Variétès - Africa Nouvelles

Style Sy!

L'ouverture de la boutique de la styliste sénégalaise Sophie Sy a fait beaucoup de bruit dans le milieu de la mode local et international.

altAprès des années de dur labeur, la styliste Sophie Sy a ouvert une boutique pour sa luxueuse marque de vêtements, "Sophie Zinga".

Née au Sénégal, elle a passé une grande partie de son adolescence à l'étranger. "Mes deux parents étaient des diplomates, donc on déménageait tout le temps", a-t-elle déclaré.

Ayant vécu à Dallas, New York, New Jersey, Dakar et au Kenya, Sophie Sy fait partie de ce groupe de jeunes et ambitieux stylistes qui ont vu du pays et sont rentrés au bercail pour galvaniser l'industrie de la mode locale. Diplômée de la célèbre école américaine de mode, Parsons, elle a le bagage nécessaire pour le faire.

"Je voulais revenir ici pour voir si je pouvais faire bouger les choses un peu. Je trouve qu'il y a tellement de potentiel ici; les gens sont très créatifs, et je suis convaincu que je peux développer ma marque dans mon propre pays", a-t-elle affirmé.

Dotée d'un diplôme en économie, avec option développement, Sophie Sy, sait qu'une   entreprise internationale prospère peut injecter des capitaux sur le marché local. "J'ai toujours souhaité revenir ici pour y travailler et créer des emplois", a-t-elle dit.

La plupart des tissus qu'elle utilise viennent d'Afrique et toutes ses tenues sont  confectionnées dans un atelier, au Sénégal, par des tailleurs, qu'elle a formés. Cependant, même si elle privilégie les matériaux et talents locaux, ses créations sont réservées aux plus nantis, avec des prix variant entre 50 et 2000 dollars US.

Ses tenues, classiques et très féminines attirent une clientèle exigeante. Elle a confié qu'elle s'inspirait beaucoup de ses voyages. Sa dernière collection, qui a été révélée au Dakar Fashion Week, a été inspirée d'un voyage en République Dominicaine.

Tout en continuant à montrer ses collections à travers le monde, elle sait que le Sénégal est prêt à accueillir des grandes marques comme la sienne. "Je pense qu'avec la croissance économique et l'augmentation du pouvoir d'achat, la haute couture a sa place en Afrique maintenant".

Cependant, il n'est pas toujours facile de gérer une entreprise au Sénégal . Surtout y trouver des financements. "Financièrement, c'est très difficile car tu ne peux pas compter sur le soutien des banques à cause des taux d'intérêts élevés", a –telle ajouté.

Malgré les défis, Sophie Sy est déterminée à développer son entreprise au Sénégal. "Il y a beaucoup de potentiel pour la haute couture ici, les acheteurs friands de grandes marques sont là et ont de l'argent à dépenser".

Pleine d'espoir, Sy a organisé, une grande cérémonie, pour célébrer l'ouverture de sa boutique à Dakar. Le monde de la mode dakaroise a répondu en masse pour soutenir la styliste en herbe. Cet évènement couronne ainsiplu sieurs années de travail.

"Ça m'a pris 3 ans, ça m'a vraiment pris beaucoup de temps pour préparer tout ça", a-t-elle lancé avec une note fierté dans la voix.

(Vidéo: collection Sophie Sy au Black Fashion Week de Paris)

ww.youtube.com/watch?v=5Y4secuaioo

Michelle... élève les élèves!

