Sports - Africa Nouvelles

Le courage du geste! 

Cheick Diabaté, ce «joueur typique africain» qui a contribué samedi à la victoire des Girondins de Bordeaux (2-0) face au RC Lens. Faisant fi des propos jugés racistes de Willy Sagnol, l’international malien s’est jeté dans les bras de son coach. De quoi arracher quelques larmes. 

alt

Cheick Diabaté, ce «joueur typique africain» qui a contribué samedi à la victoire des Girondins de Bordeaux (2-0) face au RC Lens. Faisant fi des propos jugés racistes de Willy Sagnol, l’international malien s’est jeté dans les bras de son coach. De quoi arracher quelques larmes. Samedi, Bordeaux a battu Lens sur le score de 2-0, avec notamment un but de Cheick Diabaté. Le Malien s’est précipité dans les bras de son entraîneur Willy Sagnol, rejoint par ses coéquipiers. Sagnol, englué dans une polémique après ses propos sur les joueurs africains, a ensuite fondu en larmes. «Ça m’arrive tout le temps d’aller voir le banc après avoir marqué. Je suis allé voir tout le monde sur le banc, si on arrive à gagner, ce sera une victoire pour nous tous. Sagnol a pleuré ? Ah bon… je suis concentré sur le match, je veux qu’on le termine bien. Je ne veux parler que de ce match« , a expliqué Diabaté à la mi-temps du match. 

L’entraîneur bordelais a suscité de vives polémiques suite à ses déclarations sur le joueur typique africain. Ce samedi, Diabaté a tout simplement que les joueurs de couleur sont fiers d’être noirs et qu’en matière de talent ou de compétence, la couleur de la peau importe peu. Fin de la polémique?

Première convocation officielle avec les Lions! 

Arrivé à West Ham cette saison, Diafra Sakho fait son trou dans le monde de la Premier League. Le joueur âgé de 24 ans, vient d'être élu joueur du mois d'octobre. 

alt

Arrivé à West Ham cette saison, Diafra Sakho fait son trou dans le monde de la Premier League. Le joueur âgé de 24 ans, vient d'être élu joueur du mois d'octobre. L'attaquant sénégalais de 24 ans a été élu joueur du mois d'octobre, durant lequel il a marqué trois buts et donné une passe décisive en trois rencontres. Ce qui en fait de lui le 5ème meilleur buteur, et mérite donc amplement son titre. 

Son entraîneur Sam Allardyce a remporté le titre de manager du mois. 

L'ancien messin est convoqué officiellement pour sa première fois en sélection du Sénégal pour affronter l'Egypte et le Botswana dans le cadre des deux dernières rencontres des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations de football.

Doublé kenyan! 

La Kenyane Mary Keitany a remporté, dimanche 2 novembre, le marathon de New York pour la première fois de sa carrière. Elle s'est imposée en 2h25'07'' devant sa compatriote Jemima Sumgong et la Portugaise Sara Moreira. 

alt

La Kenyane Mary Keitany a remporté, dimanche 2 novembre, le marathon de New York pour la première fois de sa carrière. Elle s'est imposée en 2h25'07'' devant sa compatriote Jemima Sumgong et la Portugaise Sara Moreira. Mary Keitany succède à Priscah Jeptoo au palmarès du marathon de New York. 

Mary Keitany n'avait plus couru un marathon depuis 2 ans. Après les Jeux Olympiques de Londres, la Kenyane avait fait une pause dans sa carrière pour fonder une famille. Dimanche, elle n'a pas manqué son retour, enlevant le prestigieux marathon new-yorkais et complétant ainsi un palmarès déjà riche de deux victoires à Londres (2011, 2012). Longtemps aux avant-postes, dans un groupe compact, Mary Keitany a faussé compagnie à ses adversaires au 35e kilomètre, accompagnée de la seule Jemima Sumgong, une de ses compatriotes.

Sumgong a tenté sa chance à 2 kilomètres de l'arrivée, plaçant une accélération qui lui a permis de s'échapper quelque peu. Mais Keitany a aussitôt réagi et a attaqué à son tour. Sa rivale n'a pas su répondre. A l'arrivée, elle s'est imposée en 2h25'07''. Jemima Sumgong a, elle, terminé trois secondes plus loin.

