont accordé aux Érythréens et aux Soudanais des autorisations de « libération conditionnelle » qui doivent être renouvelées au bout de quelques mois. L'impossibilité d'effectuer un renouvellement dans les délais conduit à des risques d'arrestation, de détention et de perte d'emploi puisque les autorités menacent de condamner à des amendes toute personne employant des travailleurs sans autorisation. Fin 2013, les autorités ont sévèrement restreint l'accès aux procédures de renouvellement des autorisations, provoquant une situation de chaos devant les tentatives désespérées des Érythréens et des Soudanais de renouveler leurs autorisations. Les leaders des communautés concernées ont indiqué que les tensions résultantes et l'absence de ressources nécessaires pour survivre ont contribué à de nombreuses décisions de Soudanais et Érythréens de quitter Israël. 

Le rapport «Make Their Lives Miserable» examine également la politique ambiguë et obscure d'autorisation de travail des autorités israéliennes qui a rendu pratiquement impossible pour nombre d'Érythréens et de Soudanais de travailler et de conserver leur emploi, laissant ainsi la plupart d'entre eux dans une crainte permanente de la pauvreté. Conjuguée aux obstacles mis à l'accès aux soins, cette attitude a également ajouté à la pression exercée pour que ces personnes quittent Israël. 

Israël devrait reconnaître tous les Soudanais présents sur son territoire comme des réfugiés et examiner les demandes d'asile des Érythréens conformément aux principes de l'UNHCR, a indiqué Human Rights Watch. 

L'examen équitable de dizaines de milliers de demandes d'asile conformément au droit international relatif au statut de réfugié pouvant nécessiter des années, les autorités israéliennes devraient en outre accorder aux Érythréens et aux Soudanais un statut sécurisé de protection temporaire pour une période de 12 mois renouvelable, en tenant compte des abus généralisés vis-à-vis des droits humains dans leur pays d'origine. Ce statut pourrait être levé une fois que les conditions se seraient suffisamment améliorées pour permettre leur retour dans leur pays d'origine dans la sécurité et la dignité, a déclaré Human Rights Watch. 

«Les autorités israéliennes semblent vouloir à tout prix consacrer des ressources considérables à la détention illégale de milliers de personnes et n'engager les procédures d'examen de demande d'asile que pour les rejeter massivement. Elles devraient au contraire respecter leurs obligations et protéger ces personnes tout en les autorisant à travailler et à vivre temporairement en Israël», a indiqué Gerry Simpson. 

Obus et... abus?

Des soldats de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) ont abusé et exploité sexuellement des femmes et des jeunes filles somaliennes vulnérables dans leurs bases de Mogadiscio, a affirmé un rapport de Human Rights Watch. Les pays qui fournissent des contingents, l'Union africaine (UA) ainsi que les bailleurs de l'AMISOM devraient mettre fin de toute urgence à ces violations et renforcer les procédures disponibles en Somalie afin d'obtenir justice.

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Des soldats de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) ont abusé et exploité sexuellement des femmes et des jeunes filles somaliennes vulnérables dans leurs bases de Mogadiscio, a affirmé un rapport de Human Rights Watch. Les pays qui fournissent des contingents, l'Union africaine (UA) ainsi que les bailleurs de l'AMISOM devraient mettre fin de toute urgence à ces violations et renforcer les procédures disponibles en Somalie afin d'obtenir justice. Le rapport de 81 pages, intitulé « Le pouvoir que ces hommes ont sur nous : Exploitation et abus sexuels commis par les forces de l'Union africaine en Somalie », rassemble des informations sur l'exploitation et les abus sexuels subis par des femmes et des jeunes filles somaliennes dans deux bases de l'AMISOM de la capitale de la Somalie, Mogadiscio, depuis 2013.

Les soldats de l'UA, s'appuyant sur des intermédiaires somaliens, ont eu recours à diverses stratégies, et notamment à l'aide humanitaire, pour contraindre des femmes et des jeunes filles vulnérables à avoir des rapports sexuels. Ils ont également violé ou sexuellement agressé des femmes qui venaient demander une aide médicale ou de l'eau dans les bases de l'AMISOM. Human Rights Watch a rencontré 21 femmes et jeunes filles qui ont raconté avoir été violées ou sexuellement exploitées par des militaires ougandais ou burundais qui servaient dans les forces de l'UA.

