Variétès - Africa Nouvelles

Les habits d'Aby!

C'est le "Pencc mi" que la chanteuse et styliste Aby Ndour a choisi pour faire découvrir sa nouvelle collection de haute couture. Pour l'occasion, l'artiste consciente de la présence de plus en plus de femmes dans le métier de journalisme, a voulu leur rendre hommage. Ceci, à travers une collection spécialement concoctée pour elles: Mame Diarra.

altPour son premier défilé de mode, la chanteuse et styliste Aby Ndour a vu les choses en grand. Vendredi, le décor était planté au "Pencc mi", où l'attraction de la soirée et non des moindres, a été la collection Mame Diarra consacrée aux femmes journalistes et animatrices. Dans les coulisses, l'effervescence était à son comble et se lisait sur le visage de beaucoup d'entre elles. La peur de ne pas être à la hauteur de l'événement, ou de faire des faux-pas sur le podium au risque d'être la risée des invités ou des photographes dits people manquait de leur faire changer d'avis.

Pour ces «mannequins» d'un jour, qui vivaient leur première expérience, l'angoisse était au rendez-vous. Mais c'est sans compter sur l'encouragement des professionnels du métier. Au son de la chanson Mame Diarra de Aby Ndour, ce sont des journalistes gracieuses, légères, presque aériennes, sur leurs hauts talons, qui passent, repassent, virevoltent, avec pour mission de séduire le public, d'éventuels acheteurs et surtout de se sentir à la hauteur de leur métier d'un soir.

Pour leur défilé, les Mame Diarra comme les appelaient les organisateurs de la soirée, ont rivalisé d'élégance avec les mannequins professionnels présents. Ensuite, c'était au tour des professionnels du métier de faire vendre les créations de la styliste. Les caméras de télévision sont braquées sur les déesses des podiums et les créations qu'elles portent. La chanteuse styliste a concocté pour l'occasion, une prestigieuse collection d'une soixantaine de tenues présentées en plusieurs tableaux. Une panoplie d'une dizaine de tenues a ouvert le bal avec «la collection wax» se déclinant sur plusieurs modèles allant de la coupe veste, à la coupe ensemble pagne bien porté par ces mannequins.

Le deuxième tableau présente des robes en boubou de soie et des ensembles en velour rehaussés de dentelles. Les tenues de la collection «Diam ak Salam» sont coupées dans du bazin brodé avec de différentes couleurs allant de l'oranger, du bleu, du rouge au jaune. Même sa fille suit ses pas en lançant sa propre collection. Il s'agit de la collection fans composée de petites robes en bazin.

Entre deux défilés, ce sont les artistes de la chanson sénégalaise, notamment Coumba Gawlo Seck, Aïda Samb ou encore Adiouza qui ont pris d'assaut la scène pour prendre part à cette belle soirée. Majestueuse, belle dans sa robe volante orange et bleue, la gagnante des Koras Awards 2012 dans la catégorie chanson traditionnelle, a interprété pour l'occasion son tube "Lula nex". Adiouza elle, tout de noire vêtue a fait danser le public avec son tube "Cey love". La styliste Aby Ndour a elle-même gratifié ses invités de quelques chansons de son répertoire, pour le grand bonheur de ses fans présents. Malgré quelques couacs dans l'organisation notamment le retard (la soirée qui devait débuter à 21 heures, a finalement commencé aux environ de 23 heures). L'événement s'est terminé vers 2 heures du matin, dans une ambiance festive.

La logique de la fin de l'analogique!

Le Cameroun est à pied d’œuvre pour le passage de l'analogique au numérique. La vente des équipements analogiques y sera interdite dès le mois de juillet prochain. Pour ne pas avoir une mauvaise surprise, les commerçants prennent les devants en bazardant tout ce qui appareil analogique à vil prix.

altL'article 8 du décret du Premier ministre fixant les modalités et le calendrier de la migration de la radiodiffusion de l'analogique au numérique est clair. «Dès le 31 décembre 2012, l'importation des équipements de radiodiffusion télévisuelle analogique et autres accessoires y relatifs est interdite sur toute l'étendue du territoire national».

Dans le même article, le chef du gouvernement indique: «Dès le 1er juillet 2013, la vente des équipements de radiodiffusion télévisuelle analogique et autres accessoires est interdite».