Durant la visite du couple présidentiel américain au Sénégal, la Première dame, Michelle Obama, était au collège Martin Luther King accompagnée de Marième Faye Sall, la Première Dame sénégalaise. Elle a partagé avec les jeunes filles son expérience propre et les modèles qui ont façonné et donné une sens à sa vie.

altLes jeunes filles, élèves du collège Martin Luther King de Dakar, ne pouvaient espérer mieux en cette fin d'année scolaire. Au moment où beaucoup d'entre elles terminent leurs derniers devoirs, d'autres s'apprêtent à faire leur examen, les premières dames du Sénégal et des Etats-Unis d'Amérique leur ont rendu visite. Ce fut un jour mémorable, pour ces jeunes filles d'accueillir Marième Faye Sall et son homologue Michelle Lavaughn Obama. Cette dernière, vêtue d'une robe d'été à fleurettes vertes et accompagnée de ses filles Malia et Sasha, a profité de son bref passage dans cet établissement scolaire pour livrer aux élèves une leçon de courage, d'abnégation et du don de soi. Car, estime-t-elle, «lorsque les filles sont bien éduquées, les nations deviennent fortes et plus prospères». Une vérité qui s'applique, selon elle, au Sénégal, aux Etats-Unis et partout dans le monde.

Tout en félicitant ces «élèves extraordinaires de ce collège exceptionnel» et loué le sérieux avec lequel elles poursuivent leurs études, Michelle Obama les a exhortées à persévérer dans cette voie. Car, selon elle, les défis à relever au Sénégal et dans le monde sont énormes. Elle a rappelé aux élèves de Martin Luther King les tâches qui leur incomberont dans le futur.

«C'est vous qui réaliserez les découvertes scientifiques permettant de guérir des maladies ; c'est vous qui rédigerez les lois régissant votre pays et c'est vous qui construirez les entreprises qui feront avancer le Sénégal au cours des décennies», a souligné la First Lady.

Elève, étudiante diplômée puis avocate, Mme Obama dit avoir réalisé son rêve. Pour avoir été directrice d'une organisation de jeunesse et vice-présidente d'un hôpital. «Grâce à la bonne formation que j'ai reçue, j'ai été en mesure de subvenir aux besoins de ma famille, de rendre à ma communauté une partie de ce qu'elle m'avait donné et d'être maintenant au service de mon pays en tant que Première Dame», mentionne-t-elle. Michelle Obama rappelle toutefois que rien n'était gagné d'avance. Mais elle a dû compter sur des parents qui nourrissaient de «merveilleuses ambitions» pour elle. Surtout son père qui, malgré sa maladie et ses difficultés à bien marcher, s'est sacrifié pour elle en prenant en charge sa scolarité à l'université. Parfois même en contractant des prêts.

«Laissez-moi vous dire qu'il ne se passe pas un jour sans que je ne sente le poids des sacrifices consentis par mon père sur mes épaules», rappelle-t-elle aux élèves. Ces nombreux sacrifices cumulés aux clichés véhiculés sur les filles issues d'un milieu modeste ont fini par fouetter son orgueil. Elle se concentre alors sur ses études, franchit les étapes jusqu'à devenir ce qu'elle est aujourd'hui. «Je sais qu'il vous faudra du courage pour poursuivre vos rêves, venir à l'école, étudier et envisager pour vous-mêmes des opportunités que personne ne pourrait imaginer».

Outre le courage qu'il faut s'entourer tous les jours, Michelle Obama leur demande de méditer cette parole de Martin Luther King qui disait: «J'ai essayé de voir mes épreuves personnelles comme une opportunité de me transformer». Ce qui signifie, selon elle, que chaque défi que vous affrontez, chaque obstacle que vous surmontez, vous donne la chance de vous transformer et de devenir quelqu'un d'extraordinaire. Une autre leçon de vie évoquée par la Première dame des Etats-Unis dans son discours, est celle donnée par Nelson Mandela.

«Si le président Mandela a pu supporter d'être confiné dans une cellule minuscule, d'être forcé à accomplir un travail éreintant, d'être séparé de ceux qu'il aimait le plus au monde, dit-elle, vous pouvez, vous aussi, continuer à aller à l'école chaque jour et à travailler dur autant que possible».

Et ainsi, faire honneur à tous ceux qui se sont sacrifiés pour les autres comme son père pour elle, et les héros comme le président Mandela et Martin Luther King qui ont constitué la ligne de conduite à suivre durant toute la vie. «Chaque fois, je fais de mon mieux pour rendre ma vie digne de leurs sacrifices», ajoute la First Lady, exhortant les jeunes filles de Martin Luther King à mener leur vie conformément à cet idéal.