La troisième place est revenue à la Portugaise Sara Moreira (2h26'00''), qui disputait à New York le premier marathon de sa carrière.

Fierté algérienne! 

La Liga a récompensé ses meilleurs acteurs de la saison 2013-12014 dans la nuit de lundi à Madrid. Si Cristiano Ronaldo et le Real Madrid ont tout raflé, Yacine Brahimi inscrit aussi son nom au palmarès de ces distinctions. L’Algérien a été élu meilleur joueur africain de la saison écoulée.

alt

En concurrence avec Stéphane Mbia (Séville) et Youssef El Arabi (Grenade), Brahimi a été plébiscité par la Ligue. La saison dernière, l’ancien Rennais a éclaboussé de son talent la Liga avec notamment un titre honorifique de meilleur dribleur du championnat devant Messi et Ronaldo. Aujourd’hui à Porto, Brahimi confirme son talent.

C’est le Real Madrid qui s’est taillé la part du Lion lors de ses récompenses. Cristiano Ronaldo repart avec trois trophées: but de l’année, meilleur attaquant et MVP; tandis que Sergio Ramos et Luka Modric ont été également primé. L’Atletico Madrid champion de Liga en titre repart avec le trophée de meilleur entraineur pour Diego Siméone. Le FC Barcelone participe à la fête avec Andres Iniesta désigné meilleur milieu offensif.

PALMARES 

Meilleur joueur 2013/14 : Cristiano Ronaldo (Real Madrid)

Meilleur But 2013/14 : Cristiano Ronaldo, contre Valence - 36ème journée (Real Madrid)

Meilleur joueur américain 2013/14 : Carlos Bacca (FC Séville)

Meilleur joueur africain 2013/14 : Yacine Brahimi (Grenade)

Meilleur entraîneur 2013/14 : Diego Simeone (Atlético Madrid)

Meilleure révélation 2013/14 : Rafinha (Celta Vigo)

Meilleur attaquant 2013/14 : Cristiano Ronaldo (Real Madrid)

Meilleur milieu de terrain 2013/14 : Luka Modric (Real Madrid)

Meilleur milieu offensif 2013/14 : Andrés Iniesta (FC Barcelone)

Meilleur défenseur 2013/14 : Sergio Ramos (Real Madrid)

Meilleur gardien 2013/14 : Keylor Navas (Levante UD)

Mention spéciale : Atlético Madrid, vainqueur de la Liga 2013/14

Meilleur joueur au jeu le plus propre 2013/14 : Ivan Rakitic (FC Séville)

Club au jeu le plus propre 2013/14 : Real Sociedad

LIGA ADELANTE 

Meilleur joueur 2013/14 : Julio Alvarez (Numancia)

Meilleur But 2013/14 : Jorge Morcillo (Recreativo)

Meilleur joueur américain 2013/14 : Yuri de Souza (Ponferradina)

Meilleur joueur africain 2013/14 : Jean Marie Dongou (FC Barcelone)

Meilleur entraîneur 2013/14 : Gaizka Garitano (Eibar)

Meilleure révélation 2013/14 : Ayoze Pérez (Tenerife)

Meilleur attaquant 2013/14 : Borja Viguera (Alaves)

Meilleur milieu de terrain 2013/14 : Juan Dominguez (Deportivo la Corogne)

Meilleur milieu offensif 2013/14 : Ayoze Pérez (Tenerife)

Meilleur défenseur 2013/14 : Pablo Insua (Deportivo La Corogne)

Meilleur gardien 2014/14 : German Lux (Deportivo La Corogne)

Mention spéciale : Eibar, vainqueur de la Liga Adelante 2013/14

Joueur au jeu le plus propre 2013/2014 : Manuel Pablo (Deportivo La Corogne)

Club au jeu le plus propre 2013/14 : Eibar

Le feu follet de l'As Roma! 