A quelques mois de la date-butoir, c'est déjà le branle-bas dans les commerces. Les opérateurs voulant se débarrasser de ces équipements, sont passés au plan B : la baisse des prix. Ils sont prêts à prendre tout ce qu'on leur propose, mais dans la limite du raisonnable, pour vendre ces téléviseurs.

Et pourquoi? «Qu'est-ce qu'on va faire avec, du moment où d'ici quelque temps, ils ne serviront à rien. Et on ne pourra même plus les vendre. Nous devons donc nous en débarrasser pour essayer d'entrer dans nos frais», explique-t-il.

Seulement, si les commerçants eux se mettent au pas, certains usagers traînent les pieds. La plupart ne savent pas qu'en 2015, la radiodiffusion camerounaise passe de l'analogique au numérique.

Et comme l'explique le ministère de la Communication, les téléviseurs analogiques ne pourront être utilisés à cette date que s'il est possible d'y connecter un décodeur. Dans le cas contraire, ils ne serviront à rien.

Malgré cela, certains s'entêtent à les acheter. « Nous avons au moins deux clients par jour. Ils disent que le Cameroun c'est le Cameroun. Généralement, des décisions sont prises mais l'application ne suit pas souvent», souligne un commerçant.

Née en Guinée!

La belle guinéenne, Mariam Diallo, décroche le titre de Miss Cedeao 2012. Organisation parfaite dans l'ensemble, peut-on dire au terme de la 16e édition du prestigieux concours présenté, au Palais des congrès de l'hôtel Ivoire et retransmis en direct dans 30 pays africains.

altPublic de qualité et présence remarquable d'une forte délégation des membres de la Commission de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), conduite par Kadré Ouédraogo, son président. Autre record: sur les 15 pays membres de l'espace CEDEAO, 12 ont répondu à l'appel du comité d'organisation. Sauf, le Liberia et la Sierra-Leone, pour la simple raison que cette compétition réunit les candidates officiellement élues au plan national et désignées par leurs pays respectifs. Ces deux pays n'ayant pas organisé de concours, se sont ainsi retrouvés sans candidates.

Et Miss Sénégal qui avait pourtant bénéficié, comme toutes les autres postulantes, du billet d'avion offert par le comité d'organisation et confirmé sa participation, était absente suite à des problèmes de dernière minute.

Plusieurs autres éléments ont apporté leur spécificité à la dimension prestigieuse de l'événement. A travers les défilés en tenues traditionnelle, olympique et de ville, les candidates, superbement habillées par le talentueux Gilles Touré, ont entraîné le public dans les profondeurs culturelles de l'Afrique, en présentant, chacune, la spécificité de son pays.

Elles ont rivalisé de talent pour donner l'occasion au jury, composé de personnalités de divers horizons dont le journaliste émérite Robert Brazza et Diakité Geneviève, directrice marketing de «Uniwax» (présidente du jury), de porter son choix sur Diallo Mariam, représentante de la Guinée, désignée Miss Cedeao 2012 avec 115 points.

Jirzah Ellen Evora du Cap-Vert remporte le titre de première dauphine avec 113 points.

Elle est suivie de Joyce Ngozi Chidebe, la représentante du Nigeria, qui s'en sort avec 112 points.

La cote d'Udiminue... augmente!

Lagos, la capitale économique du Nigeria, est connue pour la croissance marquée de sa population, ses énormes embouteillages et pour la vitalité de sa scène musicale et cinématographique à la Nollywood. Mais, comme on a pu le constater lors de la Lagos Fashion and Design Week, certains sont enclins à inclure la mode parmi les attraits que la ville peut se vanter d'offrir.

altGlamour et créativité ont marqué la piste durant la semaine de la mode à Lagos. Si les maisons de mode renommées ont pu faire étalage de leurs créations, les jeunes talents ont eu également l'occasion d'être sur le devant de la scène. Douze d'entre eux ont été nominés au MTN British Council Young Designer of the Year Award.

Est sorti gagnant Joshua Udiminue, 20 ans, styliste de vêtements pour hommes, qui a remporté la somme de 4 millions de naira, (soit 20.000 euros).