« Certains soldats de l'Union africaine ont abusé de leur position de force pour exploiter les femmes et les jeunes filles les plus vulnérables de Somalie » a déclaré Liesl Gerntholtz, directrice de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « La Somalie affronte de nombreux problèmes très complexes, mais les responsables somaliens et ceux de l'UA pourraient mettre fin à l'exploitation sexuelle et aux abus en faisant pression sur les pays qui fournissent des contingents, afin qu'ils exigent des comptes des responsables de ces exactions. »

L'UA et l'AMISOM devraient encourager une culture organisationnelle de « tolérance zéro » pour toutes les activités illégales au sein de leurs bases, a affirmé Human Rights Watch. Ils devraient créer ou renforcer les instruments et les organes chargés de répondre à ces exactions, tel que les services de déontologie et de discipline, et une structure d'enquête indépendante au niveau de l'UA.

Human Rights Watch a mené des recherches en Somalie, en Ouganda, et au Burundi. Toutes les femmes et jeunes filles somaliennes interrogées appartenaient à des communautés déplacées originaires du centre-sud de la Somalie. De plus, Human Rights Watch a interviewé plus de 30 témoins, observateurs étrangers, membres de l'armée et représentants des autorités des pays qui fournissent des contingents. Les recherches se sont concentrées sur des incidents qui se sont produit à Mogadiscio, où sont présents des soldats ougandais et burundais, mais la possibilité que des abus similaires se soient produits ailleurs n'est pas exclue.

Des années de conflit et de famine en Somalie ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles loin de leurs communautés, de leurs familles et des réseaux de solidarité de leurs clans. Sans aucune opportunité d'emploi ni ressources de base, nombre d'entre elles doivent se reposer entièrement sur l'aide extérieure, et sont contraintes de subir des situations d'exploitation et d'abus pour assurer leur survie et celle de leurs enfants.

Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a déployé les troupes de maintien de la paix connus sous le nom d'AMISOM en Somalie en 2007, sous mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour protéger les infrastructures et les fonctionnaires du gouvernement somalien, et pour contribuer à apporter une aide humanitaire. Depuis lors, le mandat de l'AMISOM, sa taille et sa présence géographique ont augmenté de façon constante. La force recrute son personnel militaire en Ouganda, au Burundi, au Kenya, en Éthiopie, à Djibouti et au Sierra Leone.

Les femmes et les jeunes filles qui viennent chercher de l'aide dans les camps de l'AMISOM de Mogadiscio le font au prix de risques importants, selon les conclusions de Human Rights Watch. Par exemple, fin 2013, Qamar R. (pseudonyme), 15 ans, est allée à la base du contingent burundais pour obtenir des médicaments pour sa mère malade. Un interprète somalien lui a demandé de suivre deux soldats burundais pour avoir ces médicaments. Ils l'ont emmenée dans un coin isolé, et l'un des soldats l'a violée. Elle a raconté à Human Rights Watch : « Il a commencé par arracher mon hijab, et puis il m'a agressée. » Alors qu'elle partait, le deuxième soldat burundais lui a donné 10 $.

Certains soldats ont exploité la pauvreté et le manque de nourriture des femmes pour obtenir des relations sexuelles. En mai 2013, Kassa D. a été présentée à un interprète somalien au camp de base de l'AMISOM. « J'étais inquiète, » a-t-elle raconté. « J'ai voulu m'enfuir en courant mais je savais que la raison même qui m'avait amenée ici me permettrait de surmonter ce moment – ma faim. J'avais fait un choix, et je ne pouvais plus reculer. » Après qu'elle ait eu des rapports sexuels avec un soldat ougandais, l'interprète l'a payée 10 $.

La circulaire du Secrétaire général de l'ONU de 2003 concernant les dispositions spéciales visant à prévenir l'exploitation et les abus sexuels est un document politique qui représente une avancée majeure pour les missions de maintien de la paix de l'ONU. Elle interdit explicitement aux soldats de maintien de la paix d'échanger de l'argent, des biens ou des services contre des relations sexuelles.

Des preuves indiquent que l'exploitation sexuelle n'est pas un secret dans les bases de l'AMISOM à Mogadiscio, selon Human Rights Watch. Les femmes et les jeunes filles sont entrées dans les camps par des portes officielles avec gardiens, et ont pénétré dans des zones qui sont théoriquement protégées. Deux femmes ont raconté à Human Rights Watch que les soldats avec lesquels elles avaient eu des relations sexuelles en échange d'argent leur avaient donné des badges officiels de l'AMISOM afin de leur permettre d'entrer facilement dans la base.