Ce vœu de Michelle Obama est le même que celui de Madame Rougui Ly Sall, le principal du collège, qui ambitionne de former, dans cet unique collège des jeunes filles du Sénégal, «des citoyennes responsables alliant savoir et savoir être». Mais également de faire de cette école «le grenier des futures femmes leaders de ce pays». A l'instar de Coumba Loum Thiam, directrice de la Brs (Banque régionale de solidarité), Diabou Bessane, journaliste, Aminata Gadiaga etc. anciennes pensionnaires de cet établissement. Michelle Obama salue le travail remarquable de Marième Faye Sall

Michelle Obama et Marième Faye Sall s'apprécient mutuellement. Elles ont montré, hier, ce respect qu'elles se vouent mutuellement au cours de leur passage au collège Martin Luther King. Si Marième Faye Sall salue le leadership de Michelle Obama avant même qu'elle ne soit la First Lady des Etats-Unis, l'épouse du président américain se dit satisfaite du «travail remarquable» que Marième Faye Sall est en train d'accomplir pour venir en aide aux enfants du Sénégal. Elle a dû certainement entendre parler des actions posées par la fondation «Servir le Sénégal» dans le domaine social et dans la santé. «En tant que Premières dames et mères de famille, la santé et le bien-être de notre prochaine génération nous tiennent vraiment à cœur», a souligné Michelle Obama.

Rougui Ly Sall, Principale de Martin Luther King:

«Aujourd'hui, c'est un grand jour. Un jour mémorable pour notre petit collège logé dans un petit coin de Gibraltar. Un grand jour parce que nous recevons deux illustres dames comme pour dire que notre rêve s'est réalisé. Nous avions un rêve et de grands défis à relever face à la très haute responsabilité qui nous était confiée : éduquer près de mille filles de la nation au sein de l'unique collège des jeunes filles du Sénégal. Plaise au Tout Puissant que ce collège devienne un lycée scientifique des jeunes filles du Sénégal ; une école de nos rêves où sortiront des femmes illustres et exceptionnelles, des femmes engagées pour l'avènement d'un monde merveilleux, de paix, de bonheur, de justice et d'équité».

Marième Sèye, élève en classe de 6ème:

«Nous sommes très contentes d'accueillir la première dame des Etats-Unis et celle de notre pays. Martin Luther King a toujours prôné l'excellence dans nos sociétés et elle l'a rappelé dans son discours. Nous sommes très contentes. Nous devons faire de notre mieux pour réussir et devenir des références dans l'avenir du pays».

Mariétou Guèye, élève en classe de 3ème:

«J'ai été très flattée parce que c'était la première fois que je me retrouvais en face des deux premières dames des Etats-Unis et du Sénégal. Après avoir écouté son discours, je suis plus motivée et cela montre que le Sénégal peut se développer avec la jeune génération. Pour ce qui me concerne, je vais me concentrer davantage sur mes études pour essayer de devenir comme elles».

Bintou Dramé, élève en classe de 3ème:

«C'était vraiment important pour nous-mêmes et pour notre école. D'autant plus que Martin Luther King avait rêvé qu'un jour un Africain-américain serait le président des Etats-Unis. Aujourd'hui, Michelle Obama nous exhorte à redoubler d'efforts pour que demain nous puissions nous prendre en charge et aider notre pays à se développer».

Vive la miss! 

Mademoiselle Dia Aïssata a remporté, samedi 8 juin, à Abidjan-Cocody, la finale Miss Côte d'Ivoire 2013. Elle succède ainsi à Valérie Djouka.

altLa candidate venue de la région du Sud-Comoé (Aboisso), qui portait le N°21 a obtenu 16,20/20 selon la présidente du jury, Awa Diarra.

Agée de 18 ans et mesurant 1,83 mètres, la nouvelle reine de la beauté ivoirienne est étudiante en année préparatoire marketing et management. Elle succède ainsi à Valérie Djouka.