Depuis combien de temps travailles-tu dans la mode?

Je me suis "commercialisé" en 2011, après avoir été nommé costumier official des candidats hommes de Nigerian Idol. Mais auparavant, je confectionnais et vendais des vêtements à mes camarades à l'école - [c'était] en quelque sorte un essai pour le label JoshSamuels.

Qu'est-ce qui t'inspire dans tes créations?

J'aime travailler avec des lignes, parce que cela confère une harmonie à mes créations et mes fonctions. Et en tant qu'étudiant en architecture, j'aime la façon dont les angles sur les lignes verticales et horizontales ondoient pour parvenir à l'harmonie dans chacune de mes collections.

Pourquoi est-ce que cette collection s'appelle Casanova?

Pour moi, cela n'est pas synonyme d'un homme qui couche à droite et à gauche avec des femmes, mais d'un gars bien articulé, sexy et beau... On voit dès le premier regard quelles sont ses ambitions et quel genre de type il est - ce qui est ce que toute femme veut.

Est-ce que tu pourrais décrire ton style en deux mots?

Audacieux et sophistiqué.

Est-ce que l'Afrique devrait se préparer à voir d'autres oeuvres de ta part?

Absolument, et je ne dis pas cela uniquement pour moi, mais pour l'industrie de la mode nigériane en général, qui est très, très importante et très explicite en ce moment et qui a connu une énorme ascension ces dix dernières années - tout comme dans l'industrie de la musique...

Quelle est ton opinion sur le manque de soutien de la part des Nigérians aux créations de haute-couture?

Dans la mesure où un styliste doit avoir ce niveau de créativité, il ou elle doit également être créatif et ne pas perdre la valeur économique du... stylisme, parce qu'ils vont de pair. Nous devons être axés sur le côté commercial en créant des vêtements, pour que les gens puissent les acheter. Nous devons faire preuve de créativité qui soit commercialisable.

Que signifie pour toi et ta carrière le fait d'avoir gagné ce prix?

C'est un couronnement. C'est tout ce que je peux dire.

Qu'est-ce que tu as l'intention de faire des 4 millions de naira que rapporte ce prix?

Le monde devra attendre pour voir.

Vie belle... malgré le rebelle? 

Malgré la crise, des jeunes cherchent toujours à s'amuser et, pour les accueillir, certaines boîtes de nuit de la capitale ont radicalement changé leurs horaires, ouvrant à la mi-journée.

altEn Centrafrique, la tension est un peu baissée ces derniers jours dans la capitale, Bangui, avec les espoirs d'enclenchement d'un dialogue entre pouvoir et rébellion à Libreville. Les habitants restent dans l'expectative mais la vie reprend un cours un peu plus normal, même si le couvre-feu est toujours appliqué à partir de 19h. Malgré la crise, des jeunes cherchent toujours à s'amuser et, pour les accueillir, certaines boîtes de nuit de la capitale ont radicalement changé leurs horaires, ouvrant à la mi-journée.

«Avec les rebelles il y a le couvre feu. On ne se sent plus libres, c'est comme si nous étions en prison. Du coup, venir en boîte ça nous détend, c'est un moment de loisir»

Poussez la double-porte capitonnée du «Zodiaque». Voici le bar et la piste de danse. Dans la pénombre, on aperçoit la photo en relief de deux pin-up européennes. Des étoiles projetées du plafond s'allument au sol entre les pas d'un groupe de jeunes filles. Les tâches de couleur virevoltent sur la piste. Ici, la vie reprend ses droits. Jeans moulants et minijupes. Eclats de rire. Un garçon et une fille se chuchotent à l'oreille... Bonjour ambiance! La vie est belle... malgré le rebelle!

Tradition d'une fête!

Il y avait une animation particulière à la rue Pope Hennesy, à Curepipe, le mardi 13 novembre, au soir de Divali. Une grande maison, habillée de luminaires de toutes les couleurs... Rien de plus normal pour l'occasion. Sauf que le yogi Rumun a littéralement ouvert ses portes à tout le monde, comme il le fait chaque année.

alt«Nous faisons cela chaque année depuis plus de 30 ans», raconte le principal concerné, qui est également le fondateur du Collège Presidency, rappelant qu'à l'époque, les enfants des alentours, intrigués par les diyas et autres décorations à l'occasion de Divali, venaient et regardaient celles-ci à travers la grille: «Avant on célébrait Divali à grilles fermées. Chacun avait peur de son voisin. Les enfants voulaient entrer. Nous leur avons ouvert et ils reviennent chaque année, même s'ils ont grandi et habitent maintenant Tamarin ou Rivière-Noire».