Gervinho refait parler de lui. Si plusieurs performances en football sont prises en compte, notamment le nombre de passes, le nombre de buts, d’autres paramètres sont aussi à considérer. Le nombre de dribbles réalisé au cours d’un match. 

alt

Gervinho refait parler de lui. Si plusieurs performances en football sont prises en compte, notamment le nombre de passes, le nombre de buts, d’autres paramètres sont aussi à considérer. Le nombre de dribbles réalisé au cours d’un match.Voilà dans quoi, Gervinho se montre pétillant. L’international ivoirien, considéré déjà comme le joueur le plus rapide de la Série A, vient d’être distingué, le joueur ayant réalisé le plus grand nombre de dribbles dans un match de football. 

Pour le match de la 9e journée de la Série A contre Cesena (2-0), l’attaquant de l’AS Rome a mis en contribution ses feintes. Selon Whoscored, il a fait 9 dribbles avec succès. 

Au-delà des dribbles réussis, il a réalisé une passe décisive pour l'ouverture du score par son co-équipier Matteo Destro.  

De "Yes We Can" à... "When We CAN"?  

Dans quel pays se déroulera la CAN 2015? La question fait suite à la polémique née de la demande du Maroc de reporter la compétition en raison de la propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Mais la CAF se prononcera sur la question, ce lundi. 

alt

Dans quel pays se déroulera la CAN 2015? La question fait suite à la polémique née de la demande du Maroc de reporter la compétition en raison de la propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Mais la CAF devrait se prononcera sur la question, annonçant sa décision sur l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations, CAN 2015, lundi 3 novembre. En raison de l’épidémie Ebola, le Maroc, pays organisateur, demande le report de la compétition. Le Comité exécutif de la CAF s‘est réuni dimanche à Alger pour débattre de la requête du Maroc, avant de se rendre à Rabat pour une ultime réunion demain avec les dirigeants du royaume.

«La CAF publiera lundi un communiqué sur le déroulement ou non de la CAN, sa date et dans quel pays», a indiqué une source au sein de la CAF, démentant par ailleurs les informations sur un report de la compétition en juin.

 

Talents... "footus" en l'air! 

Ils sont nombreux les jeunes africains à caresser le rêve de devenir une star mondiale du football. Pour y parvenir, des milliers d’entre eux tentent de rejoindre clandestinement l’Europe pour trouver un club. Mais, à l’arrivée, beaucoup finissent dans la rue, voyant ainsi leur rêve se transformer en cauchemar. 

alt

Georges Weah, Roger Milla, hier ; Didier Drogba, Samel Eto’o, Mickaël Essien, ou encore Yaya Touré aujourd’hui ! Quel est ce jeune africain qui n’a pas rêvé de marcher sur les traces de ces idoles du ballon rond ? D’empiler des buts, de signer des contrats juteux comme eux, de frémir à l’hymne de la Champions League, de faire le tour d’honneur dans un Arena, Camp Nou, San Siro, ou un Bernabeu plein à craquer, au son de « we are the champions » ? Probablement, aucun ! Combien sont-ils à avoir parfois sacrifié leurs études primaires ou secondaires pour faire le voyage d’Afrique en Europe, des rêves plein la tête ? Ils sont nombreux, très nombreux, mais à l’arrivée ils sont peu, si peu, à entrevoir un tout petit bout du chemin qui mène vers la gloire. Pour le reste, bonjour la galère. Au lieu de fouler les pelouses de leurs rêves fous, ils vont vite, très vite, voire leur rêve virer au cauchemar. Ils vont alors se retrouver seuls, et le plus souvent en situation irrégulière.

En effet, depuis des décennies, nombreux sont les jeunes joueurs africains à avoir cru aux mensonges de managers véreux qui leur ont promis des monts et merveilles pour devenir stars du football. Malgré toutes les restrictions de la Fifa  sur la qualité d’agent de footballeur, les cris d’alarmes d’anciennes victimes du système, de nombreux jeunes africains continuent aujourd’hui encore de tomber dans le piège des marchands d’illusion. Dans son édition de samedi, le quotidien suisse Le Matin a fait état des mésaventures d’un jeune ivoirien tombé dans le piège d’un agent. Il s’appelle Amane. Il avait 6 ans lorsqu'il a quitté Abidjan en bus pour rejoindre Tanger (Maroc), rapporte le journal. « Un faux agent lui a fait miroiter un futur glorieux contre une somme d'argent conséquente, payée par son oncle. Après avoir traversé le désert, puis le détroit de Gibraltar en barque, l'ado s'est retrouvé en Espagne. Après un test infructueux à l'Atletico Bilbao, livré à lui-même, il prend le train pour Paris. Mais son espoir de rejoindre le PSG fait long feu et se transforme » en cauchemar.