Konaté Aida, candidate (N°11) et Diplo Karine (N°06) qui ont obtenu respectivement 15,97 et 15,92 ont été élues respectivement première et deuxième dauphine.

24 candidates au départ, il ne restait plus que 10 postulantes sur le podium après les deux passages des candidates. Ces dernières au 3ème passage se sont exprimées sur le thème de la tolérance. C'est donc à l'issue de ce parcours que le jury a proclamé les résultats.

Il faut signaler que 9 des 10 candidates arrivées au second tour participeront au nom de la Côte d'Ivoire, à l'élection de Miss Monde Environnement, a annoncé le comité Miss Côte d'Ivoire.

Celle qui porte désormais la couronne de Miss Côte d'Ivoire et ses dauphines ont reçu de nombreux de la part de la première Dame Dominique Ouattara et des sponsors et partenaires de l'événement.

Concours en cours!

L'édition 2013 du Concours Awoulaba, dont le thème est "La femme, facteur de cohésion sociale-Plaidoyer pour la cohésion sociale post-crise", a été lancé, vendredi 10 mai, à la Maison de la presse d'Abidjan sise au Plateau.

altA cette occasion, le directeur exécutif du Comité Awoulaba Côte d'Ivoire (CACI), Lago Jonas, a présenté les grandes articulations de cette édition.

A en croire le directeur exécutif du CACI, les candidates doivent avoir entre 24 et 42 ans, savoir lire et écrire et être Ivoiriennes. Il a indiqué que les présélections vont démarrer à Daloa, ce samedi 11 mai, et termineront fin juillet.

Lago Jonas a annoncé que le 10 août, il y aura les demi-finales de l'intérieur d'où sortiront 7 finalistes et celles d'Abidjan le samedi 17 août qui donneront 5 finalistes. Et, à l'en croire, le samedi 31 août prochain, ce sera la grande finale nationale.

Il a toutefois tenu à préciser qu'un concours culinaire et un autre engageant de mini-Awoulaba dont l'âge oscille entre 10 et 12 ans seront incrustés, dès les deux demi-finales.

Les lauréates de ces deux concours vont s'affronter en finale, parallèlement aux 12 finalistes du concours Awoulaba. Lago Jonas a, par la suite, présenté les membres du Comité directeur et les présidents communaux et régionaux.

La présidente du comité d'organisation, Geneviève Dahon, 2ème vice-présidente du Bureaux exécutif du CACI, a, bien avant, dans son discours de bienvenue, fait la genèse du concours Awoulaba entamé en 1999 et interrompu en 2007, avant s'être repris en 2012 sous la houlette du journaliste Soum Junior, avec l'appui technique du CACI.

Cette dernière a remis des kits aux présidents des comités locaux comprenant leur feuille de route.

Soum Junior a présenté les Awoulaba 2012 après avoir expliqué les difficultés auxquelles il a été confronté dans l'organisation.

Le représentant du parrain Issouf Fadika, président de la Federmar, Diabaté Mohamed, opérateur économique, après avoir dit son mot d'encouragement au CACI, a investi le Comité directeur du concours.

Le concours Awoulaba fait la promotion de la culture ivoirienne et valorise les canons de beauté de la femme africaine. Son initiateur, Pol Dokui, est en ce moment en exil au Ghana.

Dédié à Didier? 

Voilà une nouvelle qui devrait faire chaud au cœur de Didier Drogba. Aissata Dia voudrait-elle se venger?

altÉlue miss 2013 en Côte d'Ivoire, dans ses premières interviews, elle cite le capitaine de la sélection des Eléphants lors de la Coupe d'Afrique des Nations de football.

«J'aime l'équipe nationale de football et particulièrement Didier Drogba même s'il m'a ignorée, une fois alors que je n'étais pas encore Miss, dans un night-club. Et depuis ce soir-là, j'ai pris du recul devant l'admiration que j'ai pour lui» a laissé entendre Aissata Dia à Star Magazine.

Le joueur de Galatasaray va certainement apprécier. Les deux acteurs sont actuellement des ambassadeurs de la Côte d'Ivoire. Peuvent-ils collaborer ensemble pour un même projet dans l'avenir?