Et pour cause, ils sont nombreux à faire le déplacement. La plupart sont des curepipiens, venus soit par curiosité, soit par habitude, car la maison Rumun s'est bâtie une réputation, légitime, d'accueil et de partage.

«C'est la première fois que je viens. J'avais vu les lumières il y a quelques jours et un ami m'a parlé de la maison», dit un père de famille. Comme lui, ils sont nombreux à être venus en famille et à avoir élu domicile dans le jardin. Il y a bien sûr les habitués, qui sont salués par le Yogi Rumun et son beau-frère Anand Gopal, alors que les autres membres de la famille s'affairent en cuisine pour agrémenter la soirée des sucreries de circonstance.

«Il faut compter une préparation de 15 jours pour les décorations. Et encore, avec la pluie, une bonne partie des lumières ne fonctionnent pas. Le but n'est pas d'impressionner, mais de promouvoir l'ouverture à travers la lumière», confie Anand Gopal. En tout cas, ce petit détail passe facilement inaperçu, tant l'ambiance est conviviale.

Il était 20h00, la cour ne désemplissait pas et les visiteurs d'un soir se succédaient. Un policier assurait même la circulation, qui n'aurait rien à envier au centre-ville de Port Louis aux heures de pointe.

Les grilles du Yogi Rumun resteront ouvertes quelques soirs encore, pour ceux qui ont manqué le premierrendez-vous d'hier, avant de rempiler pour l'année prochaine...

"Ballons"... enfants de la patrie!
Argent facile, femmes, frime, le foot génère facilement toutes les dérives. Excès en tout genre, dérapages en dehors des terrains, train de vie de nababs... Les stars du ballon rond ne font pas dans la demi-mesure. Les sportifs africains ou originaires du continent ne sont pas en reste.

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Brazzaville, le 24 juillet dernier. Le gratin politique se presse dans l'amphithéâtre du ministère des Affaires étrangères. Des chefs d'État d'Afrique centrale - Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang Nguema, Ali Bongo Ondimba, François Bozizé - ainsi que deux anciens Premiers ministres français, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, figurent parmi les convives... Orchestré au millimètre près par l'agence de communication française Euro RSCG, le lancement de l'édition Afrique francophone du magazine américain Forbes s'est pourtant très vite transformé en «Eto'o show».

En couverture de son premier numéro, la « franchise » afro-francophone de ce journal a choisi le footballeur issu d'un quartier populaire de Douala (Cameroun). Posant en businessman multimillionnaire, costume bleu et montre à plusieurs dizaines de milliers d'euros au poignet, Samuel Eto'o s'achète une nouvelle image. Le bad boy qui en mai 2008 avait donné un coup de tête à un journaliste au cours d'une conférence de presse houleuse à Yaoundé se montre désormais aux côtés des puissants. Il est devenu « l'ami » du président gabonais, lequel l'a présenté à son homologue congolais, visiblement ravi... L'attaquant, qui a brillé - notamment au FC Barcelone et à l'Inter Milan - tout en affichant un goût immodéré pour la fête et la frime, s'assagit en fin de carrière. Le trentenaire se lance dans le business, veut paraître sérieux et faire oublier la chronique des innombrables dérapages de joueurs, souvent issus de milieux modestes, perdant pied - et la tête - lorsqu'ils touchent le Graal, des salaires mirobolants.

« Ils apparaissent alors à la fraction des classes dominantes riches en capital culturel - enseignants, journalistes et intellectuels - comme incarnant la quintessence de la vulgarité sociale et la figure du parvenu », explique le sociologue français Stéphane Beaud.