Du rêve de château à la vie dans un sous-sol  d’un centre commercial 

Le malheur ne venant pas seul, la vie du jeunot va très vite basculer dans la rue, où il va devoir vivre, survivre. Abandonné par son agent qui, le découvre-t-il, portait un faux nom, Amane se retrouve paumé dans un centre commercial du quartier de la Défense, qui deviendra sa «maison». Durant des semaines, il vivra dans un sous-sol insalubre avec les clochards, tout en continuant de s'entraîner, se nourrissant de «baguette et d'eau, parce que les deux ensemble, ça cale». 

Des Amane, il y en a eu ces dernières années. On se souvient de l’histoire d’une bande de sept copains venus du Cameroun, âgés entre 15 et 17 ans à l’époque. Un jour de 1999, ils débarquent en France, des rêves de star pleins la tête.  Parmi ces jeunes, il y avait Aloys Nong, qui est le seul à avoir eu la chance de mener une carrière professionnelle par la suite. Dans une interview avec le quotidien La Libre (Belgique), il racontait leur calvaire, il y a quelques années : « Nous étions munis du fameux visa touristique qui n’était valable que 2 semaines. Finalement, je suis resté 2 ans en France en situation irrégulière. Au début, nous étions logés dans la maison d’un des associés du recruteur. Un jour, ce dernier en a eu marre et nous a demandé de partir. Soit nous rentrions au pays, soit nous trouvions refuge dans notre famille. Ainsi, j’ai vécu chez le petit frère de mon papa». 

Mais, un jour, Nong, chanceux, fut recontacté par les recruteurs, afin qu’il passe un test au FC Liège en Belgique. « J’ai donc quitté la France et je suis arrivé à Liège. Cela s’est bien passé et le club m’a proposé un contrat de travail. Avec ce dernier, j’ai pu rentrer au Cameroun pour régulariser ma situation et revenir en Belgique (…) Je suis le seul à avoir fait du football mon métier. Les autres sont toujours en Europe soit dans la restauration ou encore le bâtiment. Personnellement, j’ai eu beaucoup de chance». 

« Ces managers vendent du rêve aux enfants et à leurs parents »

Si ce n’est que ces dernières années que le phénomène a eu des échos dans les médias, cela fait pourtant des années que des jeunes africains se font avoir par des agents sans scrupule, prêts à tout pour gagner de l’argent quitte parfois à faire du trafic d’êtres humains. Aloys Nong : « Cela a toujours existé et je pense que, malheureusement, ce fléau n’est pas près de prendre fin. On le sait, l’Afrique recèle d’énormément de jeunes talents. Ainsi, il est facile pour des managers louches de se faire de l’argent sur les jeunes joueurs avides d’expérience en Europe. Le mécanisme est simple, ces managers se déplacent en Afrique pour y repérer des jeunes joueurs, ils leur promettent de devenir les nouveaux Roger Milla ou Samuel Eto’o. Ainsi, ces gens s’adressent directement à la famille en disant que le gamin a les capacités pour devenir un joueur professionnel à condition de partir pour l’Europe (…) Souvent, c’est à la famille de payer le billet d’avion vers le Vieux Continent. Mais en Afrique, les gamins qui jouent au football sont souvent issus de familles défavorisées. Ainsi, les parents sont obligés de faire de gros sacrifices pour permettre à leur enfant de partir pour l’Europe (…) Comment voulez-vous qu’un gamin qui quitte son pays où il fait 35° pour arriver dans un autre où la température est négative, réussisse directement à se faire remarquer ? C’est impossible. Ces managers vendent du rêve aux enfants et à leurs parents

Comme quoi, il faut vraiment avoir de la chance pour devenir Drogba ou Eto’o et croiser les stars du monde entier sur les pelouses européennes. On peut avoir les rêves les plus fous, les talents les plus recherchés, mais à chacun son destin ! Par conséquent, sus aux vendeurs de rêves, aux marchands d’illusions.

Jean OLOHOU