R.D. CONGO: Naissance de la compagnie aérienne Congo Airways - Africa Nouvelles

ÉVÉNEMENTS

Compagnies bannies... compagnie bénie?

Encore un nouveau-né dans le secteur aérien congolais. La nouvelle compagnie aérienne nationale de la RDC s'appellera : «Congo Airways».

altUne compagnie de l'Etat. Hé ! Hé ! Agents et cadres des Lignes aériennes congolaises (Lac), gardez encore vos applaudissements. «Congo Airways est distincte de Lignes aériennes congolaises, vouées à la liquidation pure et simple ». Foi du gouvernement. Afin que nul n'en prétexte ignorance, deux bouches étaient autorisées à l'annoncer, le vendredi 11 avril : les ministres du Portefeuille et de Transports.

D'où provient l'argent ? Le capital social de cette nouvelle compagnie nationale sera constitué par trois catégories de partenaires. Il s'agit d'abord des actionnaires nationaux, c'est-à-dire l'Etat congolais ainsi que des personnes physiques et morales de nationalité congolaise.

Ensuite, on trouve des actionnaires privés, de préférence, spécialisés dans le domaine de l'aviation civile. Enfin, une quote-part du capital de «Congo Airways » sera réservée aux salariés, en vue de les responsabiliser et les motiver à contribuer à la vie et au développement de la compagnie.

Dans toute cette gymnastique managériale, les victimes sont toujours les employées. Les pauvres ! On les engage quand ils sont en forme ; on les presse comme du jus d'orange ; on les exploite jusqu'à l'épuisement ; on les traite comme des bêtes de somme ; on leur prive leur salaire jusqu'à plus de 200 mois... Puis, quand vient le moment de redresser l'entreprise, on la déclare en faillite et on renvoie les travailleurs paître ailleurs. Sans autre forme de procès.

Que dire ? Notre Etat se comporte toujours de la même manière. Il n'anticipe jamais. Il laisse la situation pourrir pour venir bâtir sur les ruines de la défunte entreprise une nouvelle « qui n'a rien à voir » avec l'ancienne. Le mobile caché, c'est de contourner l'apurement des arriérés des salaires.

Comme qui dirait, chaque fois qu'une entreprise d'Etat est en voie de tomber en faillite, on l'aide à tomber de plus bel. Pourtant, il fut une époque où, dans ce pays, les entreprises du Portefeuille contribuaient à plus de la moitié du budget. Mais à ce jour, la plupart d'entre elles ne sont restées que l'ombre d'elles-mêmes. Des tombeaux blanchis. Des éléphants aux pieds d'argile.

En vérité, en vérité, je vous le dis : si l'on ne met pas du sérieux dans la gestion des entreprises de l'Etat, on pourra beau créer de nouvelles, les mêmes causes (de faillite) produiront les mêmes effets. Il ne sert donc à rien de déshabiller saint Pierre pour habiller Saint Paul.