Foot, fric et frasques... La vie tourbillonnante de ces enfants gâtés, en provenance du continent, tranche avec celle d'autres sportifs de haut niveau qui se couchent tôt, boivent peu ou pas d'alcool et se ménagent en dehors des stades. Certes, George Weah, Abedi Pelé ou Michael Essien ont mené des carrières sans histoires. Encore en activité, le milieu de terrain ivoirien de Manchester City, Yaya Touré, deuxième joueur africain le mieux payé après Eto'o, n'est pas un « jet-setteur ». Mais des « grandes gueules de vestiaire » se sont distinguées, comme le Togolais Emmanuel Adebayor. Et les casaniers ne sont pas nombreux. En Afrique, ces emportements et ces « virées de noceurs » posent question. Les carrières gâchées sont fréquentes et regrettables, l'image de la jeunesse africaine n'en sort pas forcément grandie, et la qualité des filières de formation interpelle.

Showbiz

L'élite du football professionnel est un repère de riches qui parcourent la planète, souvent en avion privé, et fréquentent les lieux prisés du showbiz où se rencontrent des grandes fortunes : Saint-Tropez (Côte d'Azur), Porto Cervo (Sardaigne), l'île Moustique (Grenadines), Punta Cana (République dominicaine). Les millionnaires du ballon rond aiment la lumière. Le 12 juin 2011 à Monaco, le mariage de Didier Drogba a été l'un des événements people de l'année. Les paparazzis anglais, qui se trompent rarement de cible, avaient loué un hélicoptère pour immortaliser la cérémonie à 500 000 euros. Il y avait de belles photos à faire avec toutes ces célébrités invitées : le chanteur américain de R'nB Akon, la star sénégalaise du mbalax, Youssou Ndour, le milliardaire russe Roman Abramovitch, propriétaire de Chelsea, dont l'Eclipse, son yacht, le plus grand au monde (162,5 m), mouillait à quelques milles nautiques du Rocher, dans la baie d'Antibes. Selon la presse spécialisée, Samuel Eto'o aurait déboursé 20 000 euros pour acquérir la jarretière de la mariée...

"La panoplie" du footballeur (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

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Yachts, jets privés, voitures puissantes et hors de prix, montres Richard Mille, fringues clinquantes ou costumes des plus grands couturiers... La panoplie du footballeur bling-bling est connue. Exemples, l'attaquant camerounais et le Français Thierry Henry partagent l'amour des Aston Martin. Henry vouerait un culte à sa Vanquish (260 000 euros), tandis que le Lion indomptable se targue d'être l'un des 77 heureux propriétaires du modèle One-77, immatriculé SE 0009... Un rêve à plus de 1,5 million de dollars, tout droit sorti de l'univers de James Bond.

 

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Ivresse

Entre attaquants, on se fait des passes à 180 000 euros. C'est à ce prix que Mamadou Niang, ex-attaquant de l'OM évoluant aujourd'hui dans le club qatari d'Al-Sadd SC, a revendu sa Lamborghini Gallardo à son ami olympien Mathieu Valbuena... Le Sénégalais a quand même conservé sa Ferrari F430 Spider (175 000 euros), devenue célèbre depuis qu'un jeune supporteur marseillais a pris une gifle pour l'avoir approché de trop près au goût de Niang.

« Jamais sans mon bolide ! » pourrait également s'exclamer le Français d'origine béninoise Sidney Govou. L'attaquant en préretraite aime faire la tournée des bars en grosse cylindrée. En décembre 2008, alors qu'il jouait à l'Olympique lyonnais (OL), il a été contrôlé avec 2,6 g d'alcool dans le sang. L'attaquant a déjà été pris en flagrant délit d'ivresse publique la veille d'un match important. Ses excès lui ont valu, en 2009, le retrait de son brassard de capitaine. Au Panathinaïkos d'Athènes, en Grèce, où il a ensuite évolué, la direction du club avait sorti l'artillerie lourde : 25 000 euros d'amende pour chaque sortie nocturne arrosée au whisky-coca.

Parfois, soirées bien arrosées et nuits chaudes peuvent finir en bombe judiciaire. En poussant la porte du Zaman Café, sur les Champs-Élysées, à Paris, Franck Ribéry et Karim Benzema ignoraient que ce cabaret oriental était déjà surveillé par la police, alertée par la fréquentation de bimbos prêtes à s'offrir contre de l'argent et/ou des cadeaux. Le 12 avril 2010, la brigade de répression du proxénétisme perquisitionne le Zaman Café, et Zahia Dehar, une des habituées du lieu - mineure à l'époque des faits -, affirme sur procès-verbal avoir eu des relations tarifées, notamment avec les deux footballeurs. Le 9 août dernier, neuf personnes, dont les deux attaquants des Bleus, sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour « recours à la prostitution d'une mineure ».