Ami de Miami!

Mike Sylla, styliste-designer franco-sénégalais, a récemment reçu le "Designers Choice Award", à la Miami International Fashion Week 2013.

altSylla devient ainsi "le premier designer africain à inscrire son nom dans le palmarès de la Miami International Fashion Week", la Semaine internationale de la mode, qui est organisée chaque année dans cette ville américaine, depuis 1998.

"Véritable génie dans l'art de façonner le cuir et le daim, les créations de Mike Sylla ont séduit les professionnels et le public, qui ont fait le déplacement de ce rendez-vous annuel de Miami", souligne le communiqué.

Mike Sylla est crédité par son staff d'une expérience de 26 ans dans la mode. Il a effectué de nombreux défilés dans le monde.

Substitution de prostitution?

Véritable art chez beaucoup de jeunes femmes, le Mbarane est une activité très lucrative au Sénégal. Mais il est décrié, d'aucuns l'assimilent à de la prostitution déguisée.

altCe soir, Léna est sur son trente et un. C’est l’anniversaire de sa fille. Et elle n’a pas lésiné sur les moyens pour lui offrir une fête digne d'une princesse. Petits fours, gâteaux, jus de fruits, crêpes, brochettes de viande, gadgets pour enfants, poupées, vélo, vêtements neufs: rien n'est trop beau pour sa fillette adorée. Elle n’en a certes pas les moyens, mais elle a pu compter sur l’appui financier de ses quatre «champions», comme elle surnomme malicieusement ses amants. Pour cette jeune maman de 25 ans, divorcée de surcroit, c’est l’occasion rêvée de leur «couper la tête». Terme qui signifie plumer un gogo!

Le seul hic, c'est que ses amoureux risquent de se retrouver ensemble à la fête. Mais, elle ne panique pas, elle garde son calme. Et nous lance, d'un ton coquin: «J’en ai l’habitude. Je gère!». Elle a pris toutes les précautions d’usage et n’a surtout pas oublié d’enterrer, tôt le matin, du sel, histoire de conjurer le mauvais sort. «Je n’avais pas le choix. Il fallait qu’ils soient tous là parce que chacun d’entre eux a apporté sa contribution», observe-t-elle. Experte dans l'art du mbarane, Léna aime à se démarquer des autres adeptes de cette pratique qui consiste à multiplier les amants au compte en banque bien garni. Et ne se considère pas comme une prostituée. A l’en croire, c’est sa chance si les hommes lui offrent gracieusement leurs biens. Comme le dit un adage bien de chez nous, damay lekk sama niak botaye (qui signifie en wolof, la chance, la baraka de sa mère).

Le phénomène est devenu banal aujourd’hui. Toutes les jeunes Sénégalaises ou presque s’y adonnent, car la pratique rapporte gros. Le principe est simple: multiplier les conquêtes amoureuses pour amasser le plus de biens matériels.

En outre, quoi de plus valorisant pour une fille que d’étaler au grand jour sa capacité à ferrer des hommes? Ordinateurs portables, cheveux naturels à 600 euros, frais d’études et d’appartements; tout y passe.  Mais seulement, dans ce jeu, c’est du donnant-donnant. Prêtes à tout pour se faire entretenir, les mbaraneuses n’hésitent pas à offrir gracieusement mots doux, caresses, et bien plus encore. Et souvent sous l’œil complice de parents, qui en tirent grand profit, car l’argent récolté servira soit au paiement des factures, soit aux dépenses quotidiennes, véritable casse-tête pour les «goorgoorlous» (les débrouillards).

Beaucoup de sociologues se sont penchés sur ce nouveau phénomène. Ils sont quasi unanimes à penser que la pauvreté serait l’une des principales causes de la pratique. Un petit tour au quartier du Grand Dakar, dans la capitale du même nom au Sénégal, nous donne un tout autre aperçu de la question. A chaque mbaraneuse, son modus operandi.

