Variétès - Africa Nouvelles

L'opposition perd sa position?

Au Zimbabwe, le principal parti d'opposition, le MDC (Mouvement pour le Changement Démocratique), est en pleine implosion. Depuis des mois, deux factions s'opposent. L'une fidèle au président du parti, Morgan Tsvangirai, et l'autre qui souhaite qu'il se retire. La confrontation est montée d'un cran et s'est soldée par l'expulsion d'une de ces factions.

altCela fait des mois que le leadership de Morgan Tsvangirai est contesté, notamment depuis qu'il a perdu, pour la 3ème fois, les élections face au président Robert Mugabe.

Plusieurs membres - dont le secrétaire général du MDC - ont appelé à un changement à la tête du parti. L'ex-ministre des Finances,Tendai Biti, souhaite une opposition plus dure face au gouvernement. Biti ainsi que plusieurs cadres qui l'ont soutenu ont voté la suspension de Tsvangirai pour violation des statuts du parti.

L'ancien Premier ministre et président du MDC a rétorqué considérant cette sédition « illégale » et voté l'expulsion de Biti et ses partisans. Ces derniers n'ont pas indiqué ce qu'ils comptaient faire.

Désunion face au pouvoir de Mugabe

Ils peuvent soit former leur propre parti ou bien rejoindre un des deux autres mouvements déjà issus du MDC. En effet, le principal parti d'opposition n'en est pas à son premier éclatement.

Des divergences existent au sein du parti, notamment sur l'attitude à adopter face au régime Mugabe. Accepter de participer à des élections truquées? Accepter d'entrer dans un gouvernement d'union nationale, comme en 2008? Les opinions divergent.

La principale formation de l'opposition en proie à une querelle entre deux factions rivales.

C'est un nouveau coup dur pour Morgan Tsvanguirai. Il y a 10 mois, l'ex-Premier ministre du Zimbabwé subissait une défaite cuisante face à son éternel rival, Robert Mugabe, à la présidentielle. Le président du MDC doit maintenant faire face à une division de son parti. Morgan Tsvanguirai et ses partisans ont voté l'expulsion des membres du camp de Tendai Biti, le secrétaire général du MDC. Une réaction à la suspension de l'ex-Premier ministre votée trois jours plus tôt par la faction de Tendai Biti, l'ex-ministre des Finances.

Morgan Tsvanguiraï a été limogé à la suite d'un meeting à Hararé, la capitale. Le groupe des dissidents, dont fait partie l'ex-trésorier général adjoint du parti, Elton Mangoma, l'accuse d'avoir échoué dans sa mission et de s'éterniser à la tête du MDC.

Tsvangirai qui dirige le parti depuis 15 ans, refuse de démissionner malgré la limite de deux mandats de 5 ans fixée par le président Robert Mugabe.

De même, il est reproché à l'adjoint de Morgan Tsvangirai, Thokozani Khupe, ainsi qu'à 5 autres ténors du parti, d'avoir violé les statuts du mouvement, en expulsant Elton Mangoma, l'ancien ministre de l'Energie. Une décision prise après que ce dernier ait récemment appelé à la démission de Tsvangirai.

Formé en 1999 par une alliance entre syndicats et groupes de la société civile, le MDC a constitué pendant des années une alternative crédible au pouvoir du président Robert Mugabe.

En 2008, Morgan Tsvangirai était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle. Il a, par la suite, accepté de faire partie d'un gouvernement d'union nationale pendant quatre ans avec Mugabe, pour éviter une guerre civile au pays. Mais le chef de l'opposition s'est fait laminer aux élections de 2013. Depuis, il doit faire face à une fronde qui monte au sein de sa formation.

Un congrès du MDC pourrait avoir lieu au mois d'octobre. Mais le parti, qui n'en n'est pas à sa première division, a de moins en moins de chance de détrôner le Zanu-PF de Robert Mugabe, lors des prochaines élections prévues en 2018.

Embar...go out?

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a levé les embargos sur les armes légères et sur les diamants imposés à la Côte d’Ivoire. Cependant, le Conseil a prorogé jusqu’au 30 avril 2015 l’embargo sur les autres armes ainsi que le gel des avoirs financiers et l’interdiction de voyager dont sont frappés certains individus dans le pays.

altPour mémoire, l’embargo sur les diamants de la Côte d’Ivoire a été déclaré en décembre 2005, tandis que celui sur les armes par le Conseil de sécurité est en vigueur, depuis novembre 2004.

Dans sa résolution 2153 adoptée à l’unanimité, le Conseil de sécurité a indiqué que «les mesures interdisant l’importation par tout Etat de diamants bruts provenant de la Côte d’Ivoire ont été levées en raison des progrès accomplis dans la mise en œuvre du Système de certification du Processus de Kimberley et dans la gouvernance de ce secteur».

Le Conseil se félicite par ailleurs des progrès accomplis dans le sens du rétablissement de la sécurité, de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire saluant les efforts que le président et le gouvernement ivoiriens continuent de déployer pour stabiliser la situation sur le plan de la sécurité, accélérer le relèvement économique du pays et renforcer la coopération internationale et régionale, notamment resserrer la coopération avec les gouvernements ghanéen et libérien.