Femmes

Un autre attaquant de l'OL, Bafétimbi Gomis, d'origine sénégalaise, a également défrayé la chronique en juin dernier après avoir été mis en cause pour un viol en réunion. Yann M'Vila, d'origine congolaise, s'était fait dérober en août 2011 dans une chambre d'hôtel une montre incrustée de pierres précieuses, trois téléphones portables, de l'argent et un ordinateur. Il a porté plainte et obtenu la condamnation des auteures du vol : deux jeunes femmes qu'il avait ramenées la veille des faits dans sa chambre d'hôtel...

Pour beaucoup, ces extravagances et ces dérives - qui ne sont pas propres aux joueurs africains ou d'origine africaine - altèrent l'image du foot. Les salaires faramineux sont l'explication le plus souvent avancée. Le rôle des entourages est aussi néfaste lorsque le manageur, le frère ou l'ami se transforme en pourvoyeur multicarte. L'ancien capitaine des Lions indomptables Joseph Antoine Bell ajoute également que « l'argent n'est destructeur que s'il s'ajoute à des problèmes d'éducation et à une absence de discipline ».

Selon l'économiste Pascal Perri*, « le salaire payé aux joueurs n'est rien d'autre que la reconnaissance de leur valeur au regard d'une échelle de valeurs collectives incluant le rendement et les performances ». Mais il ajoute : « La contrepartie du salaire très élevé est l'exigence d'exemplarité. » Pour beaucoup, nous en sommes loin. « On se focalise sur les excès des joueurs africains car ils font écho à la pauvreté du continent. Mais c'est un faux procès, car il y a aussi des joueurs européens qui pètent les plombs parce qu'ils gagnent beaucoup d'argent », tempère le « vieux » sage Patrick Vieira. C'est vrai, mais c'est justement ce décalage entre ces jet-setteurs sans limites et le quotidien des frères restés au pays qui rend ces excès insupportables. C'est certainement injuste, mais c'est une réalité.

Homme à tout faire, un métier en or

Accompagnateurs, concierges, intendants... Ils sont nombreux à choyer les stars du foot. Et notamment au Sénégal.

Ils sont en mesure de répondre à n'importe quelle demande. Et si, en Europe, ils ont souvent pignon sur rue, à Dakar, ils gravitent plutôt dans l'informel. « La famille constitue le premier cercle de recrutement des joueurs », explique Aliou Goloko, un proche de l'international sénégalais Diomansy Kamara. C'est par exemple, cite-t-il, « le cas d'internationaux comme Henri Camara, dont les biens sont gérés par son oncle, et Demba Ba, par son grand frère ». Les épouses sont aussi en première ligne. Puis viennent les amis d'enfance. En public, on les voit souvent graviter autour de la star, lui murmurer à l'oreille. Leur job : louer une voiture le temps du séjour à Dakar, réserver une table VIP dans un lieu branché, organiser une soirée privée, réserver les billets d'avion... Ces hommes à tout faire vont jusqu'à « chercher des prostituées de luxe si le client le demande », confie un jet-setteur.

L'ami d'El Hadji Diouf Oumar Thiam, connu sous le nom de Paco Jackson, assume être le «compagnon» du footballeur lors de ses virées. Pas question en revanche de parler de fonction rémunérée. Mais il en connaît un rayon sur ce métier. « Dans l'entourage du joueur, il y a ceux qui s'occupent uniquement du mystique, ceux qui se chargent de la vie privée et festive, et enfin ceux, souvent issus de la famille, qui gèrent les biens », explique-t-il. On n'est jamais assez prudent. S'il n'y a pas de salaire fixe, le tarif pour une journée de travail dépasse facilement plusieurs milliers d'euros. En fonction de la demande et du client. Nicolas LY, à Dakar.

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* Auteur de Ne tirez pas sur le foot, éditions JC Lattès, novembre 2011.

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