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Ruslan Rajaobelina est un jeune champion malgacho-ukrainien de kung-fu qui, malgré son jeune âge, affiche déjà plusieurs résultats prestigieux à son palmarès.

L’histoire de Ruslan Rajaobelina a commencé en Ukraine, en 1993. Son père Luciano Appolin, est malgache et sa mère ukrainienne ont tous deux étudié à l’Université de Kharkiv, d’où ils sont sortis respectivement ingénieur informatique et économiste. De leur amour est né Ruslan. A l’âge de 3 ans, la famille s’est transférée en Italie, grâce à l’aide la grand-mère maternelle qui y vivait déjà. Actuellement la famille vit à Arezzo. Ruslan, qui a 16 ans, étudie dans un lycée technique mais ce qui le distingue de ses copains, c’est le grand nombre de trophées, médailles et prix décrochés aux divers championnats italiens et européens de kung-fu, au niveau compétitions.


Marianna Soronevyc: Comment est-ce que tu es arrivé au sport?

Ruslan Rajaobelina: A 5 ans, mes parents m’ont initié au sport; j’ai débuté avec le foot mais plus tard, j’ai voulu essayer une nouvelle discipline. J’ai commencé alors à pratiquer le kung-fu, qui est très vite devenu ma vraie passion.

Marianna Soronevyc: Quelle ceinture es-tu actuellement?

Ruslan Rajaobelina: J’ai commencé tout gosse et pour les enfants, il y a des grades supplémentaires par rapport à ceux des adultes. J’ai obtenu toutes les quatre ceintures enfants. A 12 ans, j’ai commencé à suivre les cours des adultes et à faire les compétitions. Actuellement je suis ceinture bleue, classe 2G.

Marianna Soronevyc: Les arts martiaux prévoient non seulement une préparation physique mais aussi mentale. Suis-tu une philosophie quelconque?

Ruslan Rajaobelina: Certainement. Durant l’entraînement, il faut chercher à atteindre une harmonie qui t’aide dans la préparation physique. Cette concentration intérieure devient quotidienne et ça marque aussi le caractère. Même s’il n’y a pas de compétition en vue, il faut maintenir le rythme de l’entraînement. Comme dans tout art martial, il faut chercher à atteindre le top niveau sans jamais se fixer un plafond, sans jamais se poser un objectif définitif. Il y aussi la conscience d’être plus fort que les autres mais sans avoir besoin de le montrer.

Marianna Soronevyc: Tu es donc contraire aux bagarres à l’école?

Ruslan Rajaobelina:
Je n’approuve pas, Au contraire, mon entraîneur, Herman di Mauro, répète toujours: «La force se démontre au dojo, et elle doit la laisser là-bas, dès qu’on sort». A moins que tu ne sois l’objet de l’attaque, mais dans ce cas aussi, il faut jamais excéder.

Marianna Soronevyc: Raconte un peu des résultats que tu as atteints...

Ruslan Rajaobelina:
La première compétition importante que j’ai remportée, a été le Championnat national italien, dans la catégorie traditionnelle. C’était en 2001, j’avais 7 ans. Les années après, j’ai combattu dans d’autres compétitions de sélection pour les championnats nationaux, sans cependant réussir à m’affirmer. Il fut toutefois une période où, à cause d’un léger accident mais assez grave pour effrayer mes parents, je me suis éloigné des compétitions et des combats. J’ai repris les compétitions à 12 ans, avec des rencontres amicales. En 2008, à 14 ans, j’ai remporté deux compétitions importantes: pour la seconde fois le Championnat national de kung-fu, à Vercelli, dans la catégorie traditionnelle (qui d’ailleurs comprenait 20 participants) et le Championnat européen de Pesaro, dans la catégorie "semisanda". 
En 2009, au Championnat de Catania, je me suis malheureusement classé seulement second.

Marianna Soronevyc: Beh, la seconde place, ce n’est si mauvais que ça, pour un championnat de ce niveau...

Ruslan Rajaobelina: Ce n’est sûrement pas un mauvais résultat mais je m’attendais à une première place, aussi parce que je venais à peine du triomphe européen. J’ai dominé mon adversaire durant tout le combat mais, à un certain point, peut-être par un excès de zèle, j’ai utilisé une technique trop violente qui a mis au tapis mon adversaire. Cet épisode a été une dure  leçon pour moi, une leçon dont je me rappellerai pendant longtemps.

Marianna Soronevyc: Combien de temps dédies-tu au sport quotidiennement?

Ruslan Rajaobelina: D’habitude je m’entraîne trois fois par semaine. Quand je me prépare aux compétitions, je vais au dojo cinq fois par semaine, mettant l’accès surtout sur l’entraînement physique.

Marianna Soronevyc:Comment réussis-tu à conjuguer le sport et les études? 

Ruslan Rajaobelina: A l’école j’ai, jusqu’à présent, toujours été admis avec des moyennes assez satisfaisantes. Le kung-fu m’arrache sûrement beaucoup de temps à l’étude: en effet ma moyenne est passée d’excellent à la scuola media à une moyenne discrète au lycée, ce qui cependant n’est pas si mal que ça pour l’école que je fréquente. Souvent le couplage école - sport m’arrache beaucoup de loisirs mais du reste, je ne peux pas me lamenter vu les niveaux que j’ai atteint et vu que je suis un mordu du sport en général, et pas seulement des arts martiaux.

Marianna Soronevyc: Comment vois-tu ton futur sportif et professionnel?

Ruslan Rajaobelina: Mon futur professionnel est de finir le lycée et aller à l’université pour étudier l’informatique qui d’ailleurs ma passion. Au contraire mon futur sportif est de continuer les compétitions et décrocher d’ultérieurs résultats satisfaisants.
L’année 2013 sera sûrement très importante: en effet il y aura en Italie le championnat mondial de kung-fu se déroulera en Italie. J’espère arriver au rendez-vous au top de la forme et puis espérons bien.

Marianna Soronevyc: A quel monde sens-tu d’appartenir: ukrainien, italien ou africain?

Ruslan Rajaobelina: Le monde africain est lointain pour moi. Je n’ai jamais vécu dans le pays d’origine de mon père, Madagascar. J’y ai seulement été en vacances. Mais malgré tout cela, j’aime m’identifier avec l’Afrique, surtout pour le fort esprit de fraternité qui lie ce continent. Quand j’étais plus petit, je défendais le monde ukrainien. Je suis cependant né en Italie et donc je sens d’appartenir au monde italien.

 

Par Marianna Soronevych (Gazeta Ukrainaska)