« Les responsables militaires et politiques de l'UA doivent faire davantage pour prévenir, identifier et punir les abus sexuels commis par leurs troupes, » selon Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Alors qu'une nouvelle crise alimentaire s'annonce dans les camps de personnes déplacées, des femmes et des jeunes filles ont de nouveau désespérément besoin de nourriture et de médicaments. Elles ne devraient pas avoir à vendre leurs corps pour que leurs familles puissent survivre. »

Les soldats de l'AMISOM ont également infligé d'autres abus à des femmes et des jeunes filles, et les ont exposées à de graves risques pour leur santé, selon Human Rights Watch. De nombreuses femmes ont raconté avoir été giflées et frappées par les soldats avec lesquels elles avaient des relations sexuelles. D'autres ont déclaré que les soldats avaient refusé de porter des préservatifs, et leurs avaient transmis des maladies sexuelles.

Certaines des femmes interviewées ont dit ne pas avoir signalé ce qui leur était arrivé par crainte de représailles de la part de leurs agresseurs, des autorités, ou du mouvement islamiste rebelle Al-Chabab, mais aussi par peur d'être stigmatisée et punies par leurs familles. D'autres ont raconté à Human Rights Watch qu'elles avaient hésité à perdre leur unique source de revenus. En conséquence, Human Rights Watch n'a pas pu tirer de conclusions quant à l'étendue du problème, ou de l'implication des autorités.

Les pays qui fournissent des contingents à l'AMISOM sont les premiers responsables de la conduite de leurs soldats en Somalie, et ont juridiction exclusive sur leurs personnels pour toute infraction pénale. Ces pays ont, à des niveaux divers, créé des procédures pour réagir aux mauvais comportements, comme par exemple l'envoi de conseillers juridiques et d'enquêteurs militaires, et, dans le cas de l'Ouganda, la délégation temporaire d'une cour martiale en Somalie pour instruire les dossiers.

Ces pays pourvoyeurs de troupes n'ont cependant pas fourni les ressources nécessaires pour enquêter sur les allégations d'abus, et n'ont pas fait de ces enquêtes et des poursuites pour exploitation sexuelle une priorité, a affirmé Human Rights Watch. Un seul cas de viol, dans lequel la victime était une enfant, est actuellement instruit par le tribunal militaire de Kampala en Ouganda.

Les autorités de l'AMISOM ont pris des mesures pour répondre aux violences sexuelles et de genre. Ils ont notamment rédigé un projet de politique pour la prévention et la réponse à l'exploitation sexuelle et aux abus, et développé des activités de sensibilisation. Cependant, il faudrait faire davantage pour garantir que ces efforts permettent aux victimes d'obtenir justice, a déclaré Human Rights Watch.

La force armée de l'AU, en collaboration avec l'ONU et le gouvernement somalien, devrait adopter des mesures pour prévenir l'exploitation sexuelle et les abus, tout en créant un environnement propice pour que les femmes puissent se manifester et dénoncer ces exactions. Les pays fournisseurs de contingents devraient renforcer leurs capacités en matière d'enquêtes et de poursuites sur le territoire somalien. Ils devraient également garantir, aux côtés de l'AMISOM et de l'ONU, que les survivantes reçoivent des soins médicaux et psychosociaux adaptés, notamment pendant la période d'enquête et la procédure judiciaire.

Les bailleurs internationaux, et en particulier les Nations Unies, l'Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni devraient s'engager en faveur d'un contrôle indépendant accru de la conduite des troupes de l'UA et du personnel civil, et s'assurer qu'ils ne soient pas complices des abus commis par l'AMISOM, a souligné Human Rights Watch.

« L'UA ne peut plus fermer les yeux sur les exactions commises dans les bases de l'AMISOM, car cela nuit à la crédibilité même de cette mission », a conclu Liesl Gerntholtz. « Les gouvernements qui soutiennent l'AMISOM devraient œuvrer avec l'UA pour mettre fin aux abus sexuels et à l'exploitation des femmes et des jeunes filles somaliennes par leurs soldats, prendre des mesures contre ceux qui y participent, et faire tout leur possible pour prévenir de nouveaux cas d'abus et d'exploitation sexuelle des femmes somaliennes à l'avenir

Ce que l'on sait sur sa mort... 

Un ressortissant sénégalais est mort après avoir été égorgé, lors d'affrontements dans la nuit vendredi à samedi à Tanger.Le parquet a ouvert une enquête et neuf personnes dont les auteurs présumés du meurtre ont été interpellés. Les associations de défense des migrants dénoncent la multiplication d'agressions racistes. 