La résolution précise tout de même que l’embargo sur les armes à la Côte d’Ivoire ne s’applique pas à la fourniture aux forces de sécurité ivoiriennes d’armes exclusivement destinées à appuyer le processus ivoirien de réforme de l’appareil de sécurité, à l’exception de 9 catégories d’armes dont les missiles surface-air et des aéronefs armés, qui devront être approuvés au préalable par le Comité des sanctions.

Ballotage le 18 mai!

En Guinée-Bissau, le PAIGC, qui domine la vie politique depuis l'indépendance, arrive largement en tête du premier tour des élections présidentielle et législatives de dimanche 13 avril, selon les résultats provisoires annoncés ce mercredi par la Commission nationale électorale. La participation dépasse les 80%.

altSelon les résultats provisoires, Jose Mario Vaz, celui que l'on surnomme «Jomav», obtient 40,98% des voix et son parti, le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), 55 députés sur 102. C'est la majorité absolue.

Nuno Nabiam, le candidat soutenu par l'ancien président, feu Kumba Yala, parvient à se qualifier au deuxième tour, avec 25,14% des voix. Il bat Abel Incada, le candidat officiel du PRS (Parti de la rénovation sociale) qui n'a pu faire que 7%. Mais le PRS obtient tout de même 41 sièges de députés.

Selon le politologue Rui Landim, il sera difficile pour Nuno Nabiam d'inverser la tendance. Perçu comme le candidat des militaires, il ne dispose pas d'une forte réserve de voix.

À noter la relative bonne performance de Paolo Gomez, un ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale qui faisait son entrée en politique. Avec 9,8% des voix, il devient le troisième homme.

À Bissau la capitale, de nombreux jeunes affirmaient qu'ils ont soif de changement, qu'ils avaient voté pour lui. Yaya Djalo obtient un peu moins de 5%. Son parti, le PND (Parti de la nouvelle démocratique), n'aura plus qu'un seul député.

L'une des petites surprises du scrutin est le revers enregistré par Antonio Afonso Té, un homme qui a participé à la transition. Il n'a récolté que 3% des suffrages, malgré une campagne à l'américaine. Il subit sans doute un vote sanction. Les candidats ont désormais 48 heures pour déposer d'éventuels recours à la Cour suprême de Justice. Mais les négociations ont déjà commencé en vue du second tour, prévu le 18 mai.

Pays... en train de se développer!

Le Niger vient de franchir une étape décisive dans la mise en oeuvre d'un réseau ferroviaire avec les cérémonies de l'inauguration de la première gare dans l'histoire du pays. L'inauguration de la gare à Niamey a eu lieu, lundi 7 avril.

altL'événement a été salué par les Nigériens et par le président du Bénon Yayi Boni et le président du Togo Faure Gnassingbé, qui ont assisté à la cérémonie.

L'entreprise Bolloré promet la fin des travaux dans 2 ans: une boucle ferroviaire Cotonou - Niamey - Ouagadougou - Abidjan, autrement dit, près de 2.728 km. Le président Issoufou Mahamadou a choisi son 3ème anniversaire au pouvoir pour lancer ces travaux.

Les Nigériens ont attendu près de 80 ans pour voir enfin un rêve se réaliser, celui d'un train à Niamey. La gare ferroviaire vient d'être inaugurée. Les Nigériens ont saisi la portée historique de l'événement.

«La cérémonie qui nous rassemble aujourd'hui constitue un événement historique majeur parce qu'elle symbolise le début de la réalisation des rêves, celui de voir notre pays - si fortement enclavé - relié à la mer par chemin de fer», a déclaré le président Issoufou Mahamadou.

La réalisation de la boucle ferroviaire Cotonou - Niamey - Ouagadougou - Abidjan est sur les rails. Pour le président du groupe Bolloré, en charge du projet, c'est un challenge à relever.

«C'est un moment très important parce que les habitants du Niger attendent depuis plus de soixante-dix ans qu'il y ait un train qui leur permette d'importer et d'exporter des marchandises, mais surtout qui permette aux habitants du Niger de se déplacer. Donc, c'est le premier pas, le premier kilomètre, la première gare de Niamey. C'est très important», a souligné le PDG du groupe Bolloré.

«L'arrivée du train va impacter beaucoup sur l'économie du Niger et surtout, cela contribuera - en ce moment où tout le monde se plaint de la cherté - à une réduction des prix et à avoir des produits à des prix abordables», a déclaré de son côté le président nigérien de la Chambre de Commerce, Moussa Sidi.

Il n'y a plus que 574 km de rails à poser jusqu'à Parakou, au Bénin et le train sifflera enfin à Niamey.

Rewind ou... Rewade?

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade est rentré vendredi 25 avril, tard dans la soirée, dans son pays après 2 ans d'absence, pour y soutenir son fils Karim, en prison dans l'attente d'un procès pour biens mal acquis.

altL'avion de M. Wade est arrivé à Dakar en provenance de Casablanca, au Maroc, où il avait été bloqué pendant 48 heures, un retard dont ses partisans et le régime de son successeur, Macky Sall, se rejettent la responsabilité.