En débarquant dans le quartier, on vous conduit directement chez Mamie, un nom d’emprunt. Elle est bien connue ici Mamie, c’est un peu la star du coin. Beyoncé pour certains, Viviane Ndour (célèbre chanteuse sénégalaise) pour d’autres, on l’affuble de toutes sortes de noms de starlettes du showbiz.

Teint clair, yeux bridés, une taille de guêpe, les fesses rebondies comme les aime tout bon Sénégalais, Mamie est une véritable bombe. Ses déhanchements lascifs font  fantasmer tous les hommes du quartier et suscitent la jalousie des autres femmes. Et sa liste des prétendants est longue, très longue même. «Je ne repousse personne, pourvu que tu puisses m’apporter quelque chose», explique-t-elle.

Orpheline très tôt, jeune maman à l’âge de 17 ans, Mamie s’adonne à la pratique du mbarane depuis plus de dix ans. «A 17 ans, je me suis retrouvée enceinte. Cet homme, dont j’étais très amoureuse, a refusé la paternité de cet enfant. J’avais d’énormes difficultés pour m’en sortir. Et de plus, j’ai eu le dégoût des hommes. Je me suis dit que c’était à mon tour de me jouer d’eux. Dague bopp bi rek (couper la tête)», confie la jeune fille, avec une once de rancœur. Ses amants, — pour la plupart des hommes mariés —, se montrent très généreux envers elle. Ils lui offrent bijoux en or, argent, robes et autres cadeaux.

«Grâce à l’argent qu’ils m’offrent, j’ai pu reconstruire notre maison familiale. J’ai acheté deux taxis qui circulent à mon compte et j’ai pu également ouvrir ma boutique de cosmétiques. J’ai pensé à investir cet argent parce que je sais que la beauté est éphémère et qu’ils vont tôt ou tard me tourner le dos», calcule-t-elle toutefois.

Pour le moment, Mamie ne pense pas à se caser et compte profiter au maximum de ses bienfaiteurs.

«Soda est partie en Italie. Je viens de voir sa sœur qui me l’a dit. Elle a fait la rencontre d’un Toubab qui l’a amené en Europe», se précipite de venir rapporter une copine de Mamie. Cette dernière, réputée pour être la commère du coin, porte le sobriquet de «RFI». «Elle sait tout ce qui se passe dans le quartier», taquine son amie, le regard un peu triste. «Elle en a de la chance, la veinarde!», s’exclame Mamie qui rêve d’aller vivre en Europe. D’après la conversation des amies, Soda aurait décroché le jackpot. Elle a réussi à mettre la main sur un généreux Toubab, nom familier en Afrique par lequel on désigne un blanc. Le toubab lui a ouvert les portes de l’Eldorado. 

Même si les femmes sont désignées comme étant les principales responsables de ce phénomène, il arrive que les hommes se prêtent malicieusement au jeu de ces femmes fatales. Amadou est un jeune cadre dans une prestigieuse banque de la place. Marié et père de deux enfants, il aime passer du bon temps avec son «second bureau», pour désigner sa maîtresse, sans être inquiété dans son ménage.

«Je sais très bien qu’elle ne m’est pas fidèle. Mais je m’en fiche. L’important pour moi c’est que je puisse tirer un bon coup. Tant que je continuerai à lui donner de l’argent, elle ne se plaindra jamais. Cela ne la dérange pas du tout d’être une maîtresse. Et c’est ce qui m’arrange. Elle ne m’appelle ou m’envoie de sms qu'à des heures où elle est sûre que je suis chez moi», indique-t-il.

Dans cette relation qui dure depuis 7 mois, chacun y trouve son compte. A l’en croire, il faut juste en mettre plein la vue aux mbaraneuses puisqu’il n’y a que le matériel qui compte à leurs yeux.

«Ce sont elles les plus grosses perdantes dans cette histoire, parce que moi, de l’argent, je peux toujours en avoir», se gausse-t-il. Finalement, tout le monde trouve son compte dans le mbarane et la pratique semble avoir de beaux jours devant elle.

Lala Ndiaye