Un ressortissant sénégalais est mort après avoir été égorgé, lors d'affrontements dans la nuit vendredi à samedi à Tanger.Le parquet a ouvert une enquête et 9 personnes dont les auteurs présumés du meurtre ont été interpellés. Les associations de défense des migrants dénoncent la multiplication d'agressions racistes. Au lendemain de la mort du jeune Sénégalais Charles Paul Alphonse Ndour, l'incertitude plane sur les circonstances exactes de son décès. Une vidéo montrant le regretté gisant dans son sang sur la voie publique ne révèle rien sur les instants qui ont précédé sa mort. Pourtant, plusieurs témoins ont remis en cause la version relatée par la presse marocaine faisant du jeune Sénégalais, présenté comme un migrant irrégulier, la victime d'une altercation avec un Marocain.

«C'est faux», a lancé le vice-président de l'Association lumière sur l'émigration clandestine au Maghreb (ALECMA). Et d'ajouter : «Charles Paul Alphonse Ndour était un étudiant en droit et titulaire d'un titre de séjour. Il était en vacances chez sa sœur à Tanger avant d'être assassiné froidement chez elle, dans son salon ». D'après lui, 4 jeunes Marocains armés de couteaux et de machettes ont fait irruption dans la maison après avoir forcé la porte. « Ils ont attrapé Charles et mis les femmes en quarantaine avant de commencer à le frapper », a-t-il poursuivi.

Le défunt ne semblait pas avoir compris ce qui se passait d'autant que ses agresseurs l'appelaient l'Ivoirien. En effet, selon certains témoins, les quatre jeunes étaient à la recherche de quelques Ivoiriens, qui se sont sauvés avant de se réfugier dans l'immeuble où se trouvait Charles. « Le jeune Sénégalais a été égorgé malgré ses supplications. Il a, cependant, pu leur échapper avant de trouver la mort sur la voie publique», dit-on.

Des propos que partage Marcel Amiyeto, secrétaire général du Syndicat des travailleurs migrant ODT-Immigrés, en précisant que les agresseurs n'appartiennent pas au quartier Boukhalef mais viennent de Béni Makada, un haut lieu des salafistes et trafiquants de drogue à Tanger.

«C'est ce qui laisse des soupçons sur les vraies causes du décès de Charles Paul Alphonse Ndour. S'agit-il d'un règlement de comptes, d'une simple agression qui a mal tourné ou d'un acte prémédité?», s'est-il demandé.

De son côté, Hicham Rachdi, secrétaire général du Groupe antiraciste de défense et d'accompagnement des étrangers et migrants (GADEM), aurait révélé que le défunt résidait à Tanger et qu'il était en situation administrative régulière, comme l'attest sa carte CNSS pourtant le numéro 122647690. Certaines sources ont confirmé au SG du GADEM que le regretté avait des problèmes avec le propriétaire de la maison qui voulait l'exproprier.

Pourtant, quelles que soient les circonstances qui entourent l'assassinat de Charles Paul Alphonse Ndour, les acteurs associatifs œuvrant dans le domaine de la migration sont unanimes à condamner cet acte barbare. Ils condamnent également la désinformation à propos de ce drame que l'on a voulu présenter comme une simple altercation entre des migrants irréguliers et des citoyens marocains.

Une situation des plus graves mais les autorités marocaines préfèrent garder le silence. En effet, les officiels ont brillé par leur mutisme, notamment le chef du gouvernement et son ministre chargé des Marocains résidant à l'étranger et des Affaires de la migration. « Je me demande où sont passés les ténors du PJD qui tirent sur tout ce qui bouge. Pourquoi les députés ont-ils gardé cette fois le silence alors qu'il s'agit bien d'un assassinat ? », s'est interrogé Hicham Rachdi, secrétaire général du GADEM.

Pire, les acteurs associatifs estiment que cette campagne de désinformation risque d'altérer l'enquête diligentée par le parquet général près la Cour d'appel de Tanger, qui a ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie pour identifier les personnes impliquées dans ce meurtre. Un souhait qui semble répondre à l'attente des associations pour la défense des droits des migrants afin que les responsabilités soient définies, et que les auteurs répondent de leurs actes.

Certaines associations ne comptent pas en rester là, notamment celles regroupées dans le cadre d'une plateforme des associations et les communautés subsahariennes qui envisagent de manifester aujourd'hui devant les ambassades de certains pays africains (Cameroun, Sénégal, Guinée, Côte d'Ivoire, Nigeria, Mali et Mauritanie) et d'observer un sit-in devant le siège des Nations unies et la délégation de l'Union Européenne. Affaire à suivre.