Les alentours de l'aéroport avaient été bouclés par les forces de l'ordre et seuls quelques responsables de son parti, le Parti démocratique sénégalais (PDS), ont été autorisés à venir l'accueillir.

Après son arrivée, M. Wade devait se rendre au siège du PDS, où étaient rassemblés depuis plusieurs heures de très nombreux militants, encadrés par des policiers anti-émeutes.

Abdoulaye Wade a dirigé le Sénégal pendant 12 ans de 2000 à 2012, et était parti en France après sa lourde défaite face à Macky Sall, un de ses anciens premiers ministres, le 25 mars 2012 au second tour de l'élection présidentielle.

Compagnies bannies... compagnie bénie?

Encore un nouveau-né dans le secteur aérien congolais. La nouvelle compagnie aérienne nationale de la RDC s'appellera : «Congo Airways».

altUne compagnie de l'Etat. Hé ! Hé ! Agents et cadres des Lignes aériennes congolaises (Lac), gardez encore vos applaudissements. «Congo Airways est distincte de Lignes aériennes congolaises, vouées à la liquidation pure et simple ». Foi du gouvernement. Afin que nul n'en prétexte ignorance, deux bouches étaient autorisées à l'annoncer, le vendredi 11 avril : les ministres du Portefeuille et de Transports.

D'où provient l'argent ? Le capital social de cette nouvelle compagnie nationale sera constitué par trois catégories de partenaires. Il s'agit d'abord des actionnaires nationaux, c'est-à-dire l'Etat congolais ainsi que des personnes physiques et morales de nationalité congolaise.

Ensuite, on trouve des actionnaires privés, de préférence, spécialisés dans le domaine de l'aviation civile. Enfin, une quote-part du capital de «Congo Airways » sera réservée aux salariés, en vue de les responsabiliser et les motiver à contribuer à la vie et au développement de la compagnie.

Dans toute cette gymnastique managériale, les victimes sont toujours les employées. Les pauvres ! On les engage quand ils sont en forme ; on les presse comme du jus d'orange ; on les exploite jusqu'à l'épuisement ; on les traite comme des bêtes de somme ; on leur prive leur salaire jusqu'à plus de 200 mois... Puis, quand vient le moment de redresser l'entreprise, on la déclare en faillite et on renvoie les travailleurs paître ailleurs. Sans autre forme de procès.

Que dire ? Notre Etat se comporte toujours de la même manière. Il n'anticipe jamais. Il laisse la situation pourrir pour venir bâtir sur les ruines de la défunte entreprise une nouvelle « qui n'a rien à voir » avec l'ancienne. Le mobile caché, c'est de contourner l'apurement des arriérés des salaires.

Comme qui dirait, chaque fois qu'une entreprise d'Etat est en voie de tomber en faillite, on l'aide à tomber de plus bel. Pourtant, il fut une époque où, dans ce pays, les entreprises du Portefeuille contribuaient à plus de la moitié du budget. Mais à ce jour, la plupart d'entre elles ne sont restées que l'ombre d'elles-mêmes. Des tombeaux blanchis. Des éléphants aux pieds d'argile.

En vérité, en vérité, je vous le dis : si l'on ne met pas du sérieux dans la gestion des entreprises de l'Etat, on pourra beau créer de nouvelles, les mêmes causes (de faillite) produiront les mêmes effets. Il ne sert donc à rien de déshabiller saint Pierre pour habiller Saint Paul.

Défi à Compaoré?

Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) a tenu son premier congrès ce week-end à Ouagadougou.

altLe nouveau parti s'est doté d'un bureau exécutif national, des textes réglementaires et d'un programme politique. Ce premier congrès a été clôturé dans un stade de la capitale. Une première au Burkina Faso.

La mobilisation des militants et sympathisants du Mouvement du peuple pour le progrès dépassait les 15.000 places assises du stade municipal de Ouagadougou.

La clôture de ce premier congrès du MPP, créé par les anciens cadres du parti au pouvoir, avait pour but de présenter le nouveau bureau exécutif national, mais surtout les grandes lignes de son programme politique.

«C'est un programme social démocrate qui mettra en place une nouvelle gouvernance. Personne ne pourra rester encore dix ans au pouvoir dans ce pays avec le MPP», a prévenu Salif Diallo, premier vice-président, chargé de l'orientation politique du MPP.

Avec la mobilisation de leurs militants, les fusions et alliances avec d'autres partis politiques de l'opposition, le Mouvement du peuple pour le progrès est déjà en campagne électorale pour la conquête du pouvoir.

«Le combat que nous avons engagé depuis le 4 janvier 2014 ne s'arrêtera que lorsque nous aurons participé aux élections en 2015 et que nous les aurons remportées sans faille», a annoncé Roch Marc Christian, président du parti.

Comme chaque sortie, les responsables du Mouvement du peuple pour le progrès ont réaffirmé leur opposition à une révision de l'article 37 de la Constitution et à la mise en place d'un Sénat au Burkina